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mercredi 24 août 2016

Un travail comme un autre - Virginia Reeves

Un travail comme un autre - Virginia Reeves
Synopsis : « On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie.. « Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. » Kevin Powers. « L’univers de ce roman exquis – les années 1920, en Alabama – ne m’a pas quittée depuis que je l’ai refermé. C’est magnifique, douloureux, original, et si juste dans ses moindres détails. Touffu, plein de terreur et de beauté. » Fiona McFarlane « C’est assurément un travail pas comme les autres en ce que l’humanité et l’optimisme survivent même dans les endroits les plus sombres – la cellule d’un pénitencier, la galerie d’une mine, la décomposition d’un mariage et la terre impitoyable. » Jim Crace

Je remercie les éditions Stock pour cette lecture en avant-première.. Date de sortie : 24 août 2016

Mon avis : Je peux déjà le dire, ce livre fait partie de mes coups de cœur de l'année! Je l'ai lu il y a un peu plus d'un mois et j'attendais impatiemment son jour de sortie pour pouvoir vous en parler. Quel talent pour un premier roman!
"Un travail comme un autre" a été un coup de cœur pour deux raisons : 
Premièrement, j'aime beaucoup les histoires qui se passent au début du siècle dernier car cela m'apprend toujours plein de choses (une époque qui n'est pas polluée de futilités et où chaque événement semble immuable puisqu'à l'époque, les gens respectaient les us et coutumes.) Ici, par exemple, j'ai été atterrée d'apprendre que dans ce passé très proche, les noirs emprisonnés aux États-Unis servaient encore d'esclaves dans les mines alors que les blancs se retrouvaient en prison.
Et deuxièmement car le suspens m'a tenu en haleine tout au long du livre : pourquoi Marie n'est elle pas venue voir son mari en prison? Pourquoi a-t-elle décidé de ne plus donner signe de vie?
J'ai eu beaucoup de compassion pour Roscoe, cet homme passionné par son travail d’électricien qu'il a dû abandonner pour suivre sa femme lorsqu'elle a hérité de la ferme de son père. Cette ferme qui périclite et qu'il tente maladroitement de remettre sur les rails de la productivité en y amenant illégalement le courant électrique. Alors que la ferme retrouve peu à peu la rentabilité, un électricien venu vérifier un transformateur s’électrocute. Le coupable est  vite retrouvé. Roscoe et Wilson (un noir qui travaillait avec lui) sont arrêtés.
Roscoe est envoyé en prison et enchaîne les travaux d’intérêt général à la laiterie, puis au chenil pour dresser les chiens à la poursuite de fugitifs. Il se dévoue alors entièrement à son travail pour éviter de ressasser la question qui l’obsède : pourquoi Marie ne donne plus signe de vie? Wilson, quant à lui, est envoyé à la mine où il est ni plus ni moins qu'un esclave.  Marie se retrouve donc seule avec leur fils Gérald et doit faire face aux dettes de Ross qui a acheté les bobines de cuivre sur le compte d'Alabama Power, son ancien employeur. Certainement à cause de la honte, elle fait tout pour éloigner Gérald de son père, ne répond pas aux lettres et ne vient pas le voir en prison. Malgré sa situation délicate, je n'ai pas éprouvé de pitié pour Marie et le dénouement m'a donné raison même si j'ai trouvé son geste envers la famille de Wilson admirable... 
Une histoire passionnante servie par une très belle plume.
Un roman de cette rentrée littéraire que je vous conseille vivement!

Extrait : Je vais amener l'électricité. Par là, le long du champ. L'endroit est parfait pour ça je peux me brancher sur ce poteau juste après l'angle. Wilson planta un second clou puis il secoua le nouveau barreau pour en éprouver la solidité. Le bois ne bougea pas.
"- Mais Ross, ces lignes là, c'est pour la ville. Qu'est-ce qui te permet de croire qu'ils vont en amener une par ici? 
- Je n'ai pas l' intention de leur demander."
Wilson rit de nouveau et avança le long de la barrière. Le morceau de rambarde suivant était complètement pourri est cassé en son milieu. 
"- Tu veux dire que tu vas les voler?"
Autour de Roscoe de rire. On perd déjà tellement de courant l'acheminant : "Ce qu'on perdra n'est rien en comparaison. C'est une goutte dans un lac, Wilson, ça ne manquera personne." 
Wilson retira le clou qui maintenait le bois pourri. 
"- Et comment tu vas détourner le courant sans te tuer au passage? 
- On le coupera avant, et puis tu sais, je fais ce genre de manip depuis tellement longtemps."
Wilson le regarda . 
"- Mais même si tu y arrives. Qu'est-ce que l' électricité peut apporter la ferme ?"
Les mains de Roscoe se plantèrent fermement sur la barrière solide, tant son idée était bonne . 
"- J'ai trouvé comment convertir la batteuse qui marche au pétrole pour qu'elle fonctionne à l'électricité. Réfléchis : tout le ramassage et le battage on n'en serait débarrassé . On pourrait cultiver davantage d' arachide . La machine accomplirait l'essentiel du boulot . Je suis sûr que ça rendrait cet endroit profitable , Wilson . Je le sais."

Éditions Stock - Littérature contemporaine - 344 pages

lundi 10 août 2015

Les sept soeurs - Maia - Lucinda Riley

Les sept soeurs - Maia - Lucinda Riley
Synopsis : À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a adoptées aux quatre coins du monde lorsqu'elles étaient bébés, Maia d'Aplièse et ses sœurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique château sur les bords du lac de Genève.
Pour héritage, elles reçoivent chacune un mystérieux indice qui leur permettra peut-être de percer le secret de leurs origines. La piste de Maia la conduit au-delà des océans, dans un manoir en ruines sur les collines de Rio de Janeiro, au Brésil. C'est là que son histoire a commencé… Secrets enfouis et destins brisés : ce que Maia découvre va bouleverser sa vie.

Je remercie Élise des éditions Charleston pour l'envoi de ce livre qui fut une très belle découverte!

Mon avis : J'adore les romans qui piquent ma curiosité et m’apprennent des choses. Ce fut le cas ici notamment avec l'histoire de la fabrication du Christ Rédempteur au sommet du Mont Corcovado de Rio. C'est en fait les noms de Laurent Brouilly, Heitor da Silva Costa et de Paul Landowski qui, m'évoquant de vagues souvenirs m'ont poussée à consulter Wikipédia et j'ai été très agréablement surprise de voir que toute cette histoire concernant cette statue de 30 mètres de haut construite à Paris et surplombant la baie de Rio était vraie! Je félicite d'ailleurs l'auteure d'avoir réussi à mettre en scène des personnages ayant réellement existé dans un roman aussi intéressant.
L'histoire aussi m'a beaucoup plu car elle est originale : un énigmatique homme d'affaires vient de décéder et laisse en héritage à chacune de ses sept filles adoptées aux quatre coins du monde des coordonnées GPS leur permettant de percer le secret de leurs origines. Ce livre (premier d'un série de 7) concerne Maia, la première de ses filles. Cette révélation va la conduire jusqu'au Brésil où son enquête lui permettra de découvrir son arrière grand-mère... Le roman alterne donc les parties au présent et  fin des années 1920 permettant petit à petit de retracer l'ascendance de Maia. Et c'est cette partie que j'ai le plus appréciée car comme je le disais précédemment l'histoire est vraie mais en plus je me suis passionnée pour Izabela Bonifacio (Bel), une jeune fille très réfléchie qui a pourtant accepté un mariage arrangé pour le renom et la réputation de sa famille. Son histoire est passionnante et ses choix parfois déroutants mais je l'ai adorée!  J'ai aimé découvrir les conditions de vie de riches émigrés italiens au Brésil dans les années 1920. Si j'ai aussi apprécié l'histoire se déroulant au présent, je l'ai trouvée un peu rapide et je pense que Maia et Floriano trouvaient les réponses à leurs questions un peu vite, mais cela n'a pas gâché mon plaisir car j'avais hâte de connaître le fin mot de l'histoire. Et concernant la fin justement, la dernière phrase m'a laissée bouche bée et c'est cruel de nous laisser attendre la parution du tome 2 après une telle révélation!
Vous l'aurez compris, ce livre est pour moi un coup de cœur que je n'ai pas lâché du week-end et que je vous recommande vivement. Maintenant j'ai vraiment hâte de découvrir la suite consacrée cette fois-ci à Ally, la deuxième des sept sœurs.

Les Sept soeurs : Tome 1, Maia

Extrait : "Je me souviendrai toujours de l’endroit où je me trouvais et de ce que je faisais quand j’ai appris que mon père venait de mourir. J’étais à Londres, chez Jenny, une vieille amie d’école, et je profitais du soleil de juin, assise dans son joli jardin, un roman ouvert sur les genoux, pendant qu’elle était allée chercher son petit garçon à la crèche. Je me sentais calme, heureuse de m’être échappée pour passer quelques jours de vacances ici. J’étais en train d’admirer la clématite en boutons qui dépliait ses fragiles bourgeons roses, donnant naissance à un tumulte de couleurs, lorsque mon portable a sonné. D’un coup d’œil sur l’écran, j’ai vu que c’était Marina.
— Allô, Ma, ça va ?
J’espérais que, dans ma voix, elle entendrait aussi la belle chaleur estivale.
— Maia, je…
Marina a marqué une pause, et, à cet instant, j’ai compris qu’il était arrivé quelque chose de terrible.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Maia, je ne sais pas comment te le dire, mais ton père a eu une crise cardiaque ici, à la maison, hier après-midi. Et aujourd’hui… tôt ce matin, il… est décédé.
"

Éditions Charleston - Littérature contemporaine - 509 pages

dimanche 8 février 2015

Le ver à soie - Robert Galbraith (J.K. Rowling)

Le ver à soie - Robert Galbraith (J.K. Rowling)
Synopsis : Quand l'écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu'il est simplement parti s'isoler quelques jours comme cela lui est déjà arrivé par le passé, elle ne demande à Strike qu'une seule chose : qu'il le retrouve et le lui ramène. Mais, sitôt lancée l'enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme.
Le romancier vient en effet d'achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence. Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier un tueur impitoyable, tel qu'il n'en a encore jamais rencontré dans sa carrière, Strike va devoir d'abord percer à jour ses motivations profondes.

Je remercie Manon du blog Drunkenness Books d'avoir eu l'idée de cette lecture commune. Vous pouvez lire son avis ici.

Mon avis : Après "L'appel du coucou" j'avais hâte de savoir si Robin (qui avait été mon personnage préféré) serait toujours l'assistante du détective Strike et surtout voir comment évolueraient ses prérogatives vis à vis des enquêtes. Ce fut un bonheur de la retrouver! D'ailleurs, cette nouvelle enquête m'a plus plu que la précédente car ici, nous évoluons dans un milieu littéraire.
Lorsque Leonora, la femme de Quine demande à Strike de l'aider à retrouver son mari qui a l'habitude de fuguer, Strike ne se doute pas de ce qui l'attend... Il accepte cette mission d'abord par simple gentillesse pensant qu'elle va être vite bouclée mais lorsqu'il découvre le cadavre éviscéré de Quine, il comprend qu'il a de nouveau gros à gagner en doublant une fois de plus la police. Surtout que cette dernière suspecte Leonora car elle ne les a pas appelés lors de la disparition de son mari. Une course contre la montre commence alors pour Strike et Robin qui doivent absolument retrouver le meurtrier avant que Leonora ne soit incarcérée...
Le rythme est soutenu, Strike multiplie les rencontres avec les gens qui gravitaient autour de Quine autant dans son milieu professionnel que personnel pour tenter de comprendre. Du coup, il y a beaucoup de personnages, mais cela ne m'a pas dérangée comme dans "L'appel du coucou".
J'ai beaucoup aimé le parallèle fait entre le contenu du livre qui devait être publié et la mise en scène du meurtre..
Cette nouvelle enquête m'a réconciliée avec Strike. Je l'ai trouvé plus humain et capable d'empathie pour certains personnages. De plus, depuis que l'enquête sur le meurtre de Lula Landry lui a apporté une certaine notoriété, il est plus serein et sa vie personnelle est plus stable.
Robin, quant à elle s'épanouit de plus en plus dans ce milieu professionnel qui lui plaît vraiment (toujours au grand dam de son petit ami Matthew.) Elle a un très bon esprit d'analyse et de déduction et aide désormais vraiment son patron. Maintenant, son ambition est de devenir elle aussi détective. J'espère qu'il y aura une autre enquête car je veux savoir si elle est parvenue à obtenir son diplôme.
Pas facile de vous parler de ce livre qui est un coup de cœur sans trop dévoiler l'intrigue. Je vous encourage à le lire. (Les deux tomes peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre). Le style de l'auteure est toujours aussi fluide et l'intrigue est très bien ficelée. Encore une fois, je n'ai rien vu venir même si la liste des suspects était finalement assez courte.
Manon aussi l'a préféré au second. Vous pouvez lire son avis ici.

Extrait : "Assis derrière son bureau, en ce matin d’hiver glacial, les photos de Charlotte au fond de la poubelle, Strike ressentait le besoin irrésistible de partir loin. Il aurait tant aimé qu’on lui ordonne d’enquêter à l’étranger, sur un autre continent. Il était las des maris infidèles et de leurs maîtresses, las de s’immiscer dans des querelles ridicules entre hommes d’affaires à la petite semaine. Une seule chose, par la fascination qu’elle exerçait sur lui, pouvait rivaliser avec Charlotte : la mort violente.
« Bonjour, dit-il en passant clopin-clopant dans le premier bureau où Robin préparait leur thé. Il faut qu’on se dépêche de le boire. On sort.
— Pour aller où ? » s’étonna Robin.
La neige dégoulinait le long des vitres. Tout à l’heure, quand, malgré les trottoirs glissants, elle se hâtait d’arriver pour se mettre à l’abri, elle avait senti la morsure du froid sur son visage et elle la sentait encore.« On a du pain sur la planche. L’affaire Quine. » C’était faux. La police avait pris les choses en main ; que pouvait-il faire de plus qu’eux ? Pourtant, Strike savait intimement qu’Anstis manquait du flair nécessaire pour résoudre cette énigme hors normes."

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Une place à prendre
Rowling J.K. - L'appel du coucou (Robert Galbraith) - See more at: http://envies-de-livres.blogspot.fr/p/index-alphabetique.html#sthash.4H9UKel7.dpuf
Une place à prendre
Rowling J.K. - L'appel du coucou (Robert Galbraith) - See more at: http://envies-de-livres.blogspot.fr/p/index-alphabetique.html#sthash.4H9UKel7.dpufUne

Éditions Grasset - Thriller psychologique - 569 pages

mercredi 7 janvier 2015

L'appel du coucou - Robert Galbraith (J.K. Rowling)

L'appel du coucou - Robert Galbraith (J.K. Rowling)
Synopsis : Une nuit d'hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu'au jour où l'avocat John Bristow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.
Strike est au bout du rouleau : ex-lieutenant dans l'armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée un naufrage. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l'Internet, Strike est chargé d'enquêter sur la mort de Lula.
De boîtes de nuit branchées en hôtels pour rock-stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et le manoir où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l'autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

Mon avis : Vous le savez sans doute déjà, mais il me semble important de rappeler que ce livre publié en 2013 a été écrit par J.K. Rowling sous le pseudonyme "Robert Galbraith".
J'avais adoré la saga Harry Potter et eu un avis plutôt mitigé sur "Une place à prendre". Alors pour me faire une véritable idée sur les romans de J.K. Rowling destinés à un public adulte, je ne pouvais pas passer à côté de ce policier. Et je dois dire qu'à part certaines longueurs, je n'ai pas été du tout déçue! J'ai pris plaisir à retrouver la plume de l'auteure qui m'avait tant plu dans la saga du jeune sorcier.
Les personnages sont attachants et la description de leurs personnalités est très précise et c'est ce que j'aime dans les livres de J.K. Rowling.
Le détective Cormoran Strike est un homme blessé tant physiquement que psychologiquement car il a perdu une jambe en Afghanistan et sa fiancée vient de le quitter. Il se retrouve à habiter dans son bureau et à dormir dans un lit de camp. Mais il fait face à l'adversité sans se plaindre et ne veut révéler sa situation à personne et surtout pas à sa nouvelle intérimaire Robin. Il fait ce qu'il peut pour s'en sortir financièrement mais n'a qu'une affaire en cours. Alors, quand John Bristow, le frère de la regrettée Lula, lui demande d’enquêter sur le meurtre de sa sœur, il accepte. Surtout que cette histoire de meurtre classé en suicide lui rappelle un événement marquant de sa vie personnelle...
Robin, la jeune intérimaire de Strike est le personnage qui m'a le plus plu. Elle a de l'ambition et multiplie les missions d'intérim sans trouver le job de ses rêves. Elle préfère être moins payée mais avoir un travail dans lequel elle s'épanouit (au grand regret de son fiancé Matthew) et c'est pourquoi elle accepte de renouveler pour deux semaines sa mission chez Strike. Elle est vraiment impliquée dans sa mission et va petit à petit dépasser ses taches de secrétariat de base pour seconder Cormoran Strike dans son enquête. J'ai apprécié voir évoluer leur relation professionnelle. J'ai d'ailleurs hâte de savoir si elle sera toujours aux côtés du détective dans sa prochaine mission "Le ver à soie".
L'enquête commence et Strike doit rencontrer beaucoup de gens de l'entourage de Lula Landry. Lula évoluait dans le milieu de la mode et connaissait plein de monde. Et  là,  je pense que l'auteure aurait pu faire plus court. Strike va rencontrer une quinzaine de personnages et cela m'a un tout petit peu embrouillée...
L'enquête en elle même est très bien ficelée et, si je pensais plusieurs fois avoir trouvé le coupable, je me suis trompée! Comme d'habitude, je n'ai rien vu venir!
Un livre que je recommande et dont j'ai hâte de lire l'enquête suivante!

Extrait : "De son côté, Robin aussi examinait la triple vitrine, mais sans prêter grande attention aux articles exposés. Ce matin, pendant que Strike était descendu fumer et avant l’appel de Temporary Solutions, on lui avait téléphoné pour lui proposer un emploi. Chaque fois qu’elle pensait à cette offre, qu’elle devait accepter ou décliner dans les quarante-huit heures, elle sentait une émotion lui crisper l’estomac et tentait de se persuader que c’était du plaisir, tout en étant de plus en plus consciente qu’en réalité c’était de l’appréhension. Il fallait dire oui, sauter sur l’occasion. La proposition présentait de nombreux avantages. Le salaire était supérieur à tout ce que Matthew et elle auraient pu espérer, les bureaux étaient élégants et situés en plein centre de Londres, de sorte que son fiancé et elle pourraient déjeuner ensemble tous les jours s’ils en avaient envie. Sans compter que ces temps-ci, le marché de l’emploi était tout sauf dynamique. En somme, elle aurait dû être ravie."

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Éditions Le Livre de Poche - Policier - 696 pages

mercredi 27 août 2014

L'amour et les forêts - Eric Reinhardt

L'amour et les forêts - Eric Reinhardt
Synopsis : À l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte. Récit poignant d'une émancipation féminine, L'amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d'être libre se dresse contre l'avilissement.

Mon avis : Un véritable coup de cœur! Je ne connaissais pas cet auteur, et n'aurais certainement pas tenté de le connaître s'il n'y avait pas eu toute cette publicité autour de cet événement de la rentrée littéraire.
Pourtant, dès le premier chapitre, je me demandais dans quoi je me lançais, mais ma peur a disparu dès le début du second chapitre. J'ai alors été happée par ce livre et par l'histoire de son héroïne Bénédicte Ombredanne qui a finalement gâché sa vie à cause de son mari : un homme manipulateur, jaloux, égocentrique qui la rabaisse sans cesse et dont elle ne parvient pas à se défaire et avec lequel elle a eu deux enfants. 
Il faut savoir que cette histoire est inspirée d'un fait réel (et ça fait froid dans le dos!) : dans un train, Éric Reinhardt a rencontré une lectrice victime de harcèlement conjugal  qui s'est confiée à lui et lui a ensuite suggéré de raconter son histoire.
L'auteur a réussi à nous retranscrire avec une grande justesse le mécanisme de harcèlement moral et des conséquences qu'il entraîne sur une personne qui a la base a pourtant la joie de vivre et une grande force de caractère. 
Pas facile de parler de ce livre sans évoquer les multiples rebondissements auxquels je ne m'attendais pas du tout. Exceptionnellement, je n'évoquerai donc rien de l'histoire dans cette chronique pour ne pas vous spolier le livre mais aussi pour titiller votre curiosité.(Il faut absolument le lire!)  Je m’arrêterai  donc aux personnages :
  • Éric Reinhardt, l'auteur et  narrateur se met lui même en scène et intervient à quelques reprises pour raconter les discussions et les mails échangés avec Bénédicte. Il va prendre une place bien plus importante à la seconde moitié du livre. J'ai aimé sa détermination à aider écouter et soutenir cette admiratrice. 
  • Jean-François Ombredanne, le mari de Bénédicte est un être véritablement abject et même carrément une ordure (Vous découvrirez pourquoi à la fin du livre). Il sait que son comportement est inacceptable, pourtant il provoque lui-même ses dérapages pour se faire ensuite passer pour une victime. Au tout début, il m'aurait presque fait de la peine... Mais j'étais loin de me douter jusqu'où il serait capable d'aller dans la méchanceté, l’égoïsme et la dernière humiliation qu'il a fait subir à sa femme et à sa famille. Le pire est que dans sa manipulation, il a même réussi à mettre ses enfants de son côté et faire passer leur mère pour une moins que rien. 
  • Bénédicte Ombredanne est une femme forte mais déstabilisée par l'échec de son premier mariage. Elle se marie ensuite à Jean-François contre l'avis de sa famille qui la met pourtant en garde contre lui. Elle se retrouve avec lui finalement plus par peur de se retrouver seule que véritablement par amour. En effet, Bénédicte a une sœur jumelle, Marie-Claire ce qui explique que depuis sa plus tendre enfance, elle n'a jamais été habituée à la solitude. Elle m'a fait beaucoup de peine à ne jamais savoir expliquer les choses telles qu'elle les ressentait à son mari ou à sa famille. Elle a un courage exemplaire et ne se plaint jamais ni de sa situation conjugale ni de sa santé. Son entourage se doute bien que quelque chose ne tourne pas rond dans son couple mais, en l'absence de violence physique laissant des traces, personne n'en est vraiment sûr.
  •  Marie-Claire Ombredanne, la sœur jumelle de Bénédicte va apparaître à la seconde moitié de l'histoire. C'est elle qui va nous aider à y voir plus clair sur la vie de Bénédicte. (Elle porte le même nom de famille que Bénédicte car elle est mariée au frère de Jean-François...)
  • Christian alias Playmobil677 est l'homme qu'a rencontré Bénédicte suite à son inscription sur Meetic. Cette courte rencontre aura été magique et aura fait oublier à Bénédicte son triste quotidien le temps d'un après-midi. C'est lui qui va sans le savoir changer le cours de son existence...
Je ne veux pas vous en dire plus, mais vous recommande vraiment ce coup de cœur! (Certainement même mon plus gros coup de cœur de l'année)
J’espère que ce livre sera sélectionné pour le Goncourt et qu'il l'emportera car il le mérite vraiment.

L'amour et les forêts

Extrait : "J’ai eu envie de connaître Bénédicte Ombredanne en découvrant sa première lettre : c’était une lettre dont la ferveur se nuançait de traits d’humour, ces deux pages m’ont ému et fait sourire, elles étaient aussi très bien écrites, c’est un alliage suffisamment rare pour qu’il m’ait immédiatement accroché.
D’abord un peu précautionneuse, cette lettre était, à mesure qu’elle progressait, de plus en plus féroce et mécontente. De l’ironie, une réjouissante indiscipline, des clameurs de cour de récréation résonnaient dans ses phrases — leur graphie inclinée vers l’avenir suggérait bien l’audace consciente d’elle-même avec laquelle cette inconnue s’était précipitée vers moi par la pensée, comme si sa lettre avait été écrite d’une traite sans être relue avant de disparaître irrémédiablement dans la fente d’une boîte postale, hop, ça y est, au terme d’une course irréfléchie, fougueuse, qui sans doute avait démarré à la seconde où la jeune femme avait posé la plume de son stylo sur le papier,
déterminée, en se refusant la possibilité de tout retour en arrière, avais-je senti dès la première lecture."

Éditions Gallimard - Drame - 368 pages

vendredi 22 août 2014

Eleanor & Park - Rainbow Rowell

Eleanor & Park - Rainbow Rowell
Synopsis : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Mon avis : Ce genre de livre ne fait pas partie de mes lectures habituelles, mais vu qu'il a été un coup de cœur pour un grand nombre de blogueurs, je ne voulais pas passer à côté... Et j'ai été très déçue! Je ne fait pas partie de la "cible" de ce livre qui est à mon avis pour les 15 - 20 ans... Pourtant j'avais aimé "Nos étoiles contraires" et "La fille qui ne croyait pas aux miracles" classés eux aussi dans la catégorie young-adult.
Certes l'histoire est belle et le système de narration est original (pour chaque événement l'auteure nous donne tour à tour les deux points de vue. Celui de Park et celui d'Eleanor) mais il alourdit encore plus le récit. J'avais hâte que les choses arrivent enfin... Et la fin ouverte qui ne met pas de point final à cette histoire n'a fait que renforcer mon avis mitigé.
Par contre, les personnages sont attachants. J'ai eu beaucoup de peine pour Eleanor qui arrive en cours d'année dans son lycée et n'arrive pas à s'intégrer. Elle est ronde et rousse et à cause de sa différence, elle devient vite le souffre-douleur des autres élèves de la classe et chez elle ce n'est pas mieux. Elle déteste Richie, son beau-père (et il le lui rend bien). Son environnement familial est très pesant entre sa mère qui se fait tabasser par Richie et ses petits frères et sœurs, Eleanor n'a aucun endroit où elle se sent bien. 
Park, quant à lui est un jeune garçon discret qui a la chance de vivre dans une famille aisée et aimante. Quand Eleanor s'assied les premières fois dans le bus à côté de lui, il ne lui adresse même pas la parole. Il ne voudrait pas s'attirer les moqueries de ses camarades. Et petit, à petit, un lien secret  va se créer entre eux...
Même si leur histoire d'amour et belle j'ai trouvé ça long, trop long!!
Un point positif tout de même : le fait que cette histoire se déroule en 1986 m'a rappelé des souvenirs. Même si à cette date je n’avais que 6 ans, je me souviens que moi aussi j'avais un walkman, j'écoutais des cassettes qu'on s'échangeait entre copines comme Eleanor et Park et que pour communiquer, nous n'avions que le téléphone fixe.
Concernant le style, j'ai parfois eu l'impression de me retrouver devant un journal intime d’adolescent. Les phrases sont courtes, hachées, enfantines et parfois mal tournées et je ne pense pas que ce soit ce que l'auteure a voulu puisque ce livre est écrit à la troisième personne.
Une belle histoire d'amour à l'eau de rose à recommander aux adolescents ou aux très jeunes adultes.

Extrait :  "Parfois elle avait le sentiment qu'elle ne pourrait jamais rien offrir à Park qui arrive à la cheville de ce qu'il lui avait donné. C'était comme s'il lui balançait des trésors sur les genoux chaque matin sans même le savoir, sans aucune idée de la valeur qu'ils avaient.
Elle ne pourrait pas le rembourser. Elle n'arrivait même pas à le remercier correctement. Comment peut-on correctement remercier quelqu'un pour les Cure ? Ou les X-Men ? Parfait, elle avait le sentiment qu'elle aurait toujours une dette envers lui.
Et là, elle s'est souvenue que Park ne connaissait pas les Beatles."

Éditions PKJ (Pocket Jeunesse) - Romance Young-Adult - 378 pages

lundi 17 février 2014

Une place à prendre - J.K Rowling

Mon résumé : Barry Fairbrother, le conseiller paroissial de Pagford, vient de succomber brutalement à une hémorragie cérébrale. Sa place au sein de l'administration de la ville est donc vacante. Les habitants de Pagford se querellent avant d'organiser une élection car de grandes décisions doivent être prises pour la  ville. A savoir :
  • Voter le renouvellement (ou non) du bail d'une clinique de désintoxication pour les drogués.
  • Voter pour le maintien (ou non) du  rattachement d'un quartier défavorisé (appelé "les champs") à la bourgade de Pagford.
Barry Fairbrother était pour le maintient de ces deux lieux.
Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion de cette élection  municipale d'apparence anodine, Pagford va basculer dans la tragédie.
 
Mon avis : Ayant beaucoup aimé les Harry Potter (les livres, mais pas les films), j'avais hâte de lire le nouveau roman de J.K. Rowling. J'ai retrouvé le style de l'auteure que j'apprécie, mais je lui préférais quand même ses romans "jeunesse".
Donc, je suis un peu mitigée sur cette lecture. En effet, il y a beaucoup de personnages dès le début de l'histoire ce qui rend la compréhension un  peu difficile et il faut bien se concentrer car entre les noms, les prénoms et les surnoms il y a parfois de quoi s'arracher les cheveux!  Je trouve aussi que pratiquement 700 pages pour arriver à un événement auquel on s'attend, ça fait un peu beaucoup.
L'intérêt du livre n'est donc pas dans la mise en place d'une nouvelle élection, mais plutôt dans les petites querelles entre les habitants. Ces habitants sont d'ailleurs tous dépeints sous un jour très négatif. L'auteure insiste sur les défauts de chacun.
Pour m'y retrouver dès le début, il a fallu que je me fasse une petite fiche :
6 familles sont présentées :
 
Mary Fairbrother : veuve de Barry, elle doit désormais élever seule des enfants qui l'épaulent cependant autant que cela leur est possible. Elle peut d'autre part compter sur l'assistance juridique et humaine de Gavin Hughes, ami de la famille.
 
Colin Wall : surnommé « le Pigeon », Directeur de l'école  Winterdown. Il se fait un devoir de se présenter à l'élection du successeur de Barry Fairbrother dont il était l'ami.
Tessa Wall : petite femme rondelette qui officie en tant que conseillère d'orientation et psychologue au sein de l'école polyvalente Winterdown co-dirigée par son mari. Elle ne souhaite pas que son mari se présente à l'élection.
Stuart « Fats » Wall : fils adoptif de Colin et de Tessa. Rebelle, il ne se laisse pas dicter la loi par ses parents.
 
Parminder Jawanda : médecin généraliste à Pagford où sa famille réside au « Vieux Presbytère », membre du Conseil paroissial et amie fidèle de Barry Fairbrother jusqu'à la mort de celui-ci, elle est la femme d'un chirurgien cardiaque prénommé Vikram et la mère de trois enfants, Jaswant, Sukhvinder et Rajpal.
Sukhvinder Jawanda : n'ayant ni la beauté de son père Vikram ni l’intelligence de sa mère ou de ses frères et sœurs, elle est la cible d’attaques constantes dans son école et sur sa page facebook, régulièrement « polluée » par Fats Wall.
 
Howard Mollison : président du Conseil paroissial et commerçant réputé. Cet homme obèse tient l'épicerie dont il a hérité, située sur la place principale  et possède également le local attenant prêt à devenir un café-salon de thé sous le nom de « La théière en cuivre ».
Shirley Mollison : l'épouse de Howard est une femme si attachée aux principes et soucieuse des apparences qu'elle en oublierait presque de vivre. Elle est également secrétaire du Conseil de Pagford, en charge du site internet de la paroisse.
Miles Mollison : fils de Howard, cet avocat installé dans l'une des plus grandes maisons de Church Row est l'un des candidats au poste de conseiller paroissial jusqu'alors occupé par Barry Fairbrother.
Samantha Mollison : la femme de Miles, qui tient un magasin de lingerie féminine à Yarvil. Alcoolique. Elle ne voit pas d'un très bon œil la candidature d'un mari qu'elle n'a plus vraiment l'impression d'aimer.
 
Krystal Weedon : celle qui était la protégée de Barry Fairbrother habite les Champs avec sa mère Terri, toxicomane notoire, et son petit frère de trois ans : Robbie. Plus jeune, elle a longtemps vécu auprès de son arrière-grand-mère Catherine Weedon — surnommée « Nana Cath » — et elle a fréquenté l'école St. Thomas à Pagford. Au lycée, elle est régulièrement suivie par Tessa Wall ainsi que par les services sociaux de la ville.
 
Simon Price : violent avec sa femme et ses fils Andrew et Paul, agressif envers quiconque se trouve à sa portée, le propriétaire de la maison appelée Hilltop House est employé dans une imprimerie dont il utilise les infrastructures à des fins personnelles le plus souvent lucratives. Afin d'être enfin reconnu au sein d'une communauté qui l'ignore, il se présente au poste de conseiller paroissial.
Ruth Price : infirmière vivant dans la terreur de son mari — dont elle soutient la candidature —, elle s'est liée d'« amitié » avec Shirley Mollison qui œuvre parfois en qualité de bénévole dans les couloirs du South West Hospital.
 
Seules les histoires des adolescents m'ont captivée. Les personnages que j'ai aimé suivre sont Sukhvinder, Fats mais surtout Krystal qui fait tout pour protéger son petit frère afin qu'il ne soit pas placé en foyer. Elle remplace tout à fait sa mère qui est incapable de s'occuper de son enfant lorsqu'elle vient de se droguer. Néanmoins, Krystal n'est qu'une ado et a parfois d'autres priorités...
 
L'image que je retiendrai : La surprise de ceux qui assistent à l'enterrement de Barry Fairbrother et se rendent compte que son cercueil est en osier! "Ma parole, mais c'est un panier à pique-nique ! pensa Howard, scandalisé."
 

Éditions Grasset - Drame - 680 pages

A l'encre russe - Tatiana de Rosnay

Mon résumé : Nicolas Duhamel passe trois jours sur une île de Toscane avec sa petite amie Malvina. Il tente de profiter de ce court séjour sur cette île paradisiaque pour trouver l'inspiration pour l'écriture de son second roman que lui a commandé son éditeur et qui est attendu avec impatience par sa famille, ses amis et ses fans. Mais le luxe et la jet-set lui font perdre de vue son objectif. Il repense à son précédent roman autobiographique "l'enveloppe" qui lui avait fait connaître un succès international. Il va alors vivre un événement (tiré de l'actualité) qui pourrait bien lui donner l'idée de sa prochaine histoire : l'échouage d'un bateau de croisière qui est passé trop près de la côte pour saluer les vacanciers.
 
Mon avis : J'ai beaucoup entendu parler très positivement de cette auteure. Je m'attendais donc à un très bon livre, hors j'ai été déçue. Bien que ce livre soit bien écrit, j'ai trouvé l'histoire un peu creuse : il ne se passe pas grand chose.
Deux histoires sont imbriquées l'une dans l'autre :
Celle qui se passe actuellement pendant les vacances en Toscane, et l'autre, dans laquelle Nicolas revient sur la découverte de ses origines. Enquête personnelle pendant laquelle il découvrira qu'il ne s'appelle pas Duhamel mais Koltchine et qu'il retracera dans son premier livre "L' enveloppe".
Nicolas Duhamel / Koltchine est insupportable, imbu de lui même et de son succès : "Depuis qu’ils avaient signé le nouveau contrat avec panache, il se reposait sur ses lauriers, s’abandonnait sans limites à l’adulation de ses fans, se vautrait dans le luxe des première classe, du champagne qui coulait à flots, des cadeaux somptueux, déployant son sourire pour des photos sur papier glacé ou lors des séances de dédicaces" Seulement, il ment à tout le monde en disant que son livre avance.Il est insupportable.
En lisant le résumé de l'éditeur : "2006, Nicolas Duhamel souhaite renouveler son passeport, mais en dépit de ses papiers précédents, Nicolas devra prouver qu'il est bel et bien Français, car ses parents sont nés à l'étranger. De cette situation kafkaïenne (que l'auteure a elle-même vécue) va découler un incroyable roman à tiroirs qui fera voyager Nicolas, de Paris à Saint-Petersbourg, d'Hollywood à Singapour, pour peut-être enfin découvrir le secret de ses origines et tenir la clé de son avenir..." , je m'attendais à tout autre chose et j'ai même eu du mal à finir cette lecture... Le secret de ses origines est ici très secondaire...
Il me semble que Tatiana de Rosnay, comme Nicolas Kolt / Duhamel a souffert du syndrome de la page blanche.
J'espère ne pas rester sur cet échec et lire un autre titre de cette auteure pour me faire oublier ce livre sans intérêt.
 
Si vous voulez néanmoins tenter de gagner ce livre via un concours organisé par "Entrée Livre" c'est par ici
 
Éditions Héloïse d'Ormesson - Littérature contemporaine - 352 pages

Les enfants du large - Olivier et Cécile de La Rochefoucauld

Résumé de l'éditeur : En août 2005, Olivier et Cécile quittent la Bretagne à bord de leur voilier Atao, avec leurs cinq enfants
âgés de 18 mois à 8 ans.
Ils vont vivre une expérience exceptionnelle : affronter les colères de l'Atlantique, éprouver les sensations du grand Sud, franchir le Cap Horn, rêver en Patagonie, gravir le Machu-Picchu sans oublier de... faire la classe aux enfants.
Et, sur le bateau, Cécile attend un sixième enfant qui naitra aux Caraïbes en 2007.
Cette aventure durera deux ans avant que la famille ne reprenne le rythme terrien de monsieur et madame tout le monde !
 
Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce récit de voyage (écrit par Cécile car on voit bien qu'Olivier n'a pas participé à l'écriture). J'adore le bateau et faire du voilier en particulier et, le gros avantage de ce récit par rapport aux autres du même genre est qu'il est écrit par une femme et donc prend beaucoup plus en compte les problèmes de logistique, d'éducation des enfants et survole très rapidement les problèmes techniques. C'est de plus une vraie bouffée d'oxygène car cette jeune mère de famille s'occupe avec grand talent de ses cinq puis six enfants à bord d'un bateau de 12 mètres. Avec  elle, on a l'impression que tout est simple de la cuisine pour 7, à l'école à bord, en passant par sa sixième grossesse...
Les enfants auront de très bons souvenirs. Voici un reportage passé au journal de 13 heures ou Cécile explique son périple avec ses deux plus grandes filles. Des images qui font rever et une lecture que je vous recommande!

Les saumons se perdent aussi - Lionel Robin

Résumé de l'éditeur :Un roman ancré dans les préoccupations écologiques qui agitent notre société.
Pyc et Nikk sont deux frères. Coincés entre un père tyrannique et une mère neurasthénique, ils jouent aux indiens qui luttent pour vivre. Les deux garçons s’inventent ce monde-là, celui des Géronimo et autres Sitting Bull.
Ils grandissent parce que c’est ce qui arrive aux enfants. Mais ils continuent de jouer aux indiens. Ils poursuivent la lutte contre les cow-boy qui massacrent la planète, la terre-mère des indiens. Mais à l’âge adulte, ces jeux-là ne font plus rire personne. Ils deviennent ainsi des terroristes aux yeux des autorités, des guerriers à leurs propres yeux. Et même une petite fille devenue trop tôt une jeune femme abandonnée ne pourra changer le cours de leur destin.
 
Mon avis : Je dois dire que je n'ai pas du tout aimé et que ça faisait longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi décousu. Ce qui peut paraître bizarre, c'est que l'auteur lui même sait que ce qu'il écrit est dénué de sens. Pour preuve, à de très nombreuses reprises il intervient dans l'histoire (passages en italique) pour nous raconter ce qu'il fait, va écrire, ou pense de ses lecteurs... Par exemple : " L'auteur se doute que le lecteur de base se perd complètement dans ce fil narratif complètement décousu. Qu'il se rassure, l'auteur le fait exprès. Je sais, je sais, c'est pas trop sympa, mais il faut comprendre que l'auteur fournit de gros efforts pour être original. [...] L'auteur a donc choisi cette forme qui ne s'éloigne pas tant que ça du n'importe quoi ambiant. Que le lecteur de base fasse confiance à l'auteur, il finira par retrouver ses petits..."  En lisant ce passage, page 30, je me suis dit qu'il sait ce qu'il fait et que l'histoire va reprendre un cours normal et en fait, ce n'est pas le cas : il nous énumère une succession de faits divers qu'il dit être réels mais ne donne jamais de noms ni de villes ni de gens donc on ne peut pas savoir de quoi il parle...
L'histoire devient néanmoins un peu plus intéressante lorsque Pyc et Nikk font connaissance de Flack, mais même elle n'arrive pas à les raisonner. Quand ils expliquent à cette femme leurs actions, ils justifient leur mission disant que "La Terre a envoyé des déesses aux quatre coins du monde, qu'ils sont leurs fils et qu'ils doivent la défendre et se battre pour Elle". Ce qui, à leurs yeux excuse tous les actes de vandalisme comme par exemple piller un magasin qui vend de l'engrais ultrachimique ou casser des camions transportant des matières dangereuses...
A la fin, l'auteur devient un peu plus humble et se rend compte que son récit peut ne pas avoir plu à tout le monde et remercie ceux qui n'auraient pas apprécié de l'avoir lu jusqu'au bout...
Il est vrai que ce roman a le mérite de nous faire réfléchir aux dangers écologiques actuels, mais je n'ai pas du tout adhéré à cette succession d'actes de "terrorisme" en faveur de la cause écologique dont Pyc et Nikk sont les auteurs.
 
Je remercie quand même les Editions du Pierregord et Blog-O-Book de m'avoir fait découvrir un nouvel auteur dans le cadre d'un partenariat.
 
Editions du Pierregord - 204 pages

La prophétie de Golgotha - Jean-Michel Riou

Mon résumé : Chimère (le narrateur), un ancien anarchiste est membre d'un décemvirat visant à manipuler le destin du monde via la guerre, la corruption et la mort. Ce décemvirat (conseil de 10 magistrats) porte le nom de Golgotha. Son but : un embrasement mondial dont les états ne se remettraient pas. Pour parvenir à ses fins et provoquer les guerres, il va faire commettre 3 meurtres : Celui du directeur du Figaro, celui de Jean Jaurès et celui de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Mais trois personnes vont se rendre compte de ce stratagème et faire un lien entre ces trois assassinats : Anastasia Ivérovitch une comtesse russe, Louis Chastelain un aviateur français et un héritier prussien Heinrich von Mietzerdorf. Arriveront-ils à eux trois à contrecarrer cette prophétie de Golgotha qui ne fait que se répéter et qui a déjà provoqué deux guerres? Comment agir sans se faire remarquer et provoquer à coup sûr leur propre perte?
La prophétie de Golgotha revisite l'histoire contemporaine de 1914 aux attentats du 11 septembre 2001.
 
Mon avis : J'ai aimé le voyage dans le temps que m'a offert ce livre. J'y ai appris pas mal de choses notamment sur la seconde guerre mondiale. L'horreur du nazisme y est décrit sans prendre de gants. On en apprend plus sur les rafles, les camps de concentration, le choix arbitraire des SS pour "choisir" un prisonnier. En effet, ils peuvent arrêter n'importe qui n'importe où, et la personne arrêtée doit prouver qu'elle n'est pas juive...
J'ai beaucoup aimé le début du livre qui entre très rapidement dans le vif du sujet. Au fil des 665 pages, le lecteur n'a pas une seconde de répit. Les années et les personnages défilent et les faits (en dehors de la prophétie elle-même) sont réels et historiques.
Dès le début, le lecteur est au courant du dessein de Golgotha " Un embrasement mondial dont les états ne se remettraient pas". Les victimes et les conflits sont déjà connus avant même la première guerre mondiale et le décemvirat doit trouver d'innocents citoyens pour instrumentaliser ses méfaits. Car pour perdurer, la cause de Golgotha doit rester secrète et les manipulations des gens doivent se faire le plus finement possible. La première à être manipulée sans le savoir est la comtesse Anastasia Ivérovitch. J'ai beaucoup aimé cette femme sure d'elle, intelligente et très libérée pour son époque. S'ensuivent alors Louis Chastelain, un aviateur français avec lequel elle aura une liaison et Heinrich Von Mietzerdorf un soldat prussien que Louis rencontrera lors d'un accident d'avion et à qui il devra sa vie. Mais les coïncidences (notamment une broche en forme d'étoile à 10 branches présente sur une personne qui assiste toujours aux attentats de Golgotha) font que ces trois là découvrent le secret et décident d'en garder chacun une partie avec eux, ainsi ce secret devrait leur survivre et faire comprendre les clés de l'Histoire à celui qui le découvrirait et réunirait les trois parties.
Ce secret existe encore de nos jours car il a été relayé entre autres tour à tour par Isaac Bernstein, Victor, Picard et Alfred Unbewust mais il sera maintenant répandu  grâce à Internet....
Si les chapitres concernant les rapports des réunions du décemvirat sont clairement identifiables car écrits en italique, les allers-retours dans le temps au sein d'un même chapitre m'ont souvent un peu embrouillée. Certains passages sont un peu longs et j'ai parfois mis du temps à comprendre ou l'auteur voulait nous amener, mais on comprend par la suite que tout à une importance. La couverture montrant un jeu d'échec nous laisse d'ailleurs présager d'une histoire pleine de stratégies, de tactiques et de rebondissements.
 
Ce que je retiendrai : Un livre clair,  très bien écrit et très intéressant qui propose une explication à chaque événement de notre Histoire, mais pour lequel il faut rester concentré chaque instant sous peine d'en perdre le fil. Les amateurs du genre vont se régaler.
 
Éditions succès du livre - Thriller historique - 665 pages.

Nos étoiles ont filé - Anne-Marie Revol

Mon résumé : Le 11 août 2008, un drame a eu lieu dans la famille d'Anne-Marie Revol, journaliste à France 2. En effet, elle a perdu ses deux petites filles lors d'un incendie survenu  dans leur chambre, alors qu'elles étaient en vacances chez leurs grands-parents dans le Sud de la France. Durant l'année qui suit leur disparition, elle adressera une lettre par jour à Pénélope 26 mois  et Paloma 14 mois. Ce livre témoignage est composé de ces lettres montrant l'amour d'une mère pour ses filles, mais aussi l'amour qu'elle porte à son mari. Cette terrible épreuve les aura d'ailleurs rapprochés.
 
Mon avis : C'est la couverture portant la mention "Grand prix des lectrices de Elle" qui m'a convaincue de me laisser tenter par cette lecture. Je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette écriture simple de lettres adressées à ses filles commençant chaque fois par un petit surnom différent comme par exemple Mes perles de pluie, mes paillettes ou encore mes ingénues. Je pense que l'intérêt de ce témoignage repose sur le fait que, comme il n'était pas nécessairement prévu qu'il soit publié (c'était plutôt une sorte de journal intime permettant de garder le contact) les sentiments décrits y sont très justes et pas du tout transformés dans l'optique de plaire au public mais sont livrés tels quels. Rien n'est épargné au lecteur ce qui rend parfois la lecture dure mais tellement belle et pleine d'espoir et de courage. Comment continuer à vivre après une telle épreuve? Comment ne pas en vouloir à ses parents qui avaient le garde des filles et qui sont toujours en vie? Comment attendre l'arrivée d'un autre bébé sans être pleine de remords et de sentiment d'abandon? Plein de questions que je me pose et qui me font admirer cette femme pleine de courage. Car comme elle le dit elle même, le plus simple et le plus facile aurait été de " tout arrêter et partir à tout jamais. Ça aurait été la seule possibilité de peut être les retrouver."
Une lecture belle et émouvante que je vous recommande.
 
Extrait :
"Mes Brioches Dorées,
Pour beaucoup, nous devrions être réduits à l'état de zombies alors que nous sommes bien vivants. Affirmer que nous sommes gais toute la sainte journée serait exagéré mais, depuis quelques mois, disons cet hiver, nous sommes heureux 80 % du temps. Si les 20 % restants sont des instants de vie misérables, en dépit de l'horreur de votre mort, Papa et moi sommes encore capables, avec une bonne dose de volonté, de nous enthousiasmer, de faire les idiots, de nous moquer, voire d'être carrément méchants ! Je me demande vraiment comment nos cerveaux sont construits. Cet état  de fait est gênant, "malaisant"... Pourtant, et bien que cela me défrise, je suis obligée d'admettre que c'est ainsi : nous sommes debout, face au vent et on avance."
 
Voici l'interview d'Anne-Marie Revol Sur Europe 1 au moment de la publication de ce témoignage :
 
 
Éditions J'ai lu - Témoignage - 346 pages

Les évaporés - Thomas B. Reverdy

Mon résumé : "Il faut que vous sachiez d'abord qu'ici, au Japon, un adulte a légalement le droit de disparaître.
- Il n'y a pas d'enquêtes de police.
- C'est comme une fugue. On dit yonige, ça veut dire "fuite de nuit". Dans le fond, c'est une sorte de déménagement, mais sans laisser d'adresse."
Kazehiro  vient d'être licencié. Victime de surendettement, et comme il est coutume de la faire au Japon, il disparaît laissant sa femme sans nouvelle. Yukiko, sa fille qui vit en Californie s'est donné pour mission de retrouver son père. Elle part donc au Japon avec son ex-petit ami Richard B. détective de profession. Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Fukushima. Ce roman suit quatre personnages en parallèle : Richard B, Yukiko, son père Kazehiro, qui tente de subsister sous la nouvelle identité de Kaze, et Akaïnu, un enfant des rues dont la famille a disparu dans le tsunami.
 
Mon avis : Un coup de cœur! Pas pour l'histoire des 4 protagonistes mais pour le côté instructif. En effet, j'ai appris beaucoup de choses sur le Japon et notamment sur l'après Fukushima. Et ça fait froid dans le dos de voir que dans un pays développé les industriels profitent de la misère de certains pour les faire travailler à la décontamination du site.
Si Kazehiro disparaît dès la première page, c’est uniquement pour laisser place à Kaze, un homme bafoué en recherche de compréhension et d’apaisement. Presque par hasard, il va rencontrer   Akainu, un "survivant" de la catastrophe qui a fui la destruction pour préférer les rues de Tokyo malgré toutes les menaces qui y rôdent. Deux histoires prennent alors place en parallèle : celle de Richard et Yukiko et leur enquête  et celle de Kaze et Akainu.
Les deux seuls personnages auxquels je me suis attachée sont Kaze et Richard. Kaze parce que quitter sa femme a été pour lui un arrachement " Kaze laisse aller sont front contre le verre, Il ferme les yeux, serre les dents, vomit et pleure à l'intérieur", mais pour échapper à son surendettement et aux yakuzas il a bien été obligé de le faire. Et Richard parce qu'il n'aime pas voyager et qu'il a trop peur de retomber amoureux de Yukiko qui l'a laissé un an auparavant "Au bord du gouffre, en tout cas du caniveau".
Écrit au Japon en 2012, un an après la catastrophe naturelle du Tohoku et la catastrophe nucléaire de Fukushima, le texte est complété par une note finale de l’auteur : « Tout ce qui est raconté ici est vrai : c’est le fruit d’expériences vécues, de rencontres et de nombreuses lectures faites sur place. » Il poursuit : « Je n’ai pas établi de hiérarchie dans ma documentation, entre les témoignages, les enquêtes historiques et la fiction, parce que je crois que ce que nous appelons l’imaginaire (…) fait partie de la réalité des choses. Il façonne notre monde. Sans lui, une forêt ce ne serait jamais que des arbres. »
J'ai l'impression qu'on nous cache encore beaucoup de choses sur catastrophe. Les médias n'en parlent plus, certainement pour étouffer le scandale. Cette histoire m'a poussée à vouloir en apprendre plus sur les désastres provoqués par l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima. J'ai trouvé ce site très intéressant et en français qui explique bien les retombées actuelles. Dans la colonne de droite vous trouverez un lien vers les deux webcams qui filment la centrale. Si vous vous connectez tard le soir ou dans la nuit, vous pourrez malheureusement voir qu'encore des personnes y travaillent au péril de leurs vies.
Un roman de la rentrée littéraire 2013 à lire absolument!
 
Extrait :"C'est un paysage désolé. Une désolation. Évidemment, ça ne veut rien dire. Un paysage ne pense pas, il ne peut pas être « désolé ». Et même vous qui êtes là et qui le regardez, à vrai dire vous ne pouvez pas être « désolé » pour un paysage, seulement pour les gens qui vivaient là et dont il ne reste rien."


Éditions Flammarion - Littérature contemporaine - Drame - 298 pages

Mots de tête - Dominique Resch

Mon résumé : Dominique Resch nous raconte dans ce témoignage une année ordinaire de cours en classe de français dans un lycée réputé difficile des quartiers Nord de Marseille. Chacun des 18 chapitres du livre nous raconte une anecdote qui a eu lieu pendant son cours. Des faits graves comme un élève qui se tire une balle dans la cuisse, et des faits bien plus légers comme les anecdotes sur l'OM vs PSG. Chaque jour, il s'apprête à vivre l'inattendu. Il nous dévoile son goût passionné pour l'enseignement grâce à un regard lucide et attendri.
Mon avis : J'ai lu ce témoignage d'une traite et, je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à ça. J'ai même été agréablement surprise. Enseigner dans un lycée réputé difficile des quartiers Nord de Marseille doit être extrêmement difficile, et se faire respecter ne doit pas être chose aisée. Je m'attendais donc à un constat plaintif, mais, là, c'est même le contraire. J'ai aimé voir à quel point Dominique Resch aime ses élèves et aime leur apprendre des choses. Pour preuve, il les emmène même une fois par an en classe verte à Antibes pour voir les dauphins du Marineland et faire du vélo dans l'arrière pays niçois. Bien que les gens aient des a priori sur cette bande de jeunes, il arrive à les faire changer d'avis en leur montrant qu'ils sont comme tous les jeunes et qu'il arrive à se faire respecter. On voit aussi qu'il n'échangerait sa place pour rien au monde alors qu'il le pourrait après tant d'années d'exercice. C'est sa vie, et il aime être surpris tous les jours. " La fin du Ramadan, c'est donc la fête et le renouveau pour tout le monde. Allah n'est pas mesquin. Et c'est la raison pour laquelle je reste en poste dans ce quartier difficile, depuis 20 ans au lieu de demander mon transfert vers des coins plus tranquilles. Chaque année, au moment des mutations inter-académiques des profs, mon stylo se fige en l'air : je ne parviens pas à signer ma demande de changement de poste. Elle me tend les bras pourtant chaque année. J'ai suffisamment d'ancienneté, suffisamment de "points" pour prétendre aller enseigner vers des contrées paisibles, là ou les professeurs ont des ailes d'ange dans le dos et les élèves des têtes de chérubins dodus".
Si certaines anecdotes font froid dans le dos, lui, n'a jamais eu peur (même en constatant que certains de ses élèves sont armés) Il est respecté par ses élèves car il leur porte de l'intérêt. Même le "malabar" ancien légionnaire engagé pour surveiller et faire régner l'ordre n'aura tenu en poste que trois jours car il n'aura pas su inspirer le respect. Je pense que si tous les profs aimaient leur métier comme lui, il y aurait moins de problèmes dans les ZEP.
 
Pour finir, je remercie Babélio et l'opération Masse Critique pour m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.
 
Éditions Autrement - Témoignage - 157 pages

Le chant des âmes - Frédérick Rapilly

Mon résumé  : Marc Torkan, ancien grand reporter à Paris Flash est rappelé par son ancien patron pour mener une enquête sur un horrible meurtre qui a eu lieu juste à côté de chez lui dans la foret de Brocéliande, en Bretagne. Pour mener à bien son enquête, il est épaulé par une photographe américaine, Katie Jeckson. Les autorités soupçonnent un rituel païen ou satanique, et placent en garde à vue plusieurs suspects, mais Marc et Katie ne vont pas dans ce sens. En effet, cette dernière, plutôt méthodique et réfléchie arrive à faire un lien entre ce meurtre affreux avec beaucoup de mutilations, et un autre meurtre ayant eu lieu dans le même milieu : celui des rave-parties. En effet, le mode opératoire est le même : seins et langue coupés, et mise en scène rappelant une crucifixion. Mais qui est derrière tout ça? Quels sont les mobiles? Y aura t il d'autres meurtres dans ce milieu de la techno-électro? C'est ce que Marc et Katie vont tenter de découvrir.
 
Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce thriller ayant comme toile de fond le milieu de la nuit, et, plus particulièrement, celui des rave-parties. L'histoire se déroule à un rythme effréné qui nous mène tour à tour de Bretagne vers la Thaïlande, l'Ukraine, les Canaries ou encore l'Australie. En effet, Marc enquête sur toutes les plus grandes fêtes techno de la planète pour tenter de faire un lien entre les meurtres, les DJs, ainsi que les participants, mais ce n'est pas chose aisée car des milliers de personnes participent à ce genre de manifestation.
Je me suis attachée au personnage de Marc, qui a abandonné du jour au lendemain son métier de grand reporter suite au décès de sa femme lors d'un attentat à Bali pendant son voyage de noces. Il ne voulait alors plus voyager, et a  acheté une boutique d'antiquités. Depuis, il survit et à du mal à refaire surface, mais avoir l'esprit occupé par cette enquête va lui faire le plus grand bien : "C'est ce qu'a ressenti Marc pendant longtemps. Se laisser couler. Oublier. Se faire oublier. Mais les choses changent. Il se surprend à se sentir excité par la traque menée depuis quelques jours. Comme si la vie l'avait réinvesti alors qu'il piste des mortes. Comme si l'action pouvait finalement servir de baume à une souffrance indicible."
J'ai été happée par cette histoire du début à la fin transportée dans le milieu des rave-parties (auquel je ne connais pourtant pas grand chose). Le style est clair et percutant,  et tout s'enchaîne à merveille.
Marc et Katie mènent une chasse au scoop, et vont même arriver à doubler les gendarmes dans leur enquête. Voyant leur longueur d'avance, ils vont mettre les bouchées doubles pour vendre à Paris Flash le reportage de l'année.
Parallèlement à leur enquête, on va voir, par-ci, par là, des bribes du portrait de celui qui est notre psychopathe. Comprenant alors sa personnalité torturée et son mobile, on a hâte de voir comment Marc et Katie vont parvenir à remonter jusqu'à lui...
Pour finir, je remercie Bibliofolie, l'antre des bibliofous!  ainsi que les éditions Critic pour m'avoir permis de découvrir cet auteur dans le cadre d'un partenariat lecture, et j'ai vraiment hâte de découvrir la suite des enquêtes de Marc dans "Le chant des mortes" à paraître en 2012.
 
Éditions Critic - 371 pages - Thriller

L'ombre d'un écrivain - Condie Raïs

Mon résumé : Isabelle est passionnée de littérature américaine et plus précisément, elle adore John Fante, Bukowski ou Brautigan. Elle va se retrouver injustement licenciée à cause d'un prétendu "harcèlement littéraire" qu'elle ferait subir à son patron. En effet, elle tente de lui faire découvrir la littérature anglo-saxonne en lui troquant ses livres de Marc Mussaut contre des John Fante ou Bukowski. Ce dernier qui ne jure que par Mussaut, ne comprend pas que l'on puisse lire des livres d'une telle vulgarité. Il voit en Isabelle un être abjecte dénué de tout sentiment et la vire...
Marc Mussaut, quant à lui est en mal d'inspiration pour son nouveau roman. Mais il a la chance d'être le voisin de Condie Raïs qui l'aide en écrivant la trame et en lui laissant le soin d'écrire lui même les descriptions. Elle va même jusqu'à lui trouver un pseudo plus vendeur : Marc Mussaut (abréviations de Muscadet et Sauterne!). Marc  profite alors  de la gloire de ses parutions grâce à sa voisine devenue sa "nègre".
Marc et Isabelle ont une amie en commun : Condie Raïs. C'est cette dernière qui va proposer une offre de travail alléchante à Isabelle alors au chômage. En effet, elle n'aime pas les histoires et le style de Marc et veut absolument lui faire changer sa plume. Elle va demander à Isabelle (qui déteste Marc) de l'aider à devenir un grand écrivain...
 
Mon avis : Je tiens à remercier vivement Condie Raïs de m'avoir renouvelé sa confiance. En effet, j'avais eu le plaisir qu'elle me contacte en février dernier pour me proposer son livre "c2h4o2". L'expérience avait été très concluante pour moi car j'avais beaucoup aimé ce recueil de nouvelles. Alors, quand elle m'a de nouveau contactée en début de mois pour l'envoi de son nouveau livre contre une chronique, je n'ai pas hésité une seconde!
J'ai été étonnée de constater que "L'ombre d'un écrivain"  est un roman qui est en fait un "mix" très étoffé de deux nouvelles de "c2h4o2" : "Pars vite mais ne reviens pas trop tard" et " Harcèlement" alors bien sûr, j'ai eu l'impression de déjà lu, mais cela ne m'a pas gênée car ces deux nouvelles étaient mes préférées.
Dans cette histoire, il y a trois personnages :  Isabelle, Marc et Condie et les chapitres s'alternent entre eux trois. Ce qui nous fait trois narrateurs différents et permet au lecteur d'avoir les différents points de vue.
Encore une fois, je me suis régalée avec cette lecture et admire la facilité avec laquelle Condie Raïs se moque des auteurs à succès tels que Marc Levy ou Guillaume Musso. J'ai aimé aussi le fait qu'elle soit elle même un personnage de son histoire. Elle se décrit sans complaisance comme une femme vivant avec ses deux chats siamois sociopathes, fumant cigarette sur cigarette et ayant un fort penchant pour l'alcool.
J'ai adoré détester Marc Mussaut qui se prend pour un grand auteur au prétexte qu'il  vend des livres par "brouettes". Mais heureusement que Condie est derrière lui pour l'aider à écrire la trame de ses histoires. Il ne faudrait pas qu'il oublie que sans elle, il n'est rien.
Le travail entrepris par Isabelle va petit à petit le faire changer. Mais cela pourrait bien le mener à sa propre perte...
 
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Extrait : (Isabelle parle su style de Marc Mussaut) " Le style de l'auteur m'a fait l'effet du raclement d'une pelle sur une surface granuleuse [...] L'histoire pourrait se résumer en 5 lignes et aucun personnage ne peut entrer dans une pièce sans que le narrateur nous inflige la description des murs, du parquet, de la moquette ainsi que de tous les objets et accessoires qui traînent dans le coin..."
 
Auto-édition - Littérature contemporaine humoristique - 179 pages

c2h4o2 - Condie Raïs

Présentation : Une sociopathe qui tue tous ceux qu'elle touche, un frappadingue qui veut réussir dans le roman sentimental, une stagiaire subissant un harcèlement d'un nouveau genre, un dingue qui pense que John Wayne est toujours vivant, une petite fille inquiétante, un gigolo qui picole comme un trou, une femme humiliée et des philosophes néo-kantiens qui s'étripent. Tels sont les personnages de ces huit nouvelles dans lesquelles on oublie souvent que boire et fumer nuisent dangereusement à la santé.
 
Mon avis : Je remercie vivement Condie Raïs de m'avoir contactée pour me proposer son livre en l'échange d'une critique. Moi qui adore lire des nouvelles, je ne pouvais pas mieux tomber!
Apparemment c'est mon billet sur "Mon chien stupide" de John Fante qui a convaincu Condie de me contacter. En effet, et elle le dit dans son livre, elle apprécie (entre autres) John Fante. Je me régale alors d'avance de la lecture qui m'attend. Et je n'ai pas été déçue! De l'humour noir, du cynisme, tout était là pour me faire passer un agréable moment.
c2h4o2 est la formule chimique de l'alcool, et la consommation excessive d'alcool d'un des personnages est le point commun entre chacune de ces 8 nouvelles.
J'ai aimé le ton de l'écriture et de l'aplomb avec lequel Condie se moque gentiment de certaines personnes notamment certains auteurs à succès tels que Marc Levy et Guillaume Musso.
J'ai aimé 6 des 8 nouvelles. Les deux autres ("Eloge de John Wayne" et "métaphysique des mails") ne m'ont pas parlé.
Voici un bref résumé de chacune :
 
Maneater : Une jeune fille se rend compte dès son plus jeune âge qu'elle a un don étrange : tous les gens avec lesquels elle a un contact tactile décèdent dans les deux à quinze heures suivantes. Au début, elle prend d'infinies précautions avec tout le monde, et ensuite, à l'âge adulte, elle en joue. Elle rencontre des hommes sur Internet, a des rapports avec eux, puis les suit quand ils rentrent chez eux pour voir de quel façon tragique ils finissent. Ce don (ou handicap) a fait d'elle la plus grande tueuse en série du net...
 
Pars vite mais ne reviens pas trop tard : Cette nouvelle se moque gentiment de Marc Levy. il est ici décrit comme un auteur n'arrivant pas à exprimer ses idées sur papier. Sa jeune voisine (qui n'est autre que Condie Rais) va alors l'aider à écrire ses romans sentimentaux en écrivant la trame et en laissant le soin à Marc Levy d'écrire lui même les descriptions. Elle va même jusqu'à lui trouver un pseudo plus vendeur : Marc Mussaut (abréviations de Muscadet et sauterne!). Marc Levy profite alors  de la gloire de ses parutions grâce à sa voisine devenue sa "nègre".
 
Harcèlement : Isabelle, une jeune employée se retrouve injustement licenciée à cause d'un prétendu "harcèlement littéraire" dont elle serait l'auteur. En effet, elle tente de faire découvrir la littérature anglo-saxonne à son patron, lui troquant ses livres de Marc Mussaut contre des John Fante ou Bukowski. Ce dernier qui ne jure que par Mussaut, ne comprend pas que l'on puisse lire des livres d'une telle vulgarité. Il voit en Isabelle un être abjecte dénué de tout sentiment et la vire...
--->Pour une jeune auteure, Condie Rais ne manque pas de cran pour critiquer aussi violemment des auteurs tels que Marc Levy ou Guillaume Musso!
 
Éloge de John Wayne : Une courte nouvelle retraçant la vie de l'acteur. Il est dépeint sous un jour très positif.
 
La petite fille qui n'aimait pas Noel : Une jeune collégienne voit son père et sa mère sombrer progressivement dans la dépression et l'alcoolisme. Elle ne tardera pas à comprendre pourquoi... Mais elle n'est plus une enfant. Ses parents auraient du lui dire la vérité.
 
Décadences : Un escort boy accro à l'alcool et aux antidépresseurs, se retrouve contraint de parler à la fille du couple qui l'emploie régulièrement. Mais l'adolescente qui n'écoute déjà pas ses parents ne risque pas de se faire imposer la loi par un homme aux moeurs légères qui est payé par son père pour avoir du bon temps avec sa mère. Cette famille pour le moins atypique pourrait bien pousser notre dépressif à commettre l'irréparable...
---> Bien que le ton soit très cru et l'histoire très cynique, cette histoire a été ma préférée. Je ne m'attendais pas à cette fin...
 
Prospérine la louve : Seconde guerre mondiale : Prospérine est une jeune femme qui a été chassée de son village en subissant les pires humiliations en public. Son tort : elle est tombée enceinte d'un soldat allemand. Quelque mois plus tard, elle revient dans son village pour se venger...
 
Métaphysique des mails : échange de mails entre deux collègues du département philosophie de la faculté. Suite à de petites incompréhensions, le ton monte entre les deux professeurs. Comme quoi on peut être féru de philophie et en venir aux mains...
 
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L'image que je retiendrai : Dans la nouvelle "Harcèlement", Isabelle parle du style de Marc Mussaut, et elle ne mâche pas ses mots : " le style de l'auteur m'a fait l'effet du raclement d'une pelle sur une surface granuleuse [...] L'histoire pourrait se résumer en 5 lignes et aucun personnage ne peut entrer dans une pièce sans que le narrateur nous inflige la description des murs, du parquet, de la moquette ainsi que de tous les objets et accessoires qui traînent dans le coin..."
 
 
Auto-édition - Nouvelles - 160 pages

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