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lundi 17 février 2014

La femme au miroir - Eric-Emmanuel Schmitt

Mon résumé : Dans ce livre, Eric-Emmanuel nous raconte trois histoires de femmes à des époques différentes. Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Bien que séparées chronologiquement et géographiquement, le lecteur se rend vite compte que leur destin est commun et ces trois femmes refusent catégoriquement le rôle que souhaitent leur donner les hommes
 
Mon avis : Ce livre est un  coup de coeur pour moi. L'idée de consacrer à tour de rôle un chapitre pour chacune de ces trois femmes est vraiment originale.
La première femme, Anne vit à Bruges au temps de le renaissance. Le jour ou elle est promise au mariage avec Philippe et qu'elle en reçoit deux miroirs, elle décide de fuir dans la foret pour y échapper. Elle refuse sa condition de femme et va finalement intégrer un béguinage (communauté autonome de religieuses). "Anne devinait que le bonheur se cachait derrière un arbre tel un lapin,elle voyait le bout de son nez,elle percevait sa présence,son invite,son impatience" et refuse le saucissonnage vengeur d'un fiancé décidé à la soumettre."
Vienne années 1850, Hanna se confie à son amie Gretchen par lettres ou elle lui expose le fiasco de son mariage, son ressenti durant sa nuit de noces, subie comme un "cours de gymnastique" et face au miroir lorsque chaque matin "elle se déguise en dame" avec jupon,corset et lacets, sa prétendue grossesse. Elle va elle aussi se rendre compte qu'elle aussi  n'est pas faite pour cette vie et va fuir à son tour afin d'apprendre la psychanalyse (Un certain Sigmund Freud commence à faire parler de lui à ce moment là)  puis se mettre à son propre compte. "Je me donne à Franz par gentillesse, altruisme, obligeance, car j'ai décidé que je comblerais autant que je pourrais. J'effectue mon devoir de ménagère. Ni motivée par le goût ni taraudée par l'envie, j'en tire peu de plaisir, hormis la gratification de l'aumône accomplie, ou l'émotion de voir ce grand gaillard repu s'endormir contre mon épaule."
Los Angeles de nos jours, Anny Lee, actrice reconnue est dépendante aux drogues alcools et hommes, couche avec tout le monde et n'importe qui. Un jour face, saoule, face au miroir elle va se demander "C'est qui cette pute? [...] qui a couché avec presque tous les garçons présents? " et va se rendre compte que la vie ne tient pas qu'aux beuveries et coucheries.
Avec brio, Eric Emmanuel Schmitt va ensuite faire se rejoindre ces trois histoires ayant pourtant lieu à des époques différentes...
J'ai beaucoup aimé ces trois portraits mais c'est surtout la correspondance épistolaire que Hanna entretient avec Gretchen qui a retenu toute mon attention. En effet, par le biais des lettres, on ressent toutes les émotions par lesquelles est passée cette dernière et le désarroi éprouvé après son "accouchement" . Mais c' est une battante et elle  ne va pas se laisser aller.
J'ai trouvé étonnant que ces portraits qui se veulent féministes soient brossés par un homme. je pense qu'Éric Emmanuel Schmitt ne doit pas être indifférent à la cause féminine.
Deuxième titre de la rentrée littéraire 2011 que je lis et qui sera au même titre que "Rien ne s'oppose à la nuit" un coup de coeur que je vous invite à découvrir.
Vous pouvez aussi passer voir "Oscar et la dame Rose" et "Odette Toulemonde et autres histoires". Chacun des livres d'EE Schmitt est pour moi un grand moment.
 
Éditions Albin Michel - 460 pages - Littérature contemporaine

Oscar et la dame rose - Eric-Emmanuel Schmitt

Mon résumé : Oscar est un petit garçon de 10 ans qui souffre d'une leucémie et qui sait qu'il va mourir car les traitements et l'opération n'ont pas donné de résultat. Il rencontre alors une dame rose qui est une de ces femmes qui viennent une fois par semaine dans les hôpitaux pour divertir les enfants. Il va se lier d'amitié avec cette ancienne catcheuse qui ne mâche pas ses mots et dont la franchise est la première qualité.  Les parents d'Oscar n'osent pas lui parler eux non plus de sa maladie car comme lui, ils savent qu'il n'y a plus rien à faire... Alors, pour rendre sa fin de vie plus agréable, Mamie-Rose lui propose de croire en Dieu et de lui écrire...
 
Mon avis : J'ai beaucoup apprécié cette histoire dramatique mais pleine de poésie et sais déjà que ce livre fera partie de mes coups de coeur de 2011.
Les sentiments d'Oscar face à sa maladie sont très lucides et pour un petit garçon de 10 ans, je trouve qu'il a une grande maturité.
Lui, qui fait pitié à tout le personnel soignant et même à ses parents n'arrive pas à avoir des réponses franches à ses questions. Pire encore, ses parents ne sachant quoi lui dire le fuient. Mais il va obtenir ses réponses auprès de Mamie-Rose l'ancienne catcheuse surnommée l'étrangleuse du Languedoc. Pour le motiver et l'aider à surmonter cette épreuve, elle lui propose de croire en Dieu et de lui envoyer une lettre par jour avec un voeu. Et lui propose par la même occasion de s'imaginer que chaque jour passé représente 10 ans. Mamie-Rose sait d'avance qu'il y aura 12 jours donc 12 lettres... " Douze jours ? Ça va si mal que ça, Mamie-Rose ?" Au fil des pages, on le voit alors à l'adolescence,  "Aujourd'hui, j'ai vécu mon adolescence et ça n'a pas glissé tout seul. Quelle histoire! J'ai eu plein d'ennuis avec mes copains, avec mes parents et tout ça a cause des filles. Ce soir, je ne suis pas mécontent d'avoir vingt ans parce que je me dis que, ouf, le pire est derrière moi. " puis à l'âge adulte où il se marie avec sa voisine de chambre Peggy Blue, puis vers la crise de la cinquantaine, pour enfin s'assagir jusqu'à l'âge de 120 ans! Chacun des 12 jours qui va passer, Oscar va acquérir 10 ans de sagesse! : "J'ai essayé d'expliquer à mes parents que la vie, c'était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau: on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n'était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N'importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence."
Ce petit trésor de littérature est une ode à la vie qui peut donner aux enfants malades la force de croire mais sans jamais oublier que "[...] la maladie, c’est comme la mort. C’est un fait, Ce n’est pas une punition."
 
Ce livre est un des quatre romans d'E-E Schmitt  du "cycle de l'invisible" dont chacun parle d'une religion.
 
A lire aussi :
Schmitt Eric-Emmanuel - Odette Toulemonde et autres histoires
Schmitt Eric-Emmanuel - La femme au miroir
Schmitt Eric-Emmanuel - L'évangile selon Pilate
Schmitt Eric-Emmanuel - Le sumo qui ne pouvait pas grossir
Schmitt Eric-Emmanuel - Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus
 
Éditions Albin Michel - 100 pages - Drame

Odette toulemonde et autres histoires - Eric-Emmanuel Schmitt

Mon résumé : Ce livre est composé des 8 nouvelles suivantes :
Wanda Winnipeg,
L'intruse,
C'est un beau jour de pluie,
Le faux,
Tout pour être heureuse,
La princesse aux pieds nus,
Odette Toulemonde,
Le plus beau livre du monde.
 
Wanda Winnepeg : Wanda est une richissime quinquagénaire en vacances dans le sud la France. Sur une plage, elle croise Césario, un garçon avec lequel elle a eu ses premiers émois amoureux... 
C'est un beau jour de pluie :  Hélène, éternelle insatisfaite de l'amour allant d'amant en amant, rencontre un jour Antoine, un séduisant avocat profitant  des  bonheurs simples de la vie...
L'intruse : Odile est persuadée qu'une intruse vient chez elle tous les jours. Elle la croise régulièrement mais n'arrive pas à l'appréhender. Elle appelle alors la police à maintes reprises, mais, impossible de coincer cette intruse... L'appartement est désespérément vide, ...
Le faux : Quand Georges annonce à sa maîtresse Aimée qu'il la quitte après 25 ans de liaison pour partir vivre avec sa femme dans le sud de la France, il ne lui laisse rien à part des souvenirs et un mystérieux tableau de maître...
Tout pour être heureuse :   Isabelle a, semble t-il, tout pour être heureuse mais cache un lourd secret. Jusqu'au jour, où elle croise le regard paniqué de Nathalie dans un institut de beauté... Elle décide alors de suivre cette femme, une décision qui va bouleverser sa vie...
La princesse aux pieds nus : Fabio Fabbri retourne avec sa troupe de théâtre, dans le village médiéval, où il avait rencontré quelques années auparavant Donatella, une jeune et belle princesse aux pieds nus...
Odette Toulemonde : Odette Toulemonde est fan de l'écrivain Balthazar Balsan. Suite à une lettre enflammée qu'elle lui a écrite, elle va le voir débarquer chez elle...
Le plus beau livre du monde : Dans un goulag soviétique, un groupe de prisonnières veulent écrire des lettres pour se raconter à leurs filles. N'ayant qu'un seul stylo et trois feuilles  (reconstituées à l'aide de papier à cigarette) chacune, que vont elles écrire pour relater leur triste sort?...
 
 
Mon avis : Voici le quatrième est dernier livre lu aux Îles Grenadine.J'ai adoré ce recueil de nouvelles. J'avais déjà lu " Oscar et la dame rose" que j'avais adoré, et là, je n'ai pas été déçue non plus...
Ces huit histoires ont chacune pour personnage principal une femme,  pour thème une histoire d'amour et une moralité ou une conclusion parfois surprenante.
Ma préférée est  "L'intruse" car je ne m'attendais pas à une telle fin. J'ai trouvé le personnage d'Odile très attachant car c'est une femme très fragile et désorientée.
A la lecture de la postface, on apprend que ces nouvelles ont été écrite pendant le tournage du film Odette Toulemonde, et que  la nouvelle du même nom est tirée du film. Ordinairement, c'est plutôt l'inverse qui se produit. Ce livre nous raconte des  histoires de femmes simples et émouvantes, ce sont des portraits aussi divers que variés qui nous font réfléchir. Ces histoires sont parfois tristes, souvent touchantes et je regrette qu'il n'y en ai pas eu plus de huit dans ce livre.
Voici un extrait de "C'est un beau jour de pluie" : Une façon positive de voir les mauvaises choses du quotidien : "Elle lui demanda en quoi un jour de pluie pouvait être beau : il lui énuméra les nuances de couleurs que prendraient le ciel, les arbres et les toits lorsqu'ils se promèneraient tantôt, du parapluie qui les rapprocherait pendant la marche, de la joie qu'ils auraient à se réfugier ici pour un thé chaud"
Voici une citation autre citation qui m'a bien plu : "Conne? En Aimée comme en chaque être humain, la bêtise et l'intelligence habitaient des provinces séparées, la rendant régionalement brillante et localement stupide..." ("Le faux")
 
Le livre de poche - 212 pages - Nouvelles

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates M.A. Shaffer

Mon résumé : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale, Juliet Ashton, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. La lettre d'un de ses fan,  Dawsey, un inconnu, natif de Guernesey, va le lui fournir. Juliet pénètre alors un monde insoupçonné  excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : "Le cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté insulaire et est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs autres membres du Cercle (et même d'autres habitants de Guernesey), découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec ce Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va vivre là-bas changera le cours de sa vie.
 
Mon avis : Ce livre est le premier des quatre  qui ont eu la chance d'aller faire du bateau avec moi aux îles Grenadine! Cette fois ci, c'est le titre farfelu et la jolie couverture qui m'ont convaincue de le lire. De plus, toutes les critiques l'encensant ont fini de me persuader. Mais je dois avouer que ce fut une très grande déception pour moi. Je savais que c'était un roman épistolaire, mais je ne m'attendais pas à autant de personnages et autant de lettres entre eux. C'est sans doute ce qui m'a le plus déplu : avoir à chaque nouvelle lettre à resituer les personnages et leurs liens (ou leur absence de lien) les uns envers les autres.
En effet,  certains personnages membres du cercle des amateurs de tourte aux épluchures de patates se connaissent déjà entre eux, mais pour le lecteur, ce n'est pas le cas, alors j'ai eu du mal à comprendre certains passages (puisque l'auteur n'intervient à aucun moment, car ce ne sont que des lettres!)
Par contre, à la lecture de ce livre, on en apprend un peu plus sur ce qu'a pu être la vie de ces insulaires qui n'ont pas été emmenés dans des camps pendant la guerre et leurs vies après guerre.
Par contre, j'ai aimé l'idée de ce cercle ou les membres se racontent entre autres leurs lectures. (ça me rappelle quelque chose!!!)
J'ai relevé deux phrases qui m'ont fait sourire : "Les hommes sont plus intéressants dans les livres qu'ils ne le sont en réalité" et "Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais"
Peut être était-ce parce que j'étais dans un endroit paradisiaque que, contrairement à la majorité, je n'ai pas réussi à  m'émerveiller.... J'en ferai sans doute une relecture avec un peu de recul.
Je remercie néanmoins GUU de m'avoir envoyé ce livre que j'ai gagné sur son blog lors d'un concours de commentaires!
 
Éditions 10/18 - 410 pages - Roman épistolaire

La mélodie du coeur qui bat - Jan-Philipp Sendker

Mon résumé : Julia, une jeune New-Yorkaise part en Birmanie sur les traces de Tin Win, son père disparu sans laisser d'adresse quatre ans plus tôt. En effet, en fouillant dans ses affaires, elle a découvert une lettre de son père à une certaine Mi Mi en Birmanie. Elle sait que son père y a vécu pendant les 20 premières années de sa vie. La jeune femme en a l'intuition : c'est là-bas que se trouvent les réponses à ses questions. À peine arrivée, elle fait la connaissance d'U Ba, un homme étrange qui semble tout savoir de sa famille. Il va lui raconter l'étrange histoire qui liait Tim Win à Mi Mi... Le récit d'U Ba va t-il lui permettre de retrouver son père?
 
Mon avis : Il ne se passe pas grand chose! J'ai même parfois hésité à interrompre cette lecture, mais je me suis accrochée et finalement, j'ai bien fait de persévérer car au final, c'est une belle histoire.
Le livre est composé de trois parties et l'histoire ne commence à être intéressante quà la seconde partie p 97.
Dans la première partie, j'ai eu un peu de mal à me retrouver entre l'époque actuelle, le récit d'U Ba et les impressions de Julia. De plus, il y a beaucoup trop de descriptions et des histoires de croyances  birmanes qui n'ont aucun intérêt pour le lecteur. En plus le livre fait un peu "bloc" car il n'y a jamais de sauts de pages entre les chapitres : ils se suivent tous avec seulement quelques interlignes pour les séparer. Mais je me suis accrochée!
La seconde partie est, quant à elle, beaucoup plus intéressante. On apprend que Tim Win a fait la connaissance de Mi Mi alors qu'il était encore un tout jeune enfant abandonné par sa mère sous prétexte qu'il est né un jour néfaste et qu'il ne peut apporter que le malheur. Un lien très fort les unit : Tim Win est aveugle et Mi Mi a une malformation des pieds qui l'empêche de pouvoir marcher. Elle va devenir les yeux de Tim Win et Tim Win va devenir ses pieds. Ils deviennent inséparables et leurs handicaps les lient  encore plus l'un à l'autre. Tim Win porte Mi Mi sur son dos, et elle le guide. Ils sont toujours ensemble et au fil des années, une histoire encore plus forte que l'amour va naître entre eux. Là encore, il y a pas mal de descriptions, mais cette fois-ci, elles sont plus poétiques et permettent au lecteur de s'imaginer le pays comme s'il y était.
Dans la troisième partie, Tim Win est séparé de Mi Mi car il est envoyé chez son oncle à Rangoon. La capitale va le changer de la pauvreté de sa campagne natale, il va même apprendre que sa cécité est opérable. Il va ensuite entreprendre des études de droit à New York afin de devenir un brillant avocat. C'est le passage de la vie de son père que Julia connaît. Mais U Ba a encore de nombreuses révélations à lui faire....
J'ai particulièrement aimé le récit d' U Ba, ce vieux sage que Julia écoute attentivement car elle sait qu'elle va en apprendre beaucoup sur ce père qu'elle a tant aimé. Et elle va de découverte en découverte. Par exemple, elle ne savait même pas que son père était aveugle pendant les premières années de sa vie.
Le récit d'U Ba va t-il lui permettre de retrouver son père?
Une histoire qui vaut le coup d'être lue si on fait abstraction de la première partie!
 
Éditions France Loisirs - Drame, Romance - 294 pages

Sauver Noël - Romain Sardou

Mon résumé : Pour sauver Noël, une gouvernante de choc et un petit garçon avisé vont faire alliance contre le Mal... 1854, à Londres, Gloria Pickwick, femme aussi ronde qu' énergique, est une perle rare : gouvernante, cuisinière, nounou des enfants, elle tient la vaste maison de Lord Balmour d'une poigne affectueuse. Aussi regarde-t-elle d'un oeil suspicieux leur nouveau voisin, l'étrange baron Ahriman. Mille rumeurs courent le quartier. Qui est ce baron ? Il refuse toutes les invitations, ses volets restent clos... Parfois une diligence tirée par six chevaux noirs conduit des gens chez lui, des gens qu'on ne revoit jamais ! Arrive le 24 décembre. Tous les enfants, se couchent en rêvant au lendemain. Mais le Père Noël ne vient pas. Aucun cadeau au pied des sapins illuminés. Une vague de tristesse submerge Londres. Une maison, et une seule, fait la fête ce jour-là, avec un tapage insolent. Ces voisins sont pour le moins étranges.... C'en est trop pour Gloria, qui prend l'affaire en main. Et Harold, un petit garçon futé, s'engage avec elle dans l'aventure, amenant des renforts insolites : des lutins, une fée, des oies douées de parole et bien d'autres encore. L'objectif de cette drôle de troupe : sauver Noël ! Espérons que cela soit encore possible...
 
Mon avis : Voici  la suite de "Une seconde avant Noel" que je m'étais promis de lire pour le Noël d'après, et voilà, c'est chose faite. Mais je dois dire que la découverte de cet univers façon  Dickens m'a beaucoup plus plu dans le tome précédent.
Dans "Une seconde avant Noël", on apprend les origines des cadeaux et du Père Noël. Dans cette suite, "Sauver Noël ", on retrouve notre petit héros Harold Gui et les petits lutins, on fait aussi la découverte de cette femme déterminée qu'est Gloria Pickwick et on va savoir comment Harold et elle ont dû lutter pour que le second Noël ait finalement lieu sans encombre.
C'est de Gloria Pickwick  que va partir l'aventure : elle veut comprendre qui sont ces mystérieuses personnes arrivées près de chez elle qui ne vivent que la nuit et disparaissent au petit matin. Elle est déterminée et n'a peur de rien et c'est ce trait de caractère qui m'a énervée chez elle : elle veut tout savoir tout de suite et ne laisse aucune place à la magie. Elle se qualifie même comme ayant "La peau dure et une tête de bois".
J'ai apprécié l'écriture toujours aussi fluide, l'auteur qui prend le lecteur à partie en l'interpellant, et les titres de chapitres toujours aussi longs mais rigolos qui informent vraiment de ce qui va se passer.
C'est pourquoi, si vous avez déjà lu le précédent tome (les deux peuvent se lire dans le désordre ou l'un sans l'autre), je vous recommande de lire cette histoire pour (re)découvrir les lutins, les rennes volants, Esclarmonde, Le Conteur Eliot Doe, les oies qui parlent et ainsi retomber dans le monde de l'enfance le temps de la lecture de ce petit conte....
 
Extraits : "Depuis le temps que cette histoire est racontée, par les grands et par les petits, les conteurs professionnels et les conteurs de fin de tablée, les manuels d’histoire et les livres illustrés, tous s’accordent pour dire que l’aventure débuta le matin du 1er novembre 1854, à Londres, sur la place dominée par l’église St. Perry."
"L’enfant se retrouva en sécurité dans l’arrière-cuisine de Gloria. Zoé assista à leur retour. - Vous êtes pâle, maman ! Que vous est-il arrivé ? - Rien, ma petite. Rien qui mérite d’être raconté. Pas vrai, petit ? Elle lança un regard au garçon, un regard qui disait sans ambages : “Pas un mot de tout cela à ma fille. Je ne veux pas l’effrayer et lui fournir des cauchemars pour le restant de ses jours !” Après s’être aspergé le visage d’eau froide, elle servit au garçon de quoi le restaurer. Ce dernier dévora tout ce que la gouvernante posait sous un nez : pudding, porridge, viande froide, oeufs durs, sorbets, porc à la groseille, gelée à la menthe et aux câpres. Il ne reprenait son souffle que pour avaler une lampée de lait d’amende et dire invariablement : “Merci.” Il en émit une vingtaine de la sorte."
 
Éditions Pocket - Conte - 200 pages

Une seconde avant Noël - Romain Sardou

Mon résumé : Nous sommes en 1851 à Cokecuttle une cité industrielle anglaise, et Harold Gui est un petit orphelin de 9 ans qui habite sous un pont avec son vieil ami Le Falou. Il survit grâce à des petits jobs comme le ramonage de cheminées ou les nuits de travail à l'usine. Le vieil homme s'occupe de son instruction et donne à Harold la chance que très peu d'enfants de son âge ont : celle d'être cultivé. Hélas, le vieil homme va mourir, mais laissera à Harold la chance de devenir un petit garçon hors du commun. Il ne le sait pas encore, mais il va devenir le Père Noël. En effet, Le Falou connaît les anges et aura la chance d'en croiser un lors de sa montée au ciel... Ainsi, nous allons suivre le destin extraordinaire d'Harold depuis son abri de fortune sous le pont, puis l'orphelinat End's End, ou encore la maison de redressement  des Parrott jusqu'à sa rencontre secrète avec les lutins....
 
Mon avis :J'ai beaucoup aimé ce conte de Noël. J'y ai appris aussi l'origine du "cadeau" qui est en fait la première lettre décorative au début d'un chapitre ou d'un paragraphe. " Chaque première lettre en début de psaume occupait presque une page entière tant elle était décorée, entourée, festonnée, garnie, colorée...Ces magnifiques images semblaient d'or et de pierres précieuses.
- Cela se faisait souvent autrefois dit Lucie qui voyait la curiosité de Harold. Les lettres capitales étaient toujours ornées de la sorte.
- Comment cela s'appelle t-il?
- Ce sont des "cadeaux".
- des "cadeaux"?" De là, viendra à l'idée d'Harold d'utiliser ces dessins pour dissimuler les présents. Ils venait d'inventer le papier cadeau...
Maintenant, je sais aussi pourquoi le Père Noël est installé au Pôle Nord : c'est pour pouvoir relier sans difficulté tous les points du globe en moins de 24 heures mais aussi pour travailler à la confection des cadeaux avec les lutins à l'abri des regards indiscrets.
J'ai été subjuguée de voir le courage de ce petit garçon et sa force  pour rebondir sur tous les malheurs qui s'abattent sur lui. Avec tout ce courage et cette determination, c'est sur qu'il va réussir la mission de ce premier Noël : livrer tous les cadeaux en temps et en heure...
J'ai particulièrement aimé le passage où Harold et les lutins cherchent un nom à ce personnage qu'ils viennent d'inventer qui est à mi-chemin entre saint Nicolas et un quatrième Roi Mage. Du coup, j'ai compris aussi comment faisait le Père Noël pour descendre dans les cheminées : C'est parce que c'est un enfant déguisé en adulte....!
C'est le premier livre que je lis de Romain Sardou et sûrement pas le dernier! D'ailleurs, je compte lire à Noël prochain la suite de cette histoire : "Sauver Noël".
J'espère qu'un producteur de cinéma va acheter les droits pour en faire une adaptation car cette histoire est magnifique. Ce conte est vraiment bien écrit , mais le style et les mots compliqués souvent employés font qu'il s'adresse principalement aux adultes.
 
 
Éditions XO - 301 pages - Conte de Noël

Les tribulations d'une caissière - Anna Sam

Mon résumé : Anna Sam nous raconte par diverses anecdotes les 8 ans qu'elle a passé à travailler comme hôtesse de caisse dans un supermarché. Diplômée d'une licence de lettres, elle a premièrement pris ce job pour payer une partie de ses études. Par la suite, elle y est restée car elle ne trouvait pas de travail correspondant à ses qualifications. Durant ses 8 longues années, elle n’a pas eu  les yeux dans la poche de sa blouse et elle a saisi sur le vif nos petits mensonges, nos petites lâchetés, nos habitudes plus ou moins bizarres, et elle en fait un livre
 
Mon avis : Être caissière, ce n'est pas une vocation, et surtout pas pour Anna Sam. Arrivée là par hasard, elle y est restée par dépit. On se doute alors que le ton général du livre est plutôt caustique. Je n'ai pas appris grand chose grâce à cette lecture, mais j'ai plutôt eu la confirmation de ce que je pensais déjà : les gens sont malpolis, sans gêne, irrespectueux, j'en passe et des meilleures... Néanmoins, cette lecture n'a pas été désagréable et m'a permis de revivre ce que j'ai eu moi aussi l'occasion de connaître vis à vis de la clientèle (une clientèle à mon avis encore pire puisqu'il s'agissait du milieu des jeux d'argent...).
Elle nous décrit avec beaucoup d'humour les petits travers de chacun et scanne les caractères comme elle scanne les articles : ceux qui arrivent avant l'ouverture, ceux qui ne jurent que par les bons de réductions, ceux qui font les courses en traînant au moment de la fermeture. De tous ces clients, une sorte toute particulière semble prédominer : ceux qui ne la voient pas, ne disent pas bonjour, au revoir et merci. Ils ont le don de l'énerver, mais elle est obligée de les traiter avec le sourire toujours avec un "bonjour, au revoir et merci". Et ce n'est vraiment pas facile de mettre son orgueil dans sa poche quand les gens sont désagréables.
Les anecdotes se suivent et le livre n'a pas de fil conducteur. J'ai trouvé cela un peu dommage. Anna Sam s'est contentée de relater telles quelles ses expériences comme elle les avait écrites au jour le jour sur son blog. 8 ans, c'est long, et on ne parvient jamais à s'habituer à la connerie et l'indifférence. Arrive alors le dernier jour : elle va se faire plaisir en disant aux clients sa façon de penser et ne se force plus à dire "bonjour..." Une sorte de revanche sur cette expérience de vie qu'elle n'est pas prête d'oublier. J'ai trouvé ce passage particulièrement jubilatoire.
Une lecture divertissante sur un ton simple (celui du langage parlé) qui j'espère incitera un grand nombre de lecteurs à changer leur point de vue sur un métier qui ne demande pas de qualifications particulières mais pourtant difficile qui demande patience, compréhension, flexibilité  et sens du service.
 
La phrase que je retiendrai : "Et comme la connerie reste la chose la mieux partagée sur terre, un conseil pour garder le moral : achetez-vous un punching-ball"
 
A noter : Ce film a fait l'objet d'une adaptation au cinéma. Pour voir la bande annonce, c'est ici
 
Éditions Livre de Poche - Témoignage - 185 pages

Terre des hommes - Antoine de Saint-Exupéry

Mon résumé : Antoine de Saint-Exupéry nous raconte dans ce livre ses débuts de  pilote au sein de l'Aéropostale.
Il nous fait part d'une multitude de souvenirs auxquels il consacre pour chacun un chapitre :
"La ligne" dans lequel il nous raconte ses touts  premiers vols au départ de la base de Toulouse.
"Les camarades", est une description de la grande famille qu’était l’aviation à ses débuts. Saint-Exupéry nous parle ainsi de Mermoz et de ses exploits, de Guillaumet et de sa survie héroïque après son crash dans les Andes, de Riguelle et de Bourgeat avec lesquels il passa une nuit de veille.
"L'avion" et "L'avion et la planète" et les formidables possibilités qu’il offre à l’Homme.
"L'Oasis" ou il relate sa rencontre inattendue au Paraguay.
Ensuite, dans "Dans le désert", "Au centre du désert" et "Les hommes", il nous raconte   plusieurs de ses (més)aventures vécues dans le désert, notamment celle où il faillit mourir de soif avec son camarade Prévot à la suite d’un crash en Libye. .
 
Mon avis : Ce livre étant un classique, il me semble important de rappeler la biographie d'Antoine de Saint Exupéry pour placer l'histoire dans son contexte et comprendre pourquoi le thème principal de ce roman est l'aviation. (Source Wikipédia)
Antoine Marie Jean-Baptiste Roger de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944, Mort pour la France, est un écrivain, poète et aviateur français.
Né dans une famille issue de la noblesse française, Antoine de Saint-Exupéry passe une enfance heureuse malgré la mort prématurée de son père. Élève peu brillant, il obtient cependant son baccalauréat en 1917 et, après son échec à l'École navale, il s'oriente vers les beaux-arts et l'architecture. Devenu pilote lors de son service militaire en 1921, il est engagé en 1926 par la compagnie Latécoère (future Aéropostale) et transporte le courrier de Toulouse au Sénégal avant de rejoindre l'Amérique du sud en 1929. Parallèlement il publie en s'inspirant de ses expériences d'aviateur ses premiers romans : Courrier Sud en 1929 et surtout Vol de Nuit en 1931, qui rencontre un grand succès.
À partir de 1932, son employeur entre dans une période difficile. Aussi Saint-Exupéry se consacre-t-il à l’écriture et au journalisme. Il entreprend de grands reportages au Vietnam en 1934, à Moscou en 1935, en Espagne en 1936, qui nourriront sa réflexion sur les valeurs humanistes qu'il développe dans Terre des hommes, publié en 1939.
En 1939, il est mobilisé dans l'armée de l'air et est affecté dans une escadrille de reconnaissance aérienne. À l'armistice, il quitte la France pour New York avec pour objectif de faire entrer les Américains dans la guerre et devient l'une des voix de la Résistance. Rêvant d'action, il rejoint enfin au printemps 1944, en Sardaigne puis en Corse, une unité chargée de reconnaissances photographiques en vue du débarquement en Provence. Il disparaît lors de sa mission du 31 juillet 1944. Son avion n'a été retrouvé qu'en 2004.
Je suis assez mitigée sur cette lecture et ne sais pas trop quoi en penser. En effet, j'ai trouvé à toute cette narration un côté poétique, et j'ai appris pas mal de chose sur les balbutiements de l'aviation comme les altitudes auxquelles ils volaient, les façons dont ils faisaient le point sur la carte pour se situer, les vitesses de vol ainsi que l'architecture des avions.
Mais j'ai trouvé cet ensemble très décousu. Il n'y a pas vraiment de continuité dans l'histoire. Ce sont plutôt de grands évènements de la vie de saint-Exupéry qui sont décrits.
Néanmoins, je dois dire que j'ai particulièrement apprécié la narration de son crash dans le désert  quand il a cru mourir de soif avec son camarade Prévot. J'ai d'ailleurs relevé les trois passage suivants résumant assez bien sa situation et son angoisse de la mort.
"Adieu, vous que j'aimais. Ce n'est point ma faute si le corps humain ne peut résister trois jours sans boire. Je ne me croyais pas prisonnier des fontaines. Je ne me soupçonnais pas une aussi courte autonomie. On croit que l'homme peut s'en aller droit devant lui. On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. S'il fait un pas de plus, il meurt."
"Je ne regrette rien. j'ai joué, j'ai perdu. C'est dans l'ordre de mon métier. Mais, tout de même, je l'ai respiré, le vent de la mer. Ceux qui l'ont goûté une fois n'oublient pas cette nourriture. N'est-ce pas, mes camarades ? Et il ne s'agit pas de vivre dangereusement. Cette formule est prétentieuse. Les toréadors ne me plaisent guère. Ce n'est pas le danger que j'aime. Je sais ce que j'aime. C'est la vie."
"Quand on me retrouvera, les yeux brûlés, on imaginera que j'ai beaucoup appelé et beaucoup souffert. Mais les élans, mais les regrets, mais les tendres souffrances, ce sont encore des richesses. Et moi je n'ai plus de richesses. Les fraîches jeunes filles, au soir de leur premier amour, connaissent le chagrin et pleurent. Le chagrin est lié aux frémissement de la vie. Et moi je n'ai plus de chagrin"
Je suis très étonnée de constater qu'à cette époque, les pilotes survivaient souvent à leurs crashs. Peut être parce que les avions de l'époque étaient conçus pour planer.
J'ai acheté ce livre à l'aéroport avant d'aller aux Antilles et suis bien contente de ne pas l'avoir lu pendant le vol!! Certaines épopées font froid dans le dos!


Editions Folio - Classique - 182 pages - Publié en 1939

"Des bleus à l'âme" Françoise Sagan

Voilà encore un livre de plus que je viens de finir. C'est le premier que je lis de Françoise Sagan et je dois avouer que j'ai été assez agréablement surprise par le style et l'histoire. En effet un chapitre sur deux l'auteur nous raconte l'histoire de Sébastien et Eléonore frère et soeur et un sur deux, elle prend parti pour l'un ou l'autre et nous dévoile ses points de vue sur la vie et surtout sur sa vie. J'avoue que je n'étais pas du tout au courant de sa façon de vivre et j'y ai appris son penchant pour l'alcool et  les voitures de sport.
De plus, j'ai trouvé ce livre admirablement écrit avec beaucoup de poésie.
Voici un court résumé : Sébastien et sa sœur Eléonore, s'installent  dans un meublé parisien. La quarantaine proche, mais encore très beaux, les deux complices professent un mépris total pour toute forme de travail. Pour subvenir à leurs besoins, ils se mettent en quête de la bonne âme fortunée qui sera sensible à leur charme. Ce sera Nora, une américaine d’âge mûr. Ils rencontreront également Robert, célèbre impresario, et son protégé Bruno, jeune loup numéro 1 du cinéma français.
Publié en 1972 mais récemment  réedité chez stock (d'autres titres de F. Sagan vont suivre) voilà une bonne occasion de lire (pour moi) ou relire (pour d'autres) ses livres.
Pour ma part, la curiosité éveillée à la lecture de cette oeuvre me donne vraiment envie de voir le film éponyme retraçant sa vie.

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