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lundi 20 novembre 2017

La maison de Petichet - Evelyne Dress

La maison de Petichet - Evelyne Dress

Deux sœurs, Alma et Jessica – rivales mais inséparables, éprises de vérité mais capables de tous les mensonges –, sont unies au point d’aimer le même homme, Jacques.

D’été en été dans la maison familiale, on rit, on pleure, on chante, on crie, on se jette tout à la figure, objets, insultes, « csardas », les remords valant mieux que les regrets.

Un roman plein de vie, d’optimisme lucide.
« Comme Alma, la narratrice, ma grand-mère hongroise avait une maison à Petichet, un hameau à 30 km de Grenoble. Nous nous y retrouvions chaque été pour des vacances en famille. J’étais toute petite et amoureuse du jeune homme du bout du chemin… L’autobiographie s’arrête là. » Evelyne Dress

lundi 13 novembre 2017

Notre vie dans les forêts - Marie Darrieussecq

Notre vie dans les forêts - Marie Darrieussecq



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« Une femme écrit au fond d’une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu’elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait, et qu’elle tentait de soigner un homme. »

samedi 21 janvier 2017

Les amants du presbytère - Marie-Bernadette Dupuy

Les amants du presbytère - Marie-Bernadette Dupuy
Nommé curé d’un petit bourg rural, le jeune et séduisant Roland Charvaz n’a pas la vocation. Le beau sexe le préoccupe davantage que le salut de ses ouailles. Pour sa part, Mathilde, la jolie épouse du docteur local, n’a jamais connu la passion amoureuse avant l’arrivée de l’ecclésiastique. Dès leur première rencontre, c’est le coup de foudre et les deux amants se lancent dans une brûlante liaison.
Ils se croient à l’abri de tout soupçon. Ils ont tort. Ils seront bientôt victimes de la plus horrible des machinations…

mercredi 28 septembre 2016

La succession - Jean-Paul Dubois

La succession - Jean Paul Dubois
Synopsis : Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Jamais il n’a connu un tel bonheur. Pourtant, il se sent toujours inadapté au monde. Même la cesta punta, ce sport dont la beauté le transporte et qu’il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasser le poids qui pèse sur ses épaules. Quand le consulat de France l’appelle pour lui annoncer la mort de son père, il se décide enfin à affronter le souvenir d’une famille qu’il a tenté en vain de laisser derrière lui. Car les Katrakilis n’ont rien de banal: le grand-père, Spyridon, médecin de Staline, a fui autrefois l’URSS avec dans ses bagages une lamelle du cerveau du dictateur; le père, Adrian, médecin lui aussi, est un homme étrange, apparemment insensible; la mère, Anna, et son propre frère ont vécu comme mari et femme dans la grande maison commune. C’est toute une dynastie qui semble, d’une manière ou d’une autre, vouée passionnément à sa propre extinction. Paul doit maintenant rentrer en France pour vider la demeure. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage.

Mon avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous savez que j'aime beaucoup ce qu'écrit Jean-Paul Dubois donc, je ne pouvais pas rater cette sortie de la rentrée littéraire. Comme d'habitude, le personnage principal s'appelle Paul mais d'un livre à l'autre ce n'est jamais tout à fait le même puisque le nom de famille diffère. La passion pour les voitures américaines et le fait de vivre et/ou aimer les États-Unis restent, quant à eux, des points communs à tous ces Paul. 
Ici, nous suivons Paul Katrakilis, médecin de formation qui a préféré s'exiler aux États-Unis pour devenir joueur professionnel de cesta-punta (une sorte de pelote basque) plutôt que de suivre les traces de son père et devenir un médecin au professionnalisme reconnu.
Paul essaye en effet de s'éloigner de sa famille car une terrible malédiction en frappe les membres les uns après les autres : le suicide. Son grand-père, son oncle puis sa mère deux mois après et maintenant son père dont il doit gérer la succession seul et pour cela revenir en France. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage... Arrivera-t-il à dépasser ses appréhensions et rester en France? Reprendra-t-il le cabinet médical de son père? Mais surtout, sera-t-il assez fort pour contrer cette malédiction qui touche sa famille? Autant de questions auxquelles vous trouverez les réponses en lisant ce livre. Certainement l'un des plus noirs de l'auteur puisqu'il incite à réfléchir sur la vie qui ne tient finalement à pas grand chose mais aussi sur l'héritage que l'on reçoit de sa famille tant au niveau génétique que patrimonial et professionnel.
Comme d'habitude je me suis beaucoup attachée à Paul qui m'a touchée par sa quête d'un bonheur simple malgré toutes les difficultés "psychologiques" rencontrées par sa famille. Et avant l'annonce du décès de son père, il avait enfin réussi à retrouver un équilibre et une stabilité. Il vivait de sa passion, avait des amis, parfois même des petites-amies et aimait la simplicité d'aller faire un tour en mer, s'occuper d'un chien...Mais cette annonce de succession à gérer va de nouveau l'ébranler dans son quotidien.
J'ai aussi eu un réel plaisir à retrouver l'agile et élégante plume de Jean-Paul Dubois qui manie ici avec brio un certain humour noir que j'adore! (je vous laisse découvrir par exemple, ce qu'a fait le père de Paul avec du Scotch avant de se jeter du huitième étage..). Paul est le narrateur de cette histoire dans laquelle le passé et le présent s’alternent judicieusement afin que le lecteur découvre petit à petit les éléments qui ont poussé cette famille à ces gestes regrettables.
J'ai frôlé le coup de cœur pour cette famille au destin programmé!
Un incontournable de cette rentrée littéraire!

Extrait : "Ce furent des années merveilleuses. Quatre années prodigieuses durant lesquelles je fus soumis à un apprentissage fulgurant et une pratique intense du bonheur. Il m’avait fallu attendre vingt-huit ans pour éprouver chaque jour cette joie d’être en vie au petit matin, de courir pour polir mon souffle, de respirer librement, de nager sans peur, et de ne rien espérer d’autre d’une journée sinon qu’elle m’accompagne comme l’on promène une ombre et que le soir venu elle me laisse en l’état, simplement satisfait, abruti de quiétude et de paix loin de ce territoire désarticulé que j’avais abandonné, et surtout loin de ceux qui m’avaient mis au monde par des voies naturelles, m’avaient élevé, éduqué, détraqué et sans aucun doute transmis le pire de leurs gènes, la lie de leurs chromosomes.
Sur ce dernier point, je sais parfaitement ce dont je parle.
De la mi-novembre 1983 au 20 décembre 1987, je fus donc un homme profondément heureux, comblé en toutes choses et vivant modestement des revenus du seul métier que j’aie jamais rêvé d’exercer depuis mon enfance : pelotari.
En Floride, et surtout au Jaï-alaï de Miami, j’ai fait partie de ce petit cercle de professionnels de la pelote basque rétribués à l’année pour danser sur les murs, jouer du grand gant, fendre l’air avec une cesta punta et propulser des balles de buis cousues de peau de chèvre à 300 km/h sur le plus grand fronton du monde – un Vatican peuplé de cent papes aux mains d’osier – frôlé par les avions de l’aéroport de Miami International, et fréquenté alors par ce qui se faisait de mieux dans une ville qui, il faut bien le reconnaître, n’avait jamais été trop regardante sur la fabrique de son aristocratie.
"

A lire aussi
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Vous plaisantez, monsieur Tanner ♥♥♥
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La vie me fait peur

Éditions de l'Olivier - Littérature contemporaine -240 pages

mercredi 13 avril 2016

Le livre des Baltimore - Joël Dicker

Le livre des Baltimore - Joël Dicker
Synopsis : Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Mon avis : Voilà plusieurs semaines que j'ai fini ce livre et je me rends compte que mes souvenirs sont encore frais ce qui me conforte dans l'idée que ce fut une très bonne lecture!
Après mon coup de cœur pour "La vérité sur l'affaire Harry Québert",  je ne pouvais passer à côté de ce drame familial dans lequel on retrouve l'écrivain Marcus Goldman en personnage principal. De nouveau en mal d'inspiration pour son prochain roman, il choisit de revenir sur le douloureux passé d'une branche de sa famille qu'il enviait et admirait lorsqu'il était enfant : les Goldman de Baltimore.
J'ai beaucoup aimé retrouver dans ce livre les éléments qui m'avaient fait aimer "La vérité sur l'affaire..." à savoir de nombreux flash-back donnant envie d'en découvrir toujours plus en nous expliquant petit à petit pourquoi et comment sa famille est  arrivée jusqu'à ce fameux "Drame". D'ailleurs, j'ai trouvé qu'ici, les changements d'époques étaient mieux amenés et plus clairs. Je ne m'y suis jamais sentie perdue.
Marcus nous replonge  donc dans ses souvenirs de jeunesse  à propos de sa famille et notamment de son cousin Hillel et son cousin de cœur et d'adoption Woody sur plusieurs décennies de l'école à l'âge adulte.
Si l'on sait dès le début qu'il s'est passé quelque chose de grave, il faudra attendre la seconde partie du livre pour que l'histoire devienne encore plus prenante et que l'on comprenne ce qui se cachait sous les belles apparences de cette branche de sa famille exilée à Baltimore.
Drame familial construit comme une intrigue policière, "le livre des Baltimore" parle aussi de la violence envers les femmes, de harcèlement scolaire, d'amitié mais aussi de trahison.
Je recommande!

Le Livre des Baltimore

Extrait : "Je suis l'écrivain.
C'est ainsi que tout le monde m'appelle. Mes amis, mes parents, ma famille, et même ceux que je ne connais pas mais qui, eux, me reconnaissent dans un lieu public et me disent : « Vous ne seriez pas cet écrivain...? » Je suis l'écrivain, c'est mon identité.
Les gens pensent qu'en tant qu'écrivain, votre vie est plutôt paisible, [...] pensent que vous n'en fichez pas une, or c'est justement quand vous ne faites rien que vous travaillez le plus dur.
Écrire un livre, c'est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d'ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. Ils arrivent un matin, à bord d'un grand bus dont ils descendent bruyamment, tout excités qu'ils sont du rôle qu'ils ont obtenu. Et vous devez faire avec, vous devez vous en occuper, vous devez les nourrir, vous devez les loger. Vous êtes responsable de tout. Parce que vous, vous êtes l'écrivain.
Cette histoire commença au mois de février 2012, lorsque je quittai New York pour aller écrire mon nouveau roman dans la maison que je venais d'acheter à Boca Raton, en Floride. Je l'avais acquise trois mois plus tôt, avec l'argent de la cession des droits cinématographiques de mon dernier livre, et hormis quelques rapides allers-retours pour la meubler durant les mois de décembre et janvier, c'était la première fois que je venais y passer du temps. C'était une maison spacieuse, toute en baies vitrées, qui faisait face à un lac apprécié des promeneurs. Elle était située dans un quartier très paisible et verdoyant, essentiellement peuplé de retraités aisés parmi lesquels je détonnais. J'avais la moitié de leur âge, mais si j'avais choisi cet endroit, c'était justement pour sa quiétude absolue. C'était le lieu qu'il me fallait pour écrire.
"

A lire aussi
Dicker Joel - La vérité sur l'affaire Harry Quebert ♥♥♥ 
Dietrich Pascale - Le homard - See more at: http://www.envies-de-livres.fr/p/index-alphabetique.html#sthash.2IYRWX4i.dpuf

Éditions de Fallois / Paris - Littérature contemporaine - 476 pages

vendredi 8 janvier 2016

Le goût du large - Nicolas Delesalle

Le goût du large - Nicolas Delesalle
Synopsis : "Le temps : tout était là, dans ces cinq lettres, cette simple syllabe. J'allais soudain en être riche, ne plus courir après, le nez rivé sur l'ordinateur, le téléphone. Pendant neuf jours, j'allais devenir un milliardaire du temps, plonger mes mains dans des coffres bourrés de secondes, me parer de bijoux ciselés dans des minutes pures, vierges de tout objectif, de toute attente, de toute angoisse. J'allais me gaver d'heures vides, creuses, la grande bouffe, la vacance, entre ciel et mer." De l'inaccessible Tombouctou à la mélancolique Tallinn, entre une partie d'échecs fatale quelque part dans un hôtel russe et un barbecue incongru à Kaboul, des clameurs de la place Tahrir au fond d'un trou, dans l'Aveyron... C'est le roman d'une vie et de notre monde que raconte Nicolas Delesalle, le temps d'une croisière en cargo. Après le formidable succès d'Un parfum d'herbe coupée - finaliste du prix Relay des voyageurs 2015 -, Le Goût du large embarque le lecteur pour un voyage passionnant, plein d'humour et d'esprit, de couleurs et de saveurs, et réveille notre irrésistible envie d'ailleurs.

Je remercie les éditions Préludes pour l'envoi de ce livre en avant-première!

Mon avis : Premier coup de cœur de l'année 2016! Nicolas Delesalle, grand reporter pour Télérama nous raconte, le temps d'un voyage en cargo de la Belgique à la Turquie ses souvenirs de missions. L'isolement  induit par la navigation et le peu d’activité à bord vont le pousser  à se remémorer ses voyages professionnels (souvent en zone de conflit), ses bons comme ses mauvais souvenirs.
Nicolas Delesalle a réellement fait ce voyage en cargo l'année dernière qui  donné lieu à un reportage dans Télérama début août 2015. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le fait que ce roman soit (malheureusement) actuel car ses récits sur la Syrie, Daech et l'islamisme en général  nous montrent les évènements d'un autre point de vue que celui des médias.  Ses récits du passé au Niger, Libye, Congo, Indonésie, Côte d'Ivoire, Égypte ou encore au fin fond d'une grotte aveyronnaise pour une expérience hors du temps, puis plus récemment en Syrie ou en Afghanistan s'alternent avec le récit  de ses ressentis sur ce bateau et sa rencontre avec l'équipage philippin dont le déracinement, le courage et la dévotion lui font se poser de nombreuses questions. "Ils sourient toujours. Rien ne semble les atteindre, ils gravitent loin de notre univers de citadins grincheux et cet air enjoué malgré la solitude et la rudesse du quotidien m'a rappelé d'autres visages aux yeux aussi bridés que les leurs, croisés très loin de la mer, très loin d'ici."
Dans ces conditions de tranquillité optimale, l'auteur partage ses journées entre l'écriture, la contemplation de son environnement, la rêverie et les rencontres avec l'équipage qui se confie petit à petit à lui.
J'ai beaucoup aimé découvrir le fonctionnement de l'équipe sur ce cargo, écouter les anecdotes des uns et des autres et suivre l'auteur dans son amarinage et ses découvertes de pays vus du large.
Concernant ses récits de missions, quelque soit le pays dans lequel il se trouve, au delà des ignominies, de la pauvreté ou du fanatisme l'auteur arrive à nous captiver par a justesse de sa plume mais aussi en nous rappelant que, quelque soit la situation, l'espoir et la persévérance sont primordiaux. Par ailleurs, dans chaque récit, il met en avant le côté humain et les relations des Hommes entre eux bien plus que des idées.
J'ai adoré ce roman sous  forme de carnet de voyage dont chaque histoire émouvante, tragique ou comique a réussi à me transporter dans le pays.
Un livre que je recommande vivement !
Le Goût du large

Extrait : "Je me sens proche de ce cargo, je devine qu'il est vivant, à sa manière ; il cache une âme sous cet acier rongé par le sel marin et repeint mille fois. Moi aussi, je suis rongé et repeint mille fois. Et moi aussi, je suis venu avec des boîtes. Le chargement a duré tout une vie. Je sais pertinemment ce qu'elles contiennent, mais j'ai envie, j'ai besoin de les rouvrir pour partager ce qui s'y trouve, maintenant, aujourd'hui, au cours de cette parenthèse liquide, sur ce bateau désert en partance pour Istanbul et qui fend la mer noire d'une nuit d'été. Elles sont pleines d'histoires, ces foutues boîtes, des tragédies, des secondes, des angoisses, des larmes, des rires ou des rencontres qui m'ont assez marqué pour que ma mémoire les enferme dans de petits conteneurs rangés au fond de mon crâne par des grues, des portiques et des poulies invisibles"

Éditions Préludes - Littérature contemporaine - 320 pages

mercredi 7 octobre 2015

Les fauves - Ingrid Desjours

Les fauves - Ingrid Desjours
Synopsis : Votre pire prédateur : Celui qui vous aura apprivoisé.
« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! » À la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'État islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsqu'elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ?
Dans cet univers ou règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

[Rentrée littéraire 2015. En librairie le 8 octobre]
Je remercie les éditions Robert Laffont pour cette lecture en avant première!

Mon avis : J'adore les thrillers d'Ingrid Desjours et le synopsis m'a vraiment intriguée car je ne l'attendais pas sur ce terrain malheureusement autant d'actualité. Mais ne pouvant passer à côté d'un livre de l'auteure, c'est donc avec certains a-priori négatifs que j'ai commencé cette lecture car le thème ne m'interpellait vraiment pas... Et au final, je ne regrette pas du tout! Cette lecture me confirme que Madame Desjours fait partie des maîtres français du suspens et ce, quel que soit le thème abordé.
Comme dans "Tout pour plaire" ou "Sa vie dans les yeux d'une poupée" l'ambiance est pesante et la paranoïa règne. Il s'agit bien d'un thriller psychologique car chacun se méfie de tout le monde et moi aussi,  j'aime avoir autant de certitudes puis autant de doutes sur chacun des personnages. Car ce sont ces rebondissements qui entretiennent le suspens et l'auteure prend un malin plaisir à nous dévoiler au compte goutte des facettes de personnalité de chacun des personnages et ainsi nous balader tout au long du livre. Que se soit Haiko qui, malgré ses intentions louables de dé-radicaliser les jeunes souhaitant faire le djihad semble cacher certaines perversions et malversations, Lars et Ilan, les gardes du corps anciens soldats en Afghanistan  qui pourraient bien souffrir de troubles psychologiques, Jonas, leur ami ancien légionnaire, Rachid Labdaoui qui accuse Haiko d'avoir tué sa sœur Nadia, ou encore le pédant avocat Xavier Leduc président de l'association CieL, tous ont des éléments à charge qui pourraient en faire des coupables désignés de ce meurtre et de cette fatwa sur Haiko...
J'ai aimé aussi le principe qu'ici ce ne soient pas des policiers mais des civils qui assurent la protection de Haiko, cela m'a permis d'en apprendre plus sur la protection rapprochée mais aussi de découvrir des moyens parfois "beaucoup moins conventionnels". D'ailleurs, moi qui pensais que la relation Haiko - Lars allait prendre une tournure façon "Bodyguard", j'ai été de suite rassurée par les propos de Lars! Cet ancien soldat ne fait pas dans la dentelle!
En conclusion, je vous conseille "Les fauves" dont les personnages, justement tels des fauves ne baissent jamais la garde, se défient, se jugent et se toisent les uns les autres en attendant le faux pas...

Les Fauves

Extrait : "La femme n'y va pas par quatre chemins. Elle a cette assurance que confèrent le fric et la reconnaissance. Plus que son appartement aseptisé, c'est elle qui met Lars mal à l'aise. Il la connait, pourtant. Il a pour ainsi dire grandi avec elle. Katia Homoreanu, la soixantaine qui ne se devine pas est une éminente journaliste politique qui a mis plus d'un ministre sur la sellette lors de ses interviews. Et ça a toujours beaucoup plu à sa mère qu'une femme rabatte un peu le caquet à tous ces phallocrates pleins d'eux-mêmes et bardés de certitudes. Lars aussi, il l'aimait bien. [...]
- Il me semble que c'est vous qui avez des choses à me dire répond-il de sa voix rauque. Vous avez lu mon CV, je n'ai rien de plus à vous apprendre.
- Vous êtes franc et direct, je n'en attendais pas moins de vous.
Katia Homoreanu esquisse un sourire. Pas un sourire amical mais un sourire d'approbation. Celui du prédateur qui reconnait l'un des siens.
- Ce n'est pas moi qui ai un problème reprend-elle, c'est ma fille Haiko. Sa meilleure amie a été assassinée la semaine dernière et elle même a été très sérieusement menacée."

Sa vie dans les yeux d'une poupée♥♥♥
Desjours Ingrid - Tout pour plaire - See more at: http://www.envies-de-livres.fr/p/index-alphabetique.html#sthash.piNUH2rE.dpu

Éditions La bête Noire Robert Laffont - Policier - 448 pages

dimanche 5 avril 2015

La vie me fait peur - Jean-Paul Dubois

La vie me fait peur - Jean-Paul DuboisSynopsis : Trente-trois mille pieds, c'est l'altitude idéale pour réfléchir à sa vie. Dans l'avion qui l'emporte vers Miami, Paul Siegelman s'efforce de retrouver le fil conducteur et remet les chapitres dans l'ordre : la mort de sa mère, les acrobaties financières de son père, ses propres errances d'Ibiza à Panama City, ses relations tumultueuses avec les femmes. «Je suis tout petit. Je peux vivre dans un verre à dents», dira-t-il un jour. Et si c'était vrai ?

Mon avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous savez que j'aime beaucoup ce qu'écrit Jean-Paul Dubois. Je ne pouvais donc pas rester sur mon avis mitigé à propos de son recueil de nouvelles intitulé "Vous aurez de mes nouvelles". Grâce à cette lecture, j'ai retrouvé le Jean-Paul Dubois auquel j'étais habituée et dont les histoires me plaisent beaucoup.
Comme d'habitude, le personnage principal s'appelle Paul mais d'un livre à l'autre ce n'est jamais tout à fait le même puisque le nom de famille diffère. Par contre la personnalité, les défauts, travers, maladresses et passions restent les mêmes. Donc ici aussi, Paul Siegelman adore les vieilles voitures américaines, est très maladroit en amour, ne pense qu'à lui et est partisan du moindre effort et vit entre la France et les États-Unis. Il se laisse vivre et va là où le vent le pousse ce qui entraîne souvent des situations comiques et exaspère ses proches. C'est justement cette autocritique et cette auto-dérision (Plus poussées dans ce livre puisque Paul comprend pourquoi les choses se passent aussi mal dans sa vie même s'il ne fait rien pour y remédier) que j'aime beaucoup chez les personnages des romans de l'auteur. J'ai souvent l'impression que ses histoires sont autobiographiques, mais heureusement pour M. Dubois, apparemment, ce n'est pas le cas...
De plus, dans quasiment tous les romans, il est question de tondeuses à gazon. Ici, elles ont une place capitale puisque Raoul, le père de Paul a fondé une entreprise de fabrication de tondeuses. C'est justement à cause de cette dernière que  Paul est dans cette situation qui nécessite une remise en question aujourd'hui... On le suit donc durant son vol entre la France et les États-Unis pour aller retrouver son père. L'ennui étant propice aux réflexions, Paul va nous livrer avec humour les éléments de sa vie qui l'ont amené à ses échecs successifs.
Cette fois-ci, j'ai eu beaucoup d'empathie pour le Paul de ce roman. Je l'ai trouvé émouvant avec son immaturité contre laquelle il n'arrive pas à lutter malgré son regard critique sur sa situation. Il m'a souvent fait penser à un enfant qui aurait grandi trop vite et se retrouverait aujourd'hui dans un corps d'adulte.
Vous l'aurez compris, "La vie me fait peur" est d'ores et déjà un de mes romans préférés de l'auteur!

Extrait : "Je crois que les liens intimes et étroits qui m'unissent à mon père datent du jour où je l'ai vu pleurer pour la première fois devant moi. C'était durant une nuit d'été dans le Lauragais. Nous étions assis devant la maison, après dîner, à écouter le chant des grillons mêlé à celui des grenouilles. J'étais encore un enfant. Il faisait une chaleur accablante. La conversation que j'avais surprise entre mes parents m'avait intrigué. Ils parlaient avec tendresse d'un certain Romain qui était mort. La singularité de ce prénom avait attiré mon attention et j'avais posé des questions. Après un moment d'hésitation, Marie m'avait raconté la vérité. Romain était le prénom de mon petit frère. Né un an après moi, l'enfant n'avait vécu que deux jours.
Ma mère l'ignorait, mais elle venait de m'annoncer la plus grande et la plus belle nouvelle de ma courte existence. Pendant deux journées, j'avais donc eu un frère."

A lire aussi

Éditions Points - Littérature contemporaine - 237 pages

dimanche 1 mars 2015

Vous aurez de mes nouvelles - Jean-Paul Dubois

Vous aurez de mes nouvelles - Jean-Paul Dubois
Synopsis : Un psychanalyste devient fou lorsque son patient le quitte ; un mari s'affuble de jupes pour séduire son beau-frère ; assis dans ses toilettes, un homme pense au temps qui manque toujours... Autant de nouvelles humaines et lumineuses, comme une invitation à ôter tous les masques, une promenade tendre et légère dans la folie ordinaire.

Mon avis : 28 nouvelles dont le thème principal est l'ennui, le temps qui passe, les relations homme/femme, le suicide, la tromperie, la vie qui ne tourne pas rond.
J'aime les nouvelles et Jean-Paul Dubois fait partie des auteurs que j'affectionne particulièrement. Voilà deux constats qui auraient dû faire de ce livre une excellente lecture. Malheureusement, ça n'a pas été vraiment le cas!
Premièrement parce que certaines nouvelles sont vraiment très courtes (à peine une page) ce qui ne laisse pas le temps de développer et d'avoir une conclusion ou une morale. Ensuite, le personnage de certaines nouvelles m'a vraiment mise mal à l'aise à cause de son esprit torturé, de sa sexualité un peu déviante voire malsaine ou encore de son humour noir (très noir). Par exemple dans "Sur le canapé" le narrateur  trompe sa femme avec le frère de celle-ci depuis plusieurs années et au domicile conjugal. C'est un mufle qui n'a de respect pour personne : "- Tu es désolé ? Mais de quoi un type comme toi peut il être désolé ! Et ça se passait où, vos affaires ?
- Quelles affaires ? 

- Ah, s'il te plaît, ne prends pas en plus ton air de faux cul !
- Chez lui. Parfois ici.
- Ici ?
- Oui.
- Où ?
- Ça n'a pas d'importance.
- Où ?
- Sur le canapé.
- Sur le canapé ? Vous vous êtes tripotés la dessus ?
- Je t'en prie.
[...]
- Qu'est ce que tu va dire aux enfants?
- Je me fous des enfants.
- Tu n'as pas le droit de parler comme ça.
- Fous le camp ! Fous le camp !
"
Vu comme ça, c'est plutôt drôle, mais quand un des personnages de chacune des nouvelles est psychologiquement torturé, ça finit par mettre mal à l'aise...
Par contre (et c'est un point positif) à cause de ces bizarreries comportementales, les histoires ne se terminaient jamais comme je l'aurais pensé. Je dois aussi reconnaître que Jean-Paul Dubois a vraiment une très belle plume et que la lecture en est du coup très fluide.
J'ai hâte de lire "La vie me fait peur" qui m'attend sagement dans ma P.A.L. pour ne pas rester sur ce petit échec.

Extrait : "On ne m’enlèvera pas de l’idée que la vie est un sport individuel qui demande, pour en maîtriser les subtilités, une quarantaine d’années d’apprentissage. Quand on a perfectionné les techniques de base, respirer, fumer, marcher, négliger l’ambition et considérer que tout n’est que vanité et dérision, il devient possible d’accéder à l’excellence.
A quarante ans, je crois pouvoir l’affirmer, j’excellais à vivre. Je dosais la mélancolie autant que le bonheur, je les distillais à mon gré comme des aromates dans le menu de mon quotidien.
"

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vendredi 14 novembre 2014

Tout pour plaire - Ingrid Desjours

Tout pour plaire - Ingrid Desjours
Synopsis : Rien n'est plus suspect qu'une personne qui a tout pour plaire. Voila, vous y êtes. Arrivés au point de rupture. Depuis longtemps déjà, votre couple dérange. Parce qu'une belle et brillante jeune femme n'a pas pu renoncer à tout pour se consacrer à son riche mari comme ça, sans être influencée. Ou vénale. Parce qu'un séducteur avide de pouvoir n'a pu obtenir la totale dévotion de son épouse que par la tyrannie et la manipulation. Comme tous les pervers narcissiques. Oui les ragots vont bon train. Alors quand s'installe chez vous un deuxième homme, aussi attirant que sulfureux, les esprits s'échauffent davantage. Et la disparition pour le moins suspecte de sa femme n'arrange rien. Bien au contraire. Pour vos voisins sont désormais réunis tous les ingrédients d'un drame conjugal qui pourrait bien vous mener à la mort. Vous aurez été prévenus.
Voilà, vous y êtes. Arrivés au point de rupture...

Mon avis : Si le précédent livre de l'auteure "Sa vie dans les yeux d'une poupée" avait été pour moi un coup de cœur, cette fois-ci, mon avis est un peu moins enthousiaste. L'histoire est plaisante et l'intrigue bien ficelée  nous tient en haleine jusqu'à la fin, mais je regrette pas mal de longueurs. En plus, et c'est assez rare, à cause d'un comportement suspect, j'ai rapidement identifié le (ou la ) coupable.. Ingrid Desjours s'est souvent perdue dans de longs passages pour tenter de brouiller les pistes, mais a mon avis, un indice capital est glissé un peu trop tôt ce qui a (un peu) gâché la suite de ma lecture...
Ce qui m'a plu dans cette lecture comme dans "Sa vie dans les yeux d'une poupée" ce sont les personnalités très complexes des personnages (et cela s'explique par le fait qu'Ingrid Desjours est psychologue spécialisée en sexo-criminologie) : Déborah Pennac est une femme psychologiquement fragilisée par le drame qu'elle a vécu dans son enfance. Avec son mari David Pennac, ils semblent avoir tout pour plaire, mais ce ne sont que des apparences, et le voisinage n'est pas dupe : il se passe quelque chose d’étrange dans ce couple. Lorsque Nicolas, le frère de David réapparaît dans leurs vies après plusieurs années d’absence avec sa fille Emma âgée de quatre ans, il est  dévasté par la disparition de sa femme Laura.
C'est justement sur cette disparition étrange que va enquêter le commandant Sacha Mendel, un policier qui flirte souvent avec les limites de la légalité pour résoudre ses enquêtes. L'IGS enquête sur lui concernant une affaire de mafia et son couple avec Marion bat de l'aile... Il n'est donc pas dans les meilleures conditions pour résoudre l'affaire Pennac, mais, dès le début, il va penser que les liens d'amour / haine  entre les deux frères pourraient être la clé de l'énigme et que les deux couples lui  cachent des choses...
Un autre point positif de ce livre pour moi (et pour la résolution de l'énigme) est qu'on ne sait jamais quoi penser des personnages : parfois ils nous semblent sensibles et fragiles et on se prend d'affection pour eux, mais les situations évoluent et l'auteure nous les montre sous un tout autre jour où ils apparaissent comme des êtres égoïstes,  imbus d'eux mêmes et parfois même machiavéliques et manipulateurs. C'est une façon habile de nous brouiller les pistes.
J'ai aimé aussi le rythme auquel les événements s'enchaînent. Les pages défilent et on ne peut pas lâcher le livre (au moins jusqu'à l'indice capital qui apparaît aux trois quarts du livre (un peu trop tôt à mon avis!))
Un livre que je recommande vivement même s'il n'est pas le meilleur de l'auteure!

Extrait : « Vous saurez trouver un moyen, quel qu’il soit, pour arriver à vos fins… » Les mots du policier ont trotté dans sa tête toute la journée. Bien sûr qu’une femme comme elle a de la ressource… Bien sûr qu’elle sait que son couple est fragilisé par Nicolas, par cette maîtresse fantôme qu’elle redoute, par l’absence de projet commun avec son mari pour le recentrer sur leur union… Bien sûr qu’elle sait comment s’y prendre – elle connaît la solution depuis un bout de temps, d’ailleurs –, même si c’est un coup de poker, un coup de bluff, un quitte ou double. Déborah sait pourtant qu’elle doit prendre le risque, tant pis pour elle si ça ne marche pas, mais elle doit éloigner Nicolas de son foyer et de la fillette. Ce qu’elle va faire, bien que ce ne soit pas très honnête, c’est pour le meilleur. Pour éviter le pire. Pas question de perdre ce qu’elle a obtenu en se battant, ni de renoncer à ses rêves…"

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Éditions Robert Laffont - Thriller - 524 pages

samedi 6 septembre 2014

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt
Synopsis : « Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde. Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ? » À force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

Mon avis : Comme j'avais beaucoup aimé "La liste de mes envies", j'attendais avec impatience la sortie de ce nouveau titre de Grégoire Delacourt à l'occasion de la rentrée littéraire. Et j'ai été surprise, car le ton n'est pas du tout le même. Ici, il s'agit d'un roman très noir composé de trois parties. 
Dans la première partie, Antoine, le père de famille s'adresse à son fils Léon pour lui expliquer les événements de sa vie professionnelle et conjugale qui l'ont amené à commettre un acte impardonnable. J'ai trouvé cette  partie un peu confuse. Antoine passe sans cesse du passé au présent et se trouve mille excuses pour le geste qu'il a eu envers sa fille. En effet, la vie n'a pas fait de cadeau à Antoine : Une de ses sœurs à succombé à une mort subite. Sa mère a très mal vécu cet événement  et a préféré partir laissant Antoine seul avec sa sœur et son père, un père qui ne les a jamais aimés et qui les repoussait. Alors, lorsque Antoine va sentir la situation se répéter après le départ de sa femme Nathalie, certainement pour éviter à ses enfants la souffrance qu'il a lui même connue, il va avoir un geste malheureux. Mais voilà, son plan a échoué, il a raté son coup..."J'avais voulu que nos lâchetés cessent, que mes héritages s'arrêtent avec moi."
Dans la seconde partie, Antoine est au Mexique. Après 3 ans d'enfermement en hôpital psychiatrique, il tente de se faire oublier mais surtout, il aimerait que sa famille le pardonne : Son ex-femme Nathalie, son fils Léon, sa sœur Anna mais surtout sa fille Joséphine. 
Dans la troisième partie, c'est Joséphine qui prend la parole. Elle explique les conséquences du geste de son père sur sa vie d'enfant et d'adolescente. C'est de loin cette partie que j'ai préféré car elle est émouvante et malgré son jeune âge, Joséphine ne mâche pas ses mots. Ça m'a fait de la peine de voir ce qu'elle pense de son père qu'elle appelle "le Chien" "la Merde de Chien" Même séparés par plusieurs milliers de kilomètres, elle ne cesse d'y penser car il a ruiné sa vie. Cette partie est présentée sous forme de journal intime dans lequel on suit sa psychothérapie et sa rééducation.
J'ai particulièrement aimé la fin dans laquelle Joséphine change totalement sa manière de penser vis à vis de son père...Et sa psychothérapie n'y est pas pour rien.. 
J'ai  passé un agréable moment avec ce livre car le style de l'auteur est toujours aussi fluide et agréable, les chapitres sont courts et aérés mais  cette lecture me laissera  une question en suspens : Est-il systématique que l'on fasse vivre à nos enfants ce que l'on a vécu nous même pendant notre enfance? Que les schémas se reproduisent à chaque génération?

Extrait : "Je ne peux même pas crier. Je crierais des gros mots, sinon. Con. Débile tordu. Je me réveille de douleur. C’est horrible, la douleur. C’est de la méchanceté qui sert à rien. Ça fait deux mois, le chien. J’aime bien, chien. Ça sent mauvais, un chien, même le mot pue. C’est quand même dur de trouver un nom pour le père qui a voulu me tuer. [...] J’avais douze ans et demi et j’étais déjà une vieille défigurée qui ne guérirait jamais. J’avais dit au psy que je voulais tuer le Chien, te piquer parce que tu m’avais ratée. Tu avais raté ma mort et je ratais ma vie. Il avait noté ma phrase dans son cahier, je m’étais alors sentie importante. "

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Éditions JC Lattès - Littérature contemporaine - Drame - 360 pages

vendredi 5 septembre 2014

La condition pavillonnaire - Sophie Divry

La condition pavillonnaire - Sophie Divry
Synopsis : La condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L’insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires : l’adultère, l’humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L’héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary… Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble ? Un romand profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine.

Mon avis : La quatrième de couverture m'a donné envie de découvrir ce livre. Je m'attendais à une histoire palpitante où il se passe des choses, ou M.-A m'aurait fait rire...
Hors rien! Mais alors ce qui s'appelle rien du tout. Ce livre nous parle en fait de cette M.-A. (dont on ne connaîtra jamais le prénom entier) de son enfance chez ses parents, ses études, son installation avec François, son travail, ses enfants, son écart conjugal,  puis sa retraite et enfin sa mort...
Une vie normale dans laquelle il ne se passe rien de plus ou rien de moins que ce qui arrive à chacun d'entre nous. Et ça m'a d'ailleurs angoissée de voir cette vie sans but et sans originalité défiler comme ça aussi rapidement (car 272 pages pour une vie entière c'est quand même un peu court (Mais finalement heureusement!)) Pourtant, le titre et la couverture auraient dû me mettre sur la voie, car finalement, ils résument beaucoup mieux le livre que la quatrième de couverture : Croire mettre toutes les chances de son côté pour avoir une vie agréable et finalement, ne rien faire de plus que les autres et tourner en rond sans but...
 Il faut dire que dès le début, ça partait mal pour moi au niveau narration. L'auteure utilise la seconde personne du singulier. Je pensais que cela allait changer au fil du roman mais non. Sophie Divry a certainement voulu que le lecteur (ou plutôt la lectrice) s'identifie vraiment à cette M.-A., mais sur moi, ça n'a fait que renforcer l'effet anxiogène de ce livre. "Tu es assise à la table de la cuisine. Ton regard déchiffre machinalement les inscriptions d’un emballage de compote de pommes resté sur la toile cirée. Et dans le silence de début d’après-midi, le compresseur du réfrigérateur se déclenche." et en plus, il y a énormément de descriptions totalement inutiles. Je me suis demandé si l'auteure ne nous prenait pas pour des débiles parfois ! : "les voitures sont des véhicules dits aussi automobiles, servant au transport des êtres humains. Ces machines pèsent environ une tonne, elles sont constituées de quatre roues basses en épais pneumatiques sur lesquelles repose une carrosserie métallique encastrée dans un châssis. Leurs proportions sont d’environ un mètre cinquante de haut sur deux mètres de large sur trois à cinq mètres de long. La carrosserie abrite un habitacle dans lequel nous pénétrons par des portières latérales, on y trouve deux sièges à l’avant et une banquette à l’arrière. Le siège le plus important est celui de la personne qui actionne la manœuvre, qu’on appelle conducteur. Une automobile peut contenir de trois à cinq personnes supplémentaires qu’on appellera alors passagers, les êtres humains à l’extérieur des voitures seront nommés piétons." Je vous épargne la suite de la description...
Seul point positif pour moi : la fin du livre. M.-A et François sont maintenant vieux. Leur âge et le fait qu'ils soient toujours ensemble après tant d'années me les a rendu attendrissants.
Un roman que vous pouvez lire si vous voulez vous rendre compte à quel point votre existence est finalement vide de sens... Sinon, passez votre chemin!

Extrait : "Par exemple lancer une lessive : remplir le tambour de vêtements sales, choisir le programme numéro 6, « blanc et couleur », tourner la molette, appuyer sur le bouton marche, puis fermer la porte de la remise. Sans avoir besoin d’écouter vraiment, tes oreilles entendent la succession des sons inarticulés du lave-linge ; cela commence par un glouglou clair d’eau qui le remplit, par le chuintement d’un moteur se mettant en marche, cela continue par un silence, puis par le tambour de la machine se mettant à tourner ; c’est le son familier du moteur joint au floc-floc des vêtements qui tapent à l’intérieur du tambour par phases d’une dizaine de secondes, suivies d’une pause, puis d’une nouvelle rotation, avec de temps à autre un clic, lorsqu’un bouton cogne sur le métal de la machine. Tu reconnais chaque reprise du lavage, le moteur tournant par cycles de quelques secondes avant de s’arrêter ; reprendre ; s’arrêter, c’est dans tes oreilles un constant bourdonnement, c’est un bruit de lave-linge qui tourne."

Éditions Noir sur Blanc (Notabilia) - Littérature contemporaine - 272 pages

mardi 5 août 2014

Sa vie dans les yeux d'une poupée - Ingrid Desjours

Sa vie dans les yeux d'une poupée - Ingrid Desjours
Mon résumé : Barbara, une jeune femme à l'apparence quelconque vient d'obtenir son diplôme d'esthéticienne. Avant de rentrer chez sa mère, et, pour se féliciter, elle décide de s'acheter une poupée. Collectionneuse de poupées anciennes, elle craque pour "Sweet Doriane". Sur le chemin du retour, elle se fait agresser puis violer. Cet événement, ainsi que les traumatismes subis pendant son enfance et le désamour de sa mère vont lui provoquer un choc et changer sa personnalité : elle entend sa poupée lui parler et lui donner des (mauvais) conseils. Une transformation qui va la mener à sa perte va s'opérer. Sa personnalité se dédouble : le soir, elle devient Barbie et vend ses charmes. "Conseillée" par la mauvaise Sweet Doriane, elle pourrait bien commettre l'irréparable...

Mon avis : J'ai adoré! Au début, j'ai eu pitié de Barbara, une jeune fille sage et sérieuse qui doit travailler pour nourrir sa mère aveugle. Elle fait tout pour s'en sortir et travaille d'arrache-pied au salon d'esthétique mais son maigre salaire ne lui permet pas de vivre décemment. Alors, lorsqu'un homme lui demande si elle fait les massages avec "finition" elle accepte. Elle a subi plusieurs viols et ne respecte plus son corps. D'ailleurs, à la suite du dernier viol, elle fera un déni de grossesse et arrivera jusqu'à l'accouchement sans même avoir ressenti qu'elle était enceinte. Et ce bébé n'arrangera pas sa situation et encore moins les conflits qu'elle a avec sa mère. Toute cette haine accumulée lui provoque une envie de vengeance. Elle se confie à sa poupée et l'entend même lui répondre. Mais Sweet Doriane n'est  vraiment pas bonne conseillère. Sa personnalité se dédouble, le soir, elle devient Barbie, une très belle jeune femme maquillée et aguicheuse. Au début, elle vend ses charmes pour arrondir ses fins de mois et faire plaisir à sa mère et à Raoul son petit ami. Mais très vite, la situation dérape : après avoir fait des "gâteries" à ses clients, elle se dessine une moustache et  elle les énuclée, les laissant repartir aveugles.
Les dépôts de plaintes se succèdent et c'est à  Marc qu'est confiée l'enquête. Il doit absolument retrouver celle que tout le monde surnomme maintenant "la pute à moustache"....
J'ai eu beaucoup de pitié pour Barbara et j'étais loin de me douter de quoi était capable cette jeune fille docile. Barbie, quant à elle, montre à quel point la bipolarité peut devenir grave et mener à la folie la plus horrible si elle n'est pas soignée.
Marc m'a aussi beaucoup émue. Il se remet difficilement de la mort accidentelle de se femme  et de son amputation de la jambe. Alors qu'il enquête sur "la pute à moustache" il va croiser la gentille Barbara et tomber sous son charme. Cette rencontre lui fera même croire à un avenir radieux. Mais le pauvre malheureux est loin de se douter sur qui il est réellement tombé....
J'ai adoré ce livre pour son aspect psychologique qui prend d'ailleurs plus d'importance que l'enquête en elle-même. Ingrid Desjours nous livre un thriller psychologique haletant et du début à la fin on se demande jusqu’où la folie va mener Barbara. La fin est en apothéose et d'une horreur quasi insoutenable. Mais je vous recommande fortement ce livre! J'ai hâte de lire d'autres livres de l'auteure.

Extrait : "Barbara est aussi grise que la neige souillée par les voitures.
Recroquevillée sur elle-même comme si elle souhaitait disparaître, la jeune femme ne comprend pas pourquoi les autres cherchent à la retenir. Ce ne sont pas ses amies. Elles se fichent bien de savoir qui elle est, et encore plus pourquoi elle ne peut pas rester. Mais elles insistent. Par politesse, sûrement. Par pitié, peut-être. Pour rire encore un peu à ses dépens.
- Désolée, je dois filer.
- Mais tu ne veux pas prendre un verre avec nous ? Un diplôme, ça se fête !
- Il y aura d'autres occasions... Maman m'attend.
- «Maman m'attend !» rigolent ses camarades en la caricaturant. Bon sang, mais t'as quel âge ?
Vingt-quatre ans. Aujourd'hui. Mais Barbara se garde bien de répondre. Ça ne ferait qu'alimenter les moqueries. C'est sûr qu'il est inhabituel de filer droit pour ne pas décevoir sa mère ou d'aimer encore les poupées à son âge. Aucune des filles qui l'entourent ne peut deviner à quel point le diplôme qu'elle vient de décrocher est un exploit. Une petite victoire sur elle-même puisque Barbara a enfin réussi quelque chose dans sa vie. Sur elle-même et sur sa mère qui l'a autorisée à s'inscrire aux cours. Mais il faut dire que la perspective d'un salaire supplémentaire a su la convaincre...
- Bon, j'ai des courses à faire... Salut.
- Ouais, c'est ça, va rejoindre maman !
"

Éditions Pocket - Thriller - 333 pages

dimanche 20 avril 2014

La fugue de Junior Lapin - Elisabeth Delaigle

La fugue de Junior Lapin - Elisabeth Delaigle
Mon résumé : Junior Lapin habite la paisible foret du Tronc qui fume avec ses parents et ses 7 frères et sœurs. Un jour, il va profiter de l'absence de sa famille pour faire une fugue et vivre sa vie tout seul comme un grand. Alors qu'il est censé surveiller le terrier, il décide de partir en ville chercher du travail et va ainsi découvrir le monde des humains. Mais il ne connaît pas nos habitudes et va faire bêtise sur bêtise!
Junior Lapin est blanc et pour qu’autour de lui tout prenne des couleurs, il est recommandé au jeune lecteur de se munir de crayons, de pastels ou de pinceaux pour embellir et animer sa vision du monde !

Mon avis : Tout d'abord, un grand merci à Elisabeth Delaigle qui m'a de nouveau contactée pour me proposer son second livre. 
J'avais beaucoup aimé  "Les contes de la Lune", et, cette fois encore, je me suis régalée des aventures de ce jeune lapin qui part seul découvrir le monde qui l'entoure et plus particulièrement le monde professionnel. Car c'est bien beau de vouloir vivre sa vie comme un grand, mais il faut de l'argent pour subsister! Et Junior Lapin va apprendre à ses dépens que le travail demande un minimum de rigueur et de réflexion avant d'agir. Les humains le laissent travailler seul et prennent un gros risque car ils ne savent pas que les règles établies dans le monde animal ne sont pas les mêmes que celles de leur monde...
La moralité de cette histoire est belle, et, grâce aux bêtises de Junior Lapin les enfants auront un aperçu du monde qui les entoure et verront qu'il n'est pas simple de sortir du cocon familial protecteur même quand on est poli, intelligent et serviable comme Junior Lapin.
J'ai trouvé les images à colorier très belles mais pas assez nombreuses. Elles illustrent bien les aventures de notre jeune lapin.
Un livre que je recommande aux très jeunes pour leur faire la lecture ou aux enfants un peu plus grands qui pourront le lire eux mêmes. Dans tous les cas, ils pourront colorier les images et passeront un agréable moment!

Extrait :  "Junior Lapin n'a jamais vu autant de délicieuses choses à manger.
Du salé avec des canapés de toutes formes à picorer, des salades multicolores, des légumes frais à croquer, des terrines de poisson, des pâtés, du poulet en gelée, des tourtes à la viande, des plateaux de fromages et toutes sortes de pains...
Du sucré avec des entremets, des mignardises diverses et variées, des gâteaux au chocolat, une cloche de Pâques en nougatine, une pièce montée en macarons, des fruits et une multitude de bonbons... Ça et là, des ballons et de jolies guirlandes lumineuses qui scintillent déjà. Ouh la la, quelle fête!
"

A lire aussi :

La fugue de Junior Lapin - Les oeufs de Paques.
  Éditions Edilivre - Livre pour enfants / Livre de coloriage - 92 pages.

samedi 22 mars 2014

Biocalypse - Jérôme Doe

Biocalypse - Jérôme Doe
Mon résumé : Adam Gordon, un généticien chercheur en biologie moléculaire pour le laboratoire Masanta  vient d'être tué chez lui avec sa petite fille Lisa âgée de 6 ans. Les assassins maquillent le meurtre en suicide mais Kate Gordon, sa femme va se rendre compte qu'il s'agit d'un meurtre car Adam était sur le point de faire des révélations sur ses recherches. Au courant des révélations qui devaient être faites, une organisation énigmatique appelée Biocalypse la contacte et lui propose de venger sa famille. N'ayant plus rien à perdre, elle accepte mais comprend vite qu'elle a signé un pacte avec le diable.
En effet, cette organisation formée de 7 personnes pense que "l'homme moderne est le cancer de la planète. Un cancer qu'il faut éradiquer avant qu'il ne détruise toute la vie sur et sous la surface de la terre". BYE (c'est son surnom) prône la défense de la nature par la suppression de ses parasites : les humains. Il faut changer le rapport de force entre l'homme et la nature en augmentant le nombre de gros prédateurs. Attentats, épidémies, manipulations génétiques des végétaux et des animaux, krach boursier, stérilisations sont ses moyens pour parvenir à ses fins.

Mon avis : Je tiens à remercier les éditions HQN et Jérôme Doe pour l'envoi de ce thriller car j'ai passé un agréable moment. 
De moi-même, je ne serais pas allée vers une lecture mêlant espionnage et complots et missions secrètes, mais j'ai aimé découvrir cet univers où toutes les actions demandent un maximum de discrétion, de stratégie et de réflexions quant aux conséquences.
L'histoire se déroule sur 11 ans (de 2001 à 2011) et nous fait voyager aux quatre coins du monde (États-Unis, France, Inde, Japon, Afrique, Mexique, Afghanistan...) Au début, j'ai été un peu déboussolée par cette multitude de lieux, mais elle n'est finalement pas gênante car chaque pays se rapporte à une action bien distincte. BYE sévit donc un peu partout dans le monde mais ne revendique jamais ses actes ce qui rend beaucoup plus dur le travail de l'armée et plus particulièrement de la cellule anti-terroriste "Infinity" dirigée par le colonel Robert Raven
L'armée tente de lutter contre ces méfaits mais la tache est très ardue car rien ne leur permet de faire de lien entre chacune des actions.
BYE agit donc secrètement pour ne pas être démasquée. Ses sept membres ont tous une fonction particulière liée à leurs compétences professionnelles et, pour plus de discrétion, ils ont chacun un surnom :
*A la demande de l'auteur (qui ne m'a rien imposé), et pour ne pas gâcher l'effet de surprise lors de la lecture, le passage ci-dessous est masqué. Cependant, si vous désirez quand même le lire, il vous suffit de mettre le texte en surbrillance avec votre souris.
Dr Indivar Suresh (le chef) et Kate Gordon ( fonctionnaire à l'ONU) surnommée Eve. Ils devront mener une campagne de stérilisation en Afrique.
Peter Swanson (Pdg de MicroWare) surnommé Korny, il devra créer une cellule constituée de banques dans différents états et  spéculera sur les monnaies pour affoler les marchés boursiers.
Elisabeth Carlson (chercheuse) Surnommée Betty, elle devra créer une drogue très addictive menant très rapidement à la mort de ses usagers.
Robert Falachon (économiste) surnommé Bernard. Il devra spéculer sur les matières premières pour affoler les marchés.
Tastuo Tanaka (industriel) surnommé Calvin. Son rôle sera officiellement de créer un laboratoire de génie génétique œuvrant pour l'OMS mais il devra secrètement trouver un moyen de créer des perturbateurs endocriniens visant à rendre la population stérile.
Sheperd (Ex-agent d’état) Sa mission était d'infiltrer la CIA.
Comme Kate, tous les agents de BYE cherchent à se venger d'un événement tragique.
Évidemment, ces missions m'ont fait  froid dans le dos, mais l'auteur est même parvenu à me faire me demander si une telle organisation n'existe pas déjà... Car toutes les actions menées se référent à des événements d'actualité ayant réellement existé. Jérôme Doe le dit lui même sur son site "Ce roman est basé sur des faits et des lieux réels. Toutefois, les personnages restent fictifs, tout comme certains faits historiques ont été romancés." En tous les cas, je lui tire mon chapeau car cela a dû lui coûter des heures et des heures de recherches...
Au niveau des personnages, je n'ai pas aimé l’héroïne Kate Gordon. Je l'ai trouvée froide et dépourvue de sentiments. Par contre, j'ai beaucoup aimé Polson le collègue de Raven. Informaticien de la cellule "Infinity". Je l'ai trouvé drôle. Il a de l'humour et ferait tout pour dégoter un nouvel appareil technologique pour mener à bien ses actions contre BYE.
Un roman un peu noir mais qui a l'avantage de faire réfléchir sur les différents événements d'actualité qui ont eu lieu cette dernière décennie. Les événements s'enchaînent à un rythme très soutenu et on a du mal à lâcher le livre une fois plongé dedans!

Extrait : "- J'ai jusqu'à 22 heures pour me décider à quoi?
- A comprendre et à lutter. [...]
- Si je vous appelle vous m'expliquerez tout?
- Oui. Mais sachez aussi que dans ce cas, vous ne pourrez plus reculer. Vous serez dedans jusqu'au cou. Je préfère être clair : cela changera votre vie et il ne sera plus possible de faire machine arrière.
- Qu'est ce que j'y gagnerai?
- Si ce n'est la vengeance, au moins la vérité. Et ici, la vérité a un prix : votre liberté. Mais avez-vous encore quelque chose à perdre? Si vous aimiez votre famille autant que j'ai aimé la mienne...
Les lèvres serrées, l'homme ne finit pas sa phrase et mit un terme à l'entrevue : 
- Au revoir, madame Gordon."

Éditions Harlequin-HQN- Thriller - 590 pages

lundi 3 mars 2014

Hommes entre eux - Jean-Paul Dubois

Hommes entre eux - Jean-Paul Dubois
Mon résumé : Paul Hasselbank et Floyd Paterson ne se connaissent pas mais ils ont pour point commun d'avoir vécu tous les deux avec la même femme : Anna.
Rien ne les poussait à se rencontrer : Paul habite à Toulouse et Floyd à Northbay au Canada. Mais Paul, gravement malade a le désir de revoir une dernière fois sa femme partie trois ans plus tôt  au Canada. Sur les traces de son amour perdu, il va croiser la route de Paterson, un bûcheron-chasseur à l'arc vivant reclus dans les bois avec lequel il va être contraint de cohabiter pendant  une tempête de neige empêchant tout déplacement à l’extérieur. Entre ces hommes blessés se noue une complicité aussi puissante qu'inattendue...

Mon avis : Paul est atteint d'une maladie orpheline incurable qui lui provoque de grosses poussées de fièvre et de terribles douleurs. Anna, sa femme (dont il est toujours amoureux) l'a quitté trois ans auparavant à l'annonce de sa maladie pour partir vivre au Canada. Depuis, il n'a plus de nouvelles d'elle. Dans un dernier élan et avant que sa maladie l'en empêche, il décide de se rendre dans le grand Nord canadien afin de tenter de la retrouver. Là-bas un parcours semé d'embûches l'attend. Entre les routes verglacées quasiment impraticables, et les rencontres épiques comme celles avec le vendeur d’assurances a l'esprit étriqué, le patron du motel obsédé par sa clientèle ingrate ou encore l'entraîneur de boxeurs, il sent bien qu'il va avoir beaucoup de mal à retrouver sa femme. Mais un jour, un indice lâché par l'entraîneur  va le mener sur le chemin de Floyd Paterson, un chasseur à l'arc qui habite dans un chalet isolé en pleine foret et qui vivrait avec Anna.
Mais Paterson lui apprend qu'Anna est partie depuis plus de 6 mois, là aussi sans laisser de traces. Paul, très souffrant décide d'abandonner ses recherches et de rentrer à Toulouse, mais dehors, une tempête de neige fait rage et le contraint de rester cloîtré plusieurs jours chez le chasseur. Tout les oppose : Paul semble faible alors que Floyd Paterson est une force de la nature mais pendant cette tempête, un événement va les rapprocher rendant l'un dépendant de l'autre...
J'ai trouvé Paul attendrissant : il appelle souvent chez lui pour le simple plaisir d'entendre la voix d'Anna sur le répondeur. Il est dépendant de son traitement médical et souffre énormément mais n'abandonnera jamais l'idée de retrouver sa femme.
Les autres personnages sont plutôt comiques mais ne font pas rire Paul car ils ne l'aident en rien dans sa quête.
J'ai aimé découvrir les paysages enneigés du Canada, et j'ai souvent eu l'impression d'y être...
Un livre à lire bien au chaud sous la couette!

La phrase que je retiendrai : "Mentir ne le gênait pas.C'était une nécessité de l'existence, ni plus ni moins. Le lubrifiant indispensable qui permettait aux humains de se fréquenter et de se supporter temporairement."

A lire aussi

Éditions Points - Littérature contemporaine - 183 pages.

lundi 24 février 2014

Vous plaisantez, monsieur Tanner - Jean-Paul Dubois

Vous plaisantez, monsieur Tanner
Mon résumé : Paul Tanner vient d'hériter de la maison familiale. Avant de pouvoir y habiter, il doit y faire effectuer de gros travaux. Il fait alors appel à plusieurs entreprises mais il va de déconvenues en déconvenues. Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous, tous semblent s'être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Récit véridique d'un chantier, chronique d'un douloureux combat.

Mon avis : J'ai adoré! Je l'ai dévoré d'une traite. Ce livre m'a fait rire du début à la fin. Ça sent le vécu pour l'auteur! Tous les corps de métiers du bâtiment en prennent pour leur grade.
Encore une fois et comme dans tous les romans de Jean-Paul Dubois, on retrouve Paul, le narrateur. Lorsqu'il accepte l'héritage de la grande maison familiale à l'abandon, il est loin de se douter de ce qui l'attend! Lui qui vivait confortablement dans une petite maison sans prétention mais habitable va, faute de finances, devoir vendre sa maison et faire un crédit pour commencer les travaux de rénovation de la grande maison. Le pire : il doit y habiter alors qu'elle est réduite à l'état de coquille vide! Il accumule les malchances. Entre les retards de chantier, les devis et factures exorbitants, la mauvaise foi des ouvriers, l’absentéisme, les vols, les intempéries, les malfaçons et bien d’autres drames encore il finit par se demander comment un seul homme peut attirer autant de déconvenues.
Le pauvre Paul qui croyait améliorer son cadre de vie va, à cause de ce chantier, devenir nerveux, stressé et insomniaque. Mais il a la force de caractère de prendre sa situation à la dérision : "On allait chez Tanner comme l’on se rendait à la Mecque ou à Compostelle. Et seuls les plus méritants, les plus atteints aussi, les plus cinglés surtout, avaient le droit d’effectuer ce périple"
Je me suis demandé jusqu'à la fin s'il allait enfin trouver LE vrai professionnel...
Je vous le recommande vivement parce qu'il est parfois bon de rire du malheur (sans gravité) des autres!

Extraits : "Souvent je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose qui clochait chez moi. Il n'était pas normal d'attirer à ce point les ennuis et les canailles. Je devais avoir des paroles, une attitude, une façon d'être qui me désignaient, dans la foule, comme pigeon préférentiel. Il n'y avait pas d'autre explication."
"Ce n’étaient pas LEURS outils, mais les MIENS. MA scie circulaire, MA scie sauteuse, MA tronçonneuse électrique. Kantor et Sandre avaient pris l’habitude de tout m’emprunter sans rien me demander. C’était comme l’échelle et tout le reste. Ils étaient à eux deux une véritable force d’occupation. Il leur avait suffit de quelques semaines pour réquisitionner ma maison, mes outils, mes finances, une partie de ma vie, et faire de moi une sorte de collaborateur passif."

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Éditions Points - Littérature contemporaine - 200 pages

jeudi 20 février 2014

Prends soin de moi - Jean-paul Dubois

Prends soin de moi - Jean Paul Dubois
Mon résumé : San Francisco, Paul Osterman est un rentier français  peu actif et dépressif. Il est dans la salle d'attente d'une maternité et se remémore sa vie et les événements qui font qu'il est là aujourd'hui à attendre de devenir enfin père. Il se souvient  notamment des deux principales femmes de sa vie : Julia de Quincey à laquelle il préférait ses virées au volant de sa MG et Rebecca une riche  femme mariée au magnat des crèmes glacées aux fantasmes sexuels un peu spéciaux. Mais ses relations avec les femmes sont à l'image des rapports qu'il entretient avec lui-même : décousues, intermittentes, ponctuées de tragédies que le lecteur hésite à prendre tout à fait au sérieux. Il doit prendre maintenant une décision cruciale pour le reste de sa vie. Va-t-il rester avec Julia ou va-t-il comme à son habitude se défiler? 

Mon avis : Comme lors de mes précédentes lectures de Jean-Paul Dubois, j'ai aimé suivre les péripéties de Paul (prénom du personnage principal des livres de JP Dubois). Lui qui est égoïste me fait penser à un grand gamin immature incapable de prendre des décisions. Il ne comprend rien aux autres et rien à lui même. Il analyse très froidement et très superficiellement les situations et ses émotions. 
Comme souvent dans les romans de Jean-Paul Dubois on rit. Mais là, ce n'est pas Paul qui m'a fait sourire car il est trop pathétique. Ce sont les deux femmes :
Julia de Quincey  une fausse aristocrate fâchée avec l'orthographe qui conçoit l'amour physique comme un rodéo ou une course d'endurance. Prête à tout pour avoir un enfant, d'une habileté diabolique sous des airs naïfs, elle transforme peu à peu la vie de Paul en cauchemar.
et Rebecca Crown car l'amour, chez elle, est comme un cent mètres : l'orgasme en 9"9. Elle dispose d'Osterman à sa guise et lui fait endurer son humeur instable, sa sécheresse affective, ses caprices sexuels effarants et son goût démesuré pour la prise de risques idiots.
A noter que dans les romans de Jean-Paul Dubois, la voiture du narrateur a toujours une place capitale. Ici, c'est elle qui conduira Paul à sa perte....

Extrait : "Cependant, malgré tous mes efforts, je n'arrivais pas à me sentir père, à concevoir que l'enfant que portait Julia pût aussi être le mien. Je restais un conducteur de décapotable, un inconditionnel des deux places, un fils unique, quelqu'un qui ne croyait en rien, qui ne valait pas grand chose, et qui ne demandait qu'une faveur: pouvoir se masturber, la nuit."

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Éditions Points - Littérature contemporaine - 210 pages.

dimanche 16 février 2014

Avenue des Géants - Marc Dugain

Mon résumé : Al Kenner est un adolescent hors normes : il mesure 2,20 mètres, a un Q.I. supérieur à celui d'Einstein et lutte en permanence contre des pulsions meurtrières. Le jour de l'assassinat du Président Kennedy, il passe à l'acte et tue ses grands-parents de sang froid, d'une balle dans le dos. Suivent 5 ans d'hôpital psychiatrique pour  finalement être jugé irresponsable, mais les pulsions meurtrières subsistent. L'intelligence hors normes d'Al Kenner, lui a permis d'étudier de façon très poussée la psychologie pendant son séjour en psychiatrie. Il a tellement poussé son apprentissage qu'il devient un très bon analyste des comportements humains plus particulièrement du profil des tueurs en série... N'ayant pas de casier judiciaire du fait de son irresponsabilité, il va pousser le vice jusqu'à se faire embaucher dans la police pour enquêter sur les disparitions...
Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement.
 
Mon avis : Quand on sait que cette histoire est basée sur des faits réels, ça fait froid dans le dos! Marc Dugain nous romance ici la vie d'Ed Kemper, un tueur en série américain accusé de 10 meurtres dont ceux de sa propre mère et de ses grands-parents.
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui, bien qu'il relate des faits sordides ne fait pas dans le "sanglant". On en apprend beaucoup sur le profil psychologique de ce tueur en série qui a défrayé la chronique dans les années 60.
Dès son enfance, Al se sent mal aimé. Dès son plus jeune âge, il sera envoyé chez ses grands-parents car sa mère ne le supporte plus et, il fait peur à la nouvelle femme de son père. Le jour de l'assassinat de Kennedy, il bascule dans la folie et tue ses grands-parents pour voir ce que ça fait de tuer. Après ses 5 ans d'internement, Il retourne chez sa mère mais les disputes se succèdent. sa mère est tombée dans l'alcoolisme et le dialogue est totalement rompu. Lui aussi traîne dans les bars et particulièrement au "Jury" où il boit des tournées avec les policiers du village et les écoute parler des mystérieuses disparitions de jeunes filles. Sa fine analyse psychologique des suspects va lui permettre de se faire embaucher par le commissaire Duigan pour pister un autre tueur en série ayant exactement le même profil psychologique que lui. "Ce sont des mécanismes qui me passionnent.  et, pour ne rien vous cacher, je vais me marier avec la fille du patron de la Criminelle de Santa Cruz, et je collabore déjà avec son père sur un dossier. Pardonnez-moi, mais je pense qu'avoir tué confère une vraie légitimité dans ce domaine, en particulier dans la compréhension du phénomène de passage à l'acte qui restera toujours un mystère pour un néophyte." Les policiers ne soupçonnent rien et se font berner jusqu'au bout. Le lecteur n'est alors pas au bout de ses surprises et devra attendre la toute fin du livre pour découvrir une atrocité insoutenable.
J'ai pourtant réussi à m'attacher à ce "géant". Je l'ai même plaint en découvrant que sa vie n'avait jamais été facile. Il a été transbahuté de droite à gauche et n'a jamais reçu d'amour : "Ma mère avait pour moi les yeux d’un cheval pour son propre crottin, mes sœurs me regardaient comme un obstacle entre elles et le réfrigérateur, ma grand-mère comme son souffre-douleur et mon grand-père comme le type qui allait lui causer des ennuis avec sa femme. Après avoir vécu tout cela, il y avait des raisons de culpabiliser, de se dire qu’on doit bien être un monstre pour mériter un traitement aussi unanime…" J'ai suivi sa lente descente vers l'alcoolisme et ses efforts pour contrer ses pulsions avec de la peine pour lui, jusqu'au moment où la vérité est faite sur ses agissements. Mais que penser d'un homme qui utilise la tête décapitée de sa mère pour jouer aux fléchettes?
Une histoire vraie romancée qui aiguise ma curiosité sur Edmund Kemper et que je vous conseille.
 
Extrait : "Et puis soudain, le chaton est passé dans le foyer de la chaudière. J'ai beaucoup goûté le moment où ma mère assise devant moi, me fixant impitoyablement m'a demandé où était passé le chaton. Je me délectais du silence que je lui opposais sans détourner mon regard. Elle a été tentée de me battre pour me faire parler, puis elle a renoncé en se servant un verre de scotch. C'est la dernière fois que j'ai incinéré vivant un de ses chatons de concours. Six mois plus tard, j'en ai décapité un, j'ai enterré son corps et j'ai gardé la tête dans ma chambre dans une boite de rustine de vélo."
 
 
Éditions Gallimard - Thriller - 361 pages

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