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dimanche 9 mars 2014

Les morsures de l'ombre - Karine Giebel

Les morsures de l'ombre - Karine Giebel
Mon résumé : Benoit Lorand, un policier de 33 ans reprend doucement ses esprits. Il est enfermé dans une cave. Il ne se souvient de rien à part que la veille, il a rencontré Lydia, une jeune femme en panne au bord de la route. Il lui a proposé de la ramener chez elle et a accepté de boire un dernier verre...
Maintenant enfermé, seul et à la merci de sa geôlière l'enfer commence pour Benoit. La jeune femme l'accuse d'avoir violé et tué Aurélia sa sœur jumelle 15 ans plus tôt. Elle est bien décidée à venger sa sœur en laissant Benoit mourir à petit feu sans nourriture, sans chauffage et sans électricité...

Mon avis : Un huis-clos palpitant, mais contrairement à "Jusqu'à ce que la mort nous unisse ", ce n'est pas un coup de cœur. J'aurais aimé qu'il soit plus long et qu'il y ait plus de rebondissements.
Mais j'ai quand même vraiment apprécié suivre Benoit dans sa lente descente en enfer alors qu'il sait pertinemment qu'il n'est pas coupable de ce que lui reproche Lydia.
L'histoire commence sur Benoit qui se réveille dans la cave. Malade, il pense d'abord avoir abusé de l'alcool la veille au soir. Il a un gros trou noir : Que s'est il passé? Qu'a t-il fait? Avec qui était-il? La mémoire lui revient lorsqu'il voit Lydia la superbe rousse aux mensurations de rêve, qui descend lui rendre visite. Cette dernière en a vraiment après lui, et pour cause, elle croit avoir la preuve que c'est lui qui a violé puis assassiné sa sœur jumelle 15 ans plus tôt. Elle veut le regarder mourir à petit feu tant qu'il n'aura pas avoué son crime. Lydia use de tous les moyens possibles pour le faire parler : faim, froid, électrocutions au tazer, poison... Benoit pense alors que Lydia est complètement folle et c'est ce que le lecteur croit aussi puisqu'en parallèle, nous suivons les séances de psychothérapie de Lydia. Le huis clos entre le commissaire Lorand et sa tortionnaire est palpitant. Il est tellement mal en point qu'à chaque seconde on se demande s'il va mourir sans avoir fait ses aveux. On veut savoir de suite ce qu'il s'est réellement passé. Mais patience, il faudra attendre la toute fin du livre pour le savoir!
Parallèlement, nous suivons l'enquête des collègues de  Benoit au commissariat de Besançon. Cette disparition leur semble inquiétante. Connaissant les infidélités conjugales  de Benoit, ils pensent qu'il aurait pu être victime d'un règlement de compte avec un mari jaloux, ou tout simplement que sa femme, Gaëlle, lasse d'être la cocue du village ait embauché un tueur à gages pour se venger. Mais ces fausses pistes vont leur faire perdre un temps précieux... C'est là que je reproche à l'histoire d'être trop courte. On n'apprend pas grand chose de ces personnages secondaires alors que, finalement, tout vient d'eux...
Un livre qu'on ne lâche pas une fois entamé!

Extrait : "Il sursaute. Ça vient de l’obscurité. Il plisse les yeux, distingue une forme dans le fond de l’immense cave, de l’autre côté de l’infranchissable séparation.
— Qui… Qui êtes-vous ?
— Vous ne vous souvenez pas ?!
Soudain, cette voix… Une cascade d’images jaillit brutalement de son esprit. Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Mais où l’a-t-il rencontrée ? Ça, il ne s’en souvient plus. Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir.
Comment elle s’appelle, déjà ? Il s’approche des barreaux, s’y accroche des deux mains. Fait une tentative.
— Lydia ?
— Je vois que la mémoire revient, commandant !
"

A lire aussi

Éditions Pocket - Thriller - 299 pages

mardi 4 mars 2014

Les dieux voyagent toujours incognito - Laurent Gounelle

Les dieux voyagent toujours incognito - Laurent Gounelle
Mon résumé : Alan Greenmor était à deux doigts de se suicider du haut de la Tour Eiffel lorsqu'un inconnu lui sauva la vie in-extremis. Cet homme lui propose de l'aider à être heureux en lui proposant différentes missions dans sa vie quotidienne. Alan, qui n'a plus rien à perdre accepte et conclue un pacte tacite avec cet homme : Yves Dubreuil. Les missions qu'il lui confie sont des missions comportementales qui vont l'aider à se faire respecter des autres, vaincre sa timidité, et à obtenir ce qu'il veut en adoptant différentes techniques de gestuelle et de parole.
Mais très rapidement,  Alan commence à douter de M. Dubreuil et de ses intentions. Qui est-il vraiment ? Et qui sont ces personnages énigmatiques dans son entourage ? Les découvertes qu'il va faire ne vont pas le rassurer.

Mon avis : Comme pour "L'homme qui voulait être heureux", ce livre a été un coup de coeur! J'ai beaucoup aimé car j'ai appris plein de choses! Laurent Gounelle est un écrivain adepte de psychologie et développement personnel. Par le biais de ce roman il nous apprend plein de choses quant au décryptage de la gestuelle de notre entourage familial ou professionnel. J'ai même envie de tester certaines missions confiées à Alan par Yves Dubreuil comme par exemple changer d'avis plusieurs fois à la boulangerie pour finalement prendre tout autre chose. Dit comme ça, ça a l'air idiot, mais je pense qu'en suivant la méthode, c'est tout à fait faisable surtout pour moi qui suis timide et qui ne veut surtout pas contrarier les gens quitte à prendre quelque chose que je n'ai pas demandé quand la boulangère ou la vendeuse a mal compris ce que je voulais...
Le pauvre Alan a des raisons de vouloir en finir avec la vie : Il n'a jamais connu son père et vient juste de se faire larguer par Audrey sa petite amie. Il a fait de brillantes études de comptabilité aux États-Unis où il est né mais lorsqu'il arrive en France on lui explique que son diplôme n'a aucune valeur en Europe. Il se retrouve donc conseiller en recrutement dans un grand cabinet parisien où il est constamment harcelé par ses supérieurs hiérarchiques et ses collègues. Lorsqu'il tente d'en finir avec la vie, il rencontre Yves Dubreuil un homme d'âge mûr, ancien psychiatre qui, par le biais de sa sagesse et de ses fines connaissances va lui apprendre plein de "trucs" pour se faire accepter et respecter des autres. 
J'ai adoré suivre le cheminement d'Alan au début si résigné et malheureux souffre-douleur de son voisinage et de ses collègues de travail, puis si épanoui et sur de lui, même si, jusqu'à la fin, je me suis demandé quelles étaient les intentions réelles de Dubreuil. Patience, vous le saurez à la toute fin du livre! Je peux juste vous dire que parfois, on se découvre des qualités insoupçonnées et que l'élève peut même dépasser le maître! Une belle histoire ou le "roman" se marie très habilement avec le "développement personnel".
J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque mais je pense que je vais me l'acheter car il regorge de bons conseils à avoir sous la main notamment pour apprendre à régler ou à mieux vivre les conflits d'ordre professionnel.
Je le recommande vivement!

Extrait : "Quand tu déploies de l’énergie à essayer de convaincre quelqu’un, c’est comme si tu envoyais dans sa direction une force qui s’exerce sur lui, qui le pousse. Il le ressent, et ça l’amène à pousser dans le sens contraire. Pousse-le, il te repousse.
Alors, on fait quoi au juste pour convaincre quelqu’un ?
On ne pousse pas, on tire…Pousser, c’est partir de notre position et vouloir l’imposer à l’autre. Tirer, c’est partir de la position de l’autre, et petit à petit l’amener à soi.
"

Le clin d’œil : "J'arrivai à Vitry par le boulevard Maxime Gorki, passai devant le collège Makarenko, puis rejoignis l'avenue Iouri Gagarine et le boulevard de Stalingrad. Où avais-je mis les pieds? Je croyais que l'URSS avait été dissoute vingt ans plus tôt... Tournant la tête sur ma droite, je vis la mairie. Dans ma surprise, je faillis emboutir la voiture qui me précédait : c'était une sorte de Kremlin en miniature!"

A lire aussi

Éditions Pocket - Développement personnel romancé - 475 pages.

samedi 22 février 2014

Jusqu'à ce que la mort nous unisse - Karine Giebel

Jusqu'à ce que la mort nous unisse - Karine Giebel
Mon résumé : Depuis que sa femme est partie sans laisser d'adresse, Vincent Lapaz, un guide de haute montagne vit seul et reclus sur les hauteurs de Colmars dans les Alpes du sud près d'Allos. Il tente d'oublier son douloureux passé en vivant de sa passion : les randonnées pédestres. Tout se passe normalement jusqu'au jour de la chute fatale de son meilleur ami Pierre Cristiani, lui aussi guide. Aux yeux de tous, un tragique accident. Seul Vincent est persuadé qu'il s'agit d'un meurtre, que ce n'est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité. Une quête qui va le conduire sur d'effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons. Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au cœur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais. Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale...

Mon avis : Coup de cœur! J'ai adoré ce livre pour trois raisons. Premièrement, il m'a vraiment permis de voyager. J'avais vraiment l'impression de me promener sur les cimes. Vincent adore la montagne et sa passion est très communicative. Deuxièmement pour son intrigue et ses rebondissements. Elle est un peu longue à se mettre en place mais ça ne m'a pas dérangée. Ça m'a permis de cerner les personnages, leurs caractères et leur environnement. Troisièmement pour le lien particulier qui va petit à petit se nouer entre Servane et Vincent. En effet, Servane a honte de son homosexualité et n'ose la dévoiler à personne. Vincent est, quant à lui, ce qu'on pourrait appeler "un homme à femmes" et le fait que Servane ne tombe pas directement dans ses bras l'intrigue et lui fait remettre en question son pouvoir de séduction. Mais sa passion pour la montagne est tellement communicative que Servane  va se retrouver comme "aimantée" à lui.
La psychologie des personnages est très bien retranscrite et nous les rend attachants.
Servane Breitenbach, 24 ans se retrouve affectée à la  gendarmerie de Colmars alors qu'elle croyait arriver à Colmar en Alsace non loin de chez elle. Ici, elle ne connaît personne et a du mal à se faire accepter au sein de cette brigade masculine alors elle tente de s'évader pendant ses repos en faisant des randonnées pédestres. C'est là qu'elle va rencontrer Vincent. Une amitié très forte va alors naître entre eux. Surtout après la mort de Pierre , l'ami d'enfance de Vincent qui ne croit pas du tout à une mort naturelle. C'est tout naturellement que Servane va proposer à Vincent de l'aider dans son enquête.
Vincent Lapaz est un amoureux inconditionnel de sa montagne qu'il connaît comme sa poche. Il traîne derrière lui un passé mouvementé. Son père le battait et Laure, sa femme, a disparu un beau jour sans lui donner d'explication.  Lorsqu'il apprend la mort de son collègue Pierre, il ne peut pas croire à un accident. En effet, lui aussi connaissait très bien la montagne et la possibilité d'une chute accidentelle lui semble peu crédible.
Leur enquête commence alors mais Vincent et Servane sont loin de s'imaginer ce qui les attend. Entre corruption, intimidations et chantage, il vont peu à peu dénouer les fils mais à leurs risques et périls. Et si tous ces événements avaient un lien entre eux? Et si la disparition de Laure n’était pas une coïncidence?
C'est le premier livre que je lis de Karine Giebel, et assurément ce ne sera pas le dernier!

Extrait : "C’est souvent comme ça, expliqua Lapaz. Il y a des tas de gens qui vivent à Nice et n’ont jamais posé le pied sur un sommet alors que le massif du Mercantour n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres de chez eux… Souvent, ils viennent passer une semaine par an en station et ça leur suffit. Pour eux, comme pour la plupart des gens, la montagne se résume à ça… Louer un clapier, une paire de skis, parfaire leur bronzage hivernal et parfois… se péter les ligaments croisés !"

Éditions Pocket - Thriller - 604 pages

vendredi 21 février 2014

Le confident - Hélène Gremillon

Le confident - Hélène Grémillon
Mon résumé : A Paris, en 1975, Camille Werner, éditrice trentenaire, vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances qu'elle reçoit chaque jour, se glisse celle d'un inconnu prénommé Louis qui relate ses souvenirs d'avant-guerre, auprès d'une certaine Annie. Croyant d'abord qu'il s'agit d'une erreur, ou d'une ruse d'écrivain pour attirer l'attention et se faire publier, Camille se rend  compte que cette lettre et les suivantes reçues toutes les semaines la concernent. Elle va découvrir petit à petit un passé familial qu'elle n'aurait jamais soupçonné. Louis, Annie, Paul et Elizabeth : deux amours impossibles et quatre destins brisés...

Mon avis : C'est un coup de cœur! L'auteure sait nous tenir en haleine. On découvre les lettres de Louis en même temps que Camille et, dès le début, on se doute bien qu'il y a un lien entre Camille et cette histoire que nous raconte Louis qui commence à la veille de la seconde guerre mondiale.
Éperdument  amoureux d'Annie, Louis raconte comment il l'a perdue à cause de Madame M., une femme désespérée en mal d'enfants. Les choses auraient pu s'arrêter là, sur le récit de Louis car ils se sont perdus de vue  après qu’Annie soit partie chez Mme M, mais, après la guerre, il va apprendre  ce qui s'est réellement passé pour Annie. Ce non-dit devenant trop difficile à porter, et la mère de Camille lui ayant toujours caché la vérité, le vieil homme décide de livrer la confession d'Annie et de Madame M. 
J'ai aimé suivre le cheminement de réflexion de Camille et, comme elle, j'attendais avec impatience la prochaine lettre de Louis.
Afin de faire durer le suspens, trois narrateurs se succèdent : Louis, Annie et madame M. qui nous racontent tour à tour la tragédie et les lourds secrets qui les relient les uns aux autres à jamais. 
Camille vient d'apprendre qu'elle est enceinte.  Elle surmonte difficilement  la disparition de sa mère et  elle était loin de penser qu'un jour elle aurait à faire face à une telle révélation qui va lui faire se poser mille et une questions quant à sa maternité....
Je ne peux pas vous en dire plus quant à l'intrigue, mais vous l'aurez compris, je vous recommande vivement ce livre!

Extrait : "Un jour, j’ai reçu une lettre, une longue lettre pas signée. C’était un événement, car dans ma vie je n’ai jamais reçu beaucoup de courrier. Ma boîte aux lettres se bornant à m’annoncer que la-mer-est-chaude ou que la-neige-est-bonne, je ne l’ouvrais pas souvent. Une fois par semaine, deux fois les semaines sombres, où j’attendais d’elles, comme du téléphone, comme de mes trajets dans le métro, comme de fermer les yeux jusqu’à dix puis de les rouvrir, qu’elles bouleversent ma vie.
Et puis ma mère est morte. Alors là, j’ai été comblée, pour bouleverser une vie, la mort d’une mère, on peut difficilement mieux faire.
Je n’avais jamais lu de lettres de condoléances.
"

Éditions Folio - Drame - Littérature contemporaine - 311 pages

lundi 17 février 2014

On m'a demandé de vous calmer - Stéphane Guillon

Quatrième de couverture : "Le patron de Radio France me propose un thé vert. Deux énormes théières trônent sur une table de réunion ovale. Je décline l'offre.
"Vraiment? Vous ne voulez rien boire?" S'ensuit une longue discussion sur l'humour, ses limites, ce qui est drôle, ce qui ne l'est pas...
Bizarrement ma tête bourdonne, je repense à mes débuts, mes galères, mes premiers pas sur scène, mes premières chroniques radio, avec toujours le même but: faire rire les autres... Et puis j'entends cette phrase étrangement menaçante: "On m'a demandé de vous calmer".
Comme si quelqu'un venait de siffler la fin de la récré.
 
Mon avis : Chroniqueur humoristique de France Inter de Janvier 2008 à Juin 2010, Stéphane Guillon nous offre dans ce livre ses meilleures chroniques. Celles qui ont été plébiscitées par le public ou celles qui ont suscité le plus de réactions. Son thème de prédilection est la politique, mais il nous parle surtout de tout ce qui, jour après jour a fait l'actualité de janvier 2008 à juin 2009 comme par exemple les jeux paralympiques, le TGV, ou encore le Festival de Cannes. Ses chroniques m'ont beaucoup fait rire car il ose dire ce que tout le monde pense. France Inter, étant pourtant une radio "de gauche", il n'hésite pourtant pas à comme il dit "dézinguer" Martine Aubry ou Ségolène Royal ses boucs-émissaires, mais pour être impartial, il s'en prend aussi à DSK ou au couple présidentiel. Le problème, ses que ses critiques acerbes finissent par déranger et il s'est fait virer de France Inter en juin dernier. Je trouve dommage qu'il ait été censuré de la sorte, alors, qu'à une autre époque, Pierre Desproges, se permettait de pousser encore plus loin ses critiques au vitriol sur le monde politique.
Voici un exemple de chronique qui a vraiment énervé et pour laquelle France Inter a dû faire des excuses. (p 213 "Visite de DSK à France Inter" )17 février 2009 :
 
Ensuite interviewé à cette radio, DSK n'a pas caché son courroux : «J'ai assez peu apprécié les commentaires de votre humoriste. Les responsables politiques ou d'actions publiques comme moi ont le droit ou même le devoir d'être critiqués par les humoristes. Mais l'humour, c'est pas drôle quand c'est principalement de la méchanceté...»
J'ai découvert cet humoriste grâce à un reportage d'Envoyé Spécial diffusé le 18 juin dernier intitulé "délit d'humour" qui m'a donné envie d'écouter ses chroniques sur Internet, alors quand j'ai vu qu'un livre compilait ses meilleurs papiers, je n'ai pas hésité et j'ai hâte de lire la suite "On m'a demandé de vous virer"....
 
Je remercie Livraddict et Les éditions Points  de m'avoir offert ce livre  dans le cadre d'un partenariat lecture.
 
Éditions Points - 329 pages

De l'eau pour les éléphants - Sara Gruen

Mon résumé : Dans les années 1930, Jacob, un jeune garçon de 23 ans étudie pour devenir vétérinaire. Il veut suivre les traces de son père vétérinaire lui aussi, et est promis à bel avenir. Malheureusement juste avant de passer ses examens de fin d'études, Jacob devient brutalement orphelin de père et de mère. En effet, ils ont péri dans un grave accident de voiture. Il se retrouve seul, sans argent  et est contraint d'arrêter ses études pour trouver du travail. C'est alors qu'il va voir passer le train du cirque Benzini et leur "plus grand spectacle du monde" . Il va alors réussir à se faire engager comme soigneur et va faire connaissance avec un monde qu'il ne connaît pas du tout et aussi lier des amitiés avec des personnages hauts en couleurs tels que Walter le nain, Marlène la danseuse écuyère et son mari August atteint de schizophrénie, Oncle Al le directeur du cirque, Rosie l'éléphante..... Il sera aussi confronté à la cruauté envers les animaux et les hommes (car certains ne sont pas payés et d'autres sont sauvagement balancés du train en marche)...
Mais il va habilement réussir à se faire une place dans ce monde même si elle sera de courte durée...
 
Mon avis : J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et vous le recommande avant d'aller le voir au cinéma, car je ne pense pas qu'un film puisse égaler ce roman.
Le narrateur est Jacob lui même. Il a 93 ans et, lorsqu'un cirque vient s'installer près de sa maison de retraite, il se remémore sa jeunesse, et les trois mois qu'il a passé à travailler pour le cirque Benzini dans les années 30 avant que le drame ne survienne.
Jacob va alors connaître l'amour, la jalousie, la faim, la cruauté. Lui qui a été élevé dans un cocon protecteur va vite se rendre compte de la dure réalité de la vie et des habitudes des travailleurs de ce cirque.
Avant qu'il n'arrive, les animaux étaient mal traités, on les laissait par exemple sans eau dans le train arrêté en plein soleil : "- Bon d'accord. Tu sais s'ils ont mangé et bu...?
- Ils mangeront et boiront en temps utile.
- Quoi?
- Ils mangeront et boiront en temps utiles.
- August, il fait une chaleur à crever! on ne peut pas les laisser se déshydrater!
- Si! C'est ainsi qu'Oncle Al mène ses affaires."
Ou en tapant Rosie cette pauvre éléphante achetée pour embellir le spectacle et qui n'obéit pas et ne sait que manger des bonbons dans sa cage, avant qu'ils ne se rendent compte qu'elle a été dressée en polonais et ne connaît que cette langue! " Je suis estomaqué - littéralement bouche bée. En l'espace de deux secondes, mon esprit a procédé à certains recoupements. Son refus de se produire sur la piste, son passé avec son ancien maître, l'affaire de la citronnade, du potager saccagé...
- Merde...
- Quoi? dit Greg qui lui caresse la trompe.
- Elle te comprend!
[...] pendant les dix jours qui suivent, j'enseigne le polonais à August."
Heureusement, en dépit de tous ces mauvais traitements aux animaux et aux hommes, Jacob va tomber amoureux de Marlène et réussir à la séduire malgré August son encombrant mari.
Jacob est très attachant mais j'ai eu une petite préférence pour le vieux monsieur qu'il est devenu et qui raconte sa jeunesse et sa passion pour le cirque avec tellement de conviction. Il  a tellement hâte de sa sortie du dimanche au cirque avec ses proches que quand il comprend que son fils ne viendra pas, c'est la terre qui s'écroule : " - Ils ne viendront pas. C'était le tour de votre fils Simon [...]
- Vous lui avez parlé du cirque?
- Oui, et il regrette énormément, mais il ne peut pas se libérer
Mon visage se crispe et me voila qui pleurniche comme un môme
- je suis navrée monsieur Jankowsky. je sais combien ça comptait pour vous. Je vous y aurais bien emmené moi même, mais je suis de garde..."
J'ai adoré me plonger dans cet univers entre stands de barbe à papa et femme à barbe, entre l'éléphante et les chevaux... et je vais voir l'adaptation cinématographique demain jeudi...
 
Éditions Le Livre de Poche - 471 pages - Littérature contemporaine.

Les Partenaires - John Grisham

Mon résumé : David Zinc, un brillant avocat de 31 ans sous pression laisse tomber le très renommé cabinet juridique où il travaille ainsi que son salaire mirobolant pour se présenter après une journée hautement éthylique dans un cabinet minable de quartier Finley & Figg. Ce dernier ne s'occupe que de faits divers et de divorces. Ses deux avocats Oscar et Wally n'ont même jamais plaidé devant une cour. Se sentant pousser des ailes lors de l'arrivée de David, (eux qui ne manquent jamais d'idées pour s'enrichir plus ou moins légalement) vont décider de porter plainte contre un grand groupe pharmaceutique, accusant leur médicament phare de provoquer des crises cardiaques. Seulement, ils vont vite se rendre compte qu'ils ont mis la charrue avant les boeufs et n'ont pas de preuve. Alors sous un stress maximal, Oscar, victime d'une crise cardiaque déclare forfait, Wally, terrifié disparaît pour se soûler. David se retrouve alors seul pour plaider sa première grosse affaire...
 
Mon avis : Je remercie vivement les Éditions Robert Laffont ainsi que Babelio pour m'avoir fait découvrir ce dernier livre de John Grisham dans le cadre de l'opération "masse critique".
Déjà séduite par "La firme" et "L'affaire Pélican" que j'avais lus dans mon adolescence, j'ai vraiment été tentée par ce partenariat pour renouveler l'expérience et, malgré quelques longueurs, je n'ai pas été déçue.
Le style est clair et sarcastique, l'intrigue simple (peut être même un peu trop) mais j'ai adoré suivre le cheminement d'Oscar Finley et Wally Figg deux avocats au rabais qui vont se sentir pousser des ailes après l'embauche de David Zinc, un brillant avocat de 31 ans démissionnaire d'un très réputé et très brillant cabinet d'avocats de Chicago de renommée internationale.
Alors que le minable cabinet Wally & Figg ne s'occupe que de divorces et de "chiens écrasés" il va alors leur venir l'idée qui pourrait leur faire amasser un paquet d'argent : Déposer plainte contre Varrick, un laboratoire pharmaceutique qui a commercialisé le Krayoxx, un anti cholesterol qui pourrait bien favoriser les crises cardiaques. Seulement nos trois avocats ne disposent d'aucune preuve tangible...
J'ai aimé Wally et Figg ces deux avocats qui ne doutent de rien, se font de la pub mais ne savent même pas plaider. (ci-dessous le trailer du livre qui pourrait être une pub pour leur cabinet juridique). Ils m'ont bien fait rire et j'ai aimé le style sarcastique de l'auteur quand il parle de ces deux "baltringues". Il ne mâche pas ses mots qualifiant Wally d'ivrogne. Quant à Oscar, il se met facilement la pression tout seul mais est tout de même assez réaliste sur leurs capacités à tous les deux. Il pense que le procès qu'ils veulent mener contre les laboratoires Varrick est "un cas qu'aucun avocat ayant un minimum de bon sens ne défendrait, pas d'experts, pas de preuves et des plaignants cinglés ou drogués".
Par contre, je n'ai pas trouvé David crédible. Lâcher un cabinet de renommée pour se retrouver avec ces deux avocaillons, avoir un salaire divisé par 50 alors que se femme vient de tomber enceinte, puis se retrouver seul pour plaider, j'avoue que j'ai beaucoup de mal à y croire... Mais j'admire son courage...
J'ai aussi particulièrement aimé le déroulement du procès. On apprend par exemple qu'aux États Unis, même pour une affaire qui ne relève pas des assises, il y a un jury populaire. On apprend beaucoup d'autres  choses sur le déroulement des procès, les façons de les faire durer le temps d'apporter d'autres preuves par exemple...
Un livre qui a su me captiver du début à la fin grâce à son ton sarcastique. L'auteur nous embarque dans cette histoire car on voit qu'il sait de quoi il parle. En effet, il était lui même avocat.
 
Extrait : Le cabinet d'avocats Finley & Figg se considérait comme une « boutique ». Cette appellation revenait très souvent dans le courant de la conversation et apparaissait même sous forme imprimée dans quelques-uns des divers projets pondus par ses associés pour racoler la clientèle. Employée à bon escient, elle signifiait que Finley & Figg se situait un tantinet au-dessus de la moyenne des établissements à deux balles. Boutique, pour petit, compétent et pointu dans un domaine spécialisé. Boutique, pour très cool et très chic jusque dans la « francitude » du mot. Boutique, pour le suprême bonheur d'être petit, sélectif et dynamique.
Mis à part la taille, ce n'était rien de tout cela. L'officine Finley & Figg pistait les dommages corporels, labeur quotidien qui exigeait peu de compétence ou de créativité et ne serait jamais considéré comme cool ou glamour. Ses rentrées étaient aussi insaisissables que son standing. Le cabinet était petit parce qu'il n'avait pas les moyens de s'agrandir. Il était sélectif seulement parce que personne ne voulait y travailler, à commencer par ses deux propriétaires. Même son emplacement évoquait une morne existence en dernière division du championnat de baseball. Avec un salon de massage vietnamien à sa gauche et un atelier de réparation de tondeuses à gazon à sa droite, il était clair au premier coup d'œil que Finley & Figg n'était pas dynamique.[...] Finley & Figg n'avait rien d'un paradis pour secrétaires. La paye était maigre, les clients en général désagréables, les autres avocats grossiers au téléphone, les heures longues. Le pire de tout étant les relations avec les deux associés. [...] La dernière chose dont le cabinet avait besoin, c'était d'une nouvelle recrue.
 
 
Éditions Robert Laffont "Best Sellers" - Thriller - 429 pages

La fiancée de Bombay - Julia Gregson

Résume de l'éditeur : Automne 1928. Rose, Victoria et Viva, trois Anglaises, embarquent sur un bateau à destination de l’Inde. La jolie Rose, un peu trop candide, part se marier à un officier de cavalerie coloniale qu’elle connaît à peine, Victoria, sa demoiselle d’honneur, à l’esprit fantasque, est décidée à perdre sa virginité lors du voyage avant de se trouver un mari aux Indes. Quant à Viva, qui chaperonne les deux premières, ce périple est pour elle le moyen de revenir sur les traces de ses parents morts à Bombay alors qu’elle était enfant.
Une fois sur place la réalité de la vie et ses tumultes leur réserveront bien des surprises…

Mon avis : En regardant la couverture, on pourrait penser à une histoire à l'eau de rose, hors, il n'en est rien. L'histoire se déroule en 1928 en Inde. Rappelons que l'Inde a été proclamée territoire Britannique en 1813 et totalement contrôlée par les britanniques en 1818.
Gandhi, de retour en Inde en 1915 entreprend son combat pour l'indépendance. (elle sera proclamée en 1947)
C'est donc dans la période de fin de domination britannique que se passe l'histoire.
C'est en ayant à l'idée tout ces évènements historiques que l'on doit lire ce roman pour mieux comprendre les conditions comme par exemple lorsque Tor (Victoria) part en voyage à Shimla, c'est bien de savoir qu'à l'époque cette ville de bord de mer était considérée comme "capitale d'été" des britanniques... Et plein d'autres détails qui permettent de mieux situer l'histoire.
Par ailleurs, j'ai beaucoup appris sur la condition de la femme à cette époque bien que les protagonistes faisaient tout pour y échapper...
J'ai trouvé ce livre un peu long (700 pages) mais bien agréable. Suivre le destin de ces trois femmes loin de chez elles dans un pays en plein tumulte est enrichissant.

Col de l'ange - Simonetta Greggio

Mon résumé : Nunzio, architecte célèbre, disparaît subitement, sans laisser le moindre indice à son entourage. Il vient de mourir et va passer quelques jours à "flotter" autour de Blue, son amie de toujours, mannequin à la beauté irrésistible.
Celle-ci, effondrée de douleur lorsqu'elle réalise qu'elle ne le reverra jamais, décide de rejoindre le Col de l'Ange, ce coin de paradis où Nunzio et elle ont passé leur enfance. Dans la maison qui l'a vue grandir, Blue est assaillie par les souvenirs  sait que son ami, mort ou vif, l'attend ici, mais elle ignore que ce voyage est un piège tendu. Quelqu'un d'autre l'attend au Col de l'Ange, quelqu'un qui ne souhaite pas la laisser repartir. Affrontant une violente tempête de neige, elle marchera sous l'oeil de Nunzio, son ange gardien.
 
Mon avis : Encore un de plus lu lors de mes vacances dans les Îles!
Une très belle histoire qui me rappelle étrangement celle de Ghost et qui se lit d'une traite.
J'ai adoré ce livre car les sentiments y sont décrits avec  beaucoup de justesse et de poésie. Le narrateur est Nunzio lui même et il nous raconte tout ce qu'il voit en flottant dans sa vie d'avant. Il décrit avec beaucoup de justesse le désarroi de Blue face à sa disparition inexpliquée.
Je ne connaissais pas cette auteure, mais après quelques recherches, j'ai vu que Simonetta Greggio est une romancière italienne qui écrit en français.
Elle est arrivée à Paris en 1981, où elle vit depuis, elle a été journaliste pendant plusieurs années, collaborant à des revues et magazines divers dont City, Télérama, La Repubblica, Figaro Madame…Elle  est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages d’art de vivre consacrés aux jardins et à la cuisine, et notamment des premiers Guide des auberges et hôtels de charme en Italie.
Son premier roman, "La douceur des hommes", paru chez Stock en 2005, a été consacré par le magazine Lire parmi les vingt meilleurs livres de l’année. Sa longue nouvelle "Etoiles" parue chez Flammarion en 2006 est traduite en six langues, dont le russe et le coréen. Ce qui me prouve une fois que ce n'est pas forcément le battage médiatique autour d'un livre qui fait son succès.. Une petite pépite que je vous recommande!
Je remercie cette fois encore Mélusine pour l'envoi de ce petit livre empreint de poésie. Pour lire son avis, c'est ici.
 
Éditions Succès du livre - 140 pages - Drame

L'homme qui voulait être heureux - Laurent Gounelle

Mon résumé : En vacances à Bali, Julian, un jeune instituteur profite du repos, des baignades quotidiennes, des visites et découvre de la culture locale. Il profite pleinement de son congé. Mais il n'est pas question pour lui de repartir avant d'avoir rencontré Maître Samtyang. Le vieux sage a une réputation si extraordinaire (il soignerait même le Premier ministre du Japon !) que la curiosité de Julian a été saisie. Bien qu'il ne souffre d'aucun mal particulier, l'enseignant veut absolument voir ce fameux Samtyang sous un prétexte quelconque. Quelques jours avant son départ, il se rend donc à l'adresse indiquée. Son verdict est formel, le seul mal dont il souffre n'est pas physique mais psychique : en effet, il n'est pas heureux.
 
Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce livre dont l'histoire est présentée un peu à la manière de séances de psychanalyse. L'avantage de ce récit est qu'il n'est pas rébarbatif du tout, et le style simple employé fait que tout le monde peut comprendre et en tirer ses propres conclusions sur sa vie de tous les jours. En suivant le cheminement de Julian, le lecteur est amené à réfléchir  sur ses propres croyances, et va comprendre que ses difficultés prennent source dans ses croyances erronées et qu'il  possède les capacités lui  permettant d’avancer et de se libérer une fois pour toutes de tout ce qui lui perturbe l’existence. Et que le plus important, c’est d’y croire. Par différents exercices pratiques à faire entre chaque séance, le vieux sage va réussir à lui faire comprendre énormément de choses comme  le fait que les autres le voient tel qu'il veut bien se montrer. Par exemple, s'il se trouve lui même inintéressant, une multitude de détails et de postures dont il n'a pas conscience vont faire penser aux autres que, effectivement, il est inintéressant : "Ce qui plaît aux femmes, c’est ce qui émane de votre personne, c’est tout. Et cela découle directement de l’image que vous vous faites de vous-même. Quand on croit quelque chose sur soi, que ce soit en positif ou en négatif, on se comporte d’une manière qui reflète cette chose. On la démontre aux autres en permanence, et même si c’était à l’origine une création de l’esprit, cela devient la réalité pour les autres, puis pour soi." Comme je le disais plus haut, le principal est de se persuader des choses, et d'y croire..
J’ai passé un très bon  moment avec cette lecture. Je me suis identifiée à Julian par endroits, j’ai aussi appris beaucoup de choses; le récit  est parsemé d’expériences  scientifiques plus extravagantes les unes que les autres, venant prouver tous les propos qui sont avancés par l’auteur comme par exemple le pouvoir de l'effet placebo.
Voici d'ailleurs quelques passages que j'ai relevé qui synthétisent les préceptes de bon sens  de Samtyang.
 
"Une vie réussie est une vie que l'on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l'on fait, en restant en harmonie avec qui l'on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l'occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu'à nous-mêmes et d'apporter quelque chose à l'humanité, même très humblement, même si c'est infime. Une petite plume d'oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres."

"C'est juste pour vous dire que le choix vous appartient.  À certains moments, dans la vie, on n'a pas forcément beaucoup de choix, et ceux-ci sont peut-être douloureux, mais ils existent et, au final, c'est vous qui  déterminez ce que vous vivez: vous avez toujours le choix, et c'est bien de garder à l'esprit cette idée."

"Pour moi une nouvelle vie commençait, et dorénavant, ce serait MA vie, fruit de mes décisions, de mes choix, de ma volonté. Adieu les doutes, les hésitations, les peurs d'être jugé, de ne pas être capable, de ne pas être aimé. Je vivrai chaque instant en conscience, en accord avec moi-même et mes valeurs. je resterai altruiste, mais en gardant à l'esprit que le premier cadeau à faire aux autres est mon équilibre. J'accepterai les difficultés comme des épreuves à passer, des cadeaux que m'offrent la vie pour apprendre ce que je dois apprendre afin d'évoluer. Je ne serai plus victime des évènements, mais acteur d'un jeu dont les règles se découvrent au fur et à mesure, et dont la finalité gardera toujours une part de mystère."
 
"La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit. Vous ne le réalisez probablement pas, mais savoir se tourner vers les autres pour leur demander quelque chose est fondamental. Tous les gens qui réussissent leur vie ont cette compétence."
 
Éditions Pocket - Développement personnel romancé - 168 pages

Par un matin d'automne - Robert Goddard

Résumé : Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille Penelope. Toutes deux ont décidé de se rendre à Thiepval, près d’Amiens, au mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme. Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème. Leonora est en effet née près d’un an plus tard. Ce qu’on pourrait prendre pour un banal adultère de temps de guerre cache en fait une étrange histoire, faite de secrets de famille sur lesquels plane l’ombre d’un meurtre jamais résolu et où chaque mystère en dissimule un autre. Le lecteur est alors transporté en 1914 dans une grande demeure anglaise où va se jouer un drame dont les répercussions marqueront trois générations.
 
Mon avis : Il est rare que les livres que je choisis moi même en les découvrant sur un blog me déçoivent, mais celui-ci en fait malheureusement partie. Les éléments m'ayant déroutée sont la multitudes de personnages, la multitude d'époques et les narrateurs . J'ai trouvé aussi qu'il se passait beaucoup de choses pour le même livre (un mensonge, un secret, un meurtre, un suicide, un adultère, une révélation...) Normal me direz-vous car il faut bien trouver quelque chose à raconter sur les 540 pages que compte le livre! 
Ce roman est composé de trois parties :
  • 1ère partie : Leonora Galloway nous raconte son enfance dans les années 1910. Élevée par son grand-père et sa troisième femme Olivia dans une riche demeure de Meongate à Droxford en Angleterre. Elle sait que sa mère est morte très peu de temps après l'avoir mise au monde et que son père a été tué lors de la première guerre mondiale en France. Seulement, elle sent que la méchante et acariâtre  Olivia lui cache de nombreuses choses, notamment les circonstances de la mort de ses parents....
  • 2ème partie : Franklin, le narrateur est un ancien ami du père de Leonora. Il arrive après la mort d'Olivia pour raconter ce qui s'est passé en 1916 à Meongate (La propriété familiale).  Il raconte le meurtre, le suicide, et en apprend plus à Leonora quant à certains secrets sur sa famille...
  • 3ème partie : La partie des révélations. Elle se passe dans les années 1990. C'est de nouveau Leonora la narratrice principale. Elle raconte l'histoire de sa famille à Pénélope sa fille lors de la visite du mémorial franco-britannique à Amiens. Une fois les secrets révélés, chacun des protagonistes raconte sa version des faits.
J'ai adoré la deuxième partie et aurais aimé que le livre ne raconte pas tout un tas de secrets, non-dits... mais s'en tienne à ce meurtre et ce suicide et cette enquête. Le style (que j'ai toutefois beaucoup aimé) me fait penser à un roman d'Agatha Christie : un meurtre dans une grande maison anglaise alors que plein de personnages aux caractères bien différents y habitent. Je me suis prise d'affection pour ce Franklin qui vient raconter ce qui s'est passé cette année là à la guerre sur demande express du père de Leonora avant de se faire tuer. Il raconte aussi avec beaucoup d'émotion ce qui s'est passé à Meongate.
Si le livre s'en était tenu à cette seconde partie (qui aurait constitué à elle seule une histoire avec intrigue et révélation), il aurait sans doute fait partie de mes coups de coeur. Hélas!
 
Extrait : "Du point de vue de Penelope, les arguments en faveur de cette escapade ne manquent pas. Sa mère a toujours réussi, au prix d'une surveillance constante, à éviter de parler d'elle même et à ne laisser échapper de son passé que des récits évasifs. La curiosité de Penelope envers cette femme distante n'a cessé de grandir. D'instinct, elle pressent que ce voyage apportera des réponses à certaines questions jamais éclaircies. Déjà, l'escale à Amiens était inattendue. Ici, elle en est convaincue, commencent les explications.
-J'imagine que tu te demandes pourquoi nous sommes venues à Thiepval, dit Leonora.
-En effet. Mais je suis certaine que tu me l'expliqueras quand tu en auras envie.
Elle se souvient que son père, un homme patient et de bon conseil, lui a dit il y a longtemps "Ta mère se confiera à toi lorsqu'elle l'aura décidé, et non au moment où toi, tu le voudrais."
La brume s'est atténuée et les lignes du bâtiment de brique, symbole de deuil officiel, deviennent plus précises tandis que l'horizon vire du gris uniforme au vert et au bleu. Les visiteuses se sentent impressionnées, un peu écrasées par l'édifice  immense et sans grâce malgré ses sculptures.
- Le soleil ne tardera pas à se montrer, dit Leonora. Nous allons pouvoir commencer à chercher son nom.
- Le nom de qui ?
- De mon père. C'est pour cela que nous sommes venues."
 
Éditions Le Livre de Poche - Thriller historique - 542 pages.

"Cher Amour" de Bernard Giraudeau

Voilà encore un livre lu en plus, et je dois dire que celui-ci, je n'ai vraiment pas accroché. En effet, tous au long de ce roman, Bernard Giraudeau s'adresse à une femme (Madame T) qu'il ne connaît pas mais à qui il aimerait faire partager ses expériences de voyages et de scène.
Ce livre se présente donc comme une très grande lettre d'amour ou Bernard Giraudeau raconte tour à tour ses voyages au brésil, au Chili, aux philippines, à Djibouti et au Cambodge ainsi que ses passages sur les planches ou il a joué dans diverses pièces telles que "L'aide-mémoire", "Le libertin", "Becket", ou encore "Richard III". Entre ses différents voyages, il tombe malade et apprend qu'il a un cancer du rein mais il n'arrête pas de jouer sur scène pour autant.
Mais à peine remis, le comédien reprend une vie à un rythme d’enfer. Il se dit qu’il doit profiter de ce supplément de vie qui lui est donné. Il s’épuise encore. Un deuxième cancer en 2005… «Je finis par rester à l’hôpital le jour pour jouer le soir avec une perfusion dans le bras ». Il devra interrompre les représentations de Richard III. La maladie  va  l’obliger à se poser.
Ce roman, que j'ai néanmoins trouvé admirablement écrit, m'a lassé par trop de descriptions imagées,trop de poésie et surtout trop de longueurs...

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

Mon résumé : Mattia et Alice, touchés tous les deux par un drame dans leur petite enfance ont pour point commun leur solitude et leur caractère singulier. Mattia a perdu sa soeur jumelle après l'avoir abandonnée dans un parc pour se rendre seul à l'anniversaire d'un de ses copains. Alice a eu un grave accident de ski lorsqu'elle était toute jeune, lequel lui a laissé des séquelles à une jambe. Ils font connaissance au lycée et Mattia est persuadé qu'Alice est sa jumelle de coeur : même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l'adolescence à l'âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s'effleurer et de s'éloigner dans l'effort d'effacer les obstacles qui les séparent.
 
Mon avis : "Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivait de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais il songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capables.[...] Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiques les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se trouver vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destin consiste à rester seuls. Mais au moment où l’on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment." Voilà le passage qui, a mon sens, explique le mieux le titre du livre et le ressenti de Mattia quant à la singularité de son caractère et de celui d'Alice.
L'histoire se déroule de 1983 à 2007 et nous raconte au fil du temps les existences de Mattia et d'Alice qui ne feront que de se croiser.
J'ai été touchée par ces deux jeunes plein de souffrances : Mattia tente d'exorciser ses blessures par des automutilations. En effet, c'est de sa faute s'il a perdu sa soeur jumelle. Il n'avait qu'une rue à traverser pour se rendre à l'anniversaire de son copain, mais pour avoir la paix, il a demandé à Michela de rester à l'attendre dans le parc. Deux heure plus tard, la petite fille n'y était plus. Son corps n'a jamais été retrouvé. Alice, quant à elle a eu un grave accident de ski un jour ou le brouillard ne laissait aucune visibilité.
Ses deux drames vont laisser à ces enfants des cicatrices indélébiles qu'ils vont devoir traîner toute leur vie telle une valise trop lourde. Mattia ne cesse de s'automutiler et se réfugie dans les mathématiques et Alice devenue boiteuse à vie se réconforte dans l'anorexie. C'est ce qui va causer tout au long de leur vie l'isolement et les railleries. Les émotions y sont décrites avec intensité et le lecteur va suivre leur cheminement jusqu'à l'âge adulte et les aléas de la vie qui font qu'ils vont alternativement  se perdre de vue puis se retrouver.
Tout au long du récit, j'ai eu envie de prendre Alice sous mon aile car sa fragilité et son détachement  vis à vis de son existence m'ont émue. Par exemple, quand son mari Fabio quitte le domicile conjugal, elle ne fait rien pour le retenir, fait comme si de rien n'était mais se plonge encore davantage dans ses troubles alimentaires. Mattia et elle n'expriment jamais leurs sentiments mais l'auteur arrive à exprimer leur ressenti avec force.
A noter que ce livre a été adapté au cinéma en 2011. Voici la fiche Allociné. Il est d'ores et déjà disponible en VOD et j'ai hâte de le visionner.
De plus, je tire mon chapeau à Paolo Giordano qui a obtenu avec ce  premier roman le très prestigieux Prix Strega... Et il a deux ans de moins que moi (Il est né en 1982). C'est peut être aussi ça qui m'a touchée chez Mattia et Alice : nous avons le même age...
 
La phrase que je retiendrai  : "Les choix se font en l'espace de quelques secondes et se paient le reste du temps."
 
Éditions Points - Drame - 342 pages.

Billie - Anna Gavalda

Mon résumé : Dans le massif des Cévennes, Billie et son ami d'enfance Franck viennent d'avoir un accident de randonnée. Billie a la cheville cassée, Franck, quant à lui, semble brisé de partout. Ils attendent les secours. Franck semble au plus mal. Billie s'inquiète beaucoup pour lui et, ayant peur de le perdre, elle  revoit sa vie défiler. Elle s'adresse alors à l'étoile la plus brillante du ciel et commence le récit de cette très belle histoire d'amitié qui a débuté entre eux deux lorsqu'ils étaient au collège et qu'ils ont été désignés pour  apprendre puis jouer devant la classe une pièce d'Alfred de Musset : "On ne badine pas avec l'amour". D'horizons différents, Franck et Billie n'étaient pourtant pas programmés pour s'entendre...
 
Mon avis : Deux choses m'ont énormément surprise dans ce livre! Premièrement la couverture : je me demande bien ce que ce petit âne a à voir avec l'histoire. Mais bon, il est plutôt mignon! Ensuite, c'est le ton employée par l'auteure : Billie, son personnage principal et narratrice a un langage fleuri et cru. L'auteure (que j'aime beaucoup) ne m'avait pas habituée à ce style si différent de ses habitudes. Pour preuve, la première pensée qu'a Franck après l'accident est de savoir si son membre viril n'est pas lui aussi "cassé". Il demande alors tout naturellement à Billie de s'en occuper!
Mais j'ai tout de même beaucoup aimé et l'ai presque lu d'une traite!
Franck et Billie n'avaient pourtant rien en commun, mais c'est l'apprentissage d' "On ne badine pas avec l'amour " qui va les rapprocher.
Billie vivait comme une gitane dans une caravane. Sa mère l'a abandonnée et son père la battait. Elle ne supportait pas sa belle mère. A l'école, elle n'a pas d'amis et est isolée.
Franck est lui aussi isolé car c'est un garçon trop doux, trop précieux car il est homosexuel.
Lorsque Franck va proposer à Billie de venir répéter la pièce chez sa grand-mère, cela crée une excuse à Billie pour quitter sa misère quelques heures par jour. Depuis ce jour ils deviennent meilleurs amis du monde mais la poursuite des études de Franck va les obliger à se séparer quelques temps. Néanmoins ils entretiennent une correspondance par des lettres que Franck envoie chez sa grand mère pour obliger Billie à venir rendre visite à cette dernière une fois par semaine. Mais Billie alors livrée à elle même le reste du temps enchaîne les conquêtes amoureuses et va même jusqu'à se prostituer pour subsister. Lorsque Franck revient enfin, ils ne se séparent plus... Voilà, je vous en ai déjà un peu trop dit, alors je vous laisse découvrir par vous même ce livre qui est un petit bonbon acidulé mêlant amitié-amour et dont le langage parlé un peu cru m'a souvent fait rire.
 
Extrait : "Je regardais toutes ces étoiles et je cherchais la nôtre. Parce que nous en avions une, c'était une certitude. Pas une chacun, malheureusement, mais une pour nous deux. Une petite veilleuse en colocation. Oui, une bonne petite loupiote qui nous avait trouvés le jour où on s'était rencontré et qui, bon an mal an, avait fait du bon boulot jusque là. OK, ces dernières heures, elle avait un peu merdé, mais tout s'était éclairci depuis... Elle se pomponnait la Pomponnette. Elle vidait son spray paillettes de chez Sephorus. Hé ! Normal, c'était la nôtre ! Elle allait quand même pas tenir la chandelle de l’Éternel pendant que ses copines se barraient au feu d'artifice!"
 
A lire aussi :
L'échappée belle ♥♥♥
La consolante
Je l'aimais
 
Éditions Le Dilettante - Littérature contemporaine - 223 pages

"L'échappée belle" Anna Gavalda

Cette petite nouvelle écrite par Anna Gavalda est d'abord parue chez France Loisirs en 2001 et a été réeditée en novembre 2009 aux éditions le Dilettante.

Petit livre très vite lu, il raconte l'histoire de trois frères et soeurs (Simon Garance et Lola) devenus grands qui profitent de s'échapper d'un mariage de leur famille à l'ambiance très pesante pour aller retrouver leur plus jeune frère Vincent qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps et qui, pour cause de travail n'a pas pû se libérer. Une escapade champêtre sans contrainte d'enfants ou de maris dont les personnages vont profiter au maximum. Une "dernière journée d'enfance volée à leur vie d'adulte".

Un livre que j'ai dévoré et qui décrit avec justesse des liens entre des frères et soeurs vraiment unis.

La consolante - Anna Gavalda

Mon résumé : Le héros du livre, Charles Balanda, est un architecte de 47 ans qui partage sa vie entre son travail (chantiers à l'étranger, avions, hôtels) et sa famille (jolie femme délaissée, belle-fille "ado" de 14 ans, une sœur , des parents hors d'âge, des repas de famille traditionnels…)
Une lettre lui annonçant la mort d'une certaine Anouk, va bouleverser son train-train et le plonger dans une véritable crise.  Anouk,  était en fait la mère d'Alexis, un ami d'enfance de Charles, perdu de vue depuis longtemps. Charles admirait grandement cette Anouk  infirmière au grand cœur dont il ne cesse de vanter les mérites.
Sylvie, une ancienne collègue d'Anouk, remet à Charles un mystérieux paquet légué par Anouk.  Il décide enfin d'aller reprendre contact avec Alexis…
 
Mon avis : Divisé en quatre grands chapitres, le livre nous relate l'histoire de Charles Balanda qui mène une vie tout à fait ordinaire, et qui va brutalement apprendre par une lettre la mort d'une femme qu'il admirait beaucoup : Anouk, la mère d'Alexis, son ami d'enfance.
Dans les deux premiers chapitres,(dont je n'ai pas aimé le style difficile à comprendre avec beaucoup de phrases sans sujet) on découvre la banale vie de Charles  et on ne comprend pas bien pourquoi il était tant attaché à cette femme. Charles survole sa vie personnelle comme professionnelle (il est sans cesse entre deux aéroports) sans en être l'acteur (et nous aussi, nous sommes bringueballés de faits en faits sans en comprendre le pourquoi). Sa triste vie s'écroule encore plus à l'annonce de la mort d'Anouk.  Sa famille, n'ayant jamais entendu parler de cette Anouk, ne le soutient pas du tout... Il se retrouve seul face à sa peine jusqu'à ce que  Sylvie remette à Charles un mystérieux paquet légué par Anouk, Charles va alors partir retrouver Alexis...
Je ne me suis pas attachée aux personnages tant ils sont tristes de banalité et dont on ne comprend pas bien les motivations. Le style haché, ne m'a pas aidé non plus...
Dans les deux derniers chapitres, Charles arrive dans le village paumé d'Alexis et va rencontrer Kate, une américaine qui habite une ferme avec des enfants (on apprendra que trois sont ceux de sa soeur, et les deux autres qu'elle a adopté) et des animaux. La belle Kate va conter son histoire peu banale à Charles qui va petit à petit tomber sous le charme et renouer avec son passé, son amitié avec Alexis et sa vie heureuse d'avant...
Ces deux derniers chapitres sont écrits dans le style d'Anna Gavalda ("l'échappée belle" et "Ensemble c'est tout") que je connais et que j'apprécie beaucoup. Charles devient attachant, les phrases deviennent des phrases normales avec sujet, verbe et complément, le style est clair et l'histoire beaucoup plus intéressante.
En résumé, à mon avis, l'histoire n'aurait été que meilleure si elle avait commencé au chapitre III avec juste une petite phrase introductive. Dommage qu'il faille lire presque 400 pages (sur 635) avant d'apprécier cette lecture!  Heureusement que je me suis accrochée! Je pense que pas mal de lecteurs ont dû se décourager avant la fin...

Je l'aimais - Anna Gavalda

Mon résumé : Adrien vient de quitter Chloé la laissant seule avec leurs deux filles. Afin de l'aider à refaire surface, Pierre,  le père d'Adrien emmène Chloé et ses deux petites-filles dans leur maison de campagne afin de faire lui changer les idées. Le soir de leur arrivée,  une fois les enfants couchées, au coin du feu et avec une bonne bouteille, ils vont se confier l'un à l'autre. Pierre, au lieu de critiquer le comportement de son fils, va tenter d'expliquer à Chloé que, parfois, il vaut mieux être malheureux une bonne fois pour toutes et passer à autre chose plutôt que de vivre toute sa vie avec quelqu'un qui ne vous aime plus en prenant comme exemple concret sa propre vie : Lui qui est  pourtant marié a un jour rencontré le grand amour en la personne de Mathilde, mais, par lâcheté et pour ne pas bouleverser sa vie, n'a pas eu le courage de quitter sa femme Suzanne....
 
 
Mon avis : Ce premier roman d'Anna Gavalda est un vrai bon moment. Beaucoup de monde peut s'identifier aux personnages de cette histoire pourtant très banale. D'abord, on plaint Chloé, la pauvre, abandonnée par son mari, et, comme si ça ne suffisait pas à son malheur, son beau père qu'elle n'apprécie pas particulièrement décide de s'occuper d'elle. " C’est la première fois que je me retrouve seule avec lui. Je ne me suis jamais sentie à l’aise en sa compagnie. Trop distant. Trop mutique. Et puis tout ce qu’Adrien m’en a dit, la difficulté de grandir sous son regard, sa dureté, ses colères, les galères de l’école....". Ensuite, on éprouve de la sympathie pour Pierre, ce "vieux con de 65 ans" comme il se qualifie lui-même. Lui, qui semble n'aimer que sa propre personne et ne s'épanche jamais sur ses sentiments, va pourtant lui faire la confidence de l'amour de sa vie. " Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir me défendre, et puis...Et puis je l'ai perdue. De la même manière."
Une belle histoire néanmoins un  peu triste et pessimiste car elle nous rappelle que rien n'est acquis en amour et qu'il est parfois très difficile d'avoir le courage de chambouler sa vie et faire du mal aux gens autour de nous pour en vivre une meilleure.
On espère alors que la nouvelle vie de Chloé sera plus agréable et qu'elle trouvera un mari qui l'aime réellement.
C'est le troisième roman que je lis d'Anna Gavalda après "Ensemble c'est tout" et " L'échappée belle". Le style est toujours aussi simple et direct et ses histoires d'amour ne font jamais dans la mièvrerie..
 
 
Le Dilettante - 217 pages

18 Lunes - Kami Garcia - Margaret Stohl

Attention révélations sur la fin du second tome ! Ne pas lire si vous n'avez pas lu "17 Lunes"!
 
Résumé : Ethan Wate pensait qu’il s’habituait aux étranges et invraisemblables événements qui se déroulaient à Gatlin, sa petite ville du Sud des Etats-Unis. Mais maintenant que lui et Lena sont rentrés, les mots « étrange » et « invraisemblable » ont pris un sens nouveau. Des essaims de sauterelles, une chaleur record et des tempêtes dévastatrices ravagent Gatlin comme Ethan et Lena lutte pour comprendre les conséquences de son choix. Même la famille de puissants Enchanteurs de Lena en est affectée – et leurs pouvoirs commencent à s’en ressentir. Plus le temps passe, plus une question se pose : Qu’est-ce – ou qui – devra être sacrifié pour sauver Gatlin ?
Pour Ethan, le chaos est une distraction effrayante mais bienvenue. Il est de nouveau hanté par ses rêves, mais cette fois il n’y a plus Lena – et tout ce qui l’obsède le suit hors de ses songes dans la réalité. Pire que ça, Ethan perd progressivement des parts de lui – oubli de noms, de numéros de téléphones, même de souvenirs. Il ne comprend pas ce qui se passe, et la plupart du temps il est trop apeuré pour demander.

Parfois il n’y a pas qu’une réponse ou qu’un seul choix. Parfois on ne peut retourner en arrière. Et cette fois, il n’y aura pas de fin heureuse.
 
Mon avis : Contrairement aux précédents tomes, je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture. Je me demande même si je vais lire le quatrième et dernier tome de cette saga. L'idée de départ qui était pourtant très bonne part dans tous les sens.
A la fin du précédent tome, on sait qu'un Nouvel Ordre doit être crée. Mais que pour cela, l'Ordre déjà en place doit être détruit. On retrouve alors Lena, Ethan, Link et Ridley de retour de la Grande Barrière et beaucoup de choses ont changé. Notamment certains pouvoirs qui ont été inversés : Ridley est devenue une Mortelle, Link un Incube (il est d'ailleurs appelé Linkube) Les autres enchanteurs quant à eux, ne contrôlent plus leurs pouvoirs et cela durera jusqu'à temps qu'un nouvel ordre soit établi. Lena, Ethan, Link, Ridley et Liv cherchent alors une solution pour mettre fin à ce bazar indescriptible qui plonge petit à petit Gatlin dans le chaos le plus complet entre tempêtes dévastatrices, chaleur étouffante, nuages de sauterelles et j'en passe. 
Dans 18 Lunes, le lecteur est plongé dans un univers oppressant et très sombre. De plus, les événements qui prennent place sont de plus en plus invraissemblables et j'avoue que cet univers m'a tellement rebutée que j'ai parfois eu du mal à suivre le cours des événements.
Par contre j'ai particulièrement aimé le fait que les pouvoirs changent. Cela rompt avec la monotonie qui a pu s'installer aux cours des précédents tomes. Voir Ridley devenir une mortelle et perdre subitement toute la confiance qu'elle avait en elle m'a particulièrement plu. Elle devient même jalouse lorsqu'elle s'aperçoit que les nouveaux pouvoirs de Link ne laissent pas les filles indifférentes, surtout Savannah Snow.
Jalouse aussi,  Lena n'apprécie guère de voir Liv se rapprocher petit à petit d'Ethan.
Ethan, quant à lui, a de plus en plus de problèmes de mémoire et fait des rêves de plus en plus bizarres.
Les lecteurs fans de cette saga apprécieront sans doute les nouvelles révélations sur Amma, John, Saraphine et sur les ancêtres de Lena qui laissent imaginer un quatrième tome plein de rebondissements jusqu'au dénouement final. Quant à moi, je vais attendre un peu que ma lassitude de cette histoire soit passée pour me plonger dans la lecture du dernier tome.
 
L'image que je retiendrai : "N'oublie pas que le pire précède le mieux." J'espère que cette citation sera applicable au dernier tome et qu'il sera mieux que "18 Lunes"!
 
 
Éditions Hachette Black Moon - Fantastique - Jeunesse - 570 pages

17 Lunes - Kami Garcia - Margaret Stohl

Attention révélations sur la fin du premier tome ! Ne pas lire si vous n'avez pas lu "16 Lunes"!
 
Mon résumé  : Oncle Macon n'a pas survécu aux événements qui se sont déroulés dans la nuit de la Seizième Lune durant laquelle Lena aurait du "s'appeler". Lena se sent responsable de cette mort et ne va pas bien. Pour protéger Ethan du mal qu'elle pourrait lui faire, elle décide prendre ses distances et, grâce à Ridley, elle fait la connaissance de John Breed un enchanteur des Ténèbres.
De son côté, Ethan assiste impuissant  et jaloux à l'éloignement de Lena. Lors de son stage d'été à la bibliothèque avec Marian, il va faire la connaissance d'Olivia Durand "Liv" une apprentie Gardienne de 17 ans formée par Marian et passionnée par l'astronomie. C'est elle qui va aider Ethan et Link  à retrouver Lena, Ridley et John à la "Grande Barrière". 
Ethan parviendra-t-il à reconquérir Lena? Lena et Ethan arriveront-ils à mettre fin à la malédiction de leurs familles? Lena maintenant mi-enchanteresse de Ténèbres, mi-enchanteresse de Lumière arrivera-t-elle finalement à "s'appeler " pour trouver son camp?
 
Mon avis : Ayant adoré "16 Lunes" je me suis précipitée sur cette suite pour tenter de répondre aux questions qui restaient en suspens à la fin du livre. Beaucoup de réponses ont été données et de nouvelles questions apparaissent.
Le livre débute sur l'enterrement de Macon. Lena est alors au plus bas car elle pense que tout ce qui est arrivé est de sa faute. Elle devient distante vis à vis d'Ethan et passe de plus en plus de temps avec sa cousine Ridley (qui n'est pas une très bonne fréquentation). Elle se cherche. Elle ne sait pas si elle fait partie des Ténèbres ou de la Lumière. Pour preuve : elle a maintenant un oeil vert (signe des enchanteurs de la Lumière) et un oeil doré (signe des enchanteurs des Ténèbres).
Dans "17 Lunes" les lieux sont beaucoup plus magiques. Cette fois-ci, le lecteur est complètement plongé dans cet univers d'enchanteurs et le côté histoire d'amour un peu fleur bleue entre deux adolescents est mis de côté. 
Les personnages secondaires ont ici une place très importante et déterminante pour la suite de l'histoire : Liv, l'anglaise fraîchement arrivée à Gatlin et formée par Marian va en apprendre beaucoup à Ethan sur le monde des enchanteurs et va aider ce dernier à rejoindre "La grande Barrière" pour tenter de retrouver Lena. Le personnage de Link prend aussi de l'importance car il veut aider coûte que coûte Ethan à retrouver Lena et par la même occasion sa petite amie Ridley.
J'ai trouvé qu'Ethan était très lucide face à sa situation d'un côté éconduit par celle qu'il aime et de l'autre, on sent bien qu'il commence à éprouver de l'attirance pour Liv. Il est totalement déboussolé. Pour une fois dans ce genre de livre, nous avons le point de vue et les ressentis d'un garçon. ça change!
Beaucoup de révélations dans ce tome notamment concernant la mère de Ethan. Les flash-back sont encore présents et aident Ethan à mieux comprendre le passé de Lena.
J'ai particulièrement aimé la fin pleine de retournements de situation. Je peux juste vous dire que certains pouvoirs vont s'inverser... Donc, j'ai vraiment hâte maintenant de lire "18 Lunes" pour savoir comment ........... va utiliser ses nouveaux pouvoirs, comment ..........  va s'adapter à sa vie de Mortel(le). Pour savoir les prénoms qui se cachent sous les espaces bleus, vous savez ce qu'il vous reste à faire! 
 
Éditions Hachette Black Moon - Fantastique Jeunesse - 567 pages

16 Lunes (Sublimes Créatures) - Kami Garcia et Margaret Stohl

Mon résumé : Lena Duchannes vient d'emménager à Gatlin chez  son oncle Macon Ravenwood. Dans le village, des rumeurs courent : Macon serait fou, et il habiterait une maison hantée... Alors, lorsque Lena arrive au collège de Jackson, les rumeurs s'intensifient et de curieux événements se produisent. Alors que la jeune fille a tout le monde à dos, Ethan Wate est le seul à vouloir en savoir plus sur cette mystérieuse fille. En effet, Ethan fait des rêves étranges depuis plusieurs mois et il se rend vite  compte que la mystérieuse fille présente dans ses rêves n'est autre que Lena. De plus, il s'aperçoit qu'ils peuvent communiquer ensemble par la pensée. Peu à peu, des liens d'amitié se forment entre eux, et Lena accorde petit à petit sa confiance. Mais Ethan doit se rendre à l'évidence, Lena est une Enchanteresse, elle possède de nombreux pouvoirs tel que celui de maîtriser les éléments. Mais il va vite comprendre que côtoyer une Enchanteresse peut le mettre en danger : Le jour de ses 16 ans, Lena sera appelée, et elle saura si elle fait partie des Enchanteurs de la Lumière ou des Enchanteurs des Ténèbres.
 
Mon avis : C'est en regardant la bande-annonce cinéma que j'ai été tentée par cette lecture. Et je n'ai pas été déçue car ce livre a été pour moi un coup de coeur. Je n'ai pas l'habitude de lire des livres "jeunesse", mais vu que j'avais adoré la saga "Twilight" je me suis dit pourquoi pas? En plus, j'adore lire et ensuite aller au cinéma voir l'adaptation.
En fait, cette saga ne ressemble en rien à Twilight car ici, pas question de vampires et de loup-garous. En plus, le narrateur est Ethan. Avoir le point de vue d'un garçon rend certainement les choses un peu moins "fleur-bleue".
S'il m'a fallu une centaine de pages pour me mettre dans l'histoire, j'ai ensuite été littéralement happée. Je me suis attachée à Ethan et Lena et leurs drôles de familles.
Ethan est orphelin de mère et vit avec sa "nounou" Amma qui l'élève et lui transmet les valeurs et l'amour comme l'aurait fait sa mère. Son père, quant à lui, vit reclus dans son bureau depuis le décès de sa femme. Ethan ne le voit jamais.
Lena, elle aussi "orpheline" se retrouve chez son oncle Macon. Dans sa famille d'Enchanteurs, ont sait que le jour des 16 ans on est "appelé" et qu'à la suite de cet événement, on se retrouve soit coté Lumière, soit coté Ténèbres. C'est cet événement qu'on attend tout au long du livre.
Les interrogations commencent alors pour Ethan et Lena car ils sont en train de tomber amoureux, et cet appel pourrait bien rendre leur amour impossible.
Les personnages secondaires ont un rôle intéressant et déterminant aussi pour l'Histoire de nos deux jeunes lycéens. Car Amma semble en savoir beaucoup plus qu'elle ne le prétend sur cette mystérieuse famille Duchannes - Ravenwood et tente bien difficilement de ramener Ethan à la raison.
Ridley, la cousine de Lena, a , quant à elle déjà été appelée et est devenue Enchanteresse des Ténèbres. Elle est l'exemple type de ce que Lena ne veut pas devenir.
Link, le meilleur ami de Ethan m'a bien fait rire. Il semble maladroit et prend la vie comme elle vient. Il est le fils d'une des plus ferventes membres des Filles de la Révolution Américaine (FRA), Madame Lincoln. Il va vite tomber sous le charme de Ridley Duchannes qui va faire de lui son petit "toutou" et son "jouet'.
Marian Ashcroft, la bibliothécaire et meilleure amie de la mère d'Ethan  va faire découvrir à Lena Ethan et Link un monde bien particulier et les mettre sur la piste d'un secret...
Tout au long du livre, il y a de nombreux flash-backs faisant référence à une histoire entre les ancêtres de Ethan et Lena pendant la Guerre de Sécession et qui nous amènent à nous poser de nombreuses questions dont les réponses se trouveront certainement dans le prochain tome.
Pourquoi Ethan qui n'est qu'un simple mortel arrive à communiquer par la pensée avec Lena? Ont-ils un lien de parenté? De quel coté des Enchanteurs Lena va-t-elle se retrouver? Pourquoi Amma semble en savoir autant sur la famille Duchanes / Ravenwood? Comment Lena va protéger Ethan de ses étranges pouvoirs? Autant de questions dont j'ai hâte de connaître les réponses!
Un livre qui n'est pas seulement pour les ados ou jeunes adultes mais qui pourra plaire à tout le monde .
Après ce coup de coeur, je me suis plongée dans 17 Lunes et je l'ai presque déjà fini. Vite, vite, la suite avec 18 Lunes!
 
L'image qui m'a amusée : Macon qui se retrouve dans la chambre d'Ethan en pleine nuit, celui-ci lui demande s'il est un vampire. Outré, Macon se défend avec indignation, qualifiant les vampires de « clichés » et de manque d'imagination de la part des Mortels. Clin d'oeil et référence humoristique  à Twilight !
 
Éditions Hachette Black Moon - Fantastique - 696 pages

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