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jeudi 25 août 2016

Je vais m'y mettre - Florent Oiseau

Je vais m'y mettre - Florent Oiseau
Synopsis : Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour.
Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles…
De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

Je remercie les éditions Allary pour cette lecture en avant première! Date de sortie : 25 août.

Mon avis : "Je vais m'y mettre" est le premier roman de Florent oiseau, un jeune auteur de 25 ans qui a réussi  à se mettre dans la peau d'un quadragénaire fainéant, procrastinateur, souvent vulgaire, mais plein d'humour et attachant.
Depuis qu'il s'est rendu compte qu'il arrivait en fin de droits, "Je vais m'y mettre" est devenu un leitmotiv pour Fred. Mais, plutôt fainéant de nature, il se trouve toujours une bonne excuse pour remettre au lendemain ses obligations. A commencer par exemple à aller au bistrot du coin se faire servir de bonnes bières et remplir une grille de loto. On se sait jamais! De fil en aiguille, notre antihéros qui souhaite s'en sortir mais à condition que ça ne lui demande pas trop d'efforts va se trouver un job en "free-lance" qui pourrait bien le mettre dans le pétrin encore plus qu'il ne l'est... 
J'ai aimé suivre les errements de Fred mais surtout ses réflexions et constations sur sa propre vie. Il arrive à voir sa situation avec recul, humour et autodérision. C'est ce qui m'a plu chez lui : il ne se prend jamais au sérieux et reste lucide sur son peu d'ambition (à part celle de se nourrir "sainement" à base de poisson pané et riz à tous les repas!) 
Malgré tous ces points positifs, deux choses m'ont un peu dérangée :  
Premièrement : tout au long du livre, je me suis demandé où l'auteur voulait nous mener car, même si les atouts de ce livre reposent sur l'humour et la personnalité attachante de notre héros, il faut bien dire qu'il ne se passe pas grand chose et que les événements ne s’enchaînent pas. 
Deuxièmement : pourquoi autant de vulgarité? Bien qu'il semble abuser régulièrement de la boisson, pourquoi  en avoir fait un personnage au langage souvent vulgaire.
Malgré tout une lecture agréable et un jeune auteur à suivre de près!

Extrait :  "J'étais un peu en avance, alors je me suis acheté une canette de bière. Réflexe pavlovien. Dix minutes plus tard, alors que j'hésitais à en reprendre une, mon rendez-vous s'est pointé. Quand je l' ai vue, je me suis rendu compte qu'elle était un peu plus grosse que ses photos ne le laissaient présager, mais je n' étais pas en droit de critiquer. Et puis, je ne suis pas du genre à dégrader les gens sur leur physique ou autre. Enfin bon, il y avait quand même facile quinze kilos de plus que ce que suggérait la photo sur son profil, prise dans la pénombre en habits de ski. L'art du camouflage dans toute sa splendeur. Ça ne paraît pas, mais quinze kilos, c'est le poids d'une petite table basse. Et quand une personne avale une table basse, on le remarque, croyez-moi. Je ne me suis pas démonté pour autant, ce n'est pas le genre de la maison. Après une brève inspection mutuelle, on est allés prendre un godet dans un bar, vers Rambuteau."

Éditions Allary - Littérature contemporaine - 230 pages

jeudi 17 décembre 2015

Le crime était signé - Lionel Olivier

Le crime était signé - Lionel OlivierSynopsis : À peine seize ans, cette gamine retrouvée nue, étranglée près du cimetière... Et ces pervers qui s'exhibent entre les tombes... Et ce fumier qui croit séquestrer l'innocence qu'il a perdue...
Morte d'avoir trop ou mal aimé ?
Des halls de banlieue, zones de non-droit, à la propriété somptueuse d'aristocrates au-dessus des lois, la Crim' est malmenée, impuissante à répondre au drame des parents ! Alors que l'ADN reste muet, un témoin "signe" une vérité singulièrement humaine...
Auteur de plusieurs romans policiers, Lionel OLIVIER excelle à révéler les coulisses d'une enquête, à mettre en scène avec émotion les doutes des policiers comme l'énergie recouvrée du "36".

Mon avis : Quentin Fergeac, chef de groupe à la Crim' est appelé sur une affaire de meurtre concernant Açelya Bozkir, une jeune fille retrouvée étranglée dans le coffre d'une voiture. Le crime a eu lieu il y a quelques jours et c'est l'odeur pestilentielle émanant de la voiture qui a donné l'alerte. Si cette jeune fille étranglée rappelle douloureusement à Quentin la mort de  son fils lui aussi étranglé mais à cause d'un jeu idiot appelé le "jeu du foulard", il n'a pas le temps de s’appesantir sur sa douleur car le meurtrier est peut être déjà loin. Rapidement, il croit avoir trouvé le coupable idéal, mais lui et son équipe sont encore bien loin de la vérité, surtout que Jessica, l'amie d'Açelya n'a plus donné signe de vie depuis quelques jours...
Je découvre cet auteur grâce au Prix du Quai des Orfèvres. Si les prix littéraires ne sont en général pas un gage de qualité pour moi, celui-ci est différent puisque son jury est composé de personnalités issues du milieu policier et est présidé par le Directeur de la Police judiciaire. Il  récompense donc des auteurs qui savent de quoi ils parlent et dont les enquêtes sont réalistes! Et c'est le cas ici puisque Lionel Olivier était inspecteur. On sent donc le vécu dans ses écrits, et c'est justement ça qui m'a beaucoup plu dans ce livre car j'ai appris des choses concernant les modes opératoires menant à la résolution d' enquêtes notamment sur le relevé et l'examen de traces ADN et sur les attributions et tâches de chaque membre d'une équipe de police. J'ai justement trouvé ce côté réaliste très appréciable puisqu'il nous montre aussi certaines difficultés de la police par rapport à la justice par exemple quand les enquêteurs doivent attendre le feu vert de la justice pour telle ou telle action et que cela leur fait perdre un temps précieux mais aussi les tensions qui peuvent apparaître entre chaque membre de l'équipe.
Il y a beaucoup de personnages mais ce n'est pas gênant  puisqu'on sait dès le début le rôle de chacun. De plus cela évite d'embrouiller le lecteur avec des détails et on en sait quand même assez sur eux pour comprendre leurs façons de voir les choses ou d'agir.
Le style fluide, les événements, rebondissement et les personnalités des personnages rendent ce policier addictif. Chaque fausse piste nous pousse à vouloir en découvrir plus et, du coup, les pages se tournent seules.
Un livre que je conseille donc pour son réalisme et son enquête simple mais bien ficelée!

Le crime était signé : Prix du Quai des Orfèvres 2016

Extrait : "Près du Pont-Neuf, Quentin prit son tour dans la file devant une restauration rapide. Les mains dans les poches, alors qu’il tentait de s’intéresser aux visages proches, ses pensées le ramenaient invariablement à la vision de cette gamine recroquevillée dans un coffre de voiture. À quoi et à qui avait-elle pu penser en perdant progressivement son souffle ? Connaissait-elle son tortionnaire ? Où se situait la scène de crime primaire ? Le tueur n’avait pas transporté le cadavre avec la Ford. Il s’était contenté de l’y déposer. Le propriétaire du véhicule n’était peut-être pas impliqué ? Mais pourquoi ne le retrouvait-on pas ?"

Éditions Fayard - Policier -360 pages

lundi 14 avril 2014

Plonger - Christophe Ono-Dit-Biot

Plonger - Christophe Ono-Dit-BiotMon résumé : César écrit à son petit garçon Hector pour raconter ce qu'il a vécu avec sa femme Paz.  De  sa rencontre avec elle jusqu'à la tragique disparition de cette dernière retrouvée noyée sur une plage d'un pays arabe, il tente de comprendre et d'expliquer à Hector ce qui a pu la pousser à quitter le domicile conjugal et les abandonner tous les deux. 
Afin qu’Hector puisse plus tard savoir qui était réellement sa mère qu'il n'a connue que durant les premiers mois de sa vie, César décrit les événements heureux ou malheureux de leur vie de couple qui les ont menés petit à petit de  l'incompréhension à la rupture. Pourtant, il n'a jamais baissé les bras et a continué à espérer reconquérir cette femme dont il est toujours éperdument amoureux.
Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer.

Mon avis : Mon avis sur cette lecture est mitigé. Certes l'histoire de cet homme amoureux est belle et bien écrite, mais elle est triste et traîne en longueur.
J'ai trouvé la narration originale : César s'adresse à son fils et écrit absolument tout ce qu'il a vécu avec cette artiste plongée dans son monde bien à elle, où son art (la photographie) est le seul moyen de s'exprimer. Il a voulu tout écrire, quitte à supprimer par la suite des passages sur leur vie intime qui ne concerneraient pas Hector.
César est un journaliste passionné de mythologie grecque. Il a la tête sur les épaules et côtoie chaque jour les pires événements du monde comme les tsunamis et autres catastrophes. Il est l’exact contraire de Paz, une photographe bohème pour qui ne compte que la satisfaction de prendre un jour la photo parfaite. Ils se sont rencontrés sur un quiproquo : César a publié un article sur le travail de Paz que l'artiste n'a pas apprécié, mais ils chercheront bizarrement à se revoir. Très vite, ils se mettent en couple. Leur vie ressemble alors à une romance. Mais petit à petit, Paz, absorbée par ses photos et sa notoriété croissante s'éloigne de César. Elle se sent incomprise et a de drôles de lubies. Le couple est dans une impasse lorsque César apprend que Paz est enceinte. Mais elle est totalement détachée de sa propre grossesse et passe se journées sur Internet. César ne tardera pas à découvrir qu'elle a virtuellement adopté un requin!  Elle passe ses journées à suivre ses déplacements grâce à la balise GPS fixée sur l'animal. Lorsque Hector naît, Paz n'arrive pas à se sentir mère et les abandonne tous les deux sans laisser d'adresse...
César m'a émue. On sent bien qu'il a tout fait pour sauver son couple, et que, même après le départ de Paz, il fait tout pour essayer de la retrouver. Il est toujours éperdument amoureux de cette femme qui lui a pourtant mené la vie si dure! 
Paz, quant à elle, est égoïste, égocentrique et bipolaire. Je ne l'ai pas du tout appréciée et me demande ce que César a pu trouver de séduisant chez elle à part son accent  et son physique typé d'espagnole.
Lorsqu'il apprend sa mort et qu'il doit partir reconnaître le corps, il va tenter d'en savoir plus sur les circonstances de cette "noyade". Mais il va vite se heurter à l'omerta et aux croyances locales, devra prêcher le faux afin de connaître le vrai, et garder sa jalousie pour lui.....
Le livre m’aurait vraiment plu s'il n'était pas si long et s'il nous faisait pas l'étalage du monde de l'art, de ses dîners mondains et de ses codes qui ne m’intéressent pas.

Extrait : "À côté, Paz cuisinait. Des ondes d'amour me parvenaient de la cuisine. Car quelqu'un qui fait pour
vous la cuisine vous veut forcément du bien. Une fille du XXIè siècle, qui après de décennies de féminisme ne se contente pas de mettre au micro-ondes des barquettes de plats cuisinés mais débarrasse de leur peau, à l'économe, de beaux légumes et met à nu leur chair orange, rouge vif ou jaune soleil, et ensuite les découpe avec un couteau bien aiguisé, et les fait dorer dans un fond d'huile d'olive ; une fille pareille, prête à pleurer sous l'effet irritant des oignons qui n'agonisent jamais sans se défendre ; une fille qui pose, comme elle le fait maintenant, un pain rond sur la table, une assiette de salade de tomates rouges comme ses joues lorsqu'elle aura fait l'amour, et quelques tranches de pata negra à la saveur de noisette, est une femme qui aime."

Éditions Gallimard - Drame - 444 pages

mercredi 26 février 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie OtsukaMon résumé : 1919. Des centaines de femmes quittent le Japon en bateau pour aller aux États-Unis. Là-bas, elles vont rencontrer leurs maris, des japonais qui sont censés avoir réussi. Mais en arrivant sur place, elles vont de déconvenues en déconvenues. En effet, là bas, les japonais sont considérés comme des traîtres. Elles croyaient en un avenir meilleur, elles vont se retrouver parquées dans des bidonvilles, obligées à travailler dans les champs pour subsister. Leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées...Leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs ou en tant que domestiques, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs, jusqu'au silence de la guerre et la détention dans les camps d' internement. Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.

Mon avis : Julie Otsuka est une auteure américaine d'origine japonaise. Dans ce livre, elle revient sur un drame dont je n'avais jamais entendu parler : le rêve américain de centaines de japonaises qui va tourner à l'horreur. 
Choisies sur photos par leurs futurs maris habitant à San Fransisco, elles voient dans ce voyage la fin d'une vie misérable. Hors, les hommes raffinés dont elles ont rêvé se révèlent, pour la plupart, des paysans qui les font travailler sans relâche.
L'originalité de ce livre vient de la narration : le "nous" qui nous fait comprendre qu'elles sont toutes dans la même galère. Il ne s'agit pas d'une femme en particulier, mais de toutes les femmes dont la voix s'élève pour dénoncer des conditions inhumaines. Cette vie, déjà très dure va encore se dégrader lorsque le Japon déclarera la guerre aux États-Unis  et que ces japonais seront parqués dans des camps avant d'être réexpédiés chez eux.
Dans le dernier chapitre "disparition" ce sont les américains qui prennent la parole. Ils regardent ces japonais partir sans émotion malgré que ce soient des quartiers entiers de la ville qui sont maintenant à l'abandon. De ces 20 ans de cohabitation, ils ne garderont pas grand chose en mémoire, mais diront toujours qu'ils sont partis volontairement...
Un livre que je recommande pour apprendre une part de l'Histoire bien souvent méconnue.

Extrait : " Sur le bateau nous étions presque toutes vierges.
Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes. Certaines d’entre nous n’avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d’élégants vêtements, mais la plupart d’entre nous venaient de la campagne, et nous portions pour le voyage le même vieux kimono que nous avions toujours porté – hérité de nos sœurs, passé, rapiécé, et bien des fois reteint. Certaines descendaient des montagnes et n’avaient jamais vu la mer, sauf en image.
"

Éditions 10/18 - Roman historique - 143 pages

lundi 17 février 2014

Composition Française - Mona Ozouf

Mon résumé : Nous sommes en Bratagne près de Paimpol dans les années 1930. Mona Ozouf nous parle de ses souvenirs d'enfance dans lesquels elle se rappelle avoir vécu partagée entre ses parents qui prônaient l'identité bretonne (la langue et la culture), l'école laïque  qui défend l'identité française et interdit l'enseignement bilingue et l'église en contradiction avec ces deux derniers préceptes...
Orpheline de père à 4 ans, elle se souvient de son éducation par sa mère et sa grand-mère suivants les principes militants de son père, puis de ses études à Paris, où elle adhère au Parti Communiste.
 
Mon avis : Afin de comprendre le contexte du livre il me semble important de rappeler qui est Mona Ozouf.
Née en 1931, elle est la fille de Yann Sohier et d'Anne Le Den, tous deux instituteurs bretonnants et militants de la cause bretonne, qui l'élèvent en langue bretonne. Après sa scolarité en Bretagne, elle est élève à l'École normale supérieure (ENS), où elle est agrégée en philosophie.
C'est par l'intermédiaire de son mari, Jacques Ozouf qu'elle rencontre en 1954 et épouse en 1955, qu'elle fait connaissance avec les autres historiens Denis Richet, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet. De nombreux ouvrages sont nés de la collaboration avec ce dernier. Membre du Centre de recherches politiques Raymond Aron à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, aujourd'hui, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle écrit également pour le Nouvel Observateur et participe à la revue Le Débat. Si elle s'est récemment intéressée à la figure du roman de l'univers démocratique, ses travaux ont surtout porté sur les questions se rapportant à l'école publique et à la Révolution française. Les rapports qu'entretiennent pédagogie, idéologie et politique semblent l'avoir particulièrement intéressée. (Source Wikipédia)
Ce livre est un essai sociologique autobiographique.
Mona Ozouf nous raconte son enfance marquée par le décès de son père alors qu'elle n'a que 4 ans. Sa mère et sa grand-mère vont tacher de suivre les recommandations de ce dernier et continuer de lui inculquer les valeurs bretonnes. Elle va alors vivre dans un logement de fonction de l’école publique de Plouha,  petit village des Côtes d’Armor, ou sa mère est d'abord institutrice puis directrice. Fille unique, elle n’a  pour seule distraction que la cour de l’école et se réfugie alors dans les livres et les manuels scolaires. Elle va très vite se rendre compte que trois idéaux se contredisent : Les principes de la Maison (et ses valeurs régionales) , Les principes de la France  inculqués à l'école (et ses valeurs républicaines), Les principes  de l'église (et ses valeurs chrétiennes). Ces trois idéaux sont d'ailleurs l'objet de trois chapitres.  Elle nous raconte ensuite son parcours, qui la conduit de l'école communale de Plouha, en passant par le collège de Saint-Brieuc et celui  de Rennes, jusqu'à son départ de Bretagne pour poursuivre ses études à Paris et son adhésion au Parti communiste, à 21 ans.
Bien que je ne sois pas bretonne, j'ai beaucoup aimé ce livre et toutes les descriptions de coutumes, d'explications de langage et particulièrement ce passage parlant de sa grand-mère qu'elle décrit comme un trésor à proverbes et légendes :
"Elle avait beau user du français avec moi, elle ne m'en communiquait pas moins, par ce français calqué sur les tournures du parler breton, le génie de cette langue vigoureuse, expressive, anthropomorphique : la brume du matin est la «pitance» du soleil, les vagues sont «les chevaux de la mer», le confluent est «le nez des deux eaux»; et on achève une lettre de condoléances en recommandant à l'endeuillé : «Dalc'hit mad an taol» («agrippez-vous à la table»)."
j'ai trouvé ce récit poétique, émouvant  et très bien écrit. La problématique posée est toujours d'actualité, et on entend encore souvent parler de ses régions qui revendiquent une identité culturelle et qui ont à mon avis raison de se battre pour la faire perdurer tout en respectant les obligations républicaines.
En lisant le résumé de 4ème de couverture, je ne m'attendais pas à ce que ce soit un essai... Mais finalement, j'ai beaucoup aimé, même si, j'aurais préféré que toute la problématique soit occultée pour n'en faire qu'un très beau roman autobiographique.
 
Je remercie Blog-o-book et les éditions Folio de m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.

Drôle de scoop - Belinda Olsson

Mon résumé : Agata Hansson est une jeune journaliste suédoise de 28 ans pour qui la carrière passe avant la vie de famille. Ambitieuse, elle postule pour une promotion au sein du journal pour devenir Chef du service Info. Mais, si elle espère grandement que sa candidature soit retenue, elle est loin de se douter qu'au moment ou elle a répondu à cette annonce interne, elle était enceinte.... Elle, pourtant si carriériste, pourra-t-elle mener de front une grossesse et cette promotion à laquelle elle ne renoncerait pour rien au monde quitte même à mentir à Teo...
 
Mon avis : J'ai passé un très bon moment avec ce livre de "chick lit" (genre littéraire récent désignant un roman écrit par les femmes pour le marché féminin). J'ai beaucoup aimé Agata, cette jeune femme pour qui la grossesse n'était pas du tout au programme. Elle, si amoureuse de son travail, (qu'elle nous décrit même comme "une colo pour adultes" tellement elle s'y sent bien) ne s'est même pas rendu compte qu'elle était enceinte, car trop occupée à enquêter sur le kidnapping de la fille d'une riche femme d'affaires suédoise. En effet, au tabloïd   "Le Soir", les journalistes sont tous plus ambitieux les uns que les autres pour avoir le scoop le plus intéressant , oubliant souvent de vérifier leur sources comme dans tout journal de presse à scandale qui se respecte.
Celle qui nous décrit les  autres femmes "en cloque" comme elle dit, marchant comme des pingouins aux ventres monstrueux va pourtant devoir passer par là. Elle ne comprend pas l'instinct maternel des autres et ses réflexions assassines vont même jusqu'à la faire virer du cours d'accouchement sans douleur. (Cours qu'elle rate une fois sur deux comme ses échographies à cause d'obligations professionnelles au risque de se faire passer pour une future mauvaise mère). Son humour noir sur sa situation m'a fait sourire plus d'une fois.
Pendant que les autres futures mamans s'imaginent  dorloter leur bébé, elle, se voit avec Teo à la terrasse d'un bistrot à nouveau vêtue de son jean moulant préféré à siroter un cocktail bien frais.
Le seul petit bémol que je donne à cette histoire serait la fin qui ne nous relate même pas l'accouchement.... J'espère qu'il y aura une suite pour savoir comment  Agata va acquérir l'instinct maternel et si elle va s'en sortir avec son nourrisson.
J'ai par ailleurs appris des choses sur la législation suédoise concernant la grossesse, l'accouchement et les congés maternité (et j'ai souri à la lecture des prénoms des protagonistes ayant tous des noms de meubles Ikéa! )
 
Je remercie Mélusine de m'avoir envoyé ce livre voyageur et propose de le renvoyer à l'une d'entre vous pour que son voyage continue. Si vous êtes intéressée, laissez moi un petit commentaire me disant que vous aimeriez ce livre et si vous êtes plusieurs, mon chapeau magique fera le tri jeudi prochain!
 
Editions J'ai Lu - 414 pages - Chick lit

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