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jeudi 17 décembre 2015

Je t'ai rêvé - Francesca Zappia

Je t'ai rêvé - Francesca ZappiaSynopsis : Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n'envisagez pas qu'elle puisse être mise en doute. Et si vous n'étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l'incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d'une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d'esprit suffisamment longtemps pour aller à l'université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu'elle était persuadée d'avoir imaginé de toutes pièces... Avant même qu'elle s'en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l'adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l'âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n'est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu'où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu'où pouvons-nous la croire ?

Mon avis :  Les maladies mentales sont très peu abordées en littérature alors quand j'ai vu que j'avais grâce à ce livre la chance d'en apprendre plus sur la paranoïa et la schizophrénie et qu'en plus ces maladies seraient abordées de façon compréhensible, j'ai sauté sur l'occasion. Et je ne regrette absolument pas car cette lecture a été l'occasion de découvrir une jeune auteure prometteuse.
"Je t'ai rêvé" raconte l'histoire d'Alex, une étudiante incapable de faire la différence entre le réel et son imagination . Armée de son appareil photo qui lui permet de voir la vie telle qu'elle est réellement, sa balle magique qui lui parle, et sa petite sœur Charlie qui est sa seule alliée, Alex mène la guerre contre sa schizophrénie et fait tout son possible pour s'intégrer sans que les autres élèves se doutent de ses problèmes. Et elle y parvient très bien jusqu'à ce qu'elle rencontre Miles, un jeune homme intelligent mais mystérieux qui cache un secret qui le rend capable de détecter certains comportements.
Si l'attirance entre nos deux jeunes étudiants était prévisible c'est la façon dont l'auteure nous présente cette histoire qui l'est beaucoup moins puisque elle nous met dans la tête d'Alex. Du coup, comme elle, on ne parvient pas à faire la différence entre réel et imaginaire. C'est ce qui est troublant et fait tout l’intérêt et la particularité de ce livre.
Dès les premières pages, j'ai eu beaucoup d'empathie pour cette fille hors normes aux cheveux rouges car elle se sait malade et sait qu'elle a beaucoup d'hallucinations. Seulement à part regarder après coup les photos prises, elle n'a aucun moyen de détecter ses hallucinations. Et, à part la gaver de psychotropes, ses parents ne l'aident pas beaucoup non plus. Il faut dire qu'ils ont vécu un drame qu'Alex n'a pas réussi à assimiler...
Bien loin du pathos grâce à l'amour de la vie et la combativité d'Alex, se livre est une petite pépite d'optimisme à dévorer d'urgence. Mais toute cette histoire a-t-elle réellement existé? Même Alex ne le sait pas...


Si vous ne lisez jamais de Young Adult, ce livre est l'occasion rêvée pour découvrir ce genre littéraire!
Extrait : "La schizophrénie n’est pas censée se manifester avant la fin de la puberté, au plus tôt, mais moi j’en ai eu un aperçu à sept ans. Et j’ai été diagnostiquée à treize ans. Un an plus tard, j’ai eu droit à une nouvelle étiquette : « paranoïaque ». J’avais verbalement agressé une bibliothécaire qui voulait me refiler à toute force des tracts de propagande pour un groupuscule communiste qui avait ses quartiers dans le sous-sol de la bibliothèque. (Je l’avais toujours trouvée louche – je refuse de croire qu’enfiler des gants en latex pour manipuler des livres soit une pratique normale, et je me fiche de ce que pensent les autres.)
Les médicaments m’aidaient parfois. J’avais la preuve qu’ils fonctionnaient lorsque le monde perdait ses couleurs vives et son intérêt. Quand les homards de l’aquarium n’étaient plus rouge vif, par exemple. Ou que je me rendais compte que chercher des traceurs radioactifs dans ma nourriture était ridicule (mais je les cherchais quand même pour réduire au silence la paranoïa qui faisait picoter ma nuque). Je savais aussi qu’ils étaient efficaces quand mes souvenirs étaient flous, que j’avais l’impression de ne pas avoir dormi depuis des jours et que je mettais mes chaussures à l’envers.
La plupart du temps, les médecins n’étaient pas capables de prédire les effets des comprimés
."

Éditions Robert Laffont - Collection R - Young Adult - 442 pages

vendredi 29 mai 2015

L'histoire épatante de M. Fikry & autres trésors - Gabrielle Zevin

L'histoire épatante de M. Fikry & autres trésors - Gabrielle Zevin
Synopsis : A.J. Fikry est libraire sur une petite île du Massachusetts, Alice Island. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il traverse une mauvaise passe. Il a perdu sa femme dans un terrible accident de la route; son commerce La Librairie de l’île enregistre ses pires résultats depuis sa création et il vient de se faire dérober une édition originale des poèmes d’Edgar Allan Poe. A.J. s’isole au milieu des épreuves et programmes de publication qu’il n’ouvre même plus, et cède aux sirènes de l’alcool, à leur promesse de repos et d’oubli. Jusqu’au soir où il découvre un couffin dans sa librairie. Un bébé que sa mère a abandonné là avec un mot : « Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte. » Investi de cette mission, A.J. entrevoit la possibilité d’un nouveau bonheur. Il se rapproche de la population de l’île, réserve un accueil plus chaleureux à une charmante représentante de chez Knightley, et retrouve la flamme qui l’a toujours animé pour les livres. Car la vie vaut bien qu’on s’accorde une seconde chance…

Mon avis : C'est d'abord ce titre amusant et farfelu qui a éveillé ma curiosité. Et, en lisant la quatrième de couverture, quand j'ai vu qu'il était question de livres et de lecture, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté. Et j'ai bien fait! J'ai adoré cette histoire dans laquelle M. Fikry, libraire plutôt acariâtre ayant un penchant certain pour l'alcool va petit à petit faire de nouvelles connaissances, se remettre au vert, changer totalement de comportement et s'ouvrir aux autres. Pourtant, ce n’était pas bien parti pour lui :  les ventes de sa librairie déclinent, sa femme Nicole est décédée dans un accident de la route, et sur cette île perdue à l’accès difficile, il s'ennuie. Mais tout change le jour où une cliente passe à la librairie lui déposer une petite fille de 25 mois alors qu'il était parti faire son jogging en laissant la porte ouverte pour ne pas s'encombrer de ses clés. En s'occupant de cette petite fille très intelligente et précoce qui adore déjà les livres malgré son très jeune âge, il va avoir un déclic et s'ouvrir aux autres, laissant ainsi une ouverture pour de belles rencontres. Mais comme l'indique le titre, sa vie est pleine de péripéties!...
J'ai adoré cette histoire pleine d'émotions, de positivité et d'humour et je dois dire que ce livre est un coup de cœur! Certainement parce qu’il se déroule dans un univers "livresque" et que l'auteure glisse plein de références à la littérature classique ou contemporaine  que je me suis souvent amusée à deviner. Le passage sur "La voleuse de livres" (que j'avais adoré) m'a d'ailleurs bien fait sourire. "Les problèmes, vous voulez dire, monsieur Fikry. Pour commencer, la narratrice n’est autre que la mort. Croyez-vous qu’il soit agréable pour une femme de quatre-vingt-deux ans comme moi de lire le monologue de la mort sur cinq cent cinquante-deux pages ? J’estime que c’est bien cruel de votre part de me l’avoir vendu.
[...] C’est noté, répond-il. Et je vous renouvelle mes excuses, madame Cumberbatch. La plupart de nos clients ont adoré " La Voleuse de livres "
L'écriture est originale et chaque chapitre débute par une référence à un livre classique ou une fiche de lecture de M. Fikry. Et ces livres ont un rapport avec ce qui va se passer dans le chapitre. J'ai aimé suivre l'évolution de A.J. Fikry de ses notes peu enthousiastes à des fiches de lecture plus précises adressées à sa fille pour plus tard.
Si vous avez la passion pour la lecture, le partage de vos impressions, que vous aimez l'humour et les belles histoires, alors ce livre est fait pour vous! Foncez le lire et vous découvrirez l'attachant M. Fikry, sa fille Maya, ainsi que le policier Lambiase et bien sûr la représentante d'édition Amelia!

Extrait : "La commande d’A.J. est tellement importante qu’elle attire la curiosité du patron d’Amelia.
— C’est bien la première fois qu’un petit client comme la Librairie de l’île nous prend autant de livres. Nouveau patron ? lui demande-t-il.
— Non, toujours le même, lui répond Amelia. Mais il a changé depuis le jour de notre rencontre.
— Eh bien, vous avez dû lui sortir le grand jeu. Ce gars-là s’assure toujours de pouvoir écouler sa marchandise avant de passer commande. Harvey n’a jamais obtenu de tels résultats avec lui.
A.J. finit par lire le dernier ouvrage de la liste. Il s’agit d’un charmant témoignage sur la maternité, le scrapbooking, et la vie d’écrivain, signé par une poétesse canadienne qu’A.J. a toujours estimée. Son autobiographie ne fait que cent cinquante pages, A.J. met pourtant deux semaines à le terminer. Il semble incapable de venir à bout d’un chapitre sans s’assoupir ou être distrait par Maya. Une fois le livre achevé, il n’arrive pas à rédiger son commentaire. Le style est plutôt raffiné, et les clientes de la librairie pourraient y être sensibles. Le vrai problème ? Le voici : lorsque A.J. aura envoyé son commentaire à Amelia, il n’aura plus de raison valable pour la contacter avant l’été prochain. Il l’aime bien et peut-être est-ce réciproque malgré leur première rencontre désastreuse. Mais… A.J. Fikry n’est pas du genre à voler la fiancée d’un autre. Il ne croit pas en « l’âme sœur ». Il y a des milliards d’individus sur la planète ; personne ne sort du lot à ce point. Et puis d’ailleurs, il connaît à peine Amelia Loman. Admettons qu’il la vole à son fiancé, que faire s’ils s’avéraient sexuellement incompatibles ?A.J. reçoit un texto d’elle : Que se passe-t-il ? Il ne vous a pas plu ?
Malheureusement, ce n’est pas pour moi, lui répond-il. Hâte de découvrir le programme d’été. Bien à vous, A.J.
Ce message choque la représentante. Elle le trouve trop professionnel, méprisant. Elle songe un instant à prendre son téléphone pour l’appeler mais se ravise et lui écrit plutôt :
En attendant, vous devriez regarder True Blood. C’est la série préférée d’Amelia. Ils se taquinent souvent à ce sujet, elle est persuadée que True Blood pourrait le faire changer d’avis sur les vampires. Amelia s’identifie beaucoup à Sookie Stackhouse. Ça n’arrivera pas, Amy, lui écrit A.J. Nous nous verrons en mars."

Éditions Fleuve -Littérature contemporaine - 243 pages

mercredi 13 août 2014

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Stefan Zweig

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Stefan Zweig
Synopsis : Scandale dans une pension de famille «comme il faut», sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Mon avis : Alors que tout le monde s'indigne du départ de Mme Henriette, Mrs C. , une vieille femme anglaise, explique au narrateur les raisons pour lesquelles elle comprend qu'on puisse parfois tout abandonner suite à un coup de foudre. Elle lui raconte qu'elle aussi, vingt ans plus tôt elle a rencontré un jeune polonais au casino de Monte-Carlo. Subjuguée par la beauté des mains de ce jeune homme, elle ne peut s’empêcher de le regarder. A la fermeture du casino, le jeune homme a perdu tout ce qu'il possédait et semble désespéré. C'est donc tout naturellement qu'elle lui propose son aide pour lui payer une chambre d'hôtel et il finit par accepter. Sans comprendre pourquoi, elle se réveille au petit matin à ses cotés.... La suite va la transformer à jamais.
J'ai beaucoup aimé ce court roman dans lequel Stefan Zweig décrit avec une grande justesse les sentiments de passion, d'amour et de douleur que peut éprouver une femme et qui peuvent la mener à tout plaquer oubliant même son rang, son nom et son honneur : "Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore."
Les dérives de l'univers du jeu y sont aussi très bien décrites et sont toujours d'actualité.
Vingt ans après, Mrs C. se souvient encore de cet épisode douloureux de sa vie qui n'a duré que vingt-quatre heures et dont elle n'a pu parler à personne. L'événement qui vient de se produire à la pension est donc l'occasion pour elle de se confesser sur cet amour qui s'est terminé aussi vite qu'il a commencé . Vingt-quatre heures seulement qui lui auront fait passer de l'admiration et l'amour à la douleur et la tristesse.
Je vous conseille ce livre aux profils psychologiques très fins.

Extrait : "On ne vit pareille heure qu'une seule fois dans sa vie, et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions; moi non plus, je ne me serais jamais doutée, sans ce terrible hasard, avec quelle force du désespoir, avec quelle rage effrénée un homme abandonné, un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de la vie; éloignée pendant vingt ans, comme je l'avais été, de toutes les puissances démoniaques de l'existence, je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de chaleur et de glace, de vie et de mort, de ravissement et de désespérance."

A lire aussi
Un soupçon légitime
Un soupçon légitime

Éditions Le livre de Poche - Nouvelle - classique - 158 pages

dimanche 20 avril 2014

Une histoire d'hommes - Zep

Une histoire d'hommes - Zep
Mon résumé : Trois amis prennent l'avion jusqu'en Angleterre pour retrouver Sandro avec lequel ils formaient le groupe de musique "Les Tricky Fingers". Voilà 18 ans qu'ils n'ont plus été réunis. Depuis la dissolution du groupe à cause d'un incident causé par l'un d'entre eux, chacun mène sa vie de son côté. Le seul à être resté dans le monde de la musique est Sandro et il a d'ailleurs réussi puisque aujourd'hui il est devenu une star. Au détour de flash-back sur les concerts, la drogue, les amours passagères, ils comprennent les événements mal perçus à l'époque et découvrent que quelque chose de plus fort que la musique unit certains d'entre eux.

Mon avis : Une fois n'est pas coutume! Je ne lis jamais de bandes dessinées, mais lorsque j'ai vu qu'il faisait partie des coups de cœur de ma bibliothèque, je me suis dit pourquoi pas? Et j'avais aussi envie de découvrir un univers différent de celui dans lequel je connaissais Zep à savoir Titeuf.
Certes, l'histoire est bien et vaut le coup pour sa révélation finale, mais je n'ai pas été emballée. D'abord, je l'ai trouvée trop courte et en plus, je n'ai pas trouvé les illustrations spécialement belles.
Voici donc nos quatre protagonistes qui se retrouvent le temps d'un week-end :  l’un a fait une brillante carrière solo ; l’autre rumine son amertume d’avoir loupé le succès ; le troisième, peu complexé par la séparation dont il est responsable, ne cesse de plaisanter quitte à énerver les trois autres ; le quatrième joue un rôle d’arbitre de paix. Avec de nombreux  flashbacks (que l'on identifie grâce à des couleurs de fond différentes) et des séquences révélations poignantes, Zep reconstruit l’histoire du groupe et les origines de leurs tensions persistantes… jusqu’à des révélations fracassantes.
Tout de même agréable mais, pour moi, Zep est meilleur avec Titeuf, son personnage enfantin  qui l'a fait connaître.

Extrait


Éditions Rue de Sèvres - Bande dessinée - 64 pages

mercredi 19 mars 2014

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon
Mon résumé : Barcelone à l'après guerre. Le narrateur, Daniel Sempere  nous raconte l'étrange influence qu'à eu un livre sur sa vie. Il s'agit de "L'ombre du vent", un livre écrit par un auteur inconnu : Julian Carax. Daniel a découvert ce livre en 1945 alors qu'il n'avait que 9 ans et que son père, selon la tradition familiale l'a emmené au "Cimetière des Livres Oubliés". Il devait ne choisir qu'un livre, et ce fut celui-là. Il a maintenant le devoir de le conserver toute sa vie  et d'en perpétuer le souvenir pour que son auteur ne tombe pas dans l'oubli.
Mais cette lecture ne va pas le laisser indemne. Fasciné par ce Julian Carax que personne ne connaît, il va tenter d'en savoir plus. Pourquoi tous ses livres ont été brûlés? Pourquoi cet auteur s'est exilé à Paris? A-t-il écrit d'autres livres?
Sa quête va l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " et bien vite, Daniel s'aperçoit qu'il y a d'étranges similitudes entre sa vie et celle de ce Julian....

Mon avis : Selon le magazine "Lire" : « Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n'avez aucune chance de lui échapper». Effectivement, il a été un véritable coup de cœur et j'ai dévoré les 528 pages en trois jours!
Après avoir adoré Marina, j'avais hâte de le lire. Lorsque je l'ai vu à la bibliothèque, je n'ai pas hésité une seule seconde! Difficile de classer ce roman dans un genre particulier car il y a une intrigue (même plusieurs!), un peu de fantastique, un peu de noirceur, de l'amour, des histoires qui s'imbriquent les unes dans les autres et un dénouement magistral et très émouvant le tout dans une ambiance glaciale et gothique de la Barcelone de l'après guerre!
Daniel Sempere nous raconte la découverte de ce livre en 1945 et son influence  sur sa vie jusqu'en 1966.
Daniel est alors un petit garçon orphelin de mère élevé par son père qui tient une librairie à Barcelone. Dès son plus jeune âge, il a la passion des livres et aide son père à la librairie. Lorsque ce dernier lui fait découvrir "Le Cimetière des Livres Oubliés" et lui donne la mission de ne choisir qu'un livre afin de perpétuer la mémoire de l'auteur, il ne se doute pas que "L'ombre du vent" va changer le cours de sa vie et lui faire faire des rencontres inattendues.
Il veut comprendre pourquoi il ne reste qu'un seul exemplaire de cet ouvrage qui aurait pourtant mérité un succès national mais surtout qui est cet énigmatique Julian Carax?
Au fil de sa quête, il va rencontrer quelques personnes qui l'ont connu à l'époque où il était au collège San Gabriel, puis des personnes qu'il a côtoyées ensuite.
Parallèlement à cette enquête, il va faire la connaissance d'un clochard qui se fait appeler Fermin Romero de Torres à qui il va proposer un emploi dans la librairie de son père tant l'érudition de ce dernier le fascine. C'est alors tout naturellement que Fermin aide Daniel dans sa quête de vérité. Mais ce dernier est très énigmatique et semble être pisté par la police et plus particulièrement par l'inspecteur Javier Fumero. Et cela ne va pas faciliter la tache de Daniel!
Les récits s'imbriquent les uns dans les autres mêlant mensonges, trahison, abandon, vengeance mais aussi de belles histoires d'amour entre un père et son fils (qui ont pourtant du mal à communiquer) entre Daniel et BeatrizFermin et Bernarda, Julian et Pénélope puis Nuria...
Il y a énormément de personnages mais cela ne gène en rien la compréhension globale puisque chacun d'entre eux fait partie d'une des 4 familles Barcelo, Aldaya, Fortuny/Carax et Montfort.
Les personnages sont attachants, mais bizarrement, ce n'est pas Daniel qui m'a le plus plu, mais Fermin Romero de Torres car  il n'a pas sa langue dans sa poche et a de l'humour et c'est notamment ce qui allège l'ambiance : « Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie : ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » ou encore « – Mais que faites vous ici, malheureux ? Ne deviez vous pas garder le repos ? – J'ai laissé le repos se garder tout seul, je suis un homme d'action. ». On apprendra plus tard que s'il est si activement recherché par Fumero c'est parce que pendant la guerre, il était agent du gouvernement et a balancé ce dernier...
Voilà, je ne peux pas vous en dire plus concernant les intrigues pour ne pas les dévoiler, mais je vous encourage vivement à le lire pour vous plonger dans cette ambiance si particulière que sait si bien décrire Carlos Ruiz Zafon et comprendre qui est ce mystérieux personnage à la figure et aux mains brûlées qui poursuit discrètement Daniel....

Extrait : "Un jour, j’ai entendu un habitué de la librairie de mon père dire que rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais auquel, tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons -, nous reviendrons un jour. Pour moi, ces pages ensorcelées seront toujours celles que j’ai rencontrées dans les galeries du Cimetière des Livres Oubliés."

A lire aussi :

Éditions Grasset - Littérature contemporaine - 528 pages

mardi 18 février 2014

Un soupçon légitime - Stefan Zweig

Mon résumé : Un couple de retraités (Betsy et son mari) viennent de s'installer dans une petite maison non loin de Bath en Angleterre. Rapidement, ils voient arriver de nouveaux voisins en face de chez eux :  Ellen et John Limpley. Cette dernière étant très souvent seule car John travaille énormément, ils lui suggèrent d'adopter un chien pour rompre un peu sa solitude. Arrive alors Ponto un jeune chiot qui se lie d'une très forte affection avec son maître John, allant même jusqu'à en devenir tyrannique et très possessif. Lorsque leur premier enfant naît, les choses ne se passent pas du tout comme elles devraient...
 
Mon avis : Pas facile de parler de cette courte nouvelle sans dévoiler la clé de l'histoire. Cependant,  je peux dire que j'ai aimé la lecture de cette nouvelle principalement car les émotions et les traits de caractère des personnages y sont très bien décrits. Par exemple pour John Limpley qui a toujours des réactions démesurées et qui bien qu'il soit parfait arrive à énerver tout le monde : "Humainement Limpley était irréprochable. Il était débonnaire jusqu'à l'excès, il était altruiste et d'une obligeance telle qu'il fallait à chaque instant décliner ses offres de service, de surcroît il était honnête, loyal, ouvert et loin d'être bête. Mais ce qui le rendait difficile à supporter, c'était sa façon bruyante et sonore d'être heureux en permanence. Ses yeux embués rayonnaient toujours de satisfaction, à propos de tout et de tout le monde. Ce qui lui appartenait, ce qui lui arrivait était splendide, était wonderful; son épouse était la meilleure épouse du monde, ses roses les plus belles roses, sa pipe la meilleure pipe avec le meilleur tabac." "Jamais avant de faire la connaissance de Limpley les personnes âgées que nous sommes ne s'étaient doutées que des qualités aussi estimables que la bonhomie, la cordialité, la franchise et la chaleur des sentiments pouvaient vous pousser au désespoir" lorsque Ellen lui offre Ponto, il reporte alors tous ses excès sur le chien le rendant  pourri-gâté, capricieux et jaloux . Les rôles s'inversent : c'est le chien qui devient maître de son propriétaire. Ponto faisant ce qu'il veut, il arrive à faire tourner tout le monde en bourrique et va se venger de l'arrivée du nouveau né d'une manière assez inattendue...J'ai été cependant un peu déçue par la fin qui ne révèle pas réellement qui a tue le bébé (quand vous l'aurez lu, vous aurez aussi la certitude de l'auteur du meurtre, mais même Betsy n'en est pas sure à 100%) : " Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui - mais il me manque la preuve ultime, irréfutable. " Betsy ", me dit toujours mon mari, " tu es une femme intelligente, qui observe vite et bien, mais tu te laisses mener par ton tempérament et tu portes souvent des jugements hâtifs. " En fin de compte, mon mari me connaît depuis trente-deux ans et ses mises en garde sont peut-être, et même probablement, justifiées. Je dois donc, puisqu'il me manque cette preuve ultime, me faire violence pour réprimer mes soupçons devant les autres. Mais chaque fois que je le croise et qu'il s'approche de moi, brave et amical, mon cœur s'arrête de battre. Et une voix intérieure me dit : c'est lui et lui seul, le meurtrier."
J'espère lire d'autres nouvelles de Stéfan Zweig
Pour finir, je remercie LN qui m'a envoyé ce petit livre car j'ai gagné un concours de commentaires sur son blog "Au fil des livres". Le colis contenait 3 surprises : Le livre, Une belle carte postale style 1900 et une tablette de chocolat à la crème brulée (un régal!).
 
Éditions Le livre de Poche - 175 pages - Nouvelle

La voleuse de livres - Markus Zusak

Mon résumé : En Allemagne nazie, Liesel Meminger, petite fille abandonnée se rend dans sa famille d'accueil avec son petit frère. Malheureusement ce dernier ne survit pas au voyage. Liesel a quant à elle échappé à la Mort. Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent lui échapper. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est - ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres...
 
Mon avis : La Mort, qui est la narratrice nous raconte comment plusieurs fois elle a rendu visite à Liesel espérant l'emporter comme elle a emporté son petit frère. L'histoire de cette "voleuse de livres" commence lorsque, lors de l'enterrement de son petit frère, Liesel va ramasser un livre qu'un des fossoyeurs a laissé tomber dans la neige : " Le manuel du fossoyeur" Elle est intriguée par cette jolie couverture mais ne sait pourtant pas lire. Son amour pour les livres viendra de ce moment. Son père adoptif, Hans Hubermann va alors avoir la patience de lui apprendre les lettres et la lecture tous les soirs à l'abri dans le sous-sol glacial de la maison.
Sa mère adoptive - Rosa Hubermann- aime beaucoup Liesel mais elle a une façon bien à elle de lui montrer : "Mais elle aimait beaucoup Liesel Meminger. Simplement, elle avait une façon curieuse de lui montrer son affection. Notamment en la maltraitant de temps à autre à coups de cuiller en bois et de mots" En effet, elle est tout le temps en train de traiter Liesel de "Saumensch" (cochonne) mais elle traite aussi son mari Hans de "Saukerl" (cochon) en fait, ses manières de rustre avaient " l'art d'agacer pratiquement tous les gens qu'elle rencontrait".
La famille ou a atterri Liesel était très pauvre. Son père, peintre en bâtiment arrondissait ses fins de mois en jouant de l'accordéon dans les bars. Sa mère, quant à elle, gagnait maigrement sa vie en faisant des lessives pour cinq familles aisées de la ville. Ses parents ne pouvaient pas lui payer les livres dont elle avait tant envie. C'est pourquoi, un jour aidée de son fidèle ami Rudy, et afin de ne pas mourir de faim, ils se mirent à commettre de petits larcins comme voler des pommes dans un verger, ou  rentrer dans la maison du maire (dont la fenêtre restait ouverte en permanence) pour voler de la nourriture. Mais Liesel était tellement obnubilée par la bibliothèque de ce dernier qu'elle en oubliait sa faim pour voler à chaque fois un livre au grand dam de Rudy qui ne comprenait pas sa passion pour la lecture. "Rudy avait huit mois de plus que Liesel, des jambes osseuses, des dents pointues, des yeux bleus allongés et des cheveux jaune citron. Il était l'un des six enfants de la famille Steiner et avait toujours faim. Rue Himmel, on le considérait comme un peu bizarre, à cause d'un épisode dont on parlait peu, mais qu'on avait baptisé "L'incident Jesse Owens" : une nuit, il s'était barbouillé de noir et était allé courir le cent mètres sur la piste locale".
Parallèlement, ses parents vont cacher dans leur sous-sol un juif nommé Max qui est le fils d'un ami de Hans. Liesel va rapidement se lier d'affection avec lui, et en retour, il lui écrira deux livres "L'homme qui se penchait" et "La secoueuse de mots" attirée aussi par l'écriture, Liesel écrira elle-même le livre de sa propre histoire qu'elle intitulera "La voleuse de livres"
Pendant cette guerre, les allemands se devaient d'adhérer au parti nazi, seulement, Hans qui avait beaucoup de reconnaissance pour ce juif qui lui avait sauvé la vie, ne put s'y résoudre. Ce qui, par la suite ne lui portera pas bonheur. En effet, il sera enrôlé dans l'armée en tant que "ramasseur de cadavres".
Les moments ou La Mort nous raconte les bombardements sont intenses en émotions et elle ramasse les âmes à tour de bras. La seconde guerre mondiale est pleine de cruauté même pour la Mort dont la guerre est le fonds de commerce. "On dit que la guerre est la meilleure amie de la mort, mais j'ai une autre opinion là-dessus. A mes yeux, la guerre est comparable à un nouveau patron qui attend de vous l'impossible. il est là, sur votre dos, à répéter sans arrêt : "Il faut que ce soit fait, il faut que ce soit fait." Alors, vous mettez les bouchées doubles. Et le travail est fait. Pour autant, le patron ne vous remercie pas. Il vous en demande plus encore. " 
Mais encore une fois, Liesel en sortira indemne...
J'ai aussi aimé les apartés que fait la Mort pour nous expliquer les choses, nous donner des définitions nous donner des précisons.
Un livre que je vais garder longtemps en mémoire et que je recommande à tous ceux avides de belles histoires  durant une période très difficile de l'Histoire.
 

Éditions Pocket - 633 pages - Drame

Marina - Carlos Ruiz Zafón

Mon résumé :Oscar se remémore ce qui lui est arrivé quinze ans plus tôt. Il était alors pensionnaire dans un lycée de Barcelone. Il avait déserté ce pensionnat pendant 7 jours, période pendant laquelle il a vécu une aventure extraordinaire avec Marina, une jeune fille mystérieuse habitant avec son père German dans une maison contiguë au lycée. Marina, qui va souvent au cimetière fleurir la tombe de sa mère, va être intriguée par une tombe anonyme ayant pour seul ornement un papillon noir gravé dans le marbre. Cette découverte va la mener sur les traces d'une énigme policière irrésolue depuis vingt ans. Cette enquête va les mener tour à tour dans un hangar désaffecté, dans les  rues désertes et fantomatiques de Barcelone, et même se terminer en apothéose au Grand Théâtre Royal.
 
Mon avis :J'ai beaucoup aimé cette histoire à mi chemin entre la romance, le policier, le fantastique et même parfois l'épouvante. En effet, l'auteur passe d'un style à un autre tout au long du livre. Par exemple, la rencontre entre Oscar et Marina est romantique, la découverte faite dans le hangar de l'ancienne société  Velo Gravell n'a rien a envier à un film d'horreur : " Nous étions cernés, des silhouettes anguleuses pendaient dans le vide. J''en distinguai une douzaine, peu être plus. Des jambes, des bras, des mains et des yeux brillant dans les ténèbres. Une meute de corps inertes se balançait  au dessus de nous comme des pantins issus de l'enfer. C'était en se frôlant entre eux qu'ils produisaient ce bruissement métallique [...] en un dixième de secondes cette armée de silhouettes congelées fut précipitée dans le vide". [...].
Toute l'enquête que vont mener Oscar et Marina pour trouver l'origine de cette tombe au papillon sur laquelle se rend régulièrement une femme entièrement vêtue et voilée de noir, a , quant à elle tous les atouts d'un bon polar.
J'ai aimé ce mélange des genres bien que mes moments préférés furent ceux de la romance, du  fantastique ou épouvante et beaucoup moins apprécié l'enquête policière en elle même car j'ai trouvé les étapes menant à sa résolution un peu tirées par les cheveux.
Oscar, est un personnage attachant car il est un peu perdu, ne sait pas trop ou il va et ne réfléchit pas trop avant d'agir et se trouve bien souvent dans certaines situations bien malgré lui : " Je me dépêchai d'enfiler la veste de rigueur et éteignis la lumière de la chambre. A travers la fenêtre, le spectre de la lune montait au dessus de Barcelone. C'est  seulement alors que je me rendis compte que je tenais encore la montre dans ma main." (passage quand il revient de cette maison qui lui avait paru inhabitée). Il est inconséquent et s'échappe souvent de son lycée parfois même pendant plusieurs jours sans prévenir personne pour vivre sa vie comme il l'entend sans rendre de compte à qui que ce soit.
A l'inverse, Marina est beaucoup plus réfléchie. Pourtant ils ont tous les deux quinze ans  mais le fait qu'elle soit orpheline de mère et qu'elle doivent s'occuper de German, son père malade, a dû très certainement la faire grandir plus vite qu' Oscar.
German et Marina sont très sympathiques de lui offrir l'hospitalité  aussi rapidement car il faut tout de même rappeler  qu'ils se sont rencontrés alors qu'Oscar venait rendre à German la montre qu'il lui avait volée en s'introduisant chez lui par effraction pensant leur maison abandonnée.
J'ai choisi ce livre pour sa couverture que je trouve très belle et laisse présager d'une histoire un peu sombre et j'ai été totalement convaincue en lisant une critique positive sur un blog.  Je ne regrette pas du tout et recommande cette histoire même aux plus jeunes et espère bientôt lire "L'ombre du vent" et "Le jeu de l'ange"
 
Éditions Robert Laffont - 301 pages - Littérature contemporaine

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