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lundi 17 août 2015

Tes larmes et ton sang - Karen Rose

Tes larmes et ton sang - Karen Rose
Synopsis : Oublier. Voilà pourquoi Dana Dupinsky se consacre vingt-quatre heures sur vingt-quatre au foyer qu’elle dirige à Chicago, et se dévoue autant aux femmes victimes de violence qu’elle y accueille. A ces femmes, elle met un point d’honneur à ne jamais poser de questions sur leur passé. Pourtant, elle donnerait cher pour cerner la véritable personnalité de Jane Smith, une nouvelle pensionnaire qui lui inspire un malaise profond. Pourquoi a-t-elle l’impression que cette femme au regard étrange cache quelque chose de trouble ? Et pourquoi Alec, son fils de douze ans, est-il si léthargique, si absent ?
Sa sombre intuition va se confirmer tragiquement : quelques jours seulement après son arrivée, Jane prend la fuite avec l’enfant. Horrifiée, Dana apprend alors que sa pensionnaire est en réalité une dangereuse psychopathe tout juste sortie de prison, et qu’Alec n’est pas son fils : elle l’a enlevé. Pour le retrouver, Dana n’a pas le choix : elle doit affronter Jane et sa folie meurtrière. Affronter aussi les terrifiants souvenirs resurgis dans son sillage. Un combat rendu plus périlleux encore par la troublante et perturbante présence à ses côtés d’Ethan Buchanan, le parrain d’Alec, lui aussi prêt à tout pour sortir l’enfant des griffes de Jane.

Je remercie les Éditions Mosaïc pour l'envoi de ce livre! 

Mon avis : Un synopsis très accrocheur, une histoire originale, une couverture et un titre intrigants : tout était là pour me faire passer un très agréable moment. Mais, malheureusement, si j'ai aimé l'histoire, les personnages et les intrigues, certaines choses m'ont déplu dans ce livre. A commencer par l'histoire d’amour entre Ethan et Dana qui a rapidement pris autant d'importance que l'intrigue elle même (ce qui n'est pas habituel pour un thriller!) De plus, je l'ai trouvée trop  rapide, trop convenue et avec tellement de coïncidences improbables qu'elle a vite perdu toute crédibilité. Mais ce qui m'a encore plus déroutée, c’est  la tournure érotique voir même pornographique que prennent certaines scènes. Pourquoi Dana est elle tombée si facilement dans les filets d'Ethan alors que dès le début, elle ne cesse de lui répéter qu'elle n'est pas prête pour une relation? Par la suite, leur petit manège d'amoureux m'a profondément agacée car on aurait dit qu'ils se connaissaient depuis des années.
La seconde chose qui m'a (beaucoup moins) dérangée c'est le fait qu'il y ait plusieurs intrigues parallèles. Même si cela ne me dérange généralement pas, je me suis parfois sentie un peu perdue dans la multitude de personnages et de lieux.
Sinon, l'histoire principale m'a quant à elle beaucoup plu. On a hâte de savoir quand et comment Dana va démasquer Sue / Jane. Les caractères des personnages sont approfondis et on comprend mieux ce qui a mené chacun là ou il en est actuellement.
Dana fut d'ailleurs mon personnage préféré. Sous son caractère de battante se cache une femme blessée. C'est son passé qui l'a conduite à s'occuper aujourd'hui de femmes en détresse sans rien demander en retour quitte même à faire des choses illégales pour les aider à prendre un nouveau départ dans la vie. Elle a vraiment du mérite de s'occuper du foyer  "Hanover House". J'ai apprécié son humilité et sa modestie.
Concernant le style de l'auteure, l'écriture est fluide et les dialogues percutants (sauf lorsqu'il s'agit de ceux entre Dana et Ethan!) l'action se déroule à un rythme effréné et c'est justement cela qui m'a fait persévérer dans ma lecture malgré la tournure "romance érotique" de certains passages.
Un livre que je conseille aux fans de romances, qui, je pense apprécieront de voir une histoire d'amour mêlée à un thriller car sans cette bluette "Tes larmes et ton sang" serait un excellent livre!

Tes larmes et ton sang

Extrait : "Alexander Quentin Vaughn. Un nom sacrément à rallonge, pour un gamin aussi maigrichon. Il avait douze ans, mais il n’en paraissait pas plus de dix. Bryce avait parfaitement résumé la chose quand ils avaient découvert le petit morveux planqué dans l’armoire de sa chambre:
— On dirait pas que ce gosse vaut un million de dollars, avait-il fait remarquer.
Ce qu’il ignorait, c’était que le gamin valait cinq fois plus. Mais l’argent n’était pas le plus important. Le sentiment d’assouvir enfin sa vengeance comptait bien plus. Elle allait avoir les deux. L’argent et la vengeance. En plus d’Alexander Quentin Vaughn, elle avait embarqué dans son coffre l’orthophoniste, Cheryl Rickman. Cette Rickman s’était  battue comme une forcenée pour défendre l’enfant. Elle aurait  vraiment mérité que les Vaughn la remercient, mais ça ne risquait  pas, vu qu’ils ne la reverraient plus jamais. Son heure était venue  et elle le savait, à en juger par son regard épouvanté. Sue l’avait  épargnée jusque-là parce qu’elle était capable de communiquer  avec le gamin, mais, à présent, elle n’avait plus besoin d’elle.
"

Éditions Mosaïc  - Thriller - 480 pages

lundi 17 février 2014

Va chercher! Une enquête de Chet et Bernie - Spencer Quinn

Mon résumé : Après son divorce, Bernie Little a quitté la police et a ouvert une agence de détective privé. Sa spécialité : retrouver les personnes disparues, et pour résoudre ses enquêtes, il peut compter sur son plus fidèle compagnon, son chien Chet. (Chet le Jet). Cette fois ci, c'est la mère de Madison Chambliss une adolescente qui l'appelle pour avoir recours à ses services. La jeune fille a disparu sans laisser de traces après quelques comportements anormaux... Mais est-ce une fugue? un enlèvement? Qui aurait intérêt à faire disparaître la jeune Madison? Il va falloir le savoir, et vite car la jeune fille est certainement en danger....
 
Mon avis : J'ai beaucoup aimé cette histoire policière dont la principale caractéristique est que c'est la chien Chet qui est lui-même le narrateur. L'histoire nous est donc racontée du point de vue de l'animal qui ne manque pas d'humour. Mais, il a tout de même comme objectifs principaux de remplir son estomac, de protéger son maître, et, accessoirement l'aider à résoudre ses enquêtes. Il me fait un peu penser à Scoubidou qui, bien qu'il ne soit pas futé arrive à avoir tout de même de très bonnes réflexions : "Non, finalement, je me suis associé avec Bernie, un détective privé un peu cabossé par la vie – divorce, pension alimentaire, fins de mois difficiles, vous voyez le genre, quoi ! Il fait dans la recherche de personnes disparues…"
Grâce à Chet, on en apprend un peu plus sur Bernie : on sait qu'il vit tant bien que mal des recettes de ses enquêtes, qu'il a un léger penchant pour le  bourbon ce qui le rend parfois long à la détente. Il a un enfant, Charlie dont il partage la garde avec son ex-femme.
L'intérêt de l'enquête est que Chet nous livre ses impressions de son point de vue canin, on voit qu'il ne comprend pas tout de la vie des humains, mais il a une très fine analyse des situations, et ce, grâce à un odorat très développé. Il est même meilleur que son maître, mais le problème est que, dans la réalité, il ne parle pas. Il ne peut donc pas raconter en  détails à Bernie ce qu'il a par exemple vécu lors de son enlèvement. Lui seul sait qui sont les ravisseurs de Maddy et par des aboiements ou différents comportements, c'est lui qui va tenter de mettre Bernie sur la voie (Car Bernie et les autres personnages pensent à voix haute, comme s'ils s'adressaient à Chet, ce qui permet à ce dernier de s'exprimer). Le lecteur sent alors la frustration que peut avoir ce chien de tout savoir et de ne pas arriver à se faire comprendre.
J'ai beaucoup aimé le fait que Chet sente absolument toutes les odeurs et qu'il arrive à les décrypter. C'est résolument son point fort. Mais il a aussi un autre point fort : son humour. En effet, il peut se livrer à de grandes analyses et être stoppé net, complètement obnubilé par une odeur de steak qui cuit ou une balle qui rebondit. En effet, son estomac et ses jeux priment  sur le reste... : "Je me suis lancé à la poursuite de la balle qui rebondissait au milieu de la route : au vu et au su de tous. J'ai pris de l'élan sur mes pattes arrière, et j'ai sauté. Je me suis pratiquement envolé, et j'ai piégé la balle au rebond. Je l'ai prise au dépourvu, comme j'aime. Là, j'ai freiné, dérapage contrôlé avant de repartir à fond de train, tête baissée, oreilles aplaties du fait de ma vitesse hallucinante. J'ai laissé tomber la balle aux pieds de Bernie en freinant au tout dernier moment. Si vous connaissez une activité plus marrante que ça, n'hésitez pas à m'en parler"
Une histoire que j'ai vraiment beaucoup aimé grâce à son originalité et des personnages que j'aurai plaisir à retrouver lors de la lecture de la seconde enquête de Chet et Bernie : "Chienne d'enquête".
 
Éditions le Livre de Poche - 348 pages - Policier

Mineure - Yann Queffélec

Mon résumé : Bien qu'il soit heureux avec sa femme Claire et ses jumelles de 10 ans, Michel, 55 ans s'ennuie. Il rêve de s'évader de son petit train-train, alors, quand il se rend compte que Sibylle, la copine de tennis de ses filles qu'il connait depuis 5 ans est en train de devenir une femme et lui fait des avances, une longue descente aux enfers commence pour lui. Doit-il céder aux charmes de cette jeune fille pourtant bien sûre d'elle au risque de passer pour un pervers pédophile? Yann Queffélec analyse avec une minutie clinique les sentiments ambigus qui tourmentent cet homme.
 
Mon avis : Ce petit roman très agréable et poignant nous décrit un drame car ce que va vivre Michel est réprimé par la morale. En effet, bien que complètement sous le charme de Sibylle, il la rejette violemment car il a peur de commettre un acte  de pédophilie ou de détournement de mineure, pourtant, cette dernière va user de son imagination pour essayer de le faire craquer. De là, il va commencer une très difficile remise en question se croyant même parfois fou de pouvoir éprouver de tels sentiments : "Elle est séductrice, active, demandeuse. Il n'y a pas viol ni détournement, elle sait bien qu'elle est mineure et que révélée au grand jour, cette liaison détruirait nos vies. [ ...] Innocence, attentat, liaison, des mots, du vent... Est-ce un attentat si je la prends dans mes bras? Si je lui donne la main? Il est où, le point de fracture entre le permis et l'interdit? Le bien et  le mal? Qui répond? Moi? D'accord, c'est moi qui suis fracturé, fêlé "(p77).
Yann Queffélec décrit avec beaucoup de précision les sentiments que peut éprouver ce père de famille face à cette jeune fille inconsciente des conséquences de ses actes sur la vie d'un père de famille.
J'ai beaucoup aimé cette histoire dont on se doute dès le début du dénouement car la première phase du livre : "J'ai besoin d'en parler, d'expliquer pourquoi je vais quitter Claire après ce qui m'est arrivé." nous fait deviner ce qui va finalement se passer.
Je remercie Livraddict et Le Livre de Poche de m'avoir fait découvrir cet auteur en m'offrant ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.
 
Le livre de poche - 119 pages

Les noces barbares - Yann Queffélec

Mon résumé : Ludo est un enfant né d'un viol. Nicole, sa mère étant encore très jeune quand elle l'a eu, il a été caché aux habitants du village dans le grenier de la maison parentale ou Nicole vit encore. Sa mère ne voulant pas s'en occuper, il grandit seul dans ce grenier sans éducation ni instruction. Plus tard, Nicole épousera un homme surnommé Micho, partira et emmènera quand même Ludo avec elle. Micho a lui aussi un fils : Tatav qui est un peu plus âgé que Ludovic et qui va s'employer  à jouer tous les mauvais tours possibles et imaginables à Ludo qu'il surnomme même Lidio. Au fur et à mesure qu'il grandit, Ludo devient encombrant et sa mère va faire tout son possible pour s'en débarrasser en le mettant chez sa vielle tante qui tient un établissement pour jeunes enfants déficients mentaux. En effet, ayant grandi seul, sans aucune sorte d'apprentissage, Ludo est réellement un "idiot du village"....
 
Mon avis : Cette histoire poignante et dure commence par le récit du viol. J'aurais aimé moins de détails, car pour un premier chapitre, il ne peut que mettre le lecteur mal à l'aise et donne le ton de ce qui va suivre.
Concernant mon avis, pour une fois, je suis mitigée et ne sais pas trop quoi penser de cette lecture. En effet, l'histoire est bien écrite et facile à lire mais son coté dur est parfois insupportable car voir tout au long des pages Ludo enfermé dans ce grenier dont il n'est jamais sorti  et voir  qu'il ne connaît même pas l'endroit ou il habite : "Depuis sept ans qu'il vivait au bord de la mer, Ludovic ne l'avait jamais vue. Il l'entendait. Mais au grenier la lucarne donnait sur la cour, sur le fournil, et là-bas sur des pins monotones que les brouillards matinaux calfeutraient. Rugissement, murmure, le bruit se poursuivait jour et nuit, si fort par mauvais temps que même les ronflements du boulanger s'effaçaient. L'enfant serait bien allé voir ; mais la porte était fermée à clé".
Ou encore se faire maltraiter par son demi frère, et  se faire appeler par tout le monde Lidio en disant qu'il a "le singe"  et le voir grandir dans l'indifférence la plus complète de sa mère qui ne viendra d'ailleurs pas une seule fois le voir au foyer, malgré les multiples promesses de Micho est très dur. La seule personne qui a un minimum de respect pour lui, c'est Micho, Il sait bien que si ce gamin est dans cet état c'est à cause de sa mère et non parce qu'il est déficient mental.
Les jours pleins d'ennui passaient et Ludo espérait toujours que sa mère viendrait le récupérer."Ludo compta qu'il était au Centre Saint-Paul depuis dix mois. Près d'un an. sa mère n'était jamais venue le voir, il n'était jamais sorti, Tatav ne l'aimait pas, Micho agitait les promesses d'un retour aux Buissonnets dont on le payait avec du vent. Alors il fut envahi physiquement par la nostalgie : il revécut les odeurs du soir au grenier, les nuits d'affût contre la porte maternelle, les après-midi à la mer, les petits déjeuners, les avanies, bons et mauvais souvenirs arrivant égaux et dorés jusqu'à lui, et le ressentiment qu'il éprouvait rejaillit".
Au bout de plusieurs années, et, voyant que sa mère ne revient pas le chercher, il prit la décision de s'enfuir du foyer et partir seul.
Il trouvera alors refuge sur l'épave d'un bateau en bord  de plage : "Le Sanaga" .Vivant grâce aux quelques billets que lui avait donné Micho, il s'aménage un bel intérieur dans la carcasse du bateau. Mais sa tranquillité retrouvée sera de courte durée car dans le village court le bruit qu'un fou s'est échappé d'un asile, et, de plus, les ferrailleurs arrivent pour découper l'épave...
Il faut noter que cette histoire  écrite en  1985 se passe en 1958 et, qu'à cette époque la Loi Simone Weil  dépénalisant l'avortement n'était pas encore passée (loi de 1975). On comprend mieux pourquoi Nicole a du garder cet enfant que ses grands-parents appellent "le batard"
Ce roman a obtenu le prix Goncourt en 1985 et a été adapté au cinéma. Pour en voir la bande-annonce, c'est ici
 
Voir aussi ma chronique sur "Mineure" de Yann Queffélec
 
Edition France Loisirs - 274 pages - Dra

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