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mercredi 27 janvier 2016

Le coeur entre les pages - Shelly King

Le coeur entre les pages - Shelly King
Synopsis : Maggie, 34 ans, vient d’être licenciée de la start-up branchée de la Silicon Valley où elle travaillait. Que faire sinon traîner au Dragonfly, la pittoresque librairie de livres d’occasion ? Lassé de la voir végéter, Dizzy, son meilleur ami, lui propose de participer à un club de lecture. Au programme : L’Amant de Lady Chatterley. Dans l’édition ancienne qu’elle déniche, Maggie découvre une mystérieuse correspondance amoureuse… Cette découverte va bouleverser la vie de la jeune femme et celle de la petite librairie menacée de fermeture par la concurrence. Le tout sous les yeux espiègles de Grendel, le chat qui a élu domicile parmi les rayonnages.

Je remercie les éditions Préludes pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Ceux qui me connaissent savent que je ne pouvais pas passer à côté d'une telle couverture sans lire le résumé! Et, comme d'après la quatrième de couverture il est question de livres et d'un chat nommé Grendel (qui contrairement à la photo est un chat noir!), mon choix de lecture a été vite fait! Et je ne regrette absolument pas car si je pensais avoir affaire à une bleuette, ce n'est pas du tout le cas.
J'ai adoré me plonger dans l'atmosphère calme et cosy du Dragonfly Used Books, une librairie de livres d'occasion, côtoyer Maggie, Hugo, Jason et Grendel le chat antipathique qui attaque les clients et n’apprécie pas être dérangé dans son domaine.
Alors qu'elle vient d'être licenciée, Maggie préfère passer son temps à lire des romans à l'eau de rose plutôt que de trouver un nouveau job ou de revenir chez sa mère comme cette dernière lui demande. Elle passe  ses journées à lire confortablement installée au Dragonfly, à l'écart du tumulte environnant de la Silicon Valley. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce contraste entre la ville dynamique et la tranquillité de cette petite librairie de quartier ou tout semble s'apaiser une fois la porte refermée. L’inertie de Maggie agace son meilleur ami Dizzy qui va la contraindre d'intégrer un club de lecture dirigé par Avi, une femme influente qui pourrait la faire réembaucher dans une start-up. Et pour la prochaine réunion, elle doit lire "Lady Chatterley" ce qu'elle accepte et Hugo lui en trouve une vieille édition annotée par un couple qui vient semble-t-il de faire connaissance et entretient une correspondance par retour de livre assez énigmatique. Au delà de sa petite enquête pour savoir qui étaient ce Henry et cette Catherine, Maggie va se rendre compte que leurs commentaires en marge qui semblaient dater des années 60 ont finalement beaucoup de points communs avec sa propre évolution personnelle...
Le deuxième point fort de ce livre est que l'auteure nous présente une histoire actuelle et tout à fait plausible car dans cette librairie tout n'est pas tout rose comme on pourrait le penser. Le Dragonfly doit faire face à la nouvelle concurrence d'une chaîne de  grande surface du livre, l'Apollo installé juste de l'autre côté de la rue. Elle nous présente donc Hugo, le propriétaire qui lutte pour garder son commerce et Jason son employé.
Les personnages sont quant à eux tous attachants malgré leurs caractères bien différents. Si au début la nonchalance de Maggie m'énervait, j'ai apprécié suivre son évolution et sa prise d'initiative pour essayer de maintenir le commerce à flots. Malgré les réticences du bougon Jason,  elle semble s'être trouvé une raison de vivre...
Un livre sur l'amour des livres qui me restera longtemps en mémoire et que je conseille!

Le Cœur entre les pages

Extrait : "Le problème avec les livres d’occasion, expliqua Hugo, c’est qu’il apportent leur passé avec eux. Ils ne sont pas tout juste sortis de la presse d’un imprimeur et emballés dans un carton, prêts a être expédiés. Ils sont abandonnés ici par des gens qui n’en veulent plus. Comme des orphelins dans un roman de Dickens. Ils sont rejetés a mesure que leurs propriétaires avancent dans leur vie. Parce qu’ils sont trop lourds a déplacer ou prennent trop de place. C’’est comme ça qu’ils finissent ici. Par conséquent, il faut qu’on les libère de leur ancienne vie pour qu’ils puissent passer a autre chose et appartenir a ceux qui veulent bien d’eux."
Éditions Préludes - Littérature contemporaine - 384 pages

dimanche 13 septembre 2015

La dernière nuit du Raïs - Yasmina Khadra

La dernière nuit du Raïs - Yasmina Khadra
Synopsis : "Longtemps j'ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J'étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd'hui, je n'ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l'Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l'on n'est que ce que les autres voudraient que l'on soit." Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d'un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

[Rentrée littéraire]
Je remercie les éditions Julliard pour l'envoi de ce très bon livre!

Mon avis : Fan de Yasmina Khadra, je ne pouvais pas passer à côté de cette publication si attendue de la rentrée littéraire. Et cette fois-ci, l'auteur a fait un pari risqué : se mettre dans la peau d'un odieux dictateur : Mouammar Kadhafi. Le défi était de taille, mais M. Khadra l'a relevé haut la main pour quatre raisons :
Premièrement parce qu'il nous donne une autre vision que celle que nous ont donné les médias (même si, on est bien d'accord que cet homme était un tyran puisqu'il s'est imposé par un coup d'état, et s'est octroyé tous les pouvoirs) on apprend qu'il voulait le bien de son pays même si les moyens utilisés étaient franchement discutables. On découvre aussi que sa mégalomanie était certainement due à une consommation régulière d’héroïne.
Deuxièmement, bien qu'il soit au plus haut point imbu de lui-même et prétentieux, l'auteur arrive à nous faire oublier le côté dictateur et le fait passer pour un humain avec ses peurs, ses doutes et ses questions. 
Ensuite, en utilisant la première personne du singulier, il s'abstient de tout jugement.
Enfin, en nous racontant ses souvenirs, il nous apprend un pan de l'Histoire de la Libye.
On pénètre donc l'intimité de cet homme qui se sait menacé par une contestation populaire (qu'il ne comprend pas) après 41 ans de règne. Son récit alterne passé et  présent. Dans le premier, on découvre sa soif de vengeance et de pouvoir et la terreur  semée autour de lui, dans le second (dans la nuit du 19 au 20 novembre 2011), sa peur d'être repéré et  tué comme un lapin.
Un livre a lire pour la plume de l'auteur, mais aussi pour (re)découvrir une partie de l'Histoire.

La Dernière Nuit du Raïs

Extrait : "Enfant, j'ai connu la faim, la culotte rafistolée et les savates trouées, et j'ai longtemps traîné pieds nus sur les cailloux brûlants. La misère était mon élément. Je ne mangeais qu'une fois sur deux, toujours la même nourriture à base de tubercules lorsque le riz venait à manquer. La nuit, les genoux collés au ventre sous ma couverture, il m'arrivait de rêver d'une cuisse de poulet jusqu'à me noyer dans ma salive. Plus tard, si j'ai vécu dans le faste, c'était pour lui marcher dessus et prouver ainsi que tout ce qui a un prix ne mérite pas d'être sanctifié, qu'aucun graal ne saurait élever une gorgée de vin au rang d'une potion magique, que l'on soit couvert de guenilles ou de soie, on n'est jamais que soi... et je suis Kadhafi, souverain aussi bien sur un trône qu'assis sur une borne kilométrique."

A lire aussi

Éditions Julliard - Littérature contemporaine - 216 pages

jeudi 16 avril 2015

La magie du rangement - Marie Kondo

La magie du rangement - Marie Kondo
Synopsis : Mettre de l’ordre dans votre intérieur afin d’améliorer votre quotidien et changer littéralement votre vie : voilà de quoi il s’agit ! Vous êtes dubitatif ? Laissez-vous surprendre par la méthode de Marie Kondo qui a déjà séduit plus de 2 millions de lecteurs dans le monde. Pourquoi un tel intérêt pour le rangement ? Parce que la vie commence seulement (véritablement) une fois que l'on a fait du tri. Dans cet essai pratique déjà best-seller, l'auteur nous explique simplement, mais fermement, d'oublier nos bonnes vieilles habitudes : passer une journée par an à tout jeter ne sert à rien ! S'attaquer à chaque pièce l'une après l'autre non plus. En procédant ainsi, dans quelques jours, vous nagerez de nouveau en plein désordre. Le rangement doit être un moment privilégié. Et chaque objet qui nous entoure doit nous procurer de la joie. Vraiment. Si ce n'est pas le cas, alors il faut s'en débarrasser. Tout de suite. Vous voulez en savoir plus? Entrez dans le monde magique du rangement, et attendez-vous à quelques surprises, car lorsqu'on y voit clair, notre regard sur la vie change.

Mon avis : Je vous présente aujourd'hui une lecture complètement différente : "La magie du rangement". Une publicité assortie de photos dans un magazine avait attiré mon attention. Non que mon intérieur soit en désordre, (c'est même plutôt l'inverse) mais parce que les photos avant / après m'ont fait comprendre que mon intérieur était un peu encombré j'ai pensé qu'il fallait le lire. Et bien m'en a pris! Car j'ai appliqué la méthode (parfois farfelue) de Marie Kondo, et je dois dire qu'aujourd'hui, je me sens beaucoup mieux chez moi! Alors c'est sûr, tout n'est pas applicable chez nous en Europe notamment au niveau du tri des papiers car nous avons des délais légaux de conservation qu'il vaut mieux connaître. Quant au  rangement des livres (si vous lisez ce blog c'est probablement que nous avons la même passion pour la lecture), je ne peux pas me résoudre à les escamper... Car cette japonaise ne jure que par le rangement par le vide si les objets ne nous procurent par un certain plaisir. Mais pour que ce grand ménage soit un succès et que votre intérieur reste impeccablement rangé, il ne faut pas procéder pièce par pièce mais par catégories d'objets et tous les ranger au même endroit impérativement. Par exemple un seul endroit pour tous vos vêtements, un seul endroit pour toute votre nourriture... Tout devient alors plus clair (après test de cette méthode, je confirme).
Pour se donner toutes les chances de réussir, tout doit aller très vite même si vous étalez votre tri sur plusieurs jours ou semaines et il faut commencer par le plus simple pour garder la motivation. Voilà donc dans l'ordre ce qui est recommandé :
  • "Commencez par les vêtements, 
  • puis passez aux livres, 
  • papiers, 
  • CD, DVD, 
  • Produits de soin pour la peau, 
  • Maquillage, 
  • Accessoires, 
  • Objets de valeur (passeport, cartes bancaires, etc.)
  • Appareils électroménagers (appareil photo numérique, cordons électriques, tout ce qui semble vaguement « électrique »)
  • Équipement ménager (papier à lettres et matériel d’écriture, aiguilles à tricoter, etc.) 
  • Fournitures pour la maison (consommables comme les médicaments, les détergents, les mouchoirs en papier, etc.)
  • Ustensiles de cuisine, vivres
  • Autre"
Pour chaque catégorie des exemples et des astuces  sont donnés. Certaines recommandations sont vraiment farfelues et d'autres pleines de bon sens. A chacun donc de se faire son avis et d'arranger au mieux la méthode à sa situation.
Pour ma part, je ne peux que vous conseiller cette lecture si vous sentez votre esprit autant encombré que votre intérieur. Cette femme m'a permis d'y voir plus clair (dans tous les sens du terme puisque mon intérieur est maintenant vraiment épuré, et, comme elle dit, je sens les énergies positives circuler!)   :-p

Extrait : "Imaginons une chambre en désordre. Elle ne se retrouve pas dans cet état par enchantement. C’est vous, la personne qui vivez dedans, qui avez semé cette pagaille. Un adage dit qu’une pièce en désordre traduit un esprit dans le même état. C’est ainsi que je vois les choses. Lorsqu’une pièce est en désordre, la cause n’est pas simplement physique. Le fouillis visible nous éloigne de la véritable source du désordre. Semer la pagaille est vraiment un réflexe instinctif qui détourne notre attention du cœur du problème. Si vous ne parvenez pas à vous sentir détendu dans une pièce propre et rangée, essayez d’affronter votre sentiment d’anxiété. Cela pourrait vous éclairer sur ce qui vous tracasse réellement. Quand votre chambre est impeccable, vous n’avez d’autre choix que d’examiner votre état intérieur. Vous pouvez percevoir les soucis que vous vous efforciez d’éviter et êtes ainsi contraint de les traiter. Dès que vous commencez à ranger, vous êtes obligé de redémarrer à zéro. Résultat, votre vie commence alors à changer. Voilà pourquoi il faut remettre rapidement de l’ordre dans votre maison. Cela vous permettra d’affronter des problèmes réellement importants. L’acte de ranger n’est qu’un outil, et non pas la destination finale. Le véritable but doit être de déterminer le mode de vie que vous souhaitez une fois votre maison en ordre."

Éditions First - Pratique - 270 pages

mardi 7 octobre 2014

Confessions d'une accro du shopping - Sophie Kinsella

Confessions d'une accro du shopping - Sophie Kinsella
Synopsis : Selon Rebecca Bloomwood, "si l'on pouvait porter des vêtements neufs tous les jours, la dépression nerveuse n'existerait plus". Droguée au shopping, notre héroïne s'expose à un nombre de tracas aussi impressionnant que le montant du relevé de sa carte de crédit. Témoin de la riche correspondance qu'elle entretient avec son banquier... Comble de l'ironie: Beckie est journaliste à Réussir vos épargnes, où son travail consiste à expliquer à ses lecteurs comment gérer leur budget. Les dettes s'amoncellent... Un dernier shopping pour se remonter le moral ? Impossible, toutes ses cartes sont bloquées. De solutions empiriques en effroyables mensonges, c'est la panique. De quoi miner aussi son début d'histoire d'amour avec le séduisant homme d'affaires Luke Brandon. A ce stade, une issue heureuse ne tiendrait-elle pas du miracle ?

Je tiens à remercier Fofie du blog  "Fofie lit" pour l'envoi de ce livre que j'ai gagné à l'occasion d'un concours qu'elle a organisé.

Mon avis : Si certaines choses m'ont dérangée dans ce livre, j'ai néanmoins passé un agréable moment de lecture. J'aime bien alterner de temps en temps un peu de chick-lit (littérature féminine) entre deux lectures plus sérieuses. 
Bien que j'aie souvent trouvé que Rebecca était trop superficielle et que son comportement méritait un recadrage, je me suis attachée à elle car, au fil des pages, on comprend que son addiction est un véritable problème et qu'elle ne peut pas s'en sortir seule. Elle ne se voit pas habillée autrement qu'avec des marques et tient à rester au top de la mode en permanence. Malheureusement, elle n'a pas les moyens de ses envies et n'arrive pas à résister quitte à se mettre un peu plus dans le rouge à chaque achat. Et ses nombreuses cartes de crédit et crédits revolving ne l'aident pas à adopter une attitude plus mesurée. Et même pire, elle est constamment harcelée par les organismes bancaires qui d'un côté lui envoient des lettres de recouvrement et d'un autre lui envoient plein d'offres alléchantes auxquelles elle ne sait pas dire non. Même si j'ai du mal à comprendre le mécanisme qui pousse des gens comme Rebecca à souscrire à de multiples crédits, je crois que malheureusement, de nombreuses personnes vivent cette situation de sur-endettement que les banques ne font qu'entretenir en proposant un crédit pour en rembourser un autre...
Donc, si j'ai trouvé Rebecca attachante par son côté petite fille irresponsable, elle m'a souvent agacée à penser qu'elle va gagner telle ou telle somme (par exemple quand elle est persuadée qu'elle va gagner au loto) ou qu'elle va réussir à berner telle ou telle personne (elle ne fait que de mentir à son banquier, à ses collègues, sa colocataire Suze et même ses parents). Finalement, ce qui est regrettable pour elle, c'est qu'elle cache sa situation à tout le monde et ne peut donc pas recevoir de conseils ou d'aide. Pourtant, (et c'est un comble!) elle est  journaliste financière à "Réussir votre épargne" et donne donc des conseils. Mais malheureusement, elle est incapable de les appliquer elle-même. Ce qui m'a aussi énervée chez elle, c'est qu'elle ne considère les hommes que comme des porte-feuilles ambulants. Mais heureusement, elle n'est pas assez maligne pour réussir à en profiter et tant mieux! D'ailleurs, certaines situations m'ont franchement fait sourire et je pense aussi que c'est pour cela que je l'ai trouvée plus attachante qu'énervante. En fait, malgré ses 25 ans, elle est encore très immature et naïve...
J'ai apprécié la fin qui a pris un tour complètement inattendu.
Ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est une lecture sans prise de tête!

Extrait : "A cet instant précis, du courrier glisse sous la porte. Je me baisse afin de le ramasser. Pour Suze, il y a une lettre manuscrite et une carte postale des Maldives. Pour moi, deux enveloppes à la fenêtre inquiétantes, l'une émanant de Visa, l'autre de la banque Endwich. Mon cœur cesse de battre. Pourquoi m'écrivent-ils encore? Que veulent-ils? Ne peuvent-ils pas me laisser tranquille? Je dépose soigneusement le courrier de Suze dans l'entrée et fourre mes deux lettres dans ma poche. Je les lirai en allant au bureau. Une fois dans le métro, je les ouvrirai et m'obligerai à en prendre connaissance, même si elles sont désagréables. Telle est mon intention. Sincèrement. Je le jure! Mais, en m'engageant dans la rue d'à côté, je tombe sur une benne, une énorme benne jaune, à moitié pleine. Les maçons qui vont et viennent y balancent des bouts de bois et de vieux tissus. Des tonnes de détritus, en vrac. Une pensée insidieuse s'immisce dans mon esprit. Je ralentis mon allure, puis je l'arrête et regarde la benne comme si les mots inscrits sur les parois me fascinaient. Je reste là, le cœur battant, jusqu'à ce que les ouvriers rentrent dans la maison. Personne en vue. D'un geste vif, je sors les deux lettres de ma poche et les laisse tomber sur le côté. Pfuit. Envolées. A ce moment-là, un maçon arrive avec deux sacs de gravats qu'il jette dans le container. Les voilà enterrées! Personne ne les trouvera jamais. Elles ont disparu pour de bon. Je reprends ma route. Ma démarche est déjà plus légère et mon optimisme remonte en flèche."

Éditions Pocket - Chick-Lit - 384 pages

vendredi 16 mai 2014

Qu' attendent les singes - Yasmina Khadra

Qu'attendent les singes - Yasmina Khadra
Résumé de l'éditeur : Une jeune fille est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, dans les environs d’Alger. Nora Bilal, une femme intègre mène l’enquête. Elle ignore qu’elle va devoir affronter un homme qui fait partie de ceux qui contrôlent l’Algérie d’aujourd’hui. Intouchables, maîtrisant tous les secteurs de la vie du pays, on ne les cite jamais, mais tout le monde les connaît. La seule évocation de leur nom provoque la terreur. Le combat implacable de cette femme exceptionnelle va la conduire au cœur des dérives d’une nation livrée aux prédateurs, aux opportunistes et aux puissants.
Avec autant d’amour que de justesse, le plus célèbre des écrivains algériens nous dévoile la part obscure de cette nation et de son peuple. Ce pays magnifique, conçu pour le rêve, est atrocement défiguré par la cupidité insatiable des décideurs et de leurs complices que rien n’arrête : ni les lois ni les crimes les plus abominables.

Mon avis : J'avais beaucoup aimé "Les anges meurent de nos blessures" et "Ce que le jour doit à la nuit", mais ma déception a été grande! Je ne m'attendais pas à un portrait politique très sombre de l’Algérie mais à un polar. Et là, je trouve que l'intrigue était secondaire au récit.
En fait, le titre est une provocation "Qu'attendent les singes" sous entendu "Qu'attendent les singes pour devenir des hommes". Là, ce sont les dirigeants de son pays que Yasmina Khadra compare à des singes... Je ne sais pas si l'auteur a écrit ce livre par dépit et par vengeance parce qu’il n'a pas réussi à se présenter à l'élection présidentielle faute d’avoir recueilli assez de signatures mais, le sombre constat politique qu'il présente aurait de quoi lui mettre bon nombre de personnes de son pays à dos et je salue son courage d'avoir osé parler des dirigeants de son pays de la sorte.
Je ne connais rien de l'Algérie, et je ne m'y suis jamais intéressée, ce qui fait que j'ai vraiment eu du mal à accrocher à cette histoire et la complexité de l'intrigue policière ne m'y a pas aidée. Pour être franche, je n'ai pas tout compris.
J'ai aimé la commissaire Nora Bilal. Je me suis prise de compassion pour elle car ça ne doit pas être facile de se faire respecter dans un milieu macho et traditionnel. Surtout qu'elle est homosexuelle, et, apparemment, c'est très mal vu dans ce pays. Les hommes se moquent d'elle, finissent même par la faire chanter et sa petite amie droguée et alcoolique profite de sa gentillesse. Pourtant, face à l'adversité, elle garde un moral d'acier. Lors de son enquête, Nora va découvrir des "Rbobas" qui sont des hommes d'influence qui vivent au dessus des lois du pays et agissent en toute impunité. Cela aurait de quoi la décourager car elle ne peut rien contre eux et leur toute-puissance. Mais elle ne baissera jamais les bras bien que les indices qu'elle découvre disparaissent les uns après les autres. Elle risque gros en fouillant chez les puissants du pays.
J'ai vraiment été déçue et c'est dommage car j'aime le style d'écriture de Yasmina Khadra. J'espère que son prochain livre me plaira davantage.

Extrait : "Il y a ceux qui font d'une lueur une torche et d'un flambeau un soleil et qui louent une vie entière celui qui les honorent un soir; et ceux qui crient au feu dès qu'ils voient un soupçon de lumière au bout de leur tunnel, tirant vers le bas toute main qui se tend à eux.
En Algérie, on appelle cette dernière catégorie: les Béni Kelboun.
Génétiquement néfastes, les BÉNI KELBOUN disposent de leur propre trinité:
Ils mentent par nature,
trichent par principe,
et
nuisent par vocation.
Ceci est leur histoire."

A lire aussi

Éditions Julliard - Policier - 360 pages


mardi 25 février 2014

Cinq jours - Douglas Kennedy

Cinq jours - Douglas Kennedy
Mon résumé : Laura a 42 ans. Technicienne en imagerie médicale elle se sent chaque jour plus déstabilisée par la détresse de ses patients.  Elle ne trouve pas non plus  beaucoup de réconfort à la maison : son mari est sans emploi depuis 19 mois ; son fils, artiste dépressif, se morfond depuis sa rupture amoureuse et sa fille s’apprête à partir à l’université. Lorsqu'on lui demande de se rendre quelques jours en congrès à Boston elle voit enfin une courte échappatoire à son train-train quotidien. Mais ces quelques jours vont bouleverser à jamais son existence… Richard Copeland est lui aussi en pleine confusion. A l’étroit dans un mariage contracté par dépit plus que par amour, incompris par une femme devenue de plus en plus distante, frustré professionnellement et connaissant de grandes difficultés avec son fils, un garçon brillant mais psychologiquement très instable, il rêve de s’échapper. Entre ces deux esseulés, une folle passion, un aperçu du bonheur, un avant-goût de liberté. Une autre vie serait-elle possible ? Et pourtant… Et si, finalement, la plus grande peur de l’homme était d’accéder au bonheur ?

Mon avis : J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire c'est long et on est bien loin du style habituel mêlant thriller et sentiments qui m'avait fait aimer les livres de l'auteur. Ici, il n'y a que du sentimental. Toute la narration est basée sur des dialogues entre Laura et son mari ou ses enfants ou entre Laura et Richard.
Néanmoins Laura m'a touchée à ce moment de sa vie où elle  voit enfin une part de ciel bleu dans son avenir. Enfin, elle a rencontré quelqu'un qui a les mêmes envies et la même conception de la vie qu'elle. Mais elle se pose plein de questions quant à l'avenir de sa relation avec Richard. Doit-elle rester dans sa routine malgré les frustrations, ou larguer son travail et sa vie bien réglée pour repartir de zéro ou presque et décider d'être enfin heureuse, avec le risque de la déception et de la désillusion.
Finalement, elle ne se posera pas la question bien longtemps...
J'ai trouvé beaucoup de longueurs dans ce livre. 350 pages pour raconter une histoire qui ne durera finalement que 5 jours, c'est un peu long même si l'auteur a essayé de nous brosser des portraits psychologiques assez fins de chacun de ses personnages.
Je pense que si Douglas Kennedy s'était approprié un personnage masculin, l'histoire aurait pu être un peu moins fleur-bleue.

Extraits "Une dépression peut durer des années sans vous empêcher de fonctionner assez normalement, a observé le Dr Bancroft. C'est une ombre avec laquelle nous décidons de vivre, au point de finir par nous persuader qu'elle fait partie de nous. Jusqu'à ce qu'elle s’épaississe tellement qu'elle rende tout insupportable."
"La fidélité n’a de sens que si l’amour existe."

A lire aussi :

Éditions Belfond - Drame -  Littérature contemporaine - 352 pages

lundi 17 février 2014

La tête à Toto - Sandra Kollender

Mon résumé : Anna vient de mettre au monde Noé, un petit garçon très calme. Tellement calme que la vie aux côtés de ce nourrisson est un bonheur : il ne pleure pas et ne fait que dormir. Jusqu'au jour où, au hasard d'une consultation chez un pédiatre Anna se rend compte que quelque chose cloche. Ce n'est qu'un peu plus tard, et après de nombreux examens que le verdict tombe. Noé souffre du syndrome de West. Dans ce roman autobiographique, Sandra Kollender nous entraîne dans un monde surréaliste et lumineux. Elle démontre que dans la vie non seulement tout peut arriver – mais que, surtout, presque tout arrive. Même le meilleur. En refermant ce livre sur le pouvoir de l'amour maternel, on se dit que, bien qu’escarpé, le chemin est exaltant.
 
Mon avis : Ce petit livre raconte la vie de Sandra Kollender (ici appelée Anna) depuis qu'elle a mis au monde Noé, un petit garçon atteint du syndrome de West.
(Le syndrome de West est une forme rare d’épilepsie qui se manifeste par la survenue de séries de contractions musculaires involontaires (spasmes) chez les nourrissons. Il s’accompagne d’un ralentissement du développement de l’enfant, voire d’une régression. Les spasmes peuvent disparaître sous traitement, mais laissent des séquelles intellectuelles et motrices importantes. (source wikipédia) .
Anna a alors 24 ans et, sans jamais tomber dans le pathos, elle va se battre pour que son enfant reçoive les meilleurs soins possibles et le meilleur apprentissage de la vie en allant à l'école. Mais entre les écoles ordinaires qui peinent à recruter des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) dont son fils a absolument besoin et les écoles spécialisées dans lesquelles il n'apprend rien et régresse même, elle va se rendre compte que ce n'est pas chose facile. Plusieurs fois le désespoir aurait pu la mener à baisser les bras mais, pleine de combativité, elle ne lâchera jamais et se rendra vite compte que l'amour d'une mère pour  son enfant est plus fort que tout.
Parfois cynique, mais sans perdre le sens de l'humour, elle nous explique que, tour à tour, trois sortes de mères se succèdent en elle selon les jours. Il y a Avemaria, la mère qui fait tout pour son enfant. Elle est calme,  sourit à tout le monde et dit oui à Noé. Salopa, beaucoup plus rigolote, qui sort avec ses copines, fait des "sales vannes", la fait culpabiliser mais en même temps la maintient en vie et la fait rire. Rarement, il y a Méchanta qui sait dire NON et surtout NON . "Pour certains Méchanta pourrait être juste une vilaine malpolie. Pour moi, c'est Méchanta et je suis très contente qu'elle vienne me rendre visite de temps en temps. Généralement elle arrive après un gros coup de pompe, une visite à l'hôpital, une réunion à l'école, une journée encerclée de mamans heureuuuuuuses avec des enfants qui racontent des trucs trop chouuuuu. Ou pire, une longue après-midi au parc. Des claques. Quand on a de la chance Méchanta laisse sa place à Salopa, et Avémaria se réveille en pleine forme. Sinon Méchanta boude toute la soirée et Avémaria reprend le flambeau le lendemain matin avec des youpi qui sentent le soufre."
On comprend bien la situation délicate dans laquelle elle se trouve.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, et, encore une fois de plus, ce témoignage montre que la France souffre d'un terrible retard de prise en charge de ces maladies par rapport à d'autres pays comme le Canada ou Israel qui sont à la pointe et ont des méthodes très efficaces pour un apprentissage rapide et de qualité. "C'est quand même navrant qu'on soit obligé de prendre l'avion pour cette fameuse solution. Le bus serait quand même plus pratique. Wake up la France!!!!!"
La fin donnera beaucoup d'espoir aux parents dans la même situation qu'elle.
Un témoignage poignant sur l'amour d'une mère que je garderai longtemps en mémoire.
 
Ce que je retiendrai : "Chaque revers a sa médaille". Phrase par laquelle Sandra nous montre que malgré son handicap, un enfant peu procurer de grands bonheurs parfois méme plus intenses qu'un enfant dit "normal".
 
 
Éditions Steinkis - Collection Sans Filtre - Témoignage - 156 pages

Les couleurs de l'espoir - Julie Kibler

Mon résumé : Au Texas, Isabelle, une vieille femme blanche de 86 ans demande à Dorrie, sa jeune coiffeuse noire de l'accompagner à l'autre bout des États-Unis pour assister à de mystérieuses funérailles. Durant le long trajet de voiture la vieille dame va petit à petit se confier à sa coiffeuse : quand elle avait seize ans, elle a vécu une histoire d'amour avec Robert, le fils de sa gouvernante. Mais à l'époque de la ségrégation raciale, cette relation entre un noir et une blanche était totalement interdite.
 
Mon avis : Julie Kibler s'est basée sur l'histoire de sa grand-mère pour écrire ce roman qui fut pour moi un coup de coeur.
Les chapitres s'alternent sur la jeunesse d'Isabelle, et le parcours des deux femmes à l'heure actuelle traversant les États-Unis pour rejoindre Cincinnati ou auront lieu les funérailles. La narratrice change à chaque chapitre : Isabelle avant, Isabelle ou Dorrie maintenant. Ce n'est pas gênant car les chapitres sont clairement identifiés et cela nous permet de voir le point de vue des deux femmes sur les événements.
J'ai été touchée par la violence des réactions de la famille d'Isabelle quant ils ont appris qu'elle sortait avec un noir (pire encore, le fils de la gouvernante) et qu'elle s'était mariée en cachette avec lui alors qu'elle n'était même pas encore majeure.
La manipulation de sa famille pour lui faire croire que Robert n'en a plus rien à faire d'elle est elle aussi révoltante. Isabelle va alors commencer une longue descente aux enfers de laquelle elle ne se remettra jamais totalement même lorsqu'elle va rencontrer Max qui deviendra son mari. Max sera d'ailleurs très compréhensif et ne lui demandera jamais plus que ce qu'elle est capable de lui donner. De cette union naîtra Dane, mais ce bébé sera un déchirement de plus pour isabelle qui n'arrive pas à oublier son passé.
J'ai aimé les deux protagonistes de cette histoire. Isabelle car malgré son grand âge, elle reste très distinguée, très coquette et élégante et aussi par le fait qu'elle se confie à cette jeune femme noire qui est la seule amie qui lui reste. Elle la prend d'ailleurs un peu pour sa fille... Et Dorrie, d'une extrême gentillesse, tiraillée entre son compagnon, son grand garçon qui lui en fait voir de toutes les couleurs et l'histoire poignante d'Isabelle qu'elle apprend petit à petit.
Les réflexions des gens qu'elles vont croiser sur leur route sont parfois choquantes, et montrent bien qu'à l'heure actuelle, aux États-Unis, les idées ségrégationnistes perdurent...
J'ai été happée par cette histoire et surtout j'avais hâte de savoir de quelles funérailles il était question. Dès le début, le lecteur pensera qu'il s'agit naturellement des obsèques de Robert, mais ce n'est pas ça du tout.... Le suspens est resté entier jusqu'au bout pour moi. Du coup, j'ai particulièrement aimé la fin de cette histoire.
Si vous avez aimé "La couleur des sentiments" je pense que vous aimerez aussi ce livre!
 
Les Couleurs de l'espoir

Extrait : "Lors de notre première rencontre, il y a une dizaine d'années, j'ai été odieuse avec Dorrie. Avec l'âge on oublie de maîtriser ses réflexes – ou on ne s'en soucie plus. Dorrie a cru que la couleur de sa peau ne me plaisait pas. Rien de plus faux. J'étais mécontente, c'est vrai, mais seulement parce que ma coiffeuse habituelle – on les appelle des « visagistes » de nos jours, ça fait plus chic – avait quitté le salon sans préavis. J'avais fait tout le chemin à pied jusqu'au salon – un réel effort à mon âge – quand la fille derrière la caisse m'avait annoncé que Theresa était partie. Tandis que je me contenais pour ne pas exploser de fureur, elle avait ajouté avec un sourire en coin : « Mais Dorrie a un créneau libre, elle pourrait vous prendre tout de suite. »
Dorrie m'avait aussitôt fait signe. À première vue, c'est vrai, j'ai été surprise – elle était la seule Afro-Américaine de l'endroit. Mais le problème n'était pas là. J'ai horreur de l'imprévu, des gens qui ne savent pas comment j'aime être coiffée, qui me serrent trop la blouse autour du cou et, surtout, des gens qui s'en vont sans prévenir. Il m'avait fallu une minute pour me reprendre, et cela avait dû se voir. À quatre-vingts ans déjà, je tenais à mes habitudes et plus je vieillis, plus j'y suis attachée. Alors, imaginez comment je suis à quatre-vingt-dix !"
 
Éditions France Loisirs - Drame - Historique - 448 pages

Les fils de Ramsès - C. Kerdellant - E. Meyer

Mon résume :Un soir à Paris lors d'une balade nocturne, Hosni Ziady (égyptien et médecin humanitaire pour enfants) et Emma (avocate spécialisée dans l'humanitaire et mécène des actions d'Hosni) sont les premiers témoins de la découverte d'une momie au pied de l'obélisque de place la Concorde.
Cette macabre découverte est la première d'une série ou l'on retrouve à chaque fois une momie près d'un obélisque...La même nuit, Raphaël, fils d’Hosni et de Rania, grande spécialiste de l’art égyptien, joue sur Second Life au Maître de l’Eternité, un jeu qui semble annoncer dans le virtuel ce qui se passe dans le réel.
Quand Hosny comprend le lien entre la réalité et le virtuel, et entre son passé et les disparitions,  il comprend très vite que c'est lui et surtout son fils Raphael qui sont  menacés....
Lui et Emma vont alors tenter percer le sens de ces mises en scènes macabres et seront entraînés dans l'univers trouble des derniers fils de Ramsès II...
Qui pourrait être ce tueur diabolique capable de  mettre en scène ses propres meurtres en créant un jeu virtuel avant de les appliquer à la réalité?
 
Mon avis :J'ai beaucoup apprécié ce  policier historique qui est le premier que je lis du genre et auquel les deux auteurs Christine Kerdellant et Eric Meyer respectivement journalistes à L'Express et à Géo donnent encore plus de crédit quant à l'énumération de faits historiques.
Le début de l'histoire concernant la résolution des énigmes du jeu "Le maître de l'éternité" de Second Life est très instructif car on y apprend de vrais éléments de l'histoire de l'Egypte comme par exemple comment a été cassé le nez du Sphynx....
Beaucoup de ces découvertes m'ont donné envie d'approfondir mes connaissances sur l'égyptologie et plus précisément sur le procédé de momification.
On apprend par exemple que pour transformer un corps en momie, il faut  au minimum 70 jours, alors on devine donc que toutes ces découvertes macabres ont lieu bien après les meurtres.. Ainsi, Hosni et Emma doivent anticiper pour deviner ou se feront les nouvelles découvertes de momies et connaître les obélisques construits à la gloire de Ramsès II : bien sur, il  y a beaucoup d'obélisques dans le monde, mais, maintenant, on sait plus précisément qu'il y  en a eu 5 érigés à la gloire de Ramsès II :(chaque obélisque a été construit en l'honneur d'un pharaon). Les deux premiers appelés "les aiguilles de Cléopatre" sont des  obélisques jumeaux dont un se trouve à Londres et l'autre à New York.
Deux autres   se trouvent pour l'un à Paris et l'autre est resté à Louxor.
Le cinquième, quant à lui, se trouve à Rome Piazza del Popolo.
Grâce à cette lecture, je sais maintenant  que  Ramsès avait 69 fils (!!!!) et un nombre indéfini de filles.
L'avantage de cette histoire est de mêler des faits de l'histoire avec une intrigue policière. Cette dernière est d'ailleurs bien menée car jusqu'au dernier moment je ne me suis pas du tout doutée du dénouement, et le fil est facile à suivre. Le lecteur, qui croit avoir découvert le meurtrier au 3/4 du livre sera tenu en haleine jusqu'à la fin à cause d'un rebondissement inattendu... 
J'ai aimé aussi le rapprochement qui est fait entre la descendance de Ramsès et celle d'Hosni mais je ne peux pas vous en dire plus, de peur de dévoiler une des clés de l'intrigue...
Je remercie Livraddict et les éditions JC Lattès de m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un  partenariat lecture.

"Piège nuptial" Douglas Kennedy

Ce thriller de Douglas Kennedy est une réedition avec une nouvelle traduction de "cul de sac" (1998) qui fut son premier succès. Douglas Kennedy est né à New York en 1955, c'est donc un auteur contemporain.
Ce n'est pas le premier ouvrage que je lis de lui puisque j'ai déjà lu "Les charmes discrets de la vie conjugale" et "Une relation dangereuse" Romans que j'avais déjà appréciés, mais, là, pour ce thriller, je dois dire que j'ai été captivée du début à la fin.
Résumé de l'éditeur : Ce qui a manqué à Nick, journaliste américain en virée dans le bush australien ? Quelques règles élémentaires de survie :
1) Ne jamais conduire en pleine nuit sur une route déserte : un kangourou se ferait une joie de défoncer votre pare-chocs. 2) Ne jamais céder aux charmes d'une auto-stoppeuse du cru.
3) Et ne jamais se laisser droguer, enlever et épouser par ladite autochtone. Dans son village, en effet, le divorce n'est pas autorisé. Mais le nombre de veuves y est impressionnant...
Mon avis : Nick a décidé de tout plaquer de sa vie à Boston en découvrant une carte de l'australie. Il part donc pour traverser en minibus ce pays sans se préoccuper des règles de bon-sens ou de sécurité et, à un arrêt à une pompe à essence, il va rencontrer Angie et va se laisser séduire par cette jeune fille du pays qui va même réussir à le droguer pour le ramener chez elle à Wollanup (un petit village d'autochtones) qui ne figure même pas sur la carte pour en faire de force son mari... Le seul objectif de Nick sera de se sortir de ce village et de cet enfer ou les seules occupations sont d'aller se saouler à la bière dans le bar du village ou de tuer et éviscérer des kangourous (seule nourriture de Wollanup).....Le seul problème étant que Wollanup est entouré du désert et qu'il faut faire plusieurs heures de route sur une piste très accidentée avant de pouvoir quitter le champ de vision d'un Wollanupien
Dès le début de cette histoire, on est tenu en haleine pour connaître le dénouement... Je vous le recommande!

L'homme qui voulait vivre sa vie - Douglas Kennedy

Mon résumé : Benjamin Bradford et sa femme Beth viennent d'avoir Josh, leur deuxième enfant. Et si tout allait bien avec Adam, le premier, là, ça  se complique. Les nuits écourtées par de nombreux pleurs rendent leur vie de couple de plus en plus difficile.
Ben est un brillant avocat qui gagne très bien sa vie et peut dépenser sans compter pour sa passion, la photographie. (Passion qu'il n'a pas souvent le temps de pratiquer). Beth, quant à elle affiche un profond mutisme et ne lui adresse plus la parole.
Tourmenté par cette situation , Ben mène sa propre enquête et découvre que sa femme le trompe. L'heureux élu n'est autre que son voisin d'en face Gary Summers, photographe professionnel en mal de reconnaissance.
Un soir, Ben décide de lui rendre une petite visite de courtoisie, prétextant demander des tuyaux de photographe. Mal à l'aise, Gary se prend les pieds dans le tapis et avoue sa liaison avec Beth.   Benjamin perd alors le contrôle de la situation et tue accidentellement Gary en lui plantant  le goulot d'une bouteille de whisky dans la nuque.
La question qui se pose à Ben est la suivante : doit il tout avouer à la police et finir sa vie derrière les barreaux et ne plus voir ses fils? Ou disparaître, dissimuler le meurtre et ne plus voir ses fils? Il choisira finalement la seconde solution, en disparaissant et  en usurpant l'identité de Gary Summers....
 
 
Mon avis : Voilà un très bon thriller qui n'a rien de commun avec les autres, et pour cause, on connaît dès le début le meurtrier. L'intérêt de ce livre est de nous montrer les différentes phases d'angoisse par lesquelles va passer Benjamin Bradford après le meurtre, et surtout, le plan machiavélique qu'il va mettre en place pour faire croire à sa propre disparition en mer. Le cheminement de réflexion pour continuer à exister sous les traits de Gary Summers en lui usurpant son identité est digne d'un génie.
En effet, il ne va omettre aucun détail qui pourrait mener son plan à l'échec : il va faire croire à sa disparition en mer lors de l'explosion du voilier, emporter la garde robe de Gary et même sa voiture pour aller refaire sa vie dans le Montana. Pour cela il a préalablement réuni tous les codes de cartes bleues, les numéros de comptes bancaires, écrit une lettre de rupture à Beth.....
L'auteur insiste aussi sur les sentiments de culpabilité et les remords de Benjamin à vivre cette nouvelle vie qui n'est qu'un tissus de mensonges, et où il n' a jamais la conscience tranquille.
Le seul bonheur de Ben / Gary  est alors de pouvoir enfin être reconnu en tant que photographe et pouvoir vivre de sa passion.
Dans le Montana, il va s'entourer de collègues et d'amis, qui en croyant bien faire pour l'aider à se faire connaître, vont finalement le mener à sa perte.
J'ai été tenue en haleine tout au long des 500 pages que compte ce livre, car les évènements se suivent à un rythme soutenu et les rebondissements sont nombreux. Ben suit son plan machiavélique avec minutie évaluant toutes les possibilités qui risquent de se présenter.
Le seul passage qui m'a paru un peu long est celui de son arrivée et son installation dans le Montana : le moment ou il va devoir se présenter à tout le monde en tant que Gary Summers sans commettre d'impairs...
Si, un jour, vous avez envie de disparaître pour recommencer votre vie de zéro, vous pourriez suivre le plan de Ben à la lettre, vous seriez sur d'y arriver! ;-)
 
A noter que ce roman a été adapté au cinéma en 2009, mais les prénoms ont été changés, et d'après les extraits que j'ai pu en voir, l'histoire aussi a été remaniée...
 
Editions Pocket - 497 pages

Les désarrois de Ned Allen - Douglas Kennedy

Résumé de l'éditeur : Ned Allen est responsable de la vente d'espaces publicitaires pour un célèbre magazine d'informatique. Sa réussite est fulgurante et rien ni personne ne lui résiste. Une fusion d'entreprises suivie d'une restructuration vont sonner le glas de ses ambitions. Il est licencié sans autre forme de procès. Réagissant avec une rare violence à sa nouvelle situation, il se grille dans toute la profession. En quelques semaines, Ned va tout perdre : sa femme le quitte, ses anciens amis le fuient, on lui reprend sa maison. Alors qu'il est sur le point de rejoindre les SDF de Brooklyn, un copain lui propose enfin un vrai travail. En l'acceptant, Ned pense qu'il va pouvoir redémarrer sa vie. Il ne se doute pas qu'il commence une nouvelle descente aux enfers.

Mon avis : Un bon gros pavé qui m'a permis de passer d'agréables heures de lecture. Le début m'a paru un peu long avant de commencer car ce n'est (à mon avis) qu'à partir de la centaine de pages que l'histoire commence réellement... et devient même palpitante dans la troisième partie du livre... En effet, Ned Allen qui après un licenciement et une descente dans l'enfer de l'alcool et des médicaments à perdu sa femme et son appartement retrouve Jerry son ami d'enfance qui va lui proposer un job très intéressant : s'occuper de trouver des clients potentiels qui pourraient investir dans le Fonds de placement Excalibur (crée par Jerry lui-même) Au fond du gouffre et près à devenir SDF, il accepte  mais très vite, il va se retrouver à convoyer de l'argent sale vers les banques off-shore, et là, un enfer pire que le premier l'attend...
Pour conclure, je vous le recommande vivement mais ne perdez pas patience le temps que l'histoire se mette en place et, courage car il compte tout de même 530 pages!

Les visages - Jesse Kellerman

Mon résumé : Ethan Muller est un galeriste New-yorkais qui se bat quotidiennement pour dénicher les meilleurs artistes à exposer car dans son quartier, la concurrence est rude. Un jour, avec Tony, le majordome de son père,  il découvre dans un appartement abandonné des cartons remplis de dessins au feutre  sur des feuilles A4. Subjugué par le coté sombre et inhabituel de ces oeuvres montrant monstres, anges et démons, et par la quantité, il décide de retrouver l'auteur de ces dessins en les exposant dans sa galerie et à grand renfort de publicité. Alors que tout le monde s'accorde à dire que ces oeuvres sont celles d'un génie, Ethan est contacté par McGrath  un ancien policier à la retraite qui affirme que certains des visages dessinés, sont ceux d'enfants tués une quarantaine d'années auparavant et dont les meurtres n'ont jamais été élucidés....
 
 
Mon avis : Tentée d'abord par la couverture indiquant "Elu meilleur thriller de l'année" par le New York Times, puis Grand Prix des lectrices de Elle 2010, bien que parfois déçue par ce genre de récompenses, là, j 'ai beaucoup aimé ce thriller qui décrit à mon avis parfaitement le milieu mondain de l'art à New York. (Les expositions, les vernissages, la concurrence...). Ethan, pensant enfin se faire un nom et se démarquer de sa concurrence va faire cette découverte qui va le mener sur les traces de Victor Cracke l'auteur de tous ces dessins qu'il pense aussi être le  violeur et tueur en série des enfants....
Ce thriller est composé de deux histoires (celle qui se passe à l'heure actuelle avec Ethan, et une autre qui commence en 1847 et qui raconte les origines de l'histoire de la famille Muller [celle d'Ethan] ) puis sa descendance qui nous mène à l'histoire de la vie de Victor Cracke de son enfance à aujourd'hui. Plus l'enquête avance, plus l'histoire de Victor Cracke est présente (un chapitre sur deux). Les récits s'imbriquent l'un dans l'autre de la même manière que les 110000 feuilles de dessins se raccordent entre elles à la manière d'un papier peint géant.
J'ai aussi aimé la façon dont l'auteur interpelle parfois le lecteur se détachant alors complètement du coté narratif : "Quoi qu’il en soit, la suite de l’histoire commence par une sonnerie de téléphone. C’est un roman policier je vous rappelle." ou encore "Il faut que je fasse plus roman noir, en tout cas j'aimerais bien"
Partagé entre son travail et cette enquête qu'il seul à mener  depuis la mort de McGrath , Ethan ne sait plus trop ou il en est : "Vous avez donc le tableau, une nette dichotomie : Marilyn, ma galerie et mon travail officiel d'un côté ; et, de l'autre, Samantha, Victor et cinq enfants morts. Je vous en ai fait une jolie petite histoire que je vous ai servie sur un plateau de symbolisme. Mais vous ne pourrez jamais tout à fait comprendre à quel point cet hiver m'a changé en profondeur, car encore aujourd'hui, je ne le comprends pas moi-même."
Les personnages n'étant pas nombreux, ils sont bien approfondis et on connaît exactement leurs caractères.
J'ai apprécié la fin à laquelle je ne m'attendais pas du tout, mais je regrette que le dernier chapitre (Interlude : aujourd'hui) n'ai pas été placé en avant dernier chapitre. Car comme je connaissais le dénouement à la fin de l'avant dernier chapitre, j'ai été moins motivée pour terminer les 20 dernières pages.
Néanmoins, j'ai adoré me plonger dans l'univers de Victor Cracke, sa naïveté et surtout son obsession à retranscrire son monde via ses dessins et ses innombrables notes sur ses carnets.
 
 
Éditions Points - 475 pages - Thriller

Les anges meurent de nos blessures - Yasmina Khadra

Mon résumé : Dans les années 1920 en Algérie, un jeune garçon nommé Turambo tente de se sortir de sa misère. Il va nous raconter son parcours de vie aussi bien sur le plan professionnel que personnel jusqu'au jour fatidique ou il sera condamné à mort.
Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie.
Mais dans un monde où la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour le met parfois en grand danger. Turambo nous narre son parcours obstiné de son ascension à sa chute. Un jeune prodige adulé par les foules, fidèle à ses principes, et qui ne souhaitait rien de plus, au fond, que maîtriser son destin.
 
Mon avis : Comme j'avais beaucoup aimé "Ce que le jour doit à la nuit" lorsque j'ai vu ce livre, je n'ai pas hésité une seconde. Et encore une fois, j'ai adoré!
Au début, du livre, nous sommes en 1937. Turambo a alors 27 ans et il s’apprête à se faire guillotiner. A rebours, il va nous raconter son histoire.
Il porte le nom du petit village dans lequel il est né qui  n'est d'ailleurs pas répertorié sur les cartes. Mais il apprendra plus tard que son village natal s'appelait Arthur Rimbaud et que son prénom est en fait une contraction de cet illustre nom. Ses parents étant analphabètes, ils ont dû faire l'amalgame phonétique... (Et heureusement! Car je ne voyais pas notre héros se faire appeler Arthur Rimbaud!)
Livré à lui même sans avenir et sans instruction, il va tout faire pour s'en sortir. Il persévère et sait qu'il ne devra sa réussite qu'à lui même. Ses paroles résument assez bien sa détermination : "Celui qui est né en enfer ne craint pas les volcans"; "Si tu veux monter sur la lune, commence à grimper tout de suite"; "Quand on a le cul verni, on ne s’assied pas sur sa merde". Il cherche des petits boulots dès le plus jeune âge pour participer à la vie de famille. Ce n'est pas un mauvais gamin, il est même plutôt courageux et déjà, il lorgne du côté des européens, d'un autre mode de vie. Nous suivons son parcours, ses rencontres, ses bonheurs et ses chagrins. L'oncle se revendique marchand, fier de se distinguer d'autres corps de métiers qu'il juge dégradants. Turambo n'a pas vraiment ce regard sur le monde. Tantôt cireur de chaussures, tantôt vigile chez un commerçant, sa vie va changer surtout lorsque toute la famille s'installe en ville. Sa mère travaille pour une femme européenne et il sympathise très vite avec le fils de cette dernière, Gino qui est juif italien. Les deux garçons deviennent inséparables, presque frères.  Alors qu'il n'a pas grand intérêt pour le combat, lors d'une bagarre il est repéré par le Duc,  un entraîneur qui lui propose de lui apprendre la boxe. Il n'est d'abord pas intéressé puis se jettera à corps perdu dans ce sport. Il faut d'abord qu'il en apprenne les rudiments et l'art. Il se battait par obligation car ce n'est pas un violent. Mais très vite, il gagne ses premiers combats et voit s'ouvrir une vie de privilèges. La boxe est synonyme d'élévation sociale, de nouveaux plaisirs. Il fréquente un microcosme d'européens aisés, gagne de l'argent mais commence à perdre pied lorsqu'il se rend compte qu'il n'est adulé qu'en tant que grand champion et non par sa personnalité. A cette époque de l'entre deux guerre et du colonialisme, le racisme est exacerbé et aux yeux de la plupart, quoiqu’il fasse, et parce qu'il est mal né, il restera toujours un "bougnoule"
L'histoire est composée de 4 grandes parties comme les quatre histoires qu'il vivra avec des femmes. D'abord Nora, sa cousine,  Aida, la prostituée puis Louise l’européenne et enfin Irène qui lui fera commettre l’irréparable, mais là, je ne vous en dis pas plus....
Un vrai coup de cœur pour ce livre que je vous encourage à lire au plus vite!


Extrait : "Turambo, non je ne m'appelle pas Turambo. Simplement Turambo est le nom de mon village de naissance englouti un jour par les éléments, drame duquel mes parents se sortiront comme ils le pourront et dont il faudra bien que moi aussi je me sorte.
Et voilà issu de cet univers de malheur comment Turambo est devenu mon nom.
Pour échapper à ma condition, je ne pouvais compter que sur moi pour cela et le parcours allait être dur. J'étais prêt à tout pour gagner ma vie et effectivement ce fut dur.
La chance finit pourtant par me sourire un jour, par un hasard incroyable en me révélant un don qui me surprit moi-même, celui de la boxe !
Ça y était, bien encadré par le Duc et Gino j'allais connaître le succès, l'argent, la gloire, tout ce dont un « Turambo » peut rêver quoi… Et le succès vint effectivement.
Mais pour autant je restais Turambo avec cette candeur que mes origines avaient dessiné dans mon être avec l'envie de me sortir de ce nouvel univers sans savoir comment et qui allait finalement m'enfermer."
 
 
Éditions Julliard - Littérature contemporaine - 403 pages

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