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dimanche 24 septembre 2017

Mon autopsie - Jean-Louis Fournier

Mon autopsie - Jean-Louis Fournier

– Tu as des nouvelles de Fournier ? On entend moins parler de lui.
– Peut-être qu’il est mort.
– On le saurait.
– Pas sûr…
"Je suis mort.  
C'est pas le pire qui pouvait m'arriver."
Jean-Louis Fournier s'est fait autopsier par la charmante Égoïne pour qu'on sache ce qu'il avait dans la tête, dans le cœur et dans le ventre.

mercredi 28 octobre 2015

Ma mère du Nord - Jean-Louis Fournier

Ma mère du Nord - Jean-Louis Fournier
Synopsis : « Petit, chaque fois que j’écrivais quelque chose ou faisais un dessin, j’avais besoin de le montrer à ma mère pour savoir si c’était bien.
Qu’est-ce qu’elle penserait aujourd’hui de ce que je suis en train d’écrire sur elle ?
Je suis inquiet. Elle doit en avoir assez qu’on parle de son mari alcoolique. Ne pas avoir envie qu’on parle d’elle, la discrète, la réservée, de ses maladies imaginaires, de sa tristesse.
Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour ? Que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse.
Ce livre, je l’ai écrit pour la faire revivre.
Parce qu’elle me manque. »

[rentrée littéraire 2015]
Je remercie les éditions Stock pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j'adore cet auteur au  style très poétique et à la façon d'exprimer ses sentiments si peu conventionnelle en mêlant amour, tendresse et reconnaissance, le tout parsemé d'humour caustique. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette nouvelle publication consacrée cette fois-ci à sa maman. Et, comme le dit Jean-Louis Fournier, il a gardé le meilleur pour la fin! Après nous avoir présenté son père (Il n'a jamais tué personne, mon papa), son épouse (veuf) ses deux fils handicapés (où on va, Papa?) puis sa fille (La servante du Seigneur), il reprend la plume pour nous présenter Marie-Thérèse, cette femme discrète et dévouée qui lui a permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui.
Dans de très courts chapitres dont les titres comme des phrases de bulletins météorologiques nous laissent présager d'événements heureux ou tumultueux, ("Pour le Pas-de-Calais, vents variables, la mer sera belle" ou encore "Sur Mer du Nord, une dépression secondaire se creuse") il nous raconte cette femme effacée qui semblait vivre plus pour le bonheur de ses proches que pour elle même faisant face seule à l'éducation de ses trois enfants puisque son mari, bien que médecin réputé était devenu un "clochard gris" à cause de son addiction à l'alcool.
Comme dans ses précédents livres, certains passages sont gais, d'autres non, mais le véritable point fort de l'auteur est de ne jamais se départir de son humour ce qui lui évite de faire dans le larmoyant et c'est pour cela que j'aime beaucoup ses témoignages.
Je ne peux que vous recommander ce bel hommage sonnant comme une déclaration d'amour!

Ma mère du Nord

Extrait : "Dans mes livres, j'ai donné des nouvelles de ma famille. De mon père, il n'a jamais tué personne. De la mère de mes enfants pour qui le poète est devenu paysan. De mes deux garçons, maintenant ils savent où on va papa. De ma femme qui m'a laissé veuf inconsolable et de ma fille devenue la servante du seigneur.
Pas de nouvelles de ma mère. Elle est la seule que je n'ai pas encore eue dans mon collimateur. Pourquoi maintenant? Parce que je suis vieux. C'est toujours chez leur mère que se réfugient les gangsters après leur dernier coup. Surtout, je voulais garder le meilleur pour la fin.
Ma mère était réservée et discrète. Elle n'aimait parler d'elle ni qu'on parle d'elle."

A lire aussi

Éditions Stock - Témoignage - 186 pages

vendredi 2 octobre 2015

Se lever à nouveau de bonne heure - Joshua Ferris

Synopsis : Paul O’Rourke est un dentiste hors-pair, un New-Yorkais qui entretient avec sa ville des rapports ambigus, un athée convaincu, un supporter désenchanté des Red Sox, et grand amateur de mokaccino. Et pourtant il est hors du monde moderne. Son métier, certes, occupe ses journées, mais ses nuits ne sont qu’une succession de regrets ; il ressasse les erreurs qu’il a commises avec Connie, son ex-petite amie (qui est également l’une de ses employées) et, tour à tour, vitupère ou s’émerveille devant l’optimisme du reste de l’humanité.
Ainsi va sa vie, jusqu’à ce que quelqu’un se fasse passer pour lui sur le web. Impuissant, Paul O’Rourke voit, avec horreur, paraître en son nom un site internet, une page Facebook et un compte Twitter, qui semblent vouloir faire l’apologie d’une religion ancienne tombée dans l’oubli. Mais cette imposture on line, bientôt, ne se contente plus d’être une simple et odieuse atteinte sa vie privée. C’est son âme même qui se retrouve en danger, car son double numérique est peut-être bien meilleur que sa version de chair et de sang. Ce nouveau roman de Joshua Ferris, vertigineux d’inventions, emprunt d’un humour caustique, s’attaque aux trois fondamentaux de notre existence moderne : le sens de la vie, l’inéluctabilité de la mort, et la nécessité d’avoir une bonne hygiène dentaire.

[Rentrée Littéraire 2015]
Je remercie les éditions JC Lattès pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : Le titre et le thème d'usurpation d'identité me faisaient vraiment envie, mais malheureusement, je n'ai pas du tout  accroché à ce livre. S'il partait plutôt bien et que j'ai apprécié découvrir la vie de Paul O'Rourke, un dentiste New Yorkais plein d'ambition, mes premières impressions ont vite laissé place à un agacement et une déception car la religion (principalement le judaïsme) et le narcissisme de Paul ont pris le pas sur cette usurpation d'identité. La quatrième de couverture nous décrit un Paul athée alors que pour un incroyant, il y pense tout le temps et en parle bien trop souvent (même indépendamment de sa mésaventure).
Je ne connais pas beaucoup de choses sur les différentes religions, et n'ai donc pas réussi à comprendre le message loufoque que voulait faire passer l'usurpateur d'identité. Je n'ai pas compris non plus la passivité de Paul face à des propos si farfelus. J'ai eu l'impression qu'il se laissait faire et que finalement cette mascarade lui passait le temps et lui fournissait un sujet de discussion avec Connie et Betsy ses employées avec lesquelles le dialogue est difficile (parce que l'une est son ex et l'autre, une véritable grenouille de bénitier). Je m'attendais à une enquête énergique pour découvrir le fin mot de l'histoire et non autant de réflexions sur la religion de ses anciennes petites copines et autres pensées qui n'ont rien à voir avec l'histoire et dont on se demande ce qu'elles viennent faire là.
Concernant l'humour caustique dont nous parle aussi le synopsis, je ne l'ai pas vu... A moins que ce soit quand Paul nous parle de ses patients, mais à ce moment là, je n’appellerais pas ça de l'humour mais plutôt de la méchanceté ou de la moquerie gratuites. (Et pourtant, j'adore l'humour noir ou caustique)
Bref, je me suis accrochée pour finir ce livre qui me semblait fort prometteur en cette rentrée littéraire, mais il ne me laissera pas un souvenir indélébile. J'ai même passé les passages en italique de l'usurpateur tellement je n'en comprenais pas leur sens et leur but.
Néanmoins, d'autres personnes ont beaucoup aimé ce livre, alors le mieux serait que vous vous en fassiez votre propre opinion!

Se lever à nouveau de bonne heure

Extrait : "Connie apparut sur le seuil avec un iPad à la main.
- Oui?
- Docteur, quand vous aurez un moment..
Parce que oui, on avait des iPads.. L'année d'avant, on avait changé tous les ordis de bureaux et l'année d'avant encore, les types de Dentech étaient venus mettre à jour notre réseau informatique. Désormais, on pouvait faire tout comme avant, mais en mieux. [...]
- Juste une question... commença t elle quand je sortis dans le couloir. Tu as lu ta bio?
- Ma bio? Quelle bio?
- Sur notre site web.
Je lui pris l'iPad des mains. [...]
Je relavai les yeux vers Connie.
- Celui qui a écrit ça me connaît bien, et connaît bien le cabinet.
- Et la partie bizarre? Tu l'as sautée?
La partie bizarre se trouvait tout à la fin.
Maintenant viens. Avec toi je vais établir mon alliance. Car je vais faire de toi une grande nation. mais tu devras mener ton peuple loin de ces maîtres de guerre et  ne jamais t'en faire des ennemis en mon nom? Et si tu te souviens de mon alliance, alors tu seras sauvé. Mais si tu fais de moi un Dieu, si tu me voues un culte, et si tu envoies psaltérions et tambourins pour porter ma parole, et fais la guerre, alors tu seras consumé par le feu. car à l'homme je demeure inconnu."
Éditions JC Lattès - Littérature contemporaine - 378 pages

jeudi 3 septembre 2015

1001 choses à ne pas dire aux infertiles - Amandine Forgali

1001 choses à ne pas dire aux infertiles - Amandine Forgali
Synopsis :
« C'est dans ta tête ! »
« Tu devrais adopter. »
« Arrête d'y penser ! »
« Pars en vacances... »
« Tu devrais aller voir un psy ! »
Des conseils qui se veulent réconfortants et rassurants, mais qui sont, au contraire, démoralisants et souvent culpabilisants. Chers amis non-infertiles, on ne vous donnera pas ici la recette d'une discussion idéale à avoir avec un infertile, mais vous saurez, grâce à ce livre, tout ce qu'il ne faut surtout pas lui dire. Attention ! Déconseillé aux infertiles de l'humour !


Je remercie Amandine Forgali et les éditions Rebelle pour l'envoi de ce livre qui m'a bien fait rire!

Mon avis : Puisque j'avais beaucoup aimé "Un GPS pour la cigogne" c'est avec grand plaisir que j'ai de nouveau accepté la proposition d'Amandine. Cette fois-ci, il s'agit d'une compilation des articles de son blog "1001 choses à ne pas dire aux infertiles" recensant des paroles parfois drôles mais souvent complètement idiotes que des gens ont pu lui dire concernant son parcours de PMA (Procréation Médicalement Assistée). Mais, si ces paroles sont souvent blessantes (car les gens sont bêtes, ignorants ou  ne réfléchissent pas avant de parler (d'ailleurs, je crois que si l'idiotie était payante, les gens en auraient certainement moins!)), Amandine a pris le parti d'en rire et des les tourner à la dérision. Et c'est réussi! Chaque anecdote est illustrée par un dessin de Ludow dont j'aime aussi beaucoup le trait de crayon.
Malheureusement,  la PMA est encore un sujet tabou car dès que l'on sort de ce que l'opinion considère comme "normalité" on s'expose aux remarques les plus désobligeantes. Heureusement qu'il y a des livres comme celui-ci pour faire réfléchir ceux qui n'en sont pas passés par là sur les remarques qu'ils font en pensant bien faire. 
D'ailleurs, je retiendrai cette phrase "Tu devrais te dépêcher, tu vas être vieille !" qui a le don de m'exaspérer de plus en plus car dites vous bien que (PMA ou non) quand on a envie depuis longtemps de devenir mère mais que les circonstances font qu'on ne l'est toujours pas, la dernière des choses dont on a besoin c'est de votre avis!
Un livre à mettre entre toutes les mains pour rire mais surtout faire reculer l'ignorance!

1001 choses a ne pas dire aux infertiles

Extrait : "Et sinon, il est normal du coup votre enfant ?

Parce que dans la tête de certaines personnes, la Procréation Médicalement Assistée, c’est un peu comme prendre un bain dans une centrale nucléaire… Ils pensent que la PMA, ça rend… bizarre…  
Si l’on vous pose cette question quand vous avouerez que votre enfant est issu de la PMA, ne faites pas comme moi, à rester bouche bée devant l’énormité de la débilité de la question. Riez plutôt aux éclats et dites : 
— Ouiiiiiii, il est tout à fait normal ! À part ses doigts : il en a 20 ! Mais, c’est quand même vachement pratique pour jouer du piano !"

L'image que je retiendrai et qui m'a beaucoup fait rire : "L'avantage, avec le bébé éprouvette, c'est qu'au moins, on est sûr qu'il n'a pas été fini au pipi, lui !"

A lire aussi :

Rebelle éditions - Témoignage humoristique - 164 pages

vendredi 17 juillet 2015

Une vie sans enfance, sans justice - David Frison

Une vie sans enfance, sans justice - David frison
Synopsis : Un gamin qui débarque dans ce monde, dans la haine, la honte et la violence, mais surtout la misère et le mépris. Il n'a rien demandé et, déjà, on veut l effacer. À six ans, il doit faire vivre sa famille qui, pour toute reconnaissance, lui offre des coups. On le veut mort. Sa situation va lui amener des amitiés inimaginables de nos jours, fidèles jusqu au bout. Son sens des affaires, qui va avec son insouciance d'enfant, va en faire une personnalité redoutée. On l'adore ou on le déteste, il n'y a pas de demi-mesure. À quatorze ans, vient l'amour avec un grand A, qui le conduit vers un destin hors du commun. Un an plus tard, il prend les armes pour continuer à parler d'amour et de justice. Cet enfer en fait un guerrier. Né dans une famille très proche de la misère et de la honte, l auteur aurait dû être agriculteur et entrepreneur agricole. Mais on ne lui a pas laissé le choix. Sa vie d'enfant lui a permis d'apprendre à écouter son cœur, à faire ses propres choix. Il était la haine mais, poussé par le vent, sa colère s'est modifiée, elle est devenue paix. Après de nombreuses complications médicales qui ont failli lui coûter la vie, l auteur se décide aujourd'hui à partager le saisissant récit de son vécu.

Je remercie les Éditions Baudelaire pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : J'avoue que cette lecture me laisse sans voix! J'ai d'ailleurs longtemps hésité avant de publier cette chronique par respect pour le travail de l'auteur, mais, pour moi, il y a un énorme problème de style! (cf les extraits ci-dessous).
Ces répétitions de "je lui ai dit", "je dis", "j'ai demandé", "elle me répond" (et j'en passe) m'ont profondément agacée. Je pensais que le style était temporaire car l'auteur racontait son enfance, mais non, ce sont les mêmes répétitions à chaque phrase au long des 480 pages. J'ai d'ailleurs abandonné ma lecture à la fin du premier tiers.
Et c'est dommage car je pense que l'histoire aurait pu me plaire! Je me suis pourtant accrochée, mais même la narration était lente, répétitive.
J'admire néanmoins David Frison d'avoir le courage de nous parler de son enfance difficile avec ses nombreux frères et sœurs, ses corvées quotidiennes, les brimades et son beau-père. Très jeune, il affichait déjà la volonté de s'en sortir et d'aider.
Et vous, auriez-vous réussi à lire un livre au style aussi "surprenant"?

Une vie sans enfance, sans justice - L'enfance

Extraits : "Je lui dit je suis revenu, elle me dit tant mieux. Je dis à Olivier tu diras merci à Jack, il me dit tu lui diras toi même."
"Je lui dis que depuis ce matin j'avais deux portées de lapins et que mon frère m'avait tout appris avant d'aller faire du fromage. L'abbé dit il faut que je vois de mes yeux. Je lui répondis que c'était quand il voulait et il répondit maintenant. Ma mère dit et le dessert? Il dit qu'on revenait et que ça allait faire descendre le reste, comme ça. Je demandais à Céline de venir nous voir si elle voulait. Elle vint que je dis au curé que c'était grâce à elle si maintenant on était une famille."

Éditions Baudelaire - Témoignage - 480 pages

jeudi 26 février 2015

Le baiser de Pandore - Livre 2 Roi - Patrick Ferrer

Le baiser de Pandore - Livre 2 Roi - Patrick Ferrer
Synopsis : Près d’un an après les évènements qui lui ont valu d’être déchargé de ses fonctions, l’ex-commissaire Heyland est relancé sur les traces de l’élusive tueuse aux yeux gris. Une tueuse qui a laissé sur lui une empreinte indélébile et qu’il poursuivra jusqu’au cœur même d’une Russie en pleine reconstruction mais toujours hantée par les fantômes du passé. Le mortel jeu de pistes l’emmènera dans un périple halluciné, des cimetières de Moscou aux plaines glacées de la taïga, tandis que s’accumulent les cadavres sur sa route comme autant de cailloux blancs laissés à son intention.

Je remercie à nouveau Patrick Ferrer pour l'envoi de cette suite!

Mon avis :  Après lecture du premier tome, beaucoup de questions étaient restées en suspens. Cette fois-ci, j'ai eu toutes les réponses que j'attendais et, encore une fois, j'ai pris un réel plaisir à suivre  l'enquête de Paul Heyland concernant l'affaire Julien Delatour.
[attention spoiler du tome 1]
Paul Heyland n'est évidement pas mort, mais il a démissionné de la police. Cette affaire Delatour et plus particulièrement Délia Olevnaya continuent à le hanter et, lorsque Evoline Delatour (la veuve du politique assassiné) veut s'attacher ses services afin de poursuivre l'enquête, il accepte.
Aidé de son nouvel associé et ex-collègue du 36 quai des Orfèvres Ariel, l'enquête reprend. Il faut absolument retrouver Délia ou le coupable. Cette enquête les mènera au cœur de la Russie...
J'ai beaucoup aimé le fait que cette suite se passe en Russie, ce qui m'a permis d'en apprendre un peu plus sur les us et coutumes de ce pays où, apparemment la vodka est le meilleur moyen de se réchauffer.
Paul Heyland m'a paru moins torturé par ses rêves et plus serein car cette fois ci, ils semblent en lien direct avec la réalité et lui confèrent un don de clairvoyance. Le déroulement de l'intrigue est plus clair que dans le tome précédent car il n'y a plus de flash-backs.
En Russie, Heyland va rencontrer Brejinsky qui est maintenant retraité mais qui pourrait l'aider à y voir plus clair dans cette enquête.
Mais la recherche de Délia est loin d'être de tout repos et les menaces ne tardent pas à arriver poussant Ariel à se retirer de l'enquête et à retourner en France... Seul en pays hostile, Heyland va alors rencontrer des personnages tous plus énigmatiques les uns que les autres allant de la simple prostituée au plus grand magnat du pays...
Difficile d'en dire plus sans révéler la clé de l'énigme, mais j'étais loin de me douter de ce dénouement
Délia Olevnaya
Vous pouvez vous le procurer sur Amazon en cliquant ici.

Extrait : "Au réveil, la demeure me parut aussi vide et froide que si elle avait été inhabitée. On aurait dit que l’âme qui l’animait l’avait désertée. La servante ne se montra pas, c’est le chauffeur qui m’accueillit et me servit le petit-déjeuner, plus frugal que la veille. Il haussa les épaules lorsque je lui demandai des nouvelles de madame de Tregonzac. Il n’avait vu personne. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il était à ma disposition pour me reconduire à la gare dès que j’en éprouverai le besoin. Je ne voulais pas partir sans une dernière visite à la falaise. Une bande de nuages gris à l’horizon annonçait un nouvel orage. Je contournai l’enclos protégé de la piscine pour me livrer au vent qui, comme durant notre visite à la Hante du Diable, soufflait en bourrasques de la mer, porté par la marée montante dont les vagues d’écume balayaient la plage de galets. Le crissement des pierres frottant l’une contre l’autre formait une mélopée hypnotique sans cesse renouvelée dans des accords toujours différents. Je m’assis au bord de la falaise, regardant les vagues déferler. Absorbé par le spectacle sauvage, j’aurais pu rester là le reste de la journée si un picotement à la base de la nuque ne m’avait forcé à tourner la tête vers la demeure. D’où je me trouvais, je pouvais apercevoir son étage supérieur et il me sembla voir quelqu’un bouger derrière une des fenêtres. J’essayai de déterminer s’il s’agissait de la pièce où j’avais passé la nuit quand le soleil, perçant brièvement les nuages, fit miroiter les carreaux. Lorsque l’éclat se dissipa, la forme avait disparu. Je regagnai la demeure et trouvai le chauffeur en train de bâcher les meubles comme pour une longue absence. Il secoua la tête sans me regarder quand je demandai si quelqu’un occupait une des chambres."

A lire aussi
Le baiser de Pandore tome 1 Reine - Patrick Ferrer

Suspense - 202 pages

lundi 2 février 2015

Le baiser de Pandore tome 1 Reine - Patrick Ferrer

Le baiser de Pandore - Tome 1 - Reine - Patrick Ferrer
Synopsis : Le commissaire Heyland, vétéran du Quai des Orfèvres, n’est pas un flic comme les autres. Dans le service, on murmure que les morts lui parlent en rêve. Il laisse dire, ou peut-être les rumeurs cachent-elles un plus lourd secret. L’arrivée d’une Ukrainienne aux yeux gris accusée du meurtre d’un homme politique va pourtant bouleverser son petit monde tranquille. Alors que toutes les preuves semblent l’accabler, il se lance à corps perdu dans une contre-enquête qui va rapidement l’entraîner bien plus loin qu’il ne l’aurait imaginé. Comme si cette rencontre avait conjuré des fantômes surgis du passé qui détiendraient la clé pour briser la malédiction qui le poursuit. Mais on n’éveille pas ceux-ci impunément…

Je remercie Patrick Ferrer pour l'envoi de son livre!

Mon avis : J'ai beaucoup aimé le suspense de l'histoire et l'écriture de l'auteur. J'avais hâte de connaître le dénouement, mais à ma grande déception, beaucoup de questions restent sans réponses à la fin de ce tome. Je pense que la lecture du tome 1 doit impérativement être poursuivie par celle du second tome. (clin d’œil à l'auteur : j'espère qu'il va m'envoyer la suite car ce serait cruel de me laisser sur ma faim ainsi !!).
Concernant l'intrigue en elle même : j'ai trouvé très intéressant qu'elle prenne place tour à tour en France et en Russie mais à différentes époques grâce à d'habiles flash-back. En effet, le tout premier chapitre se passe en Russie en 1987 et nous aide à comprendre ce qui va se passer ensuite. Le début de l'enquête à proprement parler commence à Paris en 1994 avec le meurtre de Julien Delatour, un puissant homme politique. Ensuite, les flash-back en Russie en 1989, nous permettent d'en apprendre plus sur la jeunesse de  cette mystérieuse Ukrainienne accusée du meurtre...
Concernant les personnages : j'ai hâte d'en apprendre davantage sur Délia Olevnaya. Elle est très énigmatique. Elle dit ne se souvenir de rien quant à la nuit du meurtre. Je veux savoir comment elle en est arrivée là et en apprendre encore plus sur son trouble passé après l'orphelinat pour jeunes filles. (J'espère avoir la réponse dans la suite).
Heyland, quant à lui semble un peu perdu entre ses rêves, la réalité et ses sentiments. Il a l'air d'être un bon flic mais sur cette enquête concernant le meurtre du haut fonctionnaire, il a intérêt à obtenir un résultat, et vite! Car son patron lui met la pression : " Heyland, j’espère que je me suis fait comprendre. Ma carrière, la vôtre et tout ce qui vous est le plus sacré sont sur la sellette en cet instant même. Il me faut un résultat, et vite ! " Je veux aussi savoir jusqu’où il va aller pour protéger cette jeune fille qui ne semble pas le laisser indifférent.
J'espère avoir l'occasion de lire la suite pour me faire une opinion plus objective, mais le style et l'histoire sont très prometteurs!
Vous pouvez vous le procurer sur Amazon en cliquant ici.

Extrait : "Dans ce métier de malade, il y a des jours avec et des jours sans. Enfin je suppose. Je ne me souviens pas du dernier jour que j’aurais pu qualifier d’avec. Se faire tirer du lit avant l’aube n’est déjà pas un bon signe, même si c’est fréquent. Mais quand ça arrive un dimanche, vous pouvez être certain que la journée va être carrément pourrie. 
La rue était blême et glaciale. On avait beau être en avril, l'hiver ne voulait pas lâcher notre belle capitale. Les premières lueurs de l’aube pointaient au-dessus d’un ramassis d’immeubles grisâtres qui ne méritait pas le titre d’horizon. Cinq heures du mat’, l’heure frontière où les yeux caves de la faune nocturne croisent brièvement les faces encore assoupies des travailleurs de l’aube. Pour les uns, la fausse gaieté d’une nuit d’ivresse s’évaporant comme l’alcool pour ne laisser que le malaise, la solitude et l’ennui. Pour les autres, la pesante résignation des rêves d’une vie différente qui meurent inexorablement avec chaque tirage du Loto. Bref, l’heure à laquelle personne ne sourit."

Suspense - 147 pages

lundi 25 août 2014

Charlotte - David Foenkinos

Charlotte - David Foenkinos
Synopsis : Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Mon avis : Une biographie très bien documentée de la vie de Charlotte Salomon (artiste peintre dont je ne connaissais rien avant cette lecture). Tout au long du livre, on sent bien que David Foenkinos admire cette femme au destin tragique. Il a poussé loin ses investigations au point de se rendre sur les lieux de vie de Charlotte Salomon et de rencontrer sa descendance et les gens qui l'ont connue. Dans de nombreux passages, M. Foenkinos se met en scène lui même pour nous raconter les découvertes qu'il fait au fil de son enquête  et  cela rend le récit plus vivant, nous montre les choses telles qu'elles sont devenues aujourd'hui et constitue un bel hommage à cette artiste peintre plutôt méconnue.
Nous sommes à Berlin,  juste avant le début de la seconde guerre mondiale. L'antisémitisme apparaît, et Charlotte, de confession juive doit arrêter le lycée un an avant le bac. Elle s'inscrit alors à l'école des beaux arts ou elle reçoit le premier prix. Quand son père n'a plus le droit d'exercer son métier de médecin parce qu’il est juif, Charlotte comprend qu'il est temps pour elle de s'enfuir. Elle se réfugie chez ses grands-parents dans le sud de la France. Quelques jours après son arrivée, sa grand-mère se suicide et Charlotte est emportée par les nazis avec son grand-père dans le camp de Gurs, heureusement, elle sera relâchée quelques mois plus tard. Charlotte, que tous ces événements ont plongée dans une crise profonde, se remet alors à peindre pour lutter contre le désespoir. Elle se consacre à son œuvre autobiographique "Leben? Oder Theater?", et peint de nombreux tableaux qui  montrent sa famille et ses amis, et  mettent en scène son enfance et sa jeunesse mais aussi les événements qu'elle a traversés.
Je me suis beaucoup attachée à Charlotte mais aussi aux membres de sa famille. Malheureusement, cette famille semble touchée par une malédiction  : dès son plus jeune âge, Charlotte est confrontée à la mort de sa mère. Son père lui racontera qu'elle est morte de la grippe entretenant ainsi un mensonge que Charlotte ne découvrira que le jour du suicide de sa grand-mère : sa mère s'est en fait suicidée.  Charlotte m'a fait de la peine. Pendant toute sa jeunesse elle pensait que sa mère était devenue un ange et qu'elle allait revenir : "Maman m'avait prévenue. Elle est devenue un ange. Elle disait toujours comme c'est beau d'être au ciel." En fait, elle apprendra par son grand-père que sa mère, sa tante, son oncle et bien d'autres ont préféré mettre fin à leurs jours.
Un livre qui, comme "la jeune fille à la perle" m'a permis d'apprendre plein de choses mais aussi de mieux comprendre l'atrocité de ce qu'ont vécu les juifs lors de la montée de l'antisémitisme. 
Le passage le plus atroce que je retiendrai est celui dans lequel Charlotte, alors enceinte de 5 mois est emmenée en train dans un camps de concentration. Durant le voyage, elle et son mari n'ont même pas d'eau à boire alors que la chaleur est suffocante. Une fois sur place, les nazis lui feront croire qu'elle va prendre sa douche alors qu'elle sera gazée sans que personne ne prête attention à son ventre rond.
Un livre que je recommande pour ce qu'on y apprend et pour la beauté de la plume de David Foenkinos, Mais si vous cherchez la légèreté, passez votre chemin!

Extraits : "Pendant le voyage, Charlotte pose des questions sur sa mère. Le souvenir de sa présence s'est dilué dans les années. Il est réduit à de vagues sensations, des émotions imprécises. Elle souffre d'avoir oublié sa voix, son odeur. La grand-mère élude le sujet, trop douloureux. Charlotte comprend qu'il vaut mieux ne rien demander. Franziska continue son voyage dans le silence. La cause de sa mort demeure secrète à sa fille."
" Certaines journées sont plus calmes. Elles évoquent l'avenir. Charlotte dessine de plus en plus, rêve d'intégrer les Beaux-Arts. Elle marche parfois jusque devant l'Académie. Elle regarde les élèves sortir avec leurs cartons à dessins. Puis, elle lève la tête. Un immense drapeau nazi flotte au sommet de l'édifice."

A lire aussi
La délicatesse
Foenkinos David - Les souvenirs - See more at: http://envies-de-livres.blogspot.fr/p/index-alphabetique.html#sthash.dqWFMbCD.dpufles

Éditions Gallimard - Biographie - Drame - 224 pages

lundi 17 février 2014

La servante du Seigneur - Jean-Louis Fournier

Résumé de l'éditeur : Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle…
Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même.
Elle veut être sainte.
Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.
 
Mon avis : Ce livre très court mais très émouvant est une sorte de lettre ouverte à sa fille. Jean-Louis Fournier qui a l'habitude de parler de sa famille dans ses livres revient ici sur les difficultés relationnelles qu'il a avec  Marie depuis qu'elle a rencontré un théologien qui l'initie à la religion intégriste. Il fait un bilan de ses relations devenues très complexes.
Pour ne pas tomber dans le pathos, il emploie beaucoup d'humour noir : il appelle le compagnon de sa fille "Monseigneur" et semble d'une certaine manière un peu jaloux de lui. Car sa fille n'écoute que "Monseigneur".
Il évoque le temps regretté ou ils s'entendaient bien et qu'elle était encore  dans le milieu de la mode, (elle a quitté son emploi lorsqu'elle a rencontré "Monseigneur") qu'elle s'habillait avec des vêtements colorés et où il pouvait donner son avis sans être contredit à chaque fois.
On sent que ce sectarisme l'effraie et qu'il a peur de perdre sa fille.
J'ai adoré ce livre qui m'a néanmoins beaucoup émue. En effet, Jean-Louis Fournier n'a plus que sa fille. Après les décès de sa femme Sylvie (Dont il parle dans "Veuf") et de ses deux garçons lourdement handicapés (Où on va, Papa?), il n'a plus que Marie pour se raccrocher à la vie. Le sort semble s'acharner contre lui. Même Marie n'a de cesse de lui répéter "Tu as le diable au corps". Je trouve cela très courageux de sa part d'avoir une nouvelle fois publié son histoire personnelle. Cela aura au moins eu le mérite de la faire réagir et peut être la faire réfléchir. C'est ce que nous apprenons dans les dernières pages du livre  où Marie a eu un droit de réponse sur ce qu'elle a ressenti comme une attaque. En voici un extrait : "Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un père qui offre sa propre fille au monde entier après l'avoir défigurée. En tant que "chef-d’œuvre" cubiste de Jean-Louis Fournier, j'aurais préféré que ce dernier le garde accroché dans sa maison. Il avait promis. Par générosité, il a voulu en faire profiter tout un chacun. M'y résigner était le prix à payer pour garder un père, même si j'en ressors flétrie."
 
Extraits :
  • "Ma fille m’a demandé pour Noël un 4 × 4 intérieur cuir. Je l’ai exaucée. Je lui en ai acheté un.
    Heureusement qu’elle a fait vœu de pauvreté, sinon elle m’aurait demandé une Rolls-Royce.
    Je l’ai échappé belle."
  • "Monseigneur m’a envoyé une lettre de condoléances lors du décès de Thomas. La lettre commence par « Je vous félicite pour cette exceptionnelle réussite ».
    J’ai eu du mal à comprendre. Thomas était lourdement handicapé.
    Ce n’était pas de l’humour. J’ai compris après.
    Il me félicitait d’avoir peuplé le ciel d’un nouvel ange, d’avoir fait cadeau de mon fils au ciel et à Dieu.
    De quoi culpabiliser les parents qui, égoïstement, gardent leurs enfants pour eux.
    Pourquoi ne pas revenir à la charmante époque des sacrifices humains où l’on savait partager ?"
  • "Pourquoi depuis que tu es à Dieu, tu es odieuse ?"
 
A lire aussi :
Où on va, Papa?
Veuf  
 
 
Éditions Stock - Témoignage - 149 pages

Veuf - Jean-Louis Fournier

Mon résumé : Jean Louis Fournier rend hommage à sa femme décédée brutal ment en pleine force de l'âge. Il profite de ce témoignage / hommage pour nous raconter  Sylvie, cette femme formidable qui n'aimait pas qu'on parle d'elle. Il a  eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle l'a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. Ils étaient complémentaires, il avait les défauts, elle avait les qualités. Elle l’a supporté quarante ans avec le sourire. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Il en  profite, maintenant qu’elle est partie
 
Mon avis : Tout comme "Où on va, Papa?" j'ai adoré ce texte toujours aussi poétique. J'ai encore trouvé très courageux de la part de Jean Louis Fournier d'évoquer Sylvie qui a été sa deuxième compagne et celle qui l'aura épaulé dans l'éducation de ses deux enfants handicapés. Au moment du décès de Sylvie, Jean Louis Fournier avait déjà perdu son fils aîné Mathieu. On voit qu'encore une fois la vie ne lui a pas fait de cadeaux mais il témoigne  avec beaucoup d'amour et ne tombe jamais dans le pathos.
Composé de courts chapitres, ce témoignage se lit très rapidement et la beauté de l'écriture fait qu'une fois plongé dans cette histoire, on la lit d'une traite.
Puisque je ne peux donner mon avis que sur la forme (je ne me permettrais pas de juger un témoignage) je vous encourage à le lire et à vous faire ainsi votre propre opinion sur cette très belle preuve d'amour.
 
  • Extraits : "Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement."
  • "Elle a été ma cale, elle m’a empêché de tomber, je me suis tenu droit à ses côtés. Elle m’a décapé, elle m’a poli, elle m’a fait briller. En échange, je l’ai fait rire. Pleurer aussi."
  • "Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n'ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime."
  • "Un bon souvenir, c'est comme une bonne bouteille, il ne faut pas le boire seul."
  • "Sur mon téléphone portable, j'ai retiré ton nom de mes contacts. J'ai appuyé sur "chercher", j'ai fait dérouler tous les noms jusqu'à "Sylvie", puis j'ai appuyé sur "option" et là j'ai choisi "supprimer". Mon écran a affiché une terrible question : "Supprimer Sylvie ?". J'ai hésité longtemps. Finalement, j'ai enfoncé avec émotion la touche "OK". J'avais l'impression d'être le président de la République qui appuyait sur le bouton rouge de la bombe atomique. Est apparu alors sur l'écran une petite poubelle avec un couvercle sautillant qui s'est posé dessus pour la fermer. Voilà, c'était fait, je t'avais mise à la poubelle."
 
Du même auteur : Où on va, Papa?
 
Éditions Stock - Témoignage -160 pages.

Où on va, Papa? Jean-Louis Fournier

Résumé : Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.
 
Mon avis : "Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main. Personne n'a levé la main.Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois. J'ai eu deux fins de monde." Le ton est donné. Après la naissance de Mathieu, son premier enfant, Jean Louis Fournier pense que le malheur ne peut pas frapper deux fois à la même porte. Malheureusement, il se trompe. Un livre non conventionnel  par son ton. En effet, Jean-Louis, le papa de Mathieu et Thomas a un ton sarcastique. Il tente de nous parler de ses deux fils handicapés avec humour et détachement, mais parfois, j'ai été choquée par sa façon de " se moquer" même si je pense que la meilleure façon d'assumer est l'auto-dérision : "Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ça dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou. Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir." Entre les railleries se trouvent des phrases imagées, belles et poétiques : "Mathieu est parti chercher son ballon dans un endroit où on ne pourra plus l'aider à le récupérer." Bien que son histoire soit triste, nerveusement et physiquement épuisante,  Jean Louis Fournier ne tombe jamais dans le pathos et réussit à merveille à nous donner une vision différente, touchante et émouvante  du handicap.
Le style est concis, clair, le livre est composé de multiples petits chapitres et se lit rapidement. Ce sont toutes ces raisons qui en ont fait le gagnant du Prix Fémina 2008.
 
Éditions Stock - Témoignage - 154 pages.

L'homme qui m'aimait tout bas - Eric Fottorino

Mon résumé : Dans cette biographie, Éric Fottorino nous raconte sa vie avec son père qui a choisi de mettre fin à ses jours à 70 ans passés. Il revient sur son enfance où ce père l'a "adopté" en lui donnant son nom alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années. Il retrace le portrait de cet homme à qui il voue un amour sans faille bien qu'il n'ait "pas la moindre goutte de son sang dans ses veines". Il nous raconte leurs entraînements et sorties en vélo, sa façon qu'il avait, lui, kinésithérapeute de soigner ses muscles endoloris par trop de pédalage. Faisant un parallèle entre sa vie d'enfant et sa vie actuelle, il se demande ce qui a bien pû pousser Michel Fottorino à mettre fin à ses jours. Sa mise en faillite personnelle ou la difficulté qu'il avait de se remettre d'une hémiplégie suite d'un accident vasculaire?
 
 
Mon avis : Un livre poignant où Éric Fottorino nous raconte son enfance élevé par une mère-fille. Son père biologique, d'origine marocaine, s'appelle Maurice Maman et est étudiant en gynécologie lorsqu'il rencontre sa mère. La famille ultra-catholique de sa mère, Monique Charbrerie, s'oppose au mariage. Le jeune Éric est élevé sans son père. Lorsqu'il a 9 ans, sa mère épouse Michel Fottorino, kinésithérapeute  . C'est à ce moment qu'il lui donne son nom. Ce n'est que des années plus tard, qu'il parviendra à reprendre contact avec son père biologique.
Ce livre est un hommage à son père qui, même s'il ne savait pas le dire, l'aimait très fort comme son propre enfant : "Tu pourras m'appeler papa puisque tu porteras mon nom."
Éric Fottorino nous montre la fierté de son père lorsqu'il gagnait des courses à vélo, ou, lorsqu'après des études de droit, il est devenu reporter, chroniqueur, puis directeur de la rédaction en mars 2006 du journal "Le Monde". (Fonction dont il a été révoqué en Décembre dernier (2010)).
Lors de son "passage à l'acte" le 11 mars 2008, Michel s'est tiré une balle de carabine dans la bouche à bord de sa voiture et n'a laissé pour seule explication qu'une lettre envoyée par La Poste à chacun des ses trois enfants. Lettre dans laquelle les raisons de son geste ne sont pas clairement expliquées. Viennent alors de nombreuses questions auxquelles personne ne pourra répondre : Est-ce à cause de sa mise en faillite personnelle due à une  aversion  maladive pour la paperasserie qui faisait qu'il n'ouvrait jamais son courrier?
Est-ce à cause du fait qu'il se sentait diminué après un accident vasculaire? Ou pour une autre raison?
Le moment le plus émouvant du livre et le plus dur, est à mon sens le moment ou les trois frères vont récupérer les affaires de leur père dans la voiture "non nettoyée" à la casse.
Ce livre raconte néanmoins une belle histoire d'amour entre un père et son fils. "Mon père m'a laissé mes mots et la force d'écrire ces pages pour lui dire mon attachement"  Une belle réussite et un bel hommage qui a obtenu le "Grand Prix des Lectrices ELLE 2010, catégorie document.
 
 
Je remercie Blog-o-book et les éditions Folio de m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.
 
Editions Folio - 167 pages

Si je reste - Gayle Forman

Résumé de l'éditeur : Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis... Et puis vient l'accident de voiture. Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses stupéfiantes : d'abord, elle entend tout ce qu'on dit autour de son lit d'hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir. C'est à elle de décider.

Mon avis : Voilà un livre très agréable à lire malgré qu'il parle d'un sujet grave, il est plein d'optimisme.
Mia, victime d'un accident de voiture vit une expérience unique : dans un profond coma, elle sort de son corps et voit tout ce qui se passe autour d'elle: ses grands parents et ses amis sont venus lui rendre visite à son chevet pour l'encourager.
Elle revoit alors sa vie défiler et se demande si elle doit rester en vie ou partir en paix rejoindre ses parents et son petit frère décédés lors de l'accident. Les pensées relatives à la vie ou à la mort d'une adolescente de 17 ans sont à mon avis décrites avec beaucoup de justesse.
Sans jamais tomber dans le tragique, ce livre est émouvant.
J'ai déjà lu un livre racontant une histoire un peu similaire : Marc Levy "Et si c'était vrai". Mais j'ai préféré celui de Gayle Forman ( et de loin). Je pense acheter l'autre roman de cette auteure " Les coeurs fêlés".

Adaptation cinématographique en cours...

Là où j'irai - Gayle Forman

Mon résumé : Mia, violoncelliste de renom et Adam, rockstar adulée du groupe en vogue Shooting Star se sont connus pendant leur adolescence. Ils avaient 17 ans et prévoyaient déjà l'avenir lorsque Mia a été victime d'un très grave accident de la route qui avait failli lui coûter la vie et duquel elle est ressortie avec quelques séquelles physiques et psychiques : elle y a perdu son petit frère et ses parents. Voilà donc trois ans que leurs routes se sont séparées et le hasard va les remettre l'un en face de l'autre... Ils vont vivre de poignantes retrouvailles car les souvenirs bons ou mauvais resurgissent et les sentiments encore à vif les submergent. Leur amour qu'ils pensaient indestructible à l'époque se heurte à la réalité de leurs vies d'adultes... Peuvent ils tirer un trait sur le passé et tout recommencer comme avant?
 
Mon avis : Ce livre est la suite de l'histoire de "Si je reste". Trois ans après leur séparation Mia et Adam vont se retrouver après un concert de violoncelle et cela tombe bien car Adam est à la dérive. Il ne s'entend plus très bien avec son groupe Shooting Star, sa relation avec Bryn sa fiancée du moment est compliquée. Il doit fuir en permanence les paparazzi et ne peut plus vivre sans sa boite de tranquillisants. Lorsqu'il retrouve Mia, elle lui propose  une dernière virée d'adieux. Pendant cette virée nocturne au coeur du New york insolite  et préféré de Mia, ils vont avoir l'occasion de faire le point sur leurs vies. Adam va obtenir des explications et va savoir pourquoi  Mia l'a laissé tomber à sa sortie du coma. En fait elle lui en veut de l'avoir poussée à rester du coté du monde des vivants car pendant son coma, elle entendait tout ce qui se passait autour d'elle : Adam la suppliait de rester. Malheureusement, à son réveil, elle a dû faire face à la douleur de nombreuses blessures et surtout à la disparition de ses parents et de son petit frère Teddy.
" Tu vois, ç'aurait été plus facile de mourir. Ça ne veut pas dire que j'aimerais être morte aujourd'hui. Absolument pas. J'ai beaucoup de satisfaction dans ma vie. Mais c'était très dur, surtout au début. Et je ne pouvais pas m'empêcher de penser que tout aurait été plus simple si j'étais partie avec eux. Mais toi tu... tu m'avais demandé de rester. Tu m'avais suppliée de rester. Tu t'étais penché sur moi et tu m'avais fait une promesse, aussi sacrée que n'importe quel voeu. Je comprends pourquoi tu es en colère, mais tu ne peux pas m'en vouloir. Tu ne peux pas me haïr de t'avoir cru sur parole."
Encore une fois, j'ai beaucoup aimé ce livre bien qu'il soit beaucoup moins émouvant que le premier. J'ai surtout beaucoup apprécié le passage ou Mia explique son ressentiment d'avoir écouté Adam et d'être restée.
Une belle histoire comme on aimerait en lire plus souvent.
 
Oh éditions - 278 Pages.

Les coeurs fêlés - Gayle Forman

Mon résumé : Brit, une jeune fille de 16 ans vient d'être placée par son père dans une maison de redressement pour jeunes filles : "Red Rock". Elle  ne comprend pas pourquoi son père a agi de la sorte, car c'est une jeune fille sage qui n'a rien d'une délinquante et n'a pour seule originalité que quelque mèches rouges et d'être membre d'un groupe de rock.
Mais elle comprend que c'est certainement sa belle-mère, qui, voulant vivre tranquillement avec son père et leur petit garçon, a persuadé ce dernier qu'il fallait la mater car de petits faits totalement anodins peuvent devenir bien plus importants s'ils ne mettent pas le holà de suite.
Elle se retrouve donc dans cette institution ou elle devra suivre une "psychothérapie" dispensée par des "thérapeutes" qui ne le sont pas vraiment. Va alors commencer une longue lutte pour tenter de se faire respecter et faire savoir à l'extérieur que les méthodes employées sont d'un autre age et d'une grande barbarie. Heureusement, elle pourra compter sur l'aide de ses nouvelles "soeurs" : Cassie, Babe, Martha et V (Virginia).
 
Mon avis : Déjà complètement convaincue par "Si je reste", et "Là où j'irai"  c'est encore une fois un excellent moment que j'ai passé grâce à Gayle Forman.
J'ai beaucoup aimé ce roman dont le thème principal est l'amitié. Brit aura au moins gagné quelque chose dans son malheur : des amies qu'elle considère comme des soeurs : "Nous sommes soeurs" ai-je répété. J'ai placé ma main droite au-dessus des leurs et j'ai senti la force qui dégageait de notre union. "Soeurs contre Tous" et avec lesquelles elle va former "Le club des fêlées"
Je sais que c'est un roman, mais la façon dont sont traitées ces jeunes filles m'a révoltée. Par exemple les faire marcher sous le soleil pendant des heures, ou priver une "grosse" (Martha) de nourriture allant jusqu'à la faire tomber dans le coma (et dire aux parents que c'est parce qu'elle est devenue anorexique). En effet, les parents n'ayant aucun droit de visite, ne savent pas ce qui se passe réellement à Red  Rock et pensent que leurs filles sont entre de bonnes mains. La priorité pour Brit et ses amies est alors de faire la lumière à l'extérieur sur leur condition. Mais la tâche s'annonce ardue car qui peut croire ce que disent des ados "rebelles"?  : "C'est la seule solution, Brit, avancer pas à pas. Et quand on s'obstine à mettre un pied devant l"autre, on finit toujours par arriver quelque part." 
J'ai adoré la personnalité de Brit qui ne baisse jamais les bras face à l'adversité. Elle est obstinée et c'est ce qui fait toute sa force. "Quelque chose bouillonnait en moi. Ce n’était pas de la colère, mais de l’indignation et une résolution nouvelle. J’en avais assez de dépendre d’adultes cruels et incompréhensifs. C’était le monde à l’envers. Les adultes ne jouaient plus leur rôle. Ils s’étaient enfermés dans un cocon d’ignorance et voulaient nous faire croire que nous ne tournions pas rond. Nous ne pouvions plus avoir confiance en eux. Il n’y avait personne ici pour nous guider, pour veiller sur nous. Nous devions nous débrouiller seules." Même si pendant un temps elle va penser que, comme sa mère, elle a sombré dans la folie (Et c'est peut être aussi craignant une folie héréditaire, que son père a pris cette décision ). 
Voici une phrase que j'ai noté et qui résume assez bien la difficulté de faire connaître sa condition à l'extérieur : "Ce n'est pas parce qu'on est parano qu'on est pas persécuté, ai-je rétorqué".
Une belle histoire d'amitié sur fond d'injustice que peuvent lire les ados comme les adultes et que je recommande.
 
Pour finir, je remercie Livr@ddict et les éditions Pocket pour m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un paretnariat
 
Editions Pocket - 223 pages - Roman

Un GPS pour la cigogne - Amandine Forgali

Mon résumé : Grâce à ce livre témoignage, Amandine Forgali nous raconte son parcours du combattant pour devenir mère. Âgée de 33 ans, elle est aujourd’hui maman d’un « bébé éprouvette ». À travers son témoignage, elle nous fait  partager son vécu d’infertile, car même si les difficultés sont nombreuses, la victoire,  vaut toutes les batailles de la terre. Jour après jour, elle nous présente toutes les démarches et examens qu'elle a dû subir avant de devenir enfin maman 6 ans plus tard.
 
Mon avis : Tout d'abord, je tiens à remercier Amandine Forgali de m'avoir contactée directement pour me proposer de lire son témoignage. Grâce à elle, j'ai appris plein de choses sur les procédés de procréation médicalement assistée et j'étais loin de me douter que toutes les démarches sont si compliquées et si médicalement et biologiquement précises.
Des premiers examens médicaux aux 6 IAC*, puis les préparations aux  FIV** jusqu'à la réussite elle ne perd jamais espoir. Pourtant les déceptions successives auraient pu en faire renoncer plus d'une, mais elle persiste, "s'acharne" comme le dit même sa belle soeur. D'ailleurs, ce qui lui est le plus dur à supporter, sont les réflexions mesquines de l'entourage ou les copines qui tombent enceintes les une après les autres. Heureusement, grâce à Internet, elle a pu rencontrer plein de jeunes femmes comme elle, toujours prêtes à lui redonner espoir, et c'est sans doute grâce à elles et son "Chéri" qu'elle a toujours eu espoir malgré un découragement parfois grand. "C’est alors que je pense à tout ce qu’on a fait « pour rien ». On a gâché la totalité de nos congés depuis deux ans pour les traitements : pour rien. On m’a obligée à faire six inséminations : pour rien. Cette longue attente et toute cette énergie gaspillée : pour rien. Toutes ces piqûres, toutes ces hormones, tous ces risques pour ma santé pris : pour rien.
La vie est injuste. Pourquoi certaines tombent enceintes alors qu’elles ne désirent même pas d’enfant et moi, qui le veux tant, qui lutte pour en avoir un, je n’y parviens pas. Je voudrais que tout  cela cesse. Qu’on arrête, Chéri et moi, de se battre inutilement. Je voudrais que ce calvaire se termine enfin. Car j’ai l’impression de nager dans l’océan avec une enclume accrochée à ma cheville. Ce poids qui me tire toujours vers le bas alors que je me démène pour attraper la jolie barque à la surface de l’eau."
J'ai particulièrement aimé aussi les petites notes d'humour omniprésentes tout au long du livre. par exemple : "J'occulte complètement celles qui ont peut-être galéré un tantinet soit peu, pour ne remarquer que celles qui tombent enceinte rien qu'en regardant le slip de leur mari."
En plus d'une belle leçon d'espoir et de combativité, cette lecture apprendra beaucoup de choses techniques aux femmes concernées par ce sujet encore bien trop souvent tabou.
 
 
Éditions Terriciae - Témoignage - 155 pages. Blog d'Amandine Forgali
 
*L’insémination artificielle intra-utérine avec sperme du conjoint (IAC) consiste à injecter des spermatozoïdes "préparés" dans la cavité utérine, le jour de l’ovulation.
** La fécondation in vitro (FIV) s'effectue à l'extérieur du corps, dans une éprouvette à l'intérieur de laquelle les  spermatozoïdes et ovules sont mis en présence, afin de faire naître un embryon qui sera implanté par la suite dans l'utérus de la mère ou dans celui d'une mère porteuse.
 
Edit 26/01/12 : Je suis flattée! Voici le commentaire d'Amandine.
 

Les souvenirs - David Foenkinos

Résumé : Le narrateur, alors apprenti romancier, prend conscience à l’occasion du décès de son grand-père de tout ce qu’il n’a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l’amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu’il n’a pas su vivre avec son grand-père, il décide alors de le vivre avec elle. Il va la voir souvent, parvient à égayer sa solitude, à la faire rire de tout. Mais elle finit par apprendre que son appartement a été vendu, et fait une fugue…
Le narrateur va partir à sa recherche, et la retrouver pour lui offrir ses derniers moments de bonheur. Le hasard lui fait en même temps rencontrer Louise, qu’il va aimer..... Les souvenirs, nourris de joies, de douleurs et de mélancolie, lui offrent désormais la possibilité d’écrire son roman – et peut-être son avenir.
 
Mon avis : J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman autobiographique. Le début, avec la mort du grand-père et la grand-mère alors veuve que sa famille veut mettre en maison de retraite et vendre son appartement. Les maisons de retraite nous sont décrites sans concessions : les pensionnaires qui ont hâte d'en "finir" ou de "partir" et le peronnel qui fait tout pour déculpabiliser les enfants de mettre leurs parents dans de tels établissements par exemple en présentant le menu du refectoire à la façon de cartes de grands restaurants avec des noms de plats pompeux. J'ai trouvé cette situation très triste. Mais bien vite, je suis rentrée dans l'histoire et je n'ai pas pu en décrocher...
Car au delà de cette triste situation de deuil, il y a une très belle histoire d'amour entre la grand-mère et le narrateur. Il est en effet le seul à se soucier du sort de cette dernière. Son père est trop occupé entre son travail et sa femme (la mère du narrateur) en pleine dépression nerveuse. C'est lui qui partira à sa recherche lorsqu'elle fera sa fugue vers sa ville natale : Etretat. La vieille femme n'a pas l'intention de rester croupir dans la maison de retraite, elle a envie de revenir sur son passé revivre ce qu'elle a l'impression d'avoir laissé inachevé. Son petit fils va alors lui faire une belle surprise : revenir passer une journée dans l'école de son enfance. La grand mère vit alors un grand moment avec les enfants qui lui posent plein de questions. Une m'a d'ailleurs particulièrement amusée : "Est-ce que tout était vraiment en noir et blanc quand vous étiez petite?".
Cette idée de retourner dans l'école de de sa grand-mère va permettre au narrateur de faire une belle rencontre : Louise la maîtresse qui deviendra alors sa femme et avec qui il aura quelques années plus tard Paul.
Les chapitres sont entrecoupés de souvenirs de gens célèbres ou non que le narrateur a croisé au court de sa vie. J'ai trouvé ces apartés peu utiles pour l'histoire mais parfois plein de poésie.
 
En conclusion : Une très belle histoire malgré des thèmes difficiles (nostalgie du temps qui passe, sénilité, mort, dépression, rupture sentimentale, incompréhension entre les êtres)
 
Extraits: "Deux jours auparavant, mon grand-père était encore vivant. J'étais allé le voir à l'hôpital avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. (...) Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux lui dire, là."
"Pendant les jours qui ont suivi, j'ai été un étranger dans ma vie. J'étais là, je vivais, mais comme irrémédiablement attaché à la mort de mon grand-père. Puis les douleurs s'échappent. J'ai pensé à lui de moins en moins souvent,et maintenant il navigue paisiblement dans ma mémoire, mais je n'éprouve plus le poids au coeur des premiers temps. Je crois même ne plus ressentir de véritable tristesse. La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C'est toujours étrange de se dire que l'on peut continuer à avancer,même amputés de nos amours. Les jours nouveaux arrivaient, et je leur disais bonjour."
 
Éditions Folio - Autobiographie - 290 pages

La délicatesse - David Foenkinos

Mon résumé : Tout va pour le mieux pour Nathalie, une jeune femme d'une vingtaine d'années qui adore lire et rire. Elle vient de se marier à François et a obtenu un  poste de direction dans l'entreprise suédoise Krisprolls. Mais sa vie va basculer un dimanche ou François ne reviendra pas de son jogging : il a été renversé par une camionnette de livraison de fleurs. Commence alors pour elle une longue période de deuil mais, étant très jolie, elle ne laisse pas les hommes indifférents. Contre toute attente, elle  va tomber sous le charme d'un de ses collègues qui n'a pourtant rien pour lui...
 
Mon avis : J'ai aimé cette histoire dans laquelle David Foenkinos nous raconte comment Nathalie arrive à faire le deuil de son mari en rencontrant son collègue suédois Markus, qui , de prime abord n'a rien pour lui, mais chez qui elle va petit à petit trouver beaucoup de "délicatesse". En effet, il est austère, s'habille mal, mais en faisant connaissance  lors d'une situation complètement incongrue, sa singularité va la pousser à en savoir davantage de lui : "Vous êtes sûr que vous êtes suédois ? demanda-t-elle.
- Comme je suis heureux de cette question. Vous ne pouvez pas imaginer. Vous êtes la première à mettre en doute mes origines... vous êtes vraiment fabuleuse.
- C'est si dur que ça d'être suédois ?
- Vous ne pouvez pas imaginer. Quand je retourne là-bas, tout le monde me dit que je suis un boute-en-train. Vous imaginez ? Moi, un boute-en-train ?
- Effectivement.
- Là-bas, être sinistre est une vocation."
Il va l'aider inconsciemment à sortir de sa souffrance : "C'est exactement comme un chagrin d'amour : on ne sait pas quand on s'en remettra. Au pire moment de la douleur, on pense que la plaie sera toujours vive. Et puis, un matin, on s'étonne de ne plus ressentir ce poids terrible."  Comme le pense Nathalie, il s'est trouvé là au bon moment : "Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment. Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment".
J'ai aussi aimé les notes laissées en marge par l'auteur qui sont des informations sur la vie des personnages ou sur des évènements survenus, qui sont  complètement inutiles mais pleines d'humour. par exemple : "C'est étrange de s'appeler Alice et de se retrouver dans ce genre de soirée pour rencontrer un homme. En général, les Alice rencontrent facilement des hommes." ou encore : " Il regrettait d'avoir de grandes jambes et c'était un regret absolument stérile.* * La location de petites jambes n'existe pas".
Les caractères des personnages sont fouillés et j'ai aimé la jalousie de Charles, le chef de Nathalie qui a des vues sur elle mais qui n'arrivera pas à ses fins mais ira jusqu'à vouloir renvoyer Markus en Suède...
Toujours selon l'auteur, chaque prénom correspond à un caractère. Ainsi un Markus ne peut être que laid, un Charles que orgueilleux, une Nathalie que belle, charmante et nostalgique. Ce sont tous ces petits détails travaillés par l'auteur qui m'ont fait aimer ce livre et qui ont aussi dû contribuer à ses dix prix littéraires...
 
Je remercie Livr@ddict et les éditions Folio de m'avoir offert ce très bon moment de lecture dans le cadre d'un partenariat.
 
Éditions Folio - 210 pages - Roman

Les Apparences - Gillian Flynn

Mon résumé : Nick et Amy, deux jeunes trentenaires américains forment en apparence un couple parfait. Amy, femme au foyer s'occupe de sa maison et rédige des tests psychologiques pour la presse féminine. Nick, quant à lui tient un bar avec sa soeur jumelle Margo. Mais tout va basculer dans la vie de Nick le soir de leur cinquième anniversaire de mariage : en rentant du travail, Nick va découvrir une maison sens dessus-dessous et aucune trace de sa femme. Rapidement, il va alerter les services de police et la situation va vite prendre une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi lui cachait beaucoup de choses, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion
 
Mon avis : Gros coup de coeur! Pas facile de donner mon avis sur ce livre sans dévoiler l'intrigue!
Le livre est composé de deux récits en alternance : Le journal intime d'Amy depuis 2005 (date de leur rencontre) .... et le témoignage de Nick jour après jour à partir de la disparition de sa femme.
On se rend compte que leur vie de couple, contrairement aux apparences, est loin d'être aisée et Amy et Nick ont chacun de gros défauts...
J'ai d'abord été du coté d'Amy. Elle m'a fait de la peine en racontant dans son journal intime que Nick la battait et la trompait. Elle était au courant de tout mais faisait comme si de rien n'était. J'ai vite déchanté en me rendant compte à quel point cette fille pouvait être machiavélique... Nick, quant à lui est passé du statut de pauvre type à victime. Finalement, c'est sans doute lui le plus à plaindre dans l'histoire....
Mon avis sur chacun des personnages n'a fait que changer au fil des pages. Le témoignage de Nick après la disparition contredit entièrement les écrits du journal intime d'Amy. Le lecteur ne peut se forger sa propre opinion qu'en se basant sur des apparences... mais les apparences sont souvent bien trompeuses...
L'intrigue va crescendo au fil des trois parties qui constituent chacune un revirement de situation.. L'auteur adore mettre son lecteur sur de fausses pistes.
Mais chut, je ne peux pas vous en dire plus pour ne pas dévoiler l'intrigue.
 
Extrait : "Je suis tellement plus heureuse depuis que je suis morte. Techniquement, disparue. Bientôt présumée morte. Mais pour faire bref, nous dirons "morte". Cela ne fait que quelques heures, mais je me sens déjà mieux: mes articulations se délient, mes muscles se décontractent. A un moment donné, ce matin, je me suis aperçue que je ne sentais plus mon visage de la même façon, il y avait quelque chose de bizarre.
J'ai regardé dans le rétro -la redoutable bourgade de Carthage étais soixante dix kilomètres derrière moi, mon mari suffisant se prélassait dans son bar poisseux tandis que le chaos pendait à une fine corde de piano juste au-dessus de sa pauvre tête de minable inconscient- et je me suis aperçue que je souriais. Ha! Ça c'est nouveau."
 
Éditions Sonatine - Thriller - 570 pages

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