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dimanche 16 février 2014

A Mélie sans mélo - Barbara Constantine

Mon résumé : Clara, 10 ans vient passer les deux mois de ses vacances scolaires chez sa grand-mère Mélie, 72 ans. La pauvre femme est veuve depuis dix ans et ne reçoit plus de visites à part celles de Marcel, le meilleur ami de son mari. Mélie apprend la veille de l'arrivée de Clara qu'elle a un problème de santé alors ce qui lui importe maintenant c'est de léguer des souvenirs impérissables à sa Clarinette chérie. Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, Mélie va enfin rencontrer le grand amour... 150 ans à eux deux? Mais quand on aime, on ne compte pas!
 
Mon avis : Une belle histoire mêlant amour familial et amour tout court. Un peu comme dans "Et puis, Paulette", Mélie, le personnage central d'habitude si seule va se retrouver entourée. Et elle est bien décidée à en profiter car c'est peut-être son dernier été... Elle compte apprendre à sa petite fille à profiter des petits bonheurs simples de la vie comme par exemple regarder les bambous pousser ou l'araignée tisser sa toile.
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, Mélie va découvrir que Marcel est secrètement amoureux d'elle depuis 57 ans! Cette histoire d'amour m'a touchée car bien qu'elle n'ait pas osé se l'avouer, Mélie était elle aussi secrètement amoureuse de Marcel puisqu'elle faisait exprès de provoquer des pannes sur sa voiture ou sur ses appareils ménagers pour le faire venir réparer. Car Marcel est un bon bricoleur. Leurs sentiments enfin révélés, ils vivent leur histoire comme des adolescents avec des étoiles plein les yeux et comptent bien rattraper le temps perdu.
Il y a aussi Fanette, la maman de Clara qui est psychologue au village. Elle travaille dans le même cabinet médical que Gérard, le médecin récemment quitté par sa femme. C'est donc un cœur à prendre qui ne laisse pas Fanette indifférente.
Enfin, Antoine, le camarade d'école de Clara que Mélie lui a gentiment proposé d'inviter pour passer les vacances ensemble.
 Il y a aussi de l'humour dans ce livre.  Par exemple le fait que Marcel n'utilise son fauteuil roulant qu'à sa maison de retraite ou la façon que Mélie a de s'adresser à Marcel qui ne comprend pas pourquoi sa voiture est toujours en panne : "- Mais c'est plus rien qu'une épave, depuis le temps que tu la roules, ta caisse! T'entends, Mélie? Tu me les casses avec ton épave,nom de Dieu!
Mais Mélie n'est pas du genre à se laisser entamer facilement, alors il sait déjà qu'elle répondrait:
- Faudrait déjà qu'on les retrouve tes petites noisettes, pour qu'on puisse leur faire quelque chose, mon pauvre vieux!"
Un roman simple basé sur une belle histoire de vie ou les bons sentiments ne m'ont pas autant dérangée que dans "Et puis, Paulette" certainement parce qu'on sait que l'été est plus propice aux belles histoires.
A lire sans attendre!
 
La phrase que je retiendrai : "P.-S. : Le petit jeune homme du cybercafé m'a appris à dessiner ce chat :
  (\_/)
 (='.'=)
 (")_(")     "
 
A lire aussi :
Tom petit tom tout petit homme Tom 
Et puis, Paulette
 
 
Éditions Le Livre de Poche - Littérature contemporaine - 247 pages

Et puis, Paulette - Barbara Constantine

Mon résumé : Tout commence par un violent orage, qui emporte la toiture de Marceline, recroquevillée dans sa solitude. Ferdinand, le voisin d'ordinaire si bourru, se décide à lui proposer l'hébergement. Depuis le départ de ses enfants, installés à plusieurs kilomètres, il vit seul dans sa grande ferme vide. Débarque ensuite Guy, son meilleur ami, devenu veuf. Les sœurs Lumière, terrorisées par un neveu qui tente de s'approprier leur maison, rejoignent rapidement le clan. Les voilà cinq à la ferme. De 67 à 95 ans. La cohabitation s'organise. Débordés par les soucis de santé de la plus âgée, ils recrutent une élève infirmière, Muriel, à qui ils offrent le gîte et le couvert contre quelques heures de soins par semaine. Et à la sortie du lycée agricole, Kim est engagé en échange de menus travaux au jardin potager. La vie en commun est semée d'inventions saugrenues et de mille et une surprises. Cette histoire tisse des liens improbables et pourtant évidents entre ceux qui, vieillissant, ont besoin les uns des autres. Et puis, Paulette...
 
Mon avis : J'ai mis un moment pour rentrer dans cette histoire tellement les bons sentiments et l'improbabilité des situations m'exaspéraient. Petit à petit j'ai eu l'impression de vivre au sein de la communauté, et,  finalement, je suis loin d'être déçue.
Dans ce livre l'auteure parle de solitude, de veuvage, de divorce, de perte d'autonomie et de déni de grossesse sans jamais tomber dans le pathos. Le ton reste léger et l'écriture fluide.
Tous les personnages sont attachants et vont petit à petit se retrouver tous ensemble pour faire de leur groupe une force face aux aléas de la vie.
Ferdinand  veuf un peu bourru et solitaire qui, sur les conseils de ses petits enfants les Lulus va proposer à Marceline de l'héberger le temps qu'elle fasse effectuer les réparations de sa maison qui prend l'eau.
Les Lulus (Lucien et Ludovic) 6 et 8 ans qui préfèrent vivre avec leur grand père à la ferme plutôt que chez leur parents. Ils ont la naïveté et l'innocence des enfants de leur age. Ils apportent à ce livre une touche de légèreté.
Guy, le meilleur ami de Ferdinand qui vient de perdre sa femme Gaby et qui n'arrive pas à remonter la pente.
Hortense et Simone surnommées les sœurs Lumière menacées d'être expulsées de chez elles par leur neveu qui veut les mettre en maison de retraite depuis qu'Hortense souffre de la maladie d’Alzheimer et ainsi récupérer leur maison.
Muriel qui est élève infirmière  est embauchée par le petit groupe pour s'occuper de la plus âgée. Elle va vivre une épreuve compliquée : le déni de grossesse. Elle ne veut pas de ce bébé et l'abandonne à la naissance. Mais le petit groupe ne compte pas en rester là. Ils appelleront ce bébé Paulette et s'en occuperont comme si c'était le leur. Organisant même des tours de garde pour les biberons. C'est le passage du livre que j'ai préféré (dommage qu'il soit à la toute fin) .
La vie s'organise parfaitement grâce à des plannings de tâches. J'ai trouvé l'idée très bonne car pour réussir une vie en communauté, il faut qu'il y ait des règles bien établies. "Guy, vexé, a décidé de laisser les autres se dépatouiller avec elles deux et de se plonger dans l’élaboration d’un planning... et il choisit d’y mettre un titre ; Organivioc, ce n’est pas très joli, mais c’est sa petite revanche et ça le fait doucement rigoler." Il mettront même en ligne sur internet un site communautaire de partage et de solidarité qu'ils nommeront "poétiquement" Solidarvioc.
Un roman qui m'a un peu fait penser un roman que j'avais adoré d'Anna Gavalda : "Ensemble, c'est tout"
 
L'image qui m'a fait sourire : "Hortense est très excitée, elle veut apprendre a surfer sur le oueb ! cliquer sur le dos d une souris ! se mettre de profil sur fesse bouc !
Elle adore ses deux nouveaux amis, surtout le jeune homme, là, elle le trouve rigolo et beau ....ah lala ! Il lui rappelle un peu Octave, son mari d un jour , hein , Simone ?"
 
 
A lire aussi :
Tom petit tom tout petit homme Tom
A mélie sans mélo
 
Éditions Le Livre de Poche - Littérature contemporaine - 288 pages

Tom petit Tom tout petit homme Tom - Barbara Constantine

Mon résumé : Tom, un petit garçon de 11 ans est souvent livré à lui même car sa mère Joss qui l'a eu très tôt (à 13 ans) a d'autres idées en tête que de s'occuper de lui. Elle préfère sortir avec ses amis ou même partir en vacances sans lui. Il habitent tous les deux dans une vieille roulotte et survivent grâce aux rares  petits boulots de Joss. C'est Tom qui, du haut des ses onze ans gère les repas et le budget. Pour s'en sortir, il n'a d'autres solutions que d'aller chaparder des fruits et des légumes dans les champs voisins en rentrant de l'école. Seulement, il faut rester discret, ne pas se faire repérer par les voisins pour ne pas se  retrouver à la DDASS. Alors Tom rebouche soigneusement les trous ou replante derrière lui. Mais un jour, en commettant un de ses petits larcins, il va rencontrer Madeleine, une vieille dame de 93 ans. Elle est couchée au milieu des ses choux et pleure, incapable de se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là…
 
Mon avis : Première lecture de l'année et premier coup de coeur. J'ai trouvé l'histoire de ce petit garçon vraiment touchante. Il est très dégourdi et arrive à se débrouiller seul malgré les très nombreuses absences de sa mère. Laquelle a d'ailleurs tellement honte de l'avoir eu si jeune, qu'elle le fait passer pour son petit frère.
Cette histoire, bien que dramatique, ne tombe jamais dans le pathos et les situations cocasses prêtent souvent à sourire. Car Tom et Joss aiment leurs vies et ne voudraient pas en changer. Ils profitent en effet d'une grande liberté.
Ses voisins les plus proches, Archibald et Odette, nouvellement arrivés à la campagne ont compris le petit manège de Tom depuis le début, mais ils le laissent faire car ça leur fait une distraction et quelque chose d'original à raconter dans leur journal de bord. "Archibald arrive maintenant dans le coin des tomates. Et il tombe en arrêt.
- Good Lord!
Il a un moment d'hésitation. Essaye de se rappeler dans quel état il est allé se coucher hier soir, ce qu'il a mis dans son dernier cocktail, s'il a fumé quelque chose... Ce n'est pas tous les jours que l'on voit pousser des bocaux dans un potager. " Ils ont même compris que le jeune Tom se cachait derrière la fenêtre pour regarder le film le soir.
Tout va changer lorsque Tom va faire la connaissance de Madeleine. Comme elle est hospitalisée, c'est lui qui aura la charge de donner à manger à son chien "Balourd" et son chat "le Mité" en contre partie, il a le droit de se servir dans le potager de Madeleine. La vielle femme n'ayant pas toujours toute sa tête ne s'est même pas demandé ce que faisait ce petit garçon dans son jardin et ne se pose pas de question quant au fait qu'il soit toujours seul.
J'ai trouvé Joss attendrissante car pour essayer de s'en sortir, et parallèlement à ses petits boulots, elle suit des cours d'infirmière. Elle est pleine de bonne volonté et est motivée  "Pour l'instant, stylo dans la bouche et regard au plafond, elle prend de bonnes résolutions. Sortir moins. Boire moins. Arrêter de croire à l'amour à chaque coup. Trouver du boulot. Ça, ce serait vraiment bien. Surtout pour pouvoir habiter ailleurs, se payer autre chose que ce mobil-home déglingué. Ça commence à faire long, le "en attendant". Trois mois. Sans une vraie chambre, sans une vraie salle de bains, sans de vraies toilettes, sans téléphone, ni rien. Ça commence à être chiant." Mais elle n'y arrive pas. Souvent, Tom doit l'aider à faire ses devoirs. C'est un peu lui son grand frère. Il doit aussi la réveiller le matin, car Joss n'arrive vraiment pas à se prendre en mains d'elle même : "Et il se dit que c’est bien que Joss ait trouvé du boulot. Mais que devoir la réveiller tous les jours, pour lui, ne sera pas une sinécure. C’est un mot qu’il a eu dans une dictée l’autre jour."
"C’est assez embêtant pour son boulot, mais elle déteste faire le ménage surtout la vaisselle. Pour le reste, on peut lui faire confiance. Elle est honnête et elle travaille bien. Ça lui plaît de s’occuper des malades, et des vieux aussi."
Samy aussi m'a bien amusée avec son corbillard, mais je ne peux pas en dire plus...
J'ai beaucoup aimé aussi la fin ou on en apprend un peu plus sur chaque personnage.... Mais je vous laisse découvrir ça par vous même.
 
A lire aussi :
Et puis, Paulette
A mélie sans mélo
 
Éditions Le Livre de Poche - Roman contemporain - 224 pages

Balle de match - Harlan Coben (Tome 2 des aventures de Myron Bolitar)

Mon résumé : Myron Bolitar, ancien basketteur, ex-agent du FBI reconverti comme agent sportif va être amené à enquêter sur l'assassinat de Valérie Simpson, une jeune joueuse de tennis qui s'apprêtait à signer un contrat avec lui. Lors de cet assassinat ayant eu lieu à l'US Open et devant des milliers de spectateurs, personne n'a rien vu... La police soupçonne Roger Quincy, un fan détraqué. Mais cette hypothèse est beaucoup trop simpliste au goût de Myron, qui, pour parvenir à ses fins, devra faire remonter son enquête jusqu'à l'assassinat de l'ancien petit ami de Valérie, Alexander Cross fils du sénateur, 6 ans auparavant...
Les deux crimes seraient-ils liés? Quel rapport  entre Valérie et le petit poulain de Myron, Duane Richwood, la star montante de la raquette ? Personne ne semble apte à répondre à ces questions. Alors quand la mafia et le sénateur s'en mêlent, Myron comprend que la partie est loin d'être finie...
 
 
Mon avis : J'ai choisi d'emprunter ce livre d'Harlan Coben car j'avais beaucoup aimé "Ne le dis à personne" et m'attendais à un thriller palpitant hors, ce ne fut pas le cas pour "Balle de match"...
Ce livre est le deuxième d'une série de 9 tomes des aventures de Myron Bolitar.
A part de bons dialogues pleins de répartie et d'humour, je me suis un peu ennuyée. Les personnages sont très nombreux et leur présence n'est pas toujours pertinente pour le déroulement de l'enquête. Par contre, l'intrigue est bien menée car je n'ai trouvé le (la) coupable qu'à la fin après de nombreux revirements de situation.
J'ai bien  apprécié le passage ou Myron consulte la psychiatre de Valérie pour essayer de lui soutirer des informations, cette dernière, faisant semblant de rien, va se servir de ses talents de psychologue pour se jouer de lui...
La découverte du milieu du tennis professionnel et l'ambiance qui y règne fait froid dans le dos.
Je ne sais pas si ce style d'écriture a été voulu par l'auteur, ou si la traduction est mauvaise, mais on croirait lire la transcription d'un téléfilm.
Une lecture à réserver aux fans du genre.


  

Éditions Fleuve Noir - 312 pages

Le café de l'Excelsior - Philippe Claudel

Mon résumé : Après le suicide de ses parents, un petit garçon de huit ans (dont on ne connaît pas le prénom) est recueilli par son grand père qui tient un bar de village : L'Excelsior. Pendant trois ans ce petit va se régaler à observer les gens qui l'entourent. Il adore cet endroit ou les clients bien entamés par l'alcool se livrent souvent à des conversations dignes des dialogues d'Audiard. Il voit en son Grand-Père quelqu'un de protecteur qu'il aime beaucoup malgré son penchant pour la boisson.
 
 
Mon avis : Ce deuxième livre que je lis de Philippe Claudel est de la même veine que "La petite fille de Monsieur Linh"  et j'ai beaucoup aimé. Cette petite nouvelle est très agréable à lire et pleine de poésie ce qui, au premier abord peut paraître étrange pour un récit qui se passe dans un débit de boissons. Le narrateur est le petit enfant, et il nous décrit avec sa vision de petit garçon de huit ans le monde dans lequel il évolue. Il se rend compte qu'il est la seule personne qui compte pour son Grand-Père car ce dernier a été veuf très tôt, c'est pourquoi il veille sur son petit-fils comme sur son propre enfant : "Quand nous marchions dans la Grande Ville, Grand-Père et moi, nous avions l'air de deux égarés, gauches de gestes et d'allure. Nous n'étions pas chez nous. Sa grosse main serrait tant la mienne, chétive, qu'au soir de ces promenades, il avait tant pressé mes doigts que je ne pouvais les décoller et qu'ils restaient blancs comme des haricots beurre. "Ne me quitte pas" me répétait-il sans cesse, et ses propos me paraissaient toujours porter bien au-delà des après-midi citadines pour s'appliquer à une vie que je pressentais riche en aspérités."
Mais le petit garçon se doute que son Grand-Père vieillissant, il ne pourra pas rester très longtemps avec lui, et les visites d'un "monsieur qui sent la betterave" lui font présager le pire : " "Qu'est ce qu'il sent mauvais le monsieur" lui disais-je. C'est parce qu'il fait un sale métier, il faut bien que ça transpire quelque part!" me répondait Grand-Père."
Ce petit récit d'une vie ordinaire dans un bistro de village m'a parfois bien fait rire grâce à de bons dialogues comme lorsque les clients parlent du chauffeur de bus Stéfan Mercepied mort dans un accident de la circulation avec son car, un jour, ou exceptionnellement, on l'avait empêché de boire...  :
"A la mémoire de Stefan Mercepied,
homme de coeur et de corps,
mort au combat.
1919-1967
"Quel combat ?" lui fit remarquer un oiseux de passage qui buvait pingrement un galopin. Six regards le fusillèrent, et Verdaillon répondit: "Le plus terrible des pugilats, la lutte suprême, le pancrace inégalable, le combat effroyable et titanesque, toujours à recommencer, celui contre les cons de ton espèce..."
Le petit garçon maintenant devenu un homme nous raconte avec beaucoup de nostalgie cette époque et ce qu'il a vécu pendant ces trois années de bonheur indélébile.
Une petite perle de la littérature contemporaine.
 
 
Le Livre de Poche - 85 pages - Nouvelle

La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel

Résumé de l'éditeur : "C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui."
Il n'a pu emporter avec lui, outre la petite fille de six semaines, que quelques vêtements usagés, une photographie que la lumière du soleil a presque entièrement effacée et un sac de toile dans lequel il a glissé une poignée de terre. Les parents de l'enfant étaient les enfants de Monsieur Linh, morts dans la guerre qui fait rage depuis des années dans son pays. Le voyage dure longtemps. Le pays où il arrive est étrange et étranger. Pour celui à qui la mort à tout pris, qui n'est plus rien, qui se trouve à des milliers de kilomètres d'un village qui n'existe plus, seule compte la survie de l'enfant. Un jour où il consent à vaincre ses réticences et à sortir du dortoir pour réfugiés où il a été placé, il fait la rencontre de Monsieur Bark, un homme aux mains de géant avec qui il noue une solide amitié. Malgré la barrière de la langue, leurs rencontres quotidiennes sont pour le vieil homme comme un retour à la liberté. Jusqu'au moment où il est rattrapé par la réalité…
 
Mon résumé  Monsieur Linh, un vieil homme d'une soixantaine d'années vient de quitter son pays (probablement le Vietnam car il est fait état d'une guerre). Un obus a tué son fils et sa bru alors qu'ils travaillaient dans une rizière. Seule sa petite fille Sang Diû a survécu. Il se retrouve seul pour s'occuper d'elle qui est  âgée seulement de quelques mois. Il part en bateau pour son pays d'exil (La France) pour oublier ses mauvais souvenirs causés par le décès de sa famille. Il aime très fort Sang Diû et la tient toujours collée contre lui. En se promenant en dehors de ce centre pour exilés, il va rencontrer un gros monsieur, monsieur Bark avec lequel il va se lier d'amitié. En effet, bien que les deux hommes ne parlent pas la même langue, ils arrivent à se comprendre car  ils ont un point commun : la mort de leurs femmes. La semi liberté que laisse ce centre pour émigrés lui permet de revoir tous les jours monsieur Bark, de se faire de bon repas au restaurant, ainsi que des apéros au bistrot les jours de mauvais temps. Preuve de l'affection de monsieur Bark pour le vieil homme et sa petite fille, il va jusqu'à offrir une très jolie robe pour Sang Diû. Malheureusement cette complicité aura été de courte durée car Monsieur Linh a été emmené dans un château (qui est en fait un hospice pour vieillards) dans lequel il détient toujours la garde de sa petite fille mais duquel il n'a pas le droit de sortir mais qu'il va tout faire pour le quitter et retrouver Monsieur Bark....
 
Mon avis : J'ai adoré cette histoire très belle et très émouvante entre un homme et sa petite fille, mais aussi toute l'amitié décrite entre lui et monsieur Bark. Monsieur Linh qui ne sait dire que "bonjour" et ne comprend pas un mot de français réussi à se faire payer un paquet de cigarettes par jour par son centre pour exilés pour l'offrir au gros homme, lequel lui offrira une jolie robe pour Sang Diû.
J'ai été aussi très étonnée par la docilité de Sang Diû, pas une fois l'auteur nous dit qu'elle pleure, elle est toujours très sage et ne s'émeut de rien, nous saurons par la suite pourquoi....
Dans ce roman,on découvre aussi toutes les horreurs et atrocités de l'exil. (horreurs que j'ai pu aborder grâce à la lecture de "à l'abri de rien" d'olivier Adam). Là, c'est encore pire, il s'agit d'un cas concret - Monsieur Linh- qui ne connait ni la langue ni les us et coutumes de la France à part le mot "bonjour" qu'il ne sait même pas employer et qu'il utilise pour saluer ou pour prendre congé. Les autorités vont profiter de ses manques pour le juger sénile à l'enfermer dans un hospice.
Le plus émouvant dans cette histoire est de savoir que malgré tous les efforts que peuvent faire les réfugiés pour se faire accepter, une étiquette leur est souvent collée dessus et que, quoi qu'ils fassent, leur sort est scéllé.
Je me doutais que Monsieur Linh allait vouloir retrouver son ami, mais j'étais loin de me douter d'un tel dénouement!

Voilà une lecture qui m'a captivée du début à la fin et que je recommande!

Les années perdues - Mary Higgins Clark

Résumé : Pour Mariah, le cauchemar commence quand elle découvre sa mère atteinte d’Alzheimer enfermée dans un placard, l’arme du crime au poing, à côté du cadavre de Jonathan Lyons, son père tué d’une balle dans la tête. Aucun doute pour la police mais Mariah, elle, est convaincue de l’innocence de sa mère. Son père, spécialiste de la Bible, avait fait quelques temps auparavant, une étrange découverte : une lettre de Jésus à Joseph d’Arimathie, disparue au 15e siècle de la bibliothèque du Vatican, après que le pape ait émis des doutes sur son authenticité. Mais elle a mystérieusement ressurgi et, avec elle, la preuve de son authenticité. Aurait-on tué son père pour récupérer ce parchemin d’une valeur inestimable ? Et, dans ce cas, qui est le coupable ? Mariah se lance dans l’enquête, au péril de sa vie.
 
Mon avis : "Les années perdues" évoquent les années pendant lesquelles on a perdu la trace de Jésus entre ses 12 et ses 30 ans. On pense que pendant ce temps là, Joseph d'Arimathie a fait son éducation en Egypte. La lettre retrouvée par Jonathan Lyons, aurait été écrite par Jésus et destinée à Joseph. Si elle était  authentique, elle lèverait le voile sur des années de la vie de Jésus. Jonathan Lyons est persuadé qu'il a fait une grande découverte et décide de garder cette lettre d'une valeur inestimable mais ce sera au péril de sa vie.
Pour ma part, je ne pense pas aux années perdues, mais aux heures perdues en lisant ce livre. En effet, c'est le troisième roman de Mary Higgins Clark que je lis, et je n'arrive toujours pas à accrocher! Au début, les personnages sont trop nombreux et trop rapidement présentés et certains n'ont aucun intérêt pour l'histoire. Cela n'a fait que m'embrouiller.
De plus, faire accuser Kathleen, sa femme atteinte d'Alzheimer est un peu facile même si tout est contre elle. La pauvre femme ne comprend même pas ce qu'on lui reproche et elle est placée d'office dans un hôpital psychiatrique et bourrée de calmants. Mais plusieurs personnes auraient un mobile :  Lillian Stewart, la maîtresse de Jonathan, Rory, l'aide-soignante de Kathleen et bien d'autres encore..
Dans le résumé, on nous dit que Mariah, la fille de Jonathan va mener l'enquête. Mais je l'ai trouvée insipide et même un peu nunuche... En fait c'est Alvirah, une amie de la famille qui va faire avancer l'enquête. Peu habituée à lire des romans policiers, je n'ai pas découvert le coupable avant le dénouement.
J'ai encore un livre de cette auteure dans ma bibliothèque mais je crois que je ne suis pas prête de retenter l'expérience!
A réserver aux fans de l'auteure...
 
A lire aussi :
L'ombre de ton sourire
Où-es-tu maintenant?
 
Éditions France Loisirs - Policier - 416 pages

"Où es-tu maintenant?" Mary Higgins Clark

Ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu de policier, et je me suis dit, pourquoi pas pour changer... Et comme je l'avais craint, ça ne m'a pas plu..En fait, je n'ai jamais aimé lire des romans policiers....

Résumé de l'éditeur : Cela fait 10 ans maintenant que Mack a disparu. Dix ans qu'il téléphone à sa famille, chaque année, à l'occasion de la fête des mères. Sans rien dire de lui. Même la mort de son père dans la tragédie du 11 septembre ne l'a pas fait revenir. Sa soeur Carolyn, décide de le retrouver coûte que coûte. Malgré l'avertissement glissé à leur oncle, un prêtre, dans la corbeille de la quête à l'église: "Dites à Carolyn qu'il ne faut pas qu'elle me cherche." Son enquête va conduire celle-ci sur les traces de plusieurs jeunes filles assassinées dans le quartier ou vivait Mack. Est-il le serial killer recherché par la police ou la victime d'une horrible machination?

Mon avis : Bien qu'il soit bien écrit et que l'intrigue soit bien menée et qu'elle commence des les premières pages du livre, je n'ai pas réussi à adhérer à cette histoire (que j'ai tout de même lue jusqu'au bout) Plusieurs pistes ont été proposées et la dernière était à mon avis trop prévisible...Mais je ne peux pas vous en dire plus de peur de vous révéler la fin...

L'ombre de ton sourire - Mary Higgins Clark

Résumé de l'éditeur : A l'heure où les petits-neveux du docteur Alex Gannon, qui vient de mourir, se disputent son fabuleux héritage, Olivia Morrow doit-elle révéler le terrible secret qu'elle est désormais la seule à connaître ? N'est-ce pas renier la promesse faite à sa cousine Catherine et trahir sa mémoire que de révéler l'existence de sa petite-fille Monica ? Qui pourrait en effet soupçonner sœur Catherine, nonne en voie de béatification, d'avoir, à dix-sept ans, eu un enfant d'Alex, et de l'avoir abandonné ? Dévoiler ce qu'Alex lui-même ignorait, c'est mettre en danger la vie de la jeune fille. Un énorme héritage est en jeu. Car Alex Gannon, le père de l'enfant, qui ignorait tout du destin de son fils, a laissé à sa mort une fortune colossale que ses petits neveux, âpres au gain, se disputent déjà. Ils sont prêts à tout pour empêcher l'héritière légale d'Alex, Monica Farrell, fille de l'enfant que le milliardaire a eu avec Catherine, de toucher l'héritage. En dévoilant son secret, Olivia non seulement rompt la promesse faite à sa cousine, mais met en danger sa vie et celle de Monica.
 
Mon avis : Déjà récemment déçue par "Où es tu maintenant", c'est la même chose pour celui-ci. Je dois vous avouer que le polar n'est pas du tout mon genre de livre de prédilection, mais ayant tardé à passer ma commande chez France Loisirs, ils me l'ont envoyé en indiquant que c'est la sélection... Et franchement, je ne vois pas pourquoi il a été sélectionné... Tout d'abord, les personnages sont beaucoup trop nombreux à mon goût pour qu'on puisse s'y identifier et suivre facilement le fil de l'histoire, en plus, le dénouement est prévisible...
Il y a énormément d'actions (dont la plupart sont intéressantes pour la résolution de l'énigme) ce qui prête souvent à confusion. Je pense que Mary Higgins Clark devrait écrire un peu moins de livres mais s'attacher davantage à la qualité de ces derniers.
Pour faire court, si vous n'êtes pas un(e) inconditionnel(le) de Mary Higgins Clark, passez votre chemin...

D'autres vies que la mienne - Emmanuel Carrère

Mon résumé : Emmanuel Carrère est un journaliste, écrivain et réalisateur de documentaires. C'est lui le narrateur des histoires décrites dans ce livre. En effet, les protagonistes de l'histoire lui on demandé de relater les événements de leurs vies dans un livre. Il s'agit donc d'histoires vraies...
Tout d'abord, l'histoire de Jérome et Delphine parents de la petite Juliette (4 ans) morte au Sri Lanka à Noël 2004 lors du tsunami qui causa tant de dégâts et de décès. Emmanuel Carrère était présent lors de ce drame. Il relate avec beaucoup de précisions ce qui s'est passé.
Il s'agit ensuite d'une autre histoire et d'une autre Juliette, qui, elle, a  30 ans (c'est de plus la belle-soeur d'Emmanuel Carrère) et va décéder d'un cancer. laissant derrière elle ses trois filles et son mari...
Enfin, la dernière histoire est celle d'Etienne, un ami de longue date de Juliette qui partage avec elle un handicap physique lié au cancer  (une jambe amputée pour lui, une jambe inerte pour elle). Juliette avait déjà eu un cancer dans sa jeunesse, qui lui avait laissé ce handicap, mais ce dernier était en rémission.
Juliette et Etienne ont aussi en commun l'amour de la justice c'est pourquoi ils se sont voués  à défendre notamment des personnes et des ménages sur-endettés, en situation de grande précarité sociale et morale au tribunal d'Instance de Vienne (Isère)
 
Mon avis : Confronté de près à ces histoires (Car deux d'entre elles concernent  ses amis et la troisième concerne la soeur de sa femme) Emmanuel Carrère nous livre avec beaucoup de détails poignants les vies de ces personnes. Au Sri Lanka, il a échappé de peu à cette vague meurtrière par chance car son hôtel se trouvait sur les hauteurs de Ceylan. Commence alors un cauchemar, des corps doivent être identifiés et triés... Il nous donne beaucoup de détails que les informations ne pouvaient pas nous dire à cette époque de peur de choquer l'opinion... L'attitude des parents de la petite Juliette lors de la recherche et de la découverte de son corps... Beaucoup de détails qui vont réfléchir et prouvent l'atrocité d'un tel événement mais dont je me serais bien passée.
Ensuite, l'autre Juliette sur son lit d'hôpital... Là, l'histoire est beaucoup moins crue car la médecine est là pour aider...Commençant par le dénouement de l'histoire, l'auteur revient ensuite sur le long périple subi par Juliette, les traitements, la radiothérapie subie lors de son premier cancer qui, mal ciblée, lui a fait perdre la mobilité de sa jambe. Néanmoins, et malgré ce handicap, elle arrive à trouver Patrice, l'amour de sa vie qui lui fera trois filles et qui ne cessera de l'aider et de l'aimer lors de cette lente descente...
Ecrit trois ans après la mort de Juliette, et lorsque la plus petite de ses filles avait 15 mois, ce livre est surtout  un témoignage de vie et  d'amour.
Un livre très émouvant et très bien écrit qui ose parler d'une maladie grave sans tomber dans le mélo dramatique. Une lecture que je recommande (attention quand même, certains passages sont difficiles)

Plus forte que la maladie - Lucie Carrasco

Mon résumé : Lucie Carrasco est aujourd'hui une jeune femme de 29 ans qui doit se battre depuis sa plus tendre enfance contre une maladie génétique dégénérative rare : l'amyotrophie spinale. C'est une  "maladie génétique héréditaire due à la dégénérescence des motoneurones de la moelle épinière. Cela signifie que les nerfs moteurs n’acheminent plus l’ordre du mouvement jusqu’aux muscles. Inactifs, ceux ci s’affaiblissent, s’atrophient et se rétractent." (source wikipédia). A l'époque, les médecins lui donnent une espérance de vie de 3 ans... Hors les anniversaires se succèdent, et Lucie est toujours là. Elle doit en fait sa survie et même comme elle dit sa "deuxième naissance" à une lourde et douloureuse opération du dos visant à la redresser et ainsi libérer ses organes de la pression due au relâchement de ce dernier et surtout, lui redonner une amplitude respiratoire. Aujourd'hui styliste très active professionnellement et parfaitement intégrée, elle a réalisé trois collections de mode et mis sur pied quatre défilés, soutenue en cela notemment par des personnalités telles que Bruno Gaccio et Jean-Marie Bigard.
 
Mon avis : Ce témoignage poignant et très instructif ne tombe pas dans l'apitoiement et nous fait découvrir la vie de Lucie Carrasco qui a du se battre avec son père contre les institutions spécialisées et contre sa maladie. En effet, les instituts qu'elle a fréquenté (et qu'elle ne cite pas tant leurs méthodes étaient discutables) sont censés lui apporter un confort de vie, mais c'est bien souvent l'inverse qui se produit. Par exemple, faute d'ambulance spécialisée, elle ne peut pas rentrer chez elle le week-end avec son fauteuil motorisé. L'institut lui en prête un manuel (dont elle n'a pas l'utilité car elle n'a pas assez de force dans les bras). Le personnel manque cruellement de formation et d'information sur ces maladies et par exemple gardent en infirmerie sans soins spécifiques les enfants malades atteints  de bronchite. (alors qu'ils ne peuvent pas tousser et ont besoin de manipulation d'un kiné pour les aider à évacuer les sécrétions bronchiques). Elle nous raconte même que vers l'âge de Huit ans, sa copine Nina (dont les parents n'étaient pas plus renseignés sur sa maladie) est décédée faute de soins en s'étouffant dans ses sécrétions bronchiques. Le pire étant que cet institut garantit aux parents que leurs enfants sont entre de bonnes mains. (j'espère que trente ans après, les choses ont changé et que le personnel est plus qualifié.
Ce qui m'a aussi beaucoup indignée dans ce témoignage est la différence que fait Lucie entre la France et les autres pays qu'elle a eu la chance de visiter comme l'Espagne (pays de ses origines) Angleterre, la Hollande... Ou les mentalités ne sont pas les mêmes face au handicap. En effet, elle nous apprend qu'un jour en France, elle a été oubliée dans un train après s'être assurée maintes fois qu'un agent serait présent sur le quai à son arrivée pour l'aider à descendre. Hors, personne n'était là pour l'aider et, dans l'indifférence générale, elle s'est même retrouvée enfermée dans ce train reparti pour sa voie de garage. Alors qu'en Angleterre par exemple, chaque train est muni d'une rampe intérieure pour accueillir les handicapés et un agent est automatiquement présent pour aider les personnes sans qu'elles aient besoin d'en faire la demande...
Autre exemple : un jour en Espagne, alors qu'elle attendait quelqu'un sous la pluie, quatre jeunes femmes qui attendaient leur bus sont venues spontanément lui mettre leur parapluie au dessus de la tête. Ce n'est malheureusement pas en France qu'on verrait un tel comportement...
Encore pire : à Roissy, on oublie carrément son fauteuil et elle se retrouve en Espagne sans lui : vacances fichues...
Néanmoins, ce récit finit sur une note très positive : voilà quatre ans que Lucie a rencontré l'amour de sa vie et elle vit aujourd'hui avec lui.
J'ai le même âge que cette jeune femme et je suis ulcérée de voir de tels comportements, lesquels auraient pu être compréhensibles cent ans plus tôt à cause de l'ignorance de la maladie, mais sont  aujourd'hui inacceptables.
Il faut que les mentalités changent, que les gens arrêtent d'avoir des a priori et j'espère que des témoignages comme celui-ci vont y contribuer. C'est pourquoi je vous encourage à lire ce livre, vous y apprendrez plein de choses et c'est de plus une formidable leçon de vie et de courage...
 
 
Editions Flammarion - 278 pages.

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