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vendredi 30 septembre 2016

Il était une lettre - Kathryn Hugues

Il était une lettre - Kathryn Hugues
Synopsis : Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.
Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible… Celui de Chrissie, une jeune fille de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.
Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.

 Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de cet excellent livre!

Mon avis : Un vrai coup de cœur pour ce roman aux deux histoires parallèles qui se rejoignent petit à petit!
"Il était une lettre" nous transporte dans le quotidien de deux femmes Christina et Tina, nées à 30 ans d'intervalle, mais dont les vies ont de nombreux points communs. L'histoire se déroule donc en 1940 et en 1970.
Dans les années 1970, Tina, maltraitée par Rick son mari, trouve une échappatoire à son malheur en faisant du bénévolat dans une friperie. Un jour, lors d'un tri de vêtements, elle tombe sur une vieille lettre dans une poche de costume. Toujours scellée et non affranchie, cette enveloppe intrigue Tina qui l'ouvre. Elle a été écrite le 4 Septembre 1939. Émue par son contenu et perplexe quant à la raison de la non remise à sa destinataire, elle se lance dans une enquête pour découvrir ce qu'il est advenu de l'auteur de la lettre et de sa destinataire.
La mystérieuse façon dont cette lettre finit entre les mains de Tina est racontée à travers l'histoire de Billy au début des années 1940. En écrivant cette missive qui aurait dû changer sa vie pour toujours, il était loin de se douter qu'elle ne serait lue que 34 ans plus tard par une inconnue... C'est justement cette belle histoire d'amour entre Billy et Chrissie qui m'a transportée. L'histoire de Tina aurait pu quant à elle être fortement raccourcie.
Tous les personnages de cette histoire (agréables ou détestables) ont des traits de caractère si forts qu'on ne les oublie pas de si tôt. Tina, la femme violentée par son mari, mais qui continue d'essayer d'aller de l'avant malgré la peur des représailles. Rick, le mari violent physiquement mais qui joue surtout sur le psychisme de sa victime. Lui qui était justement détestable au plus haut point a pourtant réussi à gagner ma considération à la fin du roman... Billy et Christina les amoureux qui vivent à une époque difficile ont été mes préférés car malgré leur belle histoire, ils ne sont jamais tombés dans la mièvrerie.
Par contre, j'ai vraiment méprisé le père de Christina et les religieuses.
Deux époques distinctes qui nous montrent l'évolution des mentalités et des mœurs car si Billy et Christina s'étaient rencontrés en 1970, leur histoire n'aurait pas du tout été la même.
Un coup de cœur pour ce livre qui m'a tellement marquée que plusieurs mois après sa lecture, je me souviens encore des détails!

Extrait : "Cet endroit accueille des filles qui sont la honte de leur famille – qui se sont déshonorées sur le plan moral, si vous préférez. Tomber enceinte sans être mariée est un péché, mais les religieuses font tout pour que les filles purifient leur âme de cette souillure grâce au travail. Elles leur offrent un refuge lorsque leurs familles ne veulent plus entendre parler d’elles, et, en échange du gîte et du couvert, les filles se chargent de la lessive, cultivent des légumes et fabriquent des chapelets. [...] Toutes celles qui passent par ce couvent sont des filles déchues, des dégénérées sur le plan de la morale, que la société a mises à l’écart et qu’ont rejetées leurs familles sur qui elles n’ont apporté que la honte ! Nous leur donnons un foyer, nous veillons sur elles pendant leur grossesse et nous faisons tout pour que leurs bébés soient recueillis par des parents aimants. Nous nous assurons qu’elles purifient leur âme en effectuant un dur labeur."

Éditions Calmann-Lévy - Littérature contemporaine - 300 pages

jeudi 29 septembre 2016

Ainsi fleurit le mal - Julia Heaberlin

Ainsi fleurit le mal - Julia Heaberlin
Synopsis : « J'ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. »
À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d'ossements humains et au côté d'un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des « Marguerite » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd'hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n'ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l'assaille... Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?

Je remercie les éditions Presses de la cité pour l'envoi de ce thriller!

Mon avis : Plus roman psychologique que thriller pur, ce livre m'a très agréablement surprise malgré une intrigue un peu longue à se mettre en place.
En 1995, Tessie Cartwright, 16 ans, est enlevée près de son domicile à Fort Worth. Plus de 30 heures plus tard, elle se réveille agonisante dans un champ de marguerites aux yeux noirs. Dans ce qui aurait dû être sa tombe, elle n'est malheureusement pas seule, mais l'autre fille n'a pas eu sa "chance"..
Dans "Ainsi fleurit le mal", Tessie raconte son histoire en alternant les chapitres au passé et au  présent pour décrire deux périodes de sa vie : adolescente, juste après son agression dans les mois qui ont précédé le procès de Terrell Goodwin, (l'homme accusé de son agression et du meurtre des autres "marguerites") et aujourd'hui âgée de 34 ans, en utilisant son nom adulte, Tessa, reprenant toute son histoire lors du procès en révision de Terrell Goodwin.
Les chapitres racontés par la jeune Tessie se concentrent sur ses séances chez le psychiatre. Bien qu'elle insiste sur le fait qu'elle ne se souvienne de rien, sauf de son réveil à moitié enterrée,  face à face avec la jeune fille morte, et à côté d'un tas d'ossements, le psychiatre tente de la soumettre à l'hypnose. Ces séances  ont été ordonnées par les juges afin d'essayer de faire ressurgir des éléments que Tessie aurait oubliés ou volontairement cachés.  Mais Tessie manipule le médecin, lui fait croire ce qu'elle veut, et refuse de se soumettre à l'hypnose. Je n'ai pas apprécié la Tessie enfant car elle semble vouloir faire tourner tout le monde en bourrique, elle est menteuse et manipulatrice.
Dans les chapitres au présent, Tessa maintenant adulte doit décider si elle va coopérer avec les avocats utilisant l'ADN pour innocenter Goodwin et d'autres condamnés à mort du Texas. Tessa regrette aujourd'hui d'avoir accusé Terrell Goodwin. En effet, elle est persuadée que le vrai tueur est encore en liberté et que c'est lui qui lui envoie des menaces... Là, par contre, son personnage a gagné en maturité. Elle est maintenant une femme qui tente de se reconstruire et d'avoir la vie normale d'une femme mère d'une adolescente de 15 ans.
J'ai aimé ce thriller car tous les personnages paraissent suspects les uns après les autres. Le psychiatre et le procureur semblent eux aussi manipuler Tessie afin de lui faire dire ce qu'ils souhaitent entendre. La disparition de Lydia, l'amie d'enfance de Tessie, juste après le procès a aussi de quoi faire planer le doute...
J'ai aimé aussi apprendre des choses concernant les analyses ADN et notamment l’analyse des os, tellement précise à l'heure actuelle qu'elle permet même de déterminer dans quelle ville a vécu la victime (selon par exemple les polluants respirés!)  
Malgré un début un peu long, le fait d'alterner les époques du récit nous entraîne à vouloir en savoir toujours plus et ne plus lâcher le livre jusqu'au dénouement que j'ai trouvé vraiment bien amené. Je ne l'ai même pas vu venir jusqu'à la toute fin.
Un premier roman d'une auteure à suivre!
 
Extrait : “Le tueur a planté pour moi des marguerites jaunes à six reprises. Quel que soit l’endroit où je vivais. Il aime me laisser dans le doute. J’en sus persuadée, désormais.
Il attendait si longtemps entre chaque repiquage, parfois, qu’avant l’intervention d’Angie je parvenais la plupart du temps à me convaincre que le véritable tueur était derrière les barreaux. Que les premières marguerites jaunes étaient l’œuvre d’un malade, et les suivantes dues aux caprices du vent.

Dans cette boîte étiquetée "Impôts", qui contenait initialement des tennis de marque Asics pointure 38, sont réunies les photographies que j’ai prises à chaque fois, on ne sait jamais. Au cas où.

Je soulève le couvercle de la boîte posée sur le lit. Au-dessus de la pile se trouvent celles que j’ai prises avec le vieux Polaroïd de mon grand-père. Cette première fois, juste après le procès, j’avais cru devenir folle…

Éditions Presses de la cité - Thriller - 552 pages

mardi 25 août 2015

Funny Girl - Nick Hornby

Funny Girl - Nick Hornby
Synopsis : Dans les Swinging Sixties la nation tout entière est sous le charme de Sophie Straw, la nouvelle star de la comédie a succès de la BBC. Ça tombe bien, cette ancienne Miss Blackpool n'a qu'une ambition dans la vie : faire rire les gens. En studio comme a l'écran, l'équipe du feuilleton vit de grands moments. Les scénaristes, pour qui le genre comique est une religion, cachent tous deux un secret. Pur produit d'Oxbridge, le producteur est dévoué corps et âme a l'équipe en général et a Sophie en particulier. Quant a Clive, le premier rôle masculin, il a la tenace intuition que ce n'est qu'une parenthèse dans sa carrière. Lorsque la fiction rejoint la réalité de trop près et que le scénario épouse les péripéties de la vie, chacun doit faire un choix. Continuer ou changer de chaîne ? Une défense et illustration de la pop culture et du divertissement, pleine de fous rires et de tendresse.

[Rentrée littéraire - paru le 19 août ]
Je remercie les éditions  Stock pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : "Funny Girl" est ma première lecture de Nick Hornby  et ce fut une belle découverte.
Barbara Parker, une belle jeune femme pleine d'ambition fuit son couronnement de reine de beauté d'une ville de province et va à Londres pour tenter une carrière d'actrice. Elle désire marcher sur les traces de son idole, Lucille Ball, la star de la série "I Love Lucy''. Mais le chemin n'est pas facile pour une femme à cette époque. C'est finalement sa ressemblance avec une actrice connue qui lui permettra de décrocher un casting. Brian son agent, lui propose de se faire appeler Sophie Straw car ce nom évoquant des "galipettes dans les bottes de foin" est selon lui plus vendeur.
Déterminée à réussir, elle travaille sa diction pour perdre son accent campagnard et rencontre Bill Gardinier et Tony Holmes  des scénaristes pour la télévision qui viennent de recevoir une commande pour une comédie sur la vie de couple. Lorsqu'ils demandent son avis à Sophie, elle est franche et leur avoue que cette pièce n'est pas drôle. Elle leur donne alors des suggestions et cet épisode qui devait être unique remporte un tel succès qu'il y aura quatre saisons de "Barbara (et Jim)"...
J'ai apprécié suivre de l'intérieur le travail d'écriture et de mise en scène que demande la création d'une série et je trouve que l'auteur a très bien su dépeindre les égos et ambitions de chacun notamment en ce qui concerne Clive (qui incarne Jim, le compagnon de Barbara). Macho au plus haut point, il ne supporte pas qu'une femme ait le rôle principal et que son nom soit relégué à une simple parenthèse dans le titre. Son comportement de mufle imbu de lui même m'a souvent donné envie de lui mettre des claques mais il m'a surtout beaucoup fait rire.
J'ai apprécié aussi Bill et Tony deux homosexuels dont l'un est marié à une femme et l'autre tient absolument (malgré le scandale) à publier un livre parlant d'homosexualité.
Nous suivons donc Sophie, Clive, Bill et Tony durant ces quatre saisons aussi bien à la ville que devant les caméras puis  50 ans plus tard lors de retrouvailles poignantes.
J'ai passé un agréable moment car, en plus de l'humour des situations, j'ai aimé découvrir les mentalités en Angleterre dans les années 60 notamment concernant la place de la femme dans la société et l'homosexualité en général. J'ai même été surprise de voir que l'homosexualité pouvait être passible d'emprisonnement : "La révision de la loi sur les délits sexuels avait enfin été débattue au Parlement ; ses dispositions allaient être amendées et les homosexuels n'auraient plus besoin de redouter la prison."
Un roman agréable à l'humour décalé qui se lit comme on regarderait une série à succès. Je le recommande!

Funny Girl

Extrait : "Elle n'avait aucune envie de devenir reine de beauté, mais le sort était sur le point d'en décider autrement.
Profitant des quelques minutes de battement entre le défilé et l'annonce du résultat du vote, amis et parents firent cercle autour des filles pour les féliciter et croiser les doigts. Ces petits groupes évoquaient à Barbara des roues de réglisse : en leur centre, une fille en maillot de bain rose vif ou bleu, tel le bonbon autour duquel venait s'enrouler un ruban d'imperméables sombres, marron ou noirs. En cette journée de juillet froide et pluvieuse, avec leurs bras et leurs jambes marbrés et hérissés de chair de poule, les candidates rassemblées aux South Shore Baths faisaient penser aux dindes suspendues à une devanture de boucher. Où, ailleurs qu'à Blackpool, pouvait-on remporter un concours de beauté en ressemblant à ça ? se demanda Barbara.
Elle se retrouvait sans personne à qui parler, puisqu'elle n'avait convié aucune amie et que son père se refusait à la rejoindre. Il s'était installé à l'écart, dans un transat, et faisait semblant de lire le Daily Express. À eux deux, ils auraient formé une roue de réglisse défraîchie et largement grignotée mais qu'importe – elle aurait bien apprécié un brin de compagnie. Finalement, elle alla vers lui. S'éloigner du reste des filles lui donna la sensation d'être plus impudique et inconvenante que séduisante et digne, d'autant plus qu'elle était obligée de passer devant quantité de spectateurs qui ne se privaient pas de la siffler. Parvenue à la hauteur de son père, au niveau du petit bain, elle se montra probablement plus féroce qu'elle n'en avait l'intention.
"

Éditions Stock - Littérature contemporaine - 432 pages

samedi 11 juillet 2015

La fille du train - Paula Hawkins

La Fille du train - Paula Hawkins
Synopsis : Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Mon avis : De manière générale, j'adore les publications des éditions Sonatine et cette dernière lecture n'a pas échappé à la règle. Paula Hawkins signe ici son premier roman dont le suspens m'a happée du début à la fin. On a même  frôlé le coup de cœur!
Les événements sont relatés par 3 femmes : Rachel, Anna et Megan.
Rachel et Anna parlent des événements au présent. Megan, quant à elle raconte ce qu'elle a vécu juste avant sa disparition, et c'est justement son récit qui va nous mettre sur la piste de la résolution de l'énigme. Les pages se tournent alors toutes seules car chaque fin de chapitre est un cliffhanger.
J'ai aimé chacune de ces trois femmes malgré leurs défauts : Rachel  est une alcoolique sévère qui a des trous noirs et ne se contrôle et plus lorsqu'elle est ivre. D'une imagination débordante, c'est la fille un peu parasite de la société qui s'occupe beaucoup trop de ce qui ne la regarde pas et invente des vies aux inconnus qu'elle croise à défaut d'être en mesure de gérer sa propre existence. Anna est  une jalouse maladive qui voit d'un très mauvais œil les appels de Rachel à son ex mari Tom qui est devenu son mari depuis. Elle ne pense qu'à protéger sa fille Evie et surveille en permanence les faits et gestes de son entourage et notamment Rachel qui n'a normalement rien à faire dans son quartier.  Megan, mariée à Scott est quant à elle une dépressive chronique. De l'extérieur, leur couple semble idyllique et c'est sans doute pour cela qu'ils ont fasciné Rachel. Mais la jolie Megan se révèle être un peu trop amatrice d'aventures extra conjugales...
Difficile alors de savoir laquelle croire! Parfois j'ai éprouvé de la pitié, parfois de la compassion, mais je ne savais jamais à qui me fier, et je pense que l'auteure a pris un malin plaisir à nous brouiller les pistes de cette façon!
Au fil de la lecture, j'ai cru deviner le mobile de telle ou telle personne et cela me paraissait  tellement logique que je pensais avoir dénoué l'intrigue, mais non!
Alors, qui allez vous croire? Rachel? Anna? Scott? Tom?
A noter qu'une adaptation cinématographique est en train d'être tournée en ce moment même.

La Fille du train

Extrait : "Quand je bois, je ne dors presque pas, je finis par m’effondrer une heure ou deux avant de me réveiller, malade de peur, et dégoûtée de moi-même. Et si je passe un jour sans boire, la nuit qui suit, je m'endors profondément, comme si je perdais complètement connaissance. Le lendemain, je n’arrive pas à bien sortir du sommeil, il m’accompagne durant des heures, parfois toute la journée.
Il n’y a qu’une poignée de gens dans la voiture D ce matin, et les sièges près de moi sont vides. Personne ne m’observe, alors j’appuie la tête contre la vitre et je ferme les yeux.
Le crissement des freins me réveille. On est arrêtés au feu. À cette heure-là le matin, à cette époque de l’année, les maisons au bord des rails sont envahies de lumière. Je peux presque sentir la chaleur de ce soleil matinal sur mon visage et sur mes bras, assise à la table du petit déjeuner, Tom en face de moi, mes pieds nus posés sur les siens, plus chauds, et les yeux baissés sur le journal. Je le sens me sourire et une rougeur s’étend de ma poitrine à mon cou, comme toujours quand il me regardait ainsi."

Éditions Sonatine - Thriller - 378 pages

lundi 17 février 2014

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir - J. Heska

Mon résumé : Jérôme Laplace est un jeune homme qui se qualifie lui-même comme transparent, insipide et insignifiant. Il se rend compte qu'à cause de son comportement, il ne suscite rien chez les autres : ni intérêt ni compassion mais plutôt les moqueries. Il fait tout pour passer inaperçu dans sa vie professionnelle et sa vie sentimentale est désastreuse. Il a une petite amie (Samantha) qui ne se gêne pas pour lui faire remarquer qu'il n'est pas bien  intéressant et qu'elle a souvent mieux à faire que de passer ses soirées avec lui. Un jour, en lisant son périodique Mensu'Psycho, et en faisant les exercices préconisés dans ce magazine de développement personnel, il va avoir un déclic et se retrouver quelques semaines plus tard créateur et chef spirituel  d'un nouveau mouvement philosophique....
 
Mon avis :  Les évènements relatés sont ceux trouvés dans le journal quotidien de Jérôme, ils se situent entre le 4 février et le 18 juin 2185. Bien que la date soit encore très lointaine, il ne s'agit pas du tout de science fiction, mais l'auteur a dû choisir cette période futuriste pour souligner l'utopie de cette doctrine inventée par Jérôme Laplace.
J'ai choisi de participer à ce projet car le sujet du livre m'intéressait beaucoup et, bien que je ne m'attendais pas à ça, je n'ai pas été déçue! En effet, il est aisé pour le lecteur de s'identifier à Jérôme car c'est un homme ordinaire avec une vie ordinaire qui a parfois du mal à s'exprimer en public sans bafouiller. Un jour, à force de faire les exercices de son mensuel, il va créer une théorie sur la méchanceté et ses niveaux et les moyens à mettre en oeuvre pour la contrer. " J'ai commencé à dresser des listings de méchants, la tache n'a pas été facile. J'ai répertorié de nombreux actes, mais c'est un peu le bazar dans mon carnet, alors je me suis mis à le regrouper dans différentes catégories. Et puis, peu à peu, une sorte de classification est apparue. C'est assez étrange; mais je crois que je viens de créer ma propre théorie sur la méchanceté, assez cohérente, tout se tient". Il va alors se rendre compte que lui qui se croyait seul dans sa situation est en fait loin de l'être. Par exemple,  son collègue de bureau Etienne est resté un grand adolescent fan de Star Wars et ça le rend aussi un peu "inapte" à la vie sociale.
A deux, et persuadés du bien fondé de leur pensée, il vont lancer ce mouvement de pensée qu'il vont appeler "cimondisme" (Pour Citoyens du Monde) "J'avance bien [...] Bon, il ne faut pas que je m'emballe. Mais peut être qu'Etienne a raison, peut être que ce que je fais pourra aider d'autres personnes. Je ne sais pas si nous parviendrons à neutraliser les méchants, il y en aura toujours des nouveaux qui débarqueront. mais je veux leur faire comprendre que nous ne subirons plus ça, que les gentils ont décidé de se rebeller, qu'ils ne seront plus des victimes. Dorénavant, les gentils ne se feront plus avoir."
Mais bientôt, Etienne qui prend ce travail beaucoup trop à coeur va aller trop loin sans s'en rendre compte et le nombre d'adhérents à leur cause va littéralement exploser et ils ne vont plus rien contrôler. "Mais merde, réveillez-vous, ce que vous faites est dangereux!"
J'ai vraiment apprécié cette croisade contre les antipathes ( l'antipathe est un individu auto-centré qui commet consciemment ou non des actions nuisant à autrui dans le souci de répondre à ses propres besoins.) contre leurs mauvais agissements hiérarchisés comme suit  : Ignorance ; Peur et Désir ; Haine ; Violence.
Bine qu'utopique ce roman nous fait prendre conscience que face aux antipathes, le principal est de ne pas montrer ses faiblesses, rester sur de soi et ne pas se laisser impressionner.
J'ai aussi beaucoup aimé qu'à chaque début de journée de son journal, Jérôme nous donne une citation personnelle sur la vie : " La vie c'est comme monter un meuble en kit, on a la notice issue de l'expérience des autres qui ont déjà transpiré dessus un bon moment. Mais on se dit toujours qu'on vaut mieux que ça alors, on le monte tout seul... Puis quand tout se casse la gueule, on regrette..." ou encore " La vie c'est comme le Schweppes, la première fois qu'on en goûte, c'est amer et pas très agréable. Et pourtant, à force, on ne peut plus s'en passer." On remarque d'ailleurs qu'au fil de son cheminement sur d'apprentissage, ses citations sont de moins en moins pessimistes et laissent voir qu'il va de mieux en mieux.
Pour finir, j'espère que l'auteur écrira d'autres livres et que j'aurai la chance de participer à d'autres projets tels que celui-ci.
Si comme moi vous voulez lire ce livre dans le cadre du "projet Hermès" ou le livre voyageur, il vous suffit juste de laisser un mail à l'auteur sur son blog.
 
Éditions Transit - 214 pages - Littérature contemporaine

Shoe addicts - Beth Harbison

Mon résumé : Lorna, Sandra, Hélène et Joss sont quatre femmes aux vies bien différentes, cependant, elles ont pour point commun d'avoir la passion des belles chaussures de créateurs. Lorna, acculée par les dettes mais dont les achats de chaussures sont pathologiques, va avoir l'idée de faire passer une bien étrange petite annonce sur Internet. En effet, elle espère trouver des femmes comme elle afin de pouvoir se rencontrer une fois par semaine pour troquer leurs paires de chaussures et ainsi réduire considérablement les dépenses. Mais bien plus que leur addiction commune, les quatre amies vont rapidement partager de nouveaux secrets. Des fardeaux jusque-là inavouables et devenus trop lourds à porter...
 
Mon avis : J'aime bien lire un peu de chick-lit de temps en temps pour me détendre, et , encore une fois j'ai passé un agréable moment avec ces quatre femmes qui ne se seraient jamais rencontrées sans ce club de passionnées de belles  chaussures. En effet, Lorna, serveuse et incorrigible acheteuse sur eBay endettée, Hélène, la femme de sénateur, Sandra l'hôtesse de téléphone rose agoraphobe et Joss la jeune baby-sitter harcelée par sa patronne n'ont en commun que leur pointure et leur amour inconditionnel des belles chaussures. Il est facile à la lectrice de s'identifier ou de se prendre d'affection pour l'une de ces femmes.
Pour moi, ce fut Joss, la jeune baby-sitter dont tout le monde voudrait s'offrir les services mais la malheureuse a signé un contrat d'exclusivité et de non concurrence pour un an chez une riche famille qui lui impose en plus de la garde de deux petits monstres les taches les plus rébarbatives et humiliantes. Elle cherche à tout prix un moyen de sortir de cet enfer au moins une fois par semaine et c'est à ce moment là qu'elle trouve cette annonce sur Internet. Elle n'aime pas spécialement les chaussures, mais ces réunions hebdomadaires constituent une parfaite échappatoire. Sandra aussi m'a touchée car elle est agoraphobe et doit se forcer à avoir une activité sociale afin d'essayer de guérir. J'ai eu de la peine pour elle quand elle a découvert la réalité concernant son "petit ami" .
Quant à Lorna et Hélène, je les ai trouvées insupportables. Lorna sait qu'elle est endettée mais continue de craquer chaque jour sur des paires à plus de 100 euros et se retrouve régulièrement dans le bureau du banquier. C'est néanmoins elle qui a eu l'idée d'organiser ce cercle de "Shoe addicts". Hélène est aussi odieuse que son infidèle mari sénateur. Elle me fait penser à ces riches bourgeoises qui ne se sentent exister que grâce à ce qu'elles portent. Elle semble avoir peur de tout et appelle la police pour un  oui ou pour un non, mais comble du comble pour une femme aisée, elle se permet de voler quand son mari lui coupe les vivres.
Il y a une suite à cette histoire ( "Les secrets d'une shoe addict" ) que j'aimerais quand même lire pour voir ce qu'est devenu leur projet évoqué à la fin du livre.
 
Ce que j'en retiendrai : Cette lecture aurait pu être un coup de coeur s'il n'y avait pas Hélène et Lorna deux femmes que j'ai trouvées odieuses.
 
Extrait : "Lorna Rafferty écarta le papier de soie et aussitôt l'odeur entêtante du cuir envahit ses narines, envoyant un frémissement familier au plus profond de son être. Même après s'être tant de fois soumise à ce rituel, la sensation -cette excitation - ne perdait rien de son pouvoir.
Puis elle effleura le cuir aux coutures serrées et sourit. C'était plus fort qu'elle... un vice délicieux poussé à son paroxysme sensuel, tactile, hédoniste... qui la faisait frissonner de la tête aux pieds.
Elle fit courir ses doigts sur la surface lisse, glissa sur la cambrure gracieuse comme un chat qui s'étire sous le soleil de midi; sourit à la pointe, affûtée mais gratifiante, du talon aiguille. Oui. Oui... Le pied.
Elle savait que c'était mal, bien sûr. Passer douze ans dans une école catholique, ça laisse des traces : plus tard, elle devrait payer son péché. Au prix fort. Eh bien, tant pis ! Elle s'y préparait depuis des années. Cette dette allait devoir rejoindre toutes les autres. En attendant, Lorna possédait ces sandales à semelle compensée Delman pour se réconforter. A bout découpé, avec une lanière à la cheville, elles étaient sublimes. S'il le fallait, elle pourrait marcher droit dans les flammes de l'enfer avec de telles chaussures, belles à mourir.
L'une des rares choses dont elle se souvenait à propos de sa mère était justement ses chaussures. Des escarpins bicolores noir et blanc. De petites sandales roses à talon bobine. Et celles que Lorna préférait : longues et fines, en satin, avec des talons en forme de virgule Arts-Déco et de petits noeuds aux orteils, légèrement élimées après toutes ces années depuis le mariage."
 
Éditions Pocket - Chick-Lit - 372 pages

Le bonheur côté pile - Seré Prince Halverson

Mon résumé : Ella, Joe, Annie et Zach forment une famille recomposée en parfaite harmonie. Mais tout bascule le jour ou Joe meurt noyé lors d'un accident de surf. Il laisse derrière lui Zach et Annie, ses deux enfants issus d'un premier mariage avec Paige. Ella qui n'a jamais pu avoir d'enfants s'occupe d'eux comme si elle était leur propre mère. Mais les problèmes surgissent lorsqu'elle découvre que l'épicerie familiale tenue par Joe croule sous les dettes et que l'ex-femme de Joe refait surface pour demander la garde de Zach et Annie. Souffrant de graves problèmes psychologiques, elle les avait abandonnés à la naissance de Zach. Zach et Annie, 3 et 6 ans, sont très influençables, et cette femme surgie de nulle part dont ils ne se souviennent pas, essaye de les amadouer par les cadeaux et le luxe. Ella doit alors sauver l'affaire familiale (son unique source de revenus) pour prétendre conserver la garde des enfants. Réussira-t-elle son pari? Saura-t-elle prouver que la vie, même coté pile peut encore être belle?
 
Mon avis : Un coup  de coeur! J'ai adoré suivre Ella dans son combat pour garder les enfants de son défunt mari. C'est elle qui les a élevés et les connaît mieux que personne. Elle s'est mariée à Joe trois ans auparavant, alors que Zach était un bébé de quelques mois et Annie une petite fille de trois ans. Il est alors normal qu'elle se considère comme leur vraie mère. Zach et Annie l'appellent d'ailleurs "maman".
Paige, la vraie mère des enfants surgit lors de l'enterrement de Joe. Annie la reconnaît vaguement, alors que Zach, n'a quant à lui aucun souvenir. Mais Paige se prétend guérie de sa grave dépression post-natale et entend bien les récupérer. C'est un coup de massue pour Ella.
En plus elle découvre que l'épicerie familiale est criblée de dettes (dettes dont ne lui a jamais parlé Joe). Après un passage à vide de quelques jours, elle a une idée pour relancer le commerce : elle décide de vendre en plus des produits italiens des formules pique-nique tout compris. C'est une très bonne idée. Car Joe était un inconditionnel des pique-niques.
La naïveté des enfants m'a beaucoup touchée. Zach, trop petit pour comprendre le sens de la mort, est persuadé qu'en allant au fond de la piscine, ou au fond de la mer, il va retrouver son papa. D'ailleurs il l'attend toujours et demande sans cesse "Je veux mon papa" ou "quand est-ce que papa revient?" Annie a quant à elle bien compris ce qui lui arrivait, et, malgré son jeune âge, elle tente de protéger son petit frère. Ils sont très complices. J'ai aimé les surnoms qu'ils se donnent entre eux : Banannie et Zachosaure.
Ella doit mener trois combats :  préserver les enfants en acceptant tant bien que mal qu'ils aillent passer des week-ends chez leur mère, résoudre la bataille juridique qui l'oppose à Paige, et sauver l'affaire familiale. Malgré son chagrin, elle ne baissera jamais les bras. Mais un autre événement tragique pourrait bien changer la donne...
Va-t-elle parvenir à ses fins? Quelles sont ses armes face aux liens du sang? Son affaire rebaptisée "La vie est un pique-nique" sera-t-elle florissante? Autant de questions qui m'ont tenu en haleine jusqu'au bout.
J'ai particulièrement aimé la fin à laquelle je ne m'attendais pas et qui est une belle leçon de vie.
 
La phrase que je retiendrai : "Une famille prête à l'emploi avec un trou à combler de la taille d'une maman."
 
 
Éditions Presses de la Cité - Littérature contemporaine - 411 pages

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