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mardi 13 octobre 2015

Les assassins - R.J. Ellory

Les assassins - R.J.Ellory
Synopsis : Sur 18.000 meurtres par an aux États-Unis, seulement 200 sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu'ils ont été commis à la date anniversaire d'un meurtre passé, œuvre chaque fois d'un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s'inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

[rentrée littéraire 2015]
Je remercie les éditions Sonatine pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Je découvre l'auteur avec ce titre qui m'a littéralement scotchée par son réalisme. En effet, pour parler de serial-killers, l'auteur se base sur des meurtres ayant réellement eu lieu et ça fait froid dans le dos. Il a dû faire de sacrées recherches pour avoir autant de détails sordides!
New York, quatre homicides viennent d'être commis en deux semaines et la police piétine, elle ne voit aucun lien entre eux. C'est d'une manière inattendue que Ray Irving, l'inspecteur qui dirige l'enquête va être mis sur la piste d'un "Commémorateur", un dérangé qui attend la date anniversaire d'un crime commis par un célèbre serial-killer pour le reproduire à l'identique. Et celui qui l'a mis sur cette piste est John Costello, un journaliste qui a survécu à l'attaque d'un tueur en série plusieurs années auparavant et qui, depuis, garde en mémoire et collectionne chaque détail de chaque crime commis par les tueurs en série... John va alors être d'une aide précieuse pour conduire les policiers sur des lieux où des crimes devraient prochainement avoir lieu (toujours selon une date anniversaire) mais le Commémorateur semble malgré tout garder une longueur d'avance sur la police...
Ce qui m'a beaucoup plu justement dans ce livre c'est d'être plongée aussi bien dans l'univers machiavélique de tueurs que dans l'univers de gens presque autant dérangés qui collectionnent tout ce qui a trait à ces crimes.
Les personnages sont très travaillés et leurs relations les uns avec les autres ne cessent d'évoluer en passant du pire au meilleur. Rien n'est figé et, en dehors de l'enquête, il y a des rebondissements de ce coté là aussi. Par exemple entre Ray Irving, ce flic solitaire qui se consacre corps et âme à cette enquête et Karen Langley la journaliste qui l'avait contacté via Costello, la relation qui s'établit est loin d'être simple.
J'ai apprécié Ray et John, les deux personnages masculins pour leur côté solitaires et tourmentés, mais, c'est indéniablement John qui m'a le plus touchée par son histoire et notamment lorsqu'il nous raconte comment il a réchappé du "Tueur au marteau" alors que Nadia, sa petite amie n'a pas eu cette chance. Il en garde des séquelles qui pourraient bien le désigner comme le principal suspect...
Le suspense est entretenu tout au long de ce pavé qu'on a du mal à lâcher tant on veut connaître le dénouement (que je n'ai comme d'habitude pas vu venir).
Un coup de cœur de cette rentrée littéraire!

Les Assassins

 
Extrait : "Tout changea après ça, après l’hiver 1984.
John Costello comprit qu’il deviendrait quelqu’un d’autre, mais il n’aurait pas pu deviner comment.
Aujourd’hui, il se rassure par des petits rituels. Il compte. Il fait des listes.
Il ne porte pas de gants en latex.
Il n’a pas peur de boire du lait directement à la brique.
Il n’apporte pas des couverts en plastique au restaurant.
Il ne collectionne pas les épisodes psychotiques afin de les partager, allongé sur un divan à 5000 dollars, avec un voyeur pervers dérangé.
Il n’a pas peur de la nuit, car il porte en lui toute la nuit dont il a besoin.
Il ne récupère pas les rognures d’ongles ou les mèches de cheveux de peur qu’un rituel de magie noire ne le frappe et ne le tue subitement, inopinément, dans un magasin Bloomingdale’s, son cœur lâchant dans l’ascenseur, du sang jaillissant de ses oreilles sous les cris hystériques des gens. Comme si crier pouvait servir à quelque chose.
Il n’entrerait pas dans la mort en douceur.
Et parfois, quand New York suintait la chaleur de l’été par toutes ses briques, par toutes ses pierres, quand la chaleur des mille étés précédents semblait contenue dans tout ce qu’il tou-chait, on le voyait acheter une bouteille de root beer derrière le comptoir frais et la presser sur son visage, voire la toucher du bout des lèvres, sans craindre qu’une maladie mortelle ou qu’un germe virulent ne se soit déposé sur le verre.
Dans la rue, il ressemblait à des millions d’autres gens.
Vous lui parliez et il vous semblait exactement comme vous.
Mais il n’était pas comme vous. Et il ne le serait jamais.
Parce qu’il vit le diable pendant l’hiver 1984. Et quand vous avez vu le diable, jamais vous n’oubliez son visage."

Éditions Sonatine - Thriller -  568 pages

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