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lundi 17 février 2014

Les gens heureux lisent et boivent du café - Agnès Martin-Lugand

Résumé de l'éditeur : « Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »
Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement.
 Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.
Entre « Le Journal de Bridget Jones » et « Love Story », l’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a pas d’autre choix que de faire avec.
 
Mon avis : Un titre qui m'a donné envie de découvrir ce livre et une couverture qui m'a vraiment rappelé celle de "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan. C'est donc avec deux bons "a priori" que je me suis lancée dans cette lecture, mais malheureusement, je n'ai pas accroché. C'est sûr qu'après mon coup de cœur pour "Juste avant le bonheur", la barre était très haute, et comme le thème de ces deux livres est assez proche, je n'ai pas pu m’empêcher une comparaison. Peut-être que dans d'autres circonstances, j'aurais apprécié ce livre.
Au début, j'ai été touchée par le désarroi de Diane qui vient de perdre Colin son mari et Clara sa fille dans un accident de voiture. Elle tente de refaire surface en projetant un voyage que son mari aurait tant aimé faire en Irlande. J'ai ensuite été agacée par les clichés et l'improbabilité des événements : Tout d'abord, elle décide d'aller vivre en Irlande alors qu'elle ne connaît rien de ce pays. Elle laisse derrière elle son café littéraire parisien, ses parents et son meilleur ami Félix. Ces derniers s'inquiètent pour elle mais elle n'en a que faire : elle part seule et est décidée à refaire sa vie. Ensuite, une fois arrivée en Irlande, elle se fait de suite des amis et est invitée chez eux. Malheureusement, dans la vraie vie, cela ne se passe pas aussi facilement! Et là, les clichés sur l'Irlande et les irlandais inondent le livre : "Les rugbymen mangeurs de moutons" boivent de la bière quotidiennement jusqu’à l'ivresse dans un pays où il n'y a pas grand chose à faire car il pleut tous les jours...D'ailleurs, elle, elle ne fait rien non plus à part essayer de faire connaissance avec son gougeât de voisin Edward. On se demande d'ailleurs ce qu'elle lui trouve car à agir comme il le fait, à sa place j'aurais pris mes jambes à mon cou. Mais la situation est bloquée entre les deux et heureusement que Judith, la sœur d'Edward arrive comme par magie pour faire évoluer la relation.
Pour finir, je me demande même pourquoi un tel titre. D’accord Diane possède un café littéraire avec son ami Félix, mais elle n'y met jamais les pieds laissant à son ami exubérant qui préfère faire le fête et brûler la vie par les deux bouts le soin de s'en occuper. Il réussit seulement à couler petit à petit leur établissement...
 
Extrait : "C’était difficile de me sentir chez moi, rien ne me rappelait ma vie d’avant. La nuit n’était pas éclairée par les lampadaires ni animée par les bruits citadins. Lorsque le vent faiblissait, le silence en devenait oppressant. J’aurais rêvé que mes voisins (toujours absents) fassent une grosse fête pour avoir une berceuse. Les odeurs entêtantes des pots-pourris n’avaient rien à voir avec celle du parquet ciré de notre appartement, et l’anonymat des commerces parisiens était définitivement très loin."
 
Éditions Michel Lafon - Drame - 253 pages

Un long chemin vers la liberté - Nelson Mandela

Mon résumé : Nelson Mandela nous présente ici son autobiographie qu'il a commencé à rédiger lorsqu'il était derrière les barreaux. Il nous raconte son parcours depuis sa naissance  le 18 juillet 1918 en Afrique du Sud à Qunu, un petit village de la province du transkei jusqu'à sa libération de prison en 1990 après 26 années de détention. Il a entièrement dédié sa vie à la lutte contre l'apartheid, pour cela, il a intégré un parti politique : l'ANC (Congrès National Africain) qui lutte contre la suprématie des blancs (pourtant très minoritaires)  en Afrique du sud. Pour mener son combat, il participe aussi à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain, il est condamné lors du procès de Rivonia à la prison et aux travaux forcés à perpétuité.
 
Mon avis : Ce livre m'a appris beaucoup de choses sur cet homme que je ne connaissais que de nom mais aussi sur les grandes inégalités de droits entre les blancs, les métis, et les noirs. Je ne pensais pas que les inégalités étaient si injustes dans un pays qui est le pays des africains (donc noirs) ou ils sont très largement majoritaires.
Fils d'une famille royale Thembu, Rolihlahla Madiba Mandela (il doit son prénom à consonance anglaise à son institutrice) devient le premier membre de sa famille à aller à l'école.  Il dira : "Le premier jour d’école, mon institutrice, Miss Mdingane, nous a donné à chacun un nom anglais. C’était une coutume chez les africains à cette époque et était sans doute due au penchant anglais de notre éducation. Ce jour-là, Miss Mdingane me dit que mon nom était Nelson. Pourquoi elle m’a donné ce prénom en particulier ? je n'en ai aucune idée. » Le fait d'aller à l'école méthodiste tout en ayant un enseignement traditionnel lui donne une éducation à la fois africaine et européenne".  Après, il suivra des études pour devenir avocat à l'université de Fort Hare la seule qui accepte les noirs et obtiendra son diplôme avec brio. Là-bas, il rencontrera son ami et futur collègue de son cabinet d'avocat Oliver Tambo. A cette époque, le communisme ne le convainc pas et, il  préfère adhérer à la doctrine de Gandhi qui prône la non-violence.
Confié quelques années plus tôt à un père adoptif pour qu'il suive ses études, il se trouvera contraint à un mariage arrangé auquel il va échapper en fuguant jusqu'à Johannesburg. Là, il rencontrera sa première femme Evelyn avec laquelle il aura quatre enfants.
Aux élections de 1948, la victoire du Parti national, parti alors exclusivement afrikaner (blanc), entraîne la mise en place d'une nouvelle politique de ségrégation sous le nom d'apartheid, où le rattachement territorial puis la nationalité et le statut social dépendent du statut racial de l'individu, défavorisant largement la population noire et interdisant les mariages mixtes. Avec l'ANC, il va prôner la désobéissance civile pour lutter contre ces lois très injustes.
Lors d'un sabotage, il sera arrêté avec ses compagnons de lutte et sera jugé lors d'un procès qui durera plus d'un an : le procès de Rivonia à l'issue duquel lui et ses compagnons seront condamnés à perpétuité car considérés comme des terroristes. Incarcéré à la prison de Robben Island, il n'aura aucun droit, pas même celui de se procurer un journal, mais il arrivera tant bien que mal à suivre les actes de son parti. C'est là qu'il va commencer à écrire sa biographie et parvenir à la faire sortir de prison feuille après feuille pour la mettre en sécurité.
Ayant crée un clan en prison avec ses co-détenus, il en sera éloigné pour des raisons de "sécurité" et c'est ainsi qu'il va se retrouver à Pollsmoor. Là, les gardes font preuves de plus de respect envers les détenus et il va arriver à en convaincre quelques uns et par un effet boule de neige, son combat va commencer à intéresser des personnes blanches haut-placées.
En 1990, l'interdiction de l'ANC est levée et ce parti devient un parti comme les autres. Mandela est alors libéré mais la lutte contre les inégalités doit continuer.
Sa biographie s'achève à ce moment là, mais il faut savoir qu'en 1993, il a reçu le prix Nobel de la Paix et qu'ensuite,en 1994, il a été élu président de l'Afrique du Sud car son parti, l'ANC comptabilisait plus de 60% des voix. Il ne se présentera malheureusement pas pour un deuxième mandat se jugeant lui-même trop vieux.
Retiré de la vie politique depuis 2004 pour soigner un cancer de la prostate, il passe une retraite paisible aux côtés des siens.
J'ai beaucoup appris de cette (grande) lecture (770 pages!) et malgré de longs passages comme les retranscriptions de ses interventions lors de son procès, je vous conseille cette biographie qui nous montre un homme qui n'a jamais faibli face aux difficultés à faire entendre son opinion et qui n'a eu de cesse de se battre pour défendre son peuple sur sa propre terre. Je pense que si l'apartheid a disparu c'est grâce à lui et que pour cela, il aura payé de sa personne en passant 26 ans derrière les barreaux.
Dommage qu'il ne nous relate que les faits et pas beaucoup ses ressentis. Voir cet homme si obstiné et traité comme un chien m'a fait de la peine pour lui. Surtout que ces maltraitances étaient les mêmes pour tous les noirs. Par exemple en prison (qui était plus un bagne) ils devaient aller tous les jours à la carrière pour casser des cailloux pour en faire des gravillons et ce, en plein soleil, avec des entraves aux pieds... Très peu de nourriture (bien souvent juste un bouillon) Et j'en passe...
Le voir avec tant de détermination pour préparer sa propre défense et celle de ses camarades lors de son procès, alors que la cause était perdue d'avance montre sa grande motivation.
Pour finir, voici un extrait d'une de ses déclarations au Daily Mail juste avant d'être emprisonné qui résume très bien son action :  "Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et accomplir. Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir"

 
Éditions le Livre de Poche - 760 pages - Biographie, documentaire

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi - Mathias Malzieu

Mon résumé : Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu'est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel, du réconfort ? Mathias, 30 ans vient de perdre sa mère. L'épreuve est très difficile à supporter, mais il va avoir la chance de rencontrer un Géant sur le parking de l'hôpital. Giant Jack se présente comme étant " docteur en ombrologie ", il soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et rêver malgré la douleur... Il le fera grandir.
 
Mon avis : Ce conte autobiographique nous plonge dans un univers onirique que j'aime beaucoup. D'ailleurs, c'est la couverture montrant un univers à la Tim Burton qui m'a décidée dans mon choix. Écrire ce livre a dû être un exutoire au deuil pour Mathias Malzieu lors du décès de sa maman des suite d'une longue maladie. Il nous décrit avec beaucoup d'émotions le vide que représente cette perte pour lui, mais aussi pour son père et sa soeur. Mais, lui, trouve un drôle de personnage lui permettant de rendre cette perte plus supportable. Il s'agit de Giant Jack, un géant de 4, 5 mètres qui aide les gens à passer de la vie à la mort. Ce géant est le fruit de son imagination et vit dans ses rêves. Il n'y a donc que lui qui peut le voir "Je suis Jack-le-Géant, docteur en ombrologie, médecine par les ombrrrllles. Je soigne les gens atteints de deuil en leur administrant plâtres et cataplasmes pour le coeur, fabriqués à partir de mon ombre. La vie malgré la mort, je connais, je suis un spécialiste." Pour l'y aider, il va lui donner 3 livres et une ombre et lui apprendre à s'en servir. Du coup, il va petit à petit pouvoir faire son deuil. Le géant va tenter de lui réapprendre les petits plaisirs comme la musique par exemple. Il va le réhabituer à une vie normale telle qu'elle était avant. (Rappelons que Mathias Malzieu est auteur, compositeur et interprète du groupe "Dionysos".) Pour ce faire, le géant va lui offrir un harmonica pour Noël. Mais il n'a plus goût à rien et n'est même pas sur de savoir encore faire de la musique. "Je ne suis même pas sûr de savoir encore comment ça marche de faire sortir des notes de musique de mon corps, maintenant que j’ai un trou dedans" Mathias suit le long  traitement du géant jusqu'à l'étape finale (une visite au seuil de la mort) et va de mieux en mieux.
"Eh bien tu n’as plus besoin de moi maintenant. […] J’ai un peu consolidé ton coeur avec ces histoires d’ombres, je l’ai rééduqué. Mais tu t’es suffisamment frotté à la mort. Tu es même allé jusqu’au pays des morts, ce qui correspond à la dose d’ombre médicale la plus forte qu’on puisse administrer à un vivant. […] Le vaccin coule dans tes veines. Il est grand temps que tu te frottes à nouveau à la vie. […] Bien, le traitement commence à fonctionner, on dirait."
J'ai adoré ce conte et je vous incite à le lire car il est original, plein de poésie et c'est en même temps une belle leçon de vie. Comme le Géant a aidé "Little Man" à affronter cette épreuve par la musique, je pense que l'écriture de ce conte a aidé l'auteur à rendre cette perte plus supportable.
J'espère lire très prochainement "La mécanique du coeur" du même auteur.
 
Éditions J'ai Lu - Conte - 151 pages

La route - Cormac McCarthy (Prix Pulitzer 2007)

Mon résumé : Une catastrophe dont on ne sait rien est arrivée. Il semble que seuls un père et son fils sont rescapés. Il ne reste rien à part des morceaux de routes recouvertes de cendres, des maisons abandonnées, des carcasses de voitures qui rouillent lentement et des restes humains desséchés. Les animaux ont disparu  tout a brûlé, le ciel est gris et il fait terriblement froid. C'est dans ce paysage apocalyptique que l'homme et le petit cherchent à tout prix à rejoindre le Sud pour y trouver des conditions plus clémentes. Ils transportent des couvertures et des provisions trouvées ici et là dans un caddie de supermarché. Se rendant vite compte qu'ils ne sont pas seuls dans cette situation, il doivent coûte que coûte protéger leur nourriture et leur nécessaire de survie des barbares cherchent à survivre comme eux....
 
Mon avis : J'ai beaucoup aimé cette histoire bien qu'elle soit dérangeante par le fait qu'on ne sait pas ou elle se déroule, on ne connaît pas les prénoms des personnages. Tout au long du livre, ils restent "Le père" et "le petit" et surtout, on ne sait pas quel genre de catastrophe a eu lieu.
Armés seulement d'un revolver chargé et de lambeaux de carte, ils se dirigent  avec leur caddie vers le sud pensant y trouver de meilleures conditions.
Rongés par la faim et la soif et toujours sur le qui-vive pour se défendre, ils errent à la recherche de nourriture restée dans des conserves ou des bocaux dans les maisons qu'ils pillent tout au long de leur route.
Le lecteur se trouve vite plongé dans cet univers macabre grâce au style d'écriture qui est très direct avec des dialogues simples et percutants :
La-route---Le-pere-et-l-enfant.jpeg"-C'est cela la mer, Papa?
-Oui.
-Tu m'avais dit qu'elle était bleue.
-Avant elle l'était.
-Quand tu étais enfant tu la regardais tous les jours, de ta fenêtre.
-Oui.
-Enfant comme moi.
-A peine plus vieux.
-Maintenant elle est noire comme le reste.
-Oui.
-Pourquoi tu pleures?
-je ne pleure pas.
-Oui, tu pleures.
-D'accord.
-Ne pleures plus.
-D'accord.
L'homme prit la main du petit et dit, viens descendons , allons vers la plage.
-La plage, y aura t-il des gens?
-Je ne sais pas.
-Des gentils, comme nous.
-Peut être.
-Qui portent le feu.
-Sûrement, viens marche, la bas nous trouverons à manger.
-Peut être.
-Oui, je le sais.
-D'accord."
Ce petit est très attachant car pour lui, qui est très naïf, le monde se résume aux gentils (eux) et aux méchants (les autres humains poussés à la barbarie et au cannibalisme  pour survivre). Il croit tout le monde gentil et tente de pousser son père à partager le peu qu'ils possèdent mais il va  changer d'avis en se rendant compte que même des "gentils" peuvent être poussés à manger ceux de leur propre famille quand il va voir les restes d'un nourrisson embroché au dessus d'un feu...
Son plus grand souhait est alors que lui et son père restent des "gentils" même s'ils meurent de faim.
Une lecture que je recommande pour que chacun puisse se faire un avis personnel.
 
PS: Je viens de lire ce roman aux éditions "Points" et je suis vraiment surprise par le nombre de coquilles ou de fautes de frappe (au moins une toutes les deux pages...) N'a t-il pas été relu avant impression?

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