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mercredi 4 octobre 2017

Aucun été n'est éternel - Georges-Olivier Chateaureynaud


Aucun été n'est éternel - Georges-Olivier Chateaureynaud

1965: le moment beatnik avant le déferlement hippie. Aymon a dix-huit ans. « Fils de vieux » élevé dans du coton, il étouffe entre un père mourant et une mère trop possessive. C’est l’été. La vie appelle Aymon en Grèce. À Athènes, il découvre pêle-mêle la liberté, le sexe, l’amitié, la musique et la drogue. Il se joint à une petite bande qui mène sous l’Acropole une vie d’oiseaux sur la branche. Il y a Crevard, authentique routard famélique, Heinz le dealer-copain, Anji l’anorexique aux trois overdoses, le busker Kilian, guitariste surdoué et le pauvre Naze, son acolyte ingénu au tatouage infamant… Aymon s’affranchit peu à peu du groupe qui se démembre pour « tailler la route » vers Tanger puis Londres. Mais aucun été n’est éternel : il faudra, un jour de rêve fracassé, qu’Aymon regagne Paris et affronte la vie, la vraie, et le drame qu’en partant il a laissé derrière lui.
La fugitive utopie communautaire de ce temps si proche et déjà si lointain attendait son ode. Ceux qui l’ont vécue en gardent à jamais la nostalgie. Être jeune alors, c’était autre chose…

samedi 23 septembre 2017

Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Le jour d'avant - Sorj Chalandon

«  Venge-nous de la mine  », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

jeudi 9 février 2017

Jeux de miroirs - E.O. Chirovici

Jeux de miroirs - E.O. Chirovici
Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé Jeux de miroirs qui l'intrigue immédiatement. En effet, l'un des personnages n'est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé.

vendredi 29 avril 2016

Fermez les yeux - C.J. Cooper

Fermez les yeux - C.J. Cooper
Synopsis : Déterminée à combattre sa phobie de l'avion pour obtenir le poste dont elle rêve, Sara décide de recourir à l'hypnose, et rencontre le fascinant docteur Stephen Devane. Au fil des séances, la jeune femme est victime d'hallucinations chaque fois plus terrifiantes... D'où viennent-elles ?
Face aux terribles découvertes auxquelles elle est confrontée et grâce à l'aide de Stephen, Sara va se lancer dans une quête d'identité effrénée, à ses risques et périls.
Dans ce thriller choral d'une maîtrise absolue, mêlant à la perfection effroi et tension, C.J. Cooper explore la complexité d'une relation perverse entre un médecin et sa patiente jusqu'à la révélation finale, totalement inattendue.
Fermez les yeux si jamais vous avez besoin de reprendre votre souffle...

Je remercie les éditions Préludes pour cette lecture différente mais très agréable!

Mon avis :  Autant le dire de suite, les avis sur ce livre sont très partagés et plus majoritairement négatifs... Mais comme souvent, je me rends compte que quand la majorité déteste j'aime beaucoup, et vice versa...
Il est vrai qu'au début, le procédé narratif sous forme d'interviews peut surprendre ou agacer.. Moi aussi, en commençant cette lecture, je me suis dit que si c'était toujours des entretiens, ça n'allait pas me plaire. Et en fait non, je me suis laissée prendre au jeu ! C'est justement ce qui fait l'originalité de cette lecture car l'interview de l'entourage familial, amical et professionnel de Sara à propos des mêmes événements permet de voir les choses sous d'autres angles mais aussi de prendre du recul par rapport à son histoire et ses ressentis. De plus, le fait que les personnages soient interviewés dès la première page sans que l'on sache pourquoi  laisse supposer qu'il s'est passé quelque chose de grave. Et c'est ce que l'auteur va nous faire découvrir petit à petit au fil des entretiens.
J'ai beaucoup aimé Sara, cette jeune fille ambitieuse qui doit régler sa phobie de l'avion pour évoluer professionnellement et accéder à une promotion. Elle qui a placé tous ses espoirs d'évolution sur l'hypnose est bien loin de se douter du machiavélisme de Stephen, son thérapeute et des conséquences sur sa vie personnelle et professionnelle... Car si sa phobie de l'avion disparaît bien, d'autres problèmes bien plus graves vont apparaître alors qu'une sorte de "transfert" va pousser Sara a multiplier ses séances et vivre un véritable enfer car ce ne serait pas sa meilleure amie Caroline qui l'aiderait car trop égocentrique ou son petit ami Nick, lui aussi bien trop occupé à s'occuper de sa propre petite personne...
Ce livre a aussi le mérite de faire réfléchir sur l'hypnose et ce qu'elle peut occasionner si elle est pratiquée à mauvais escient. Moi qui ai aussi la phobie des avions, si un jour je devais avoir recours à l'hypnose, je me ferais accompagner!
Je recommande cette lecture originale par sa narration et addictive par son suspens!

Extrait : "Mon dernier rendez-vous avec Stephen donc.
Je m’y étais préparée avec soin – quels mots dire, quelles fringues porter, quelles questions poser. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit simple, vu que me lever le matin était déjà difficile. Je ne me berçais pas d’illusions, je savais que ce ne serait pas une partie de plaisir et que je ne ressortirai pas avec toutes les réponses à mes interrogations et une ordonnance destinée à régler le problème. Pourtant, au plus profond de moi, je continuais de croire que, lorsque je lui donnerai des indices sur ce qui m’arrivait – pas de détails, juste de quoi lui permettre de s’en faire une idée – Stephen opinerait avec sagesse, m’expliquerait que le phénomène était courant, que la solution consisterait à visualiser une autre scène, voire de prendre des médicaments pendant un court laps de temps, et que c’en serait fini.
Malheureusement, ça ne s’est pas du tout déroulé comme ça.
"

Éditions Préludes - Drame - Thriller - 445 pages.

jeudi 7 avril 2016

L'homme qui n'a pas inventé la poudre - Stéphanie Claverie

L'homme qui n'a pas inventé la poudre - Stéphanie Claverie
Synopsis : Depuis qu’il est enfant, Sébastien ne fait rien comme tout le monde. Tout commence le jour de la noyade de sa mère : à l’inverse des gens du village, il ne pleure pas mais ne mange plus de poisson. À l’école, il ne récite pas la table de multiplication, il la chante à tue-tête. Au square, il ne joue pas au foot, il culbute la jolie Lili dans l’herbe grasse... C’est une évidence, Sébastien tourne à l’envers. Il faut le placer dans une institution spécialisée. Effrayé de rester seul, son père, René, le récupère à la maison et fait son éducation. À sa majorité, devenu jardinier municipal sur l’île d’Oléron, il obéit à l’appel des fleurs et à tous ceux qui n’ont pas peur de lui, comme Lucas au centre de rééducation, Émilie, née paraplégique, Simone la vieille dame dont plus personne ne se soucie et surtout Barbara qui l’initie aux délicieux plaisirs de l’amour. Sébastien n’a pas inventé la poudre mais n’a-t-il pas découvert le secret du bonheur ?

Je remercie Les éditions de la Différence pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Sébastien est différent. Depuis la mort de sa mère, il ne tourne par rond et vit avec son père sur l'île d'Oléron. Sa différence fait peur à beaucoup de monde car ce qu'on ne connaît pas effraie. Hors, Sébastien est un modèle de gentillesse, conscience professionnelle et serviabilité mais tout ce qui sort de son train-train quotidien lui fait peur.
"L'homme qui n'a pas inventé la poudre" nous présente d'abord Sébastien enfant et nous explique pour quelle raison il en est arrivé là et nous raconte ensuite sa vie de jeune adulte attachant qui vit en profitant des petits bonheurs du quotidien tels que son travail de jardinier ou ses rencontres amicales. Et pour lui, tout est simple. Il ne se pose pas de questions de qu'en dira-t-on ou autres futilités.
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui, comme "Où on va, papa?" parle de handicap mental. Si Jean-Louis Fournier (qui a d'ailleurs écrit la préface du livre) parlait de ses enfants sur un ton sarcastique et un brin moqueur qui m'avait un peu déroutée, ici, Stéphanie Claverie parle sans moquerie ni apitoiement de Sébastien, un jeune homme devenu handicapé mental suite à un choc psychologique. Elle en parle tout simplement comme elle parlerait amicalement de quelqu'un de naïf mais profondément attachant et surtout, à aucun moment elle ne le juge.
Ce court roman a été pour moi une lecture "feel-good" puisque malgré le sujet difficile, elle permet de voir la vie différemment, de se rendre compte que si nous avions un point de vue plus enfantin, et si nous arrêtions de penser à la place des autres, tout se passerait probablement mieux.
Le seul petit bémol à ce livre est à mon avis le choix de son titre puisque j'y ai vu une connotation méchante et / ou moqueuse alors que c'est justement l'exact opposé du ton donné par l'auteure*.
*(Après échange de mail avec l'éditeur, il s'avère que c'est Jean-Louis Fournier qui a choisi ce titre que l'on doit voir juste comme une façon d'abolir la différence et de traiter Sébastien comme les autres. Je ne l'avais pas vu sous cet angle, mais cette opinion se défend aussi!).
 Je recommande vivement cette petite bouffée d'optimisme!
 
L'homme qui n'a pas inventé la poudre

Extrait : "La vie de Sébastien s’est écoulée paisiblement, sans problème, jusqu’au jour des obsèques de sa mère Yvette.
C’est à la fin de la célébration que tout s’est déréglé, quand il a fallu dire au revoir à Yvette et se recueillir tous ensemble une dernière fois avant qu’elle ne repose en paix. Sébastien submergé par l’émotion a envahi le lieu, dérangé les fidèles, choqué les endeuillés, en chantant debout sur sa petite chaise, sa chanson favorite, «
Mon cœur te dit je t’aime» de Frédéric François.
René s’est rendu à l’évidence: son fils avait le cerveau lent et l’oreille musicale. Loin d’un chant liturgique, cette chanson est devenue sa profession de foi.
Depuis qu’Yvette avait chaviré du chalutier familial, Sébastien voulait avec sa chanson les consoler tous, y compris le Bon Dieu. Tout le village regrettait Yvette et son optimisme à toute épreuve. Tous repensaient à son sourire qu’elle distribuait avec ses oursins et ses crevettes sur le marché, les mercredis et samedis matin. Tous admiraient ce bonheur qu’elle affichait coûte que coûte, même par gros temps. Tous pleuraient sauf Sébastien qui préférait ne plus manger de poisson.[...]
Après la tragique disparition de sa mère, les adultes se sont concertés ; le diagnostic a été sans équivoque : Sébastien tournait à l'envers.
Pour stabiliser ses émotions et ramener le calme en lui, Sébastien a pris des bonbons comme il les appelait. Le bleu contre la peur, le jaune pour l'euphorie et le rose contre les larmes. Les sucreries médicales lui rendaient la vie plus douce, sans marée haute ni basse.
"
Éditions De la Différence - Littérature contemporaine - 176 pages

lundi 21 mars 2016

Brume légère sur notre amour - Madeleine Chapsal

Brume légère sur notre amour - Madeleine Chapsal
Synopsis : Cinquante ans et trente années d’amour, les « noces de perle », est-ce que cela va continuer, disons, jusqu’au bout ? C’est la question que se pose  un couple de Parisiens. Roger est architecte, Martine femme au foyer, et c’est en douce que l’un et l’autre vont mettre leur amour à l’épreuve par quelques écarts, cachotteries et diverses tromperies. Le fil d’or de leur entente est-il assez solide pour résister à de telles secousses, ou va-t-il se rompre ? En cours de route, on fait de nouvelles rencontres : un autre couple, une femme souffrant poétiquement d’Alzheimer, une jeune séductrice aussi, et l’on randonne sur le plateau de Millevaches. Tous incidents qu’expose avec finesse et talent Madeleine Chapsal, l’analyste des passions, dans ce roman doux et violent où bien des couples risquent de se reconnaître… Pour en rire, en pleurer, ou peut-être reprendre espoir, une fois la brume dissipée.

Je remercie Eric Poupet et les éditions Fayard pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Après "la voiture noire du désir" qui m'avait fait découvrir l'auteure, je réitère l’expérience, et retrouve avec plaisir la belle plume de Madeleine Chapsal qui a l'art de nous captiver avec des histoires simples mais tellement réalistes que tout le monde peut s'identifier à l'un ou l'autre de ses personnages.
Roger et Martine, -un couple de quinquagénaires unis depuis 30 ans- ont préféré privilégier leur amour plutôt que d'avoir des enfants. Ils assument totalement cette décision, mais trente ans plus tard, ils commencent à se faire des petites cachotteries et entretenir des petits secrets chacun de leur côté. Martine doute et se confie dans des lettres à Violetta, son amie décédée. Roger sent alors que sa femme lui cache quelque chose. Les doutes s'installent entraînant coups bas et jalousies... Leur amour qui a résisté au quotidien sera-t-il assez fort pour supporter  les suspicions?
J'ai été happée par cette histoire courte (même trop courte!) et ai quitté à regrets ces deux personnages hauts en couleurs.
Vivement le prochain roman de Mme Chapsal!

Brume légère sur notre amour

Extrait : "Architecte d'intérieur, Roger Champeaux conçoit et réalise des aménagements de bureaux et d'appartements. Ses clients sont parfois des municipalités, mais, le plus souvent, des particuliers. Depuis quelques années, son cabinet s'est mis à marcher. Suffisamment bien pour qu'il puisse engager deux personnes, un homme puis une femme, et faire de substantiels bénéfices.
A l'époque où il avait épousé Martine, l'amour de sa vie, ni l'un ni l'autre n'avaient les moyens d’acheter ou même de louer l'appartement de leurs rêves...Si tant est qu'un tel lieu existât! 
Mais peut-être que si! Au cours de ses années de travail, certains de ses clients s'étaient déclarés enchantés de ses créations, au point de lui envoyer encore des petits mots pour le remercier de ce qu'il avait fait pour eux."

A lire aussi

Éditions Fayard - Littérature contemporaine - 176 pages

mercredi 13 janvier 2016

L'arbre du pays Toraja - Philippe Claudel

L'arbre du pays Toraja - Philippe Claudel
Synopsis : « Qu’est-ce que c’est les vivants ? À première vue, tout n’est qu’évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu’est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis- je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d’Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? »
 Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L’Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.

Je remercie les éditions Stock pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Mes deux précédentes lectures de Philippe Claudel ayant été des coups de cœur, je ne pouvais passer à côté de cette nouvelle publication. Et comme d'habitude, j'ai beaucoup aimé. Car malgré le thème très sombre de la mort, et du temps qui passe l'auteur a réussi à me transporter grâce à sa jolie plume. Et quelle plus belle image que celle de l'arbre du pays Toraja en Indonésie qui est un arbre-sépulture dans le tronc duquel on place les corps de jeunes enfants décédés puis "l'arbre continuait de pousser et emmenait le corps de l'enfant vers le ciel." pour illustrer cet hommage à son meilleur ami et producteur Eugène.
Dans ce roman, le narrateur semble être le double littéraire de Philippe Claudel car on note de grands points communs entre la vie des deux hommes à commencer par leur métier de cinéaste et la disparition de leur ami le plus cher et producteur Eugène dans le livre et Jean-Marc Roberts dans la vie.
Au delà de cette disparition, il nous parle aussi du vieillissement qu'il constate sur lui même et qu'il n'a pas vu venir, de la peur des maladies, du temps qui passe et laisse des traces sur les corps et des amours qui viennent et s'en vont sans qu'on ait le temps de s'en rendre compte.
Le gros point fort de ce roman est qu'il est ponctué de très belles réflexions philosophiques dont la poésie efface la noirceur et la tristesse des idées "Nous autres vivants sommes emplis par les rumeurs de nos fantômes. Notre chair et la matière de notre âme résultent de combinaisons moléculaires et du tissage complexe de mots, d’images, de sensations, d’instants, d’odeurs, de scènes liés à celles et ceux que notre existence nous a fait côtoyer de façon passagère ou durable. Poursuivre sa vie quand autour de soi s’effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte, c’est savoir survivre et recomposer."
Je vous conseille vivement ce livre à l'écriture poétique qui nous rappelle à chaque instant que la vie est précieuse.

L'arbre du pays Toraja

Extraits : "On m'a fait voir un arbre particulier. Remarquable et majestueux, il se dresse dans la forêt à quelques centaines de mètres en contrebas des maisons. C'est une sépulture réservée aux très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois. Une cavité est sculptée à même le tronc de l'arbre. On y dépose le petit mort emmailloté d'un linceul. On ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus. Au fil des ans, lentement, la chair de l'arbre se referme, gardant le corps de l'enfant dans son grand corps à lui, sous son écorce ressoudée. Alors peu à peu commence le voyage qui le fait monter vers les cieux, au rythme patient de la croissance de l'arbre."
"Depuis quelques années, la mort m'encercle. Elle cherche à m'enclore. A s'approcher au plus près de moi. Afin de me tâter un peu. Pour me faire comprendre que je vieillis? Qu'il faut que je m'attende à elle? Que le match a commencé alors que je n'ai pas encore l'impression qu'on m'ait tiré des vestiaires?"

A lire aussi :
Le café de l'Excelsior

Éditions Stock - Littérature contemporaine - 216 pages

mercredi 19 août 2015

Profession du père - Sorj Chalandon

Profession du père - Sorj Chalandon
Synopsis : « Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

[Rentrée littéraire]
Je remercie les Éditions Grasset pour l'envoi de ce livre qui sort aujourd'hui même.

Mon avis : 1961 : le narrateur, Émile Choulans, un petit garçon de 12 ans nous raconte son enfance passée avec ses parents André et Denise. Entre son père, violent, menteur et cachant ses activités au sein de l'OAS et sa mère soumise et effrayée par son mari, Émile a du mal à trouver sa place.
[L'OAS ou Organisation de l'armée secrète, est une organisation politico-militaire clandestine française, créée en pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle.]
J'ai eu un véritable coup de cœur pour Émile,  ce petit garçon qui, bien qu'il soit violenté et constamment rabaissé par son père, fait tout pour le satisfaire quitte même à se mettre en danger pour exécuter les missions qu'il lui confie. Du haut de ses 12 ans, il obéit aux ordres sans savoir ni comprendre de quoi il s'agit. Alors, quand André lui demande de taguer à la craie les noms de  Salan et Jouhaud dans les rues, il s'exécute et est même fier qu'on lui confie des responsabilités d'adulte. Les "missions" s’enchainent et deviennent de plus en plus risquées,  mais Émile prend à cœur ses nouvelles prérogatives au point même d'en parler à son ami Luca bien que son père lui ait ordonné de garder le silence. Il y voit même un moyen d'obtenir enfin de la reconnaissance. Alors quand son père lui demande d'aller tuer de Gaulle, lui et son ami Luca le prennent au mot...
André, le père de famille m'est apparu comme un monstre, un schizophrène. Comment peut on demander de telles choses à son fils et donner la responsabilité de ce que l'on n'ose pas faire à un gamin de 12 ans? Comment peut on abuser de la naïveté de son enfant pour lui faire croire des choses aussi invraisemblables? Tyrannique, mythomane, fainéant, j'ai détesté cet homme au plus haut point.
Denise quant à elle est tellement terrorisée par son mari qu'elle n'ose rien dire au point de me paraître simple d'esprit. Elle ne défend même pas son petit garçon mais le rassure en lui répétant sans cesse "Tu connais ton père? Alors ne t'inquiète pas."
J'ai adoré ce livre à l’écriture si juste, et à la fin si émouvante mais j'aurais apprécié un peu plus de développement entre la narration de l'enfance et celle de l'âge adulte.  
Vous l'aurez compris, ce livre fait d'ores et déjà partie de mes coups de cœur de la rentrée littéraire!

Profession du père

Extrait : "- Qu'est-ce que ça peut bien leur foutre ma profession?
- Et si tu disais "sans profession"? a encore hasardé ma mère.
Eau coupée, silence. Voix de mon père.
- Sans?
Visage de ma mère. L'angoisse d'avoir mal fait.
- ben oui. Sans profession et on n'en parle plus.
Mon père est revenu à nous. Il souriait.
- Tu sais que tu es loin d'être conne, la vieille?
Ma mère a relevé une mèche de cheveux sur sa tempe.
- Sans profession répétait mon père.
Dans la case, c'est le mot que j'ai écrit. Sans. Personne ne m'a plus jamais posé de questions. Et moi, je devais me taire."

Éditions Grasset - Littérature contemporaine - 320 pages

mardi 28 juillet 2015

Jules - Didier van Cauwelaert

Jules - Didier van Cauwelaert
Synopsis : « À trente ans, Alice recouvre la vue. Pour Jules, son chien guide, c’est une catastrophe. Et en plus on les sépare. Alors, il se raccroche à moi. En moins de vingt-quatre heures, ce labrador en déroute me fait perdre mon emploi, mon logement, tous mes repères. Il ne me reste plus qu’une obsession – la sienne : retrouver la jeune femme qui nous a brisé le cœur. »
Entre une miraculée de la chirurgie et un vendeur de macarons, une histoire de renaissance mutuelle et de passion volcanique orchestrée, avec l’énergie du désespoir, par le plus roublard des chiens d’aveugle.

Mon avis : Moi qui me faisais une joie de découvrir ce chien qui a l'air plutôt espiègle sur la couverture du livre, je suis un peu déçue. (D'ailleurs, Jules ne peut pas être le chien de la couverture car c'est un labrador alors que celui de la photo est un braque). Si au début l'histoire tourne effectivement autour de Jules, je trouve le roman dévie trop rapidement sur l'histoire d'amour complètement improbable et dont l'issue est trop facile à deviner dès le début. Et je ne m'attendais pas à ça.
Je n'ai du coup pas réussi à m'attacher aux personnages car je ne pense pas qu'ils aient un comportement ordinaire et leurs façons d'être sont imprévisibles. Par exemple Zibal qui vient de perdre son emploi à cause de Jules le prend quand même sous sa garde et se laisse guider vers Alice. Même s'il a flashé sur elle, je ne pense pas qu'en temps normal lorsqu' on vient de perdre son emploi et son logement on se laisse aller à ce genre de badinerie. Alice, quant à elle semble ne pas être heureuse d'avoir recouvré la vue. Après l'opération, elle tombe en dépression et se pose dix mille questions. Elle part en vacances et coupe le contact avec tout le monde oubliant même volontairement son portable chez le vétérinaire.
Par contre, je me suis attachée à Jules et à son fort caractère et j'ai apprécié sa détermination à retrouver sa maîtresse même si voyager aussi loin pour la retrouver est tout à fait improbable. J'ai aimé aussi apprendre sur le dressage des chiens d'aveugles et le prix d'une telle formation m'a d’ailleurs effarée. Je comprends mieux pourquoi lorsqu'un aveugle décède ou retrouve la vue, le chien est envoyé auprès d'un autre non-voyant. L'auteur semble d'ailleurs connaître parfaitement le sujet.
Concernant l'écriture, le fait d'alterner les narrateurs permet de faire durer le suspens et de mieux ressentir les émotions de chacun. 
Un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable mais que je recommande aux fans de bluettes et de labradors!     

Jules

Extrait : "Je sais par expérience qu’il faut se méfier des coups de foudre, mais je suis devenu brutalement amnésique en la découvrant au milieu de la foule. Hauts talons canari, minishort rouge et top turquoise, elle ne risquait pas de se faire écraser par temps de brume. N’eût été le labrador qui la guidait au bout d’un harnais, ses grandes lunettes noires seraient passées pour un accessoire de star soucieuse que son incognito se remarque. Les cheveux blond-roux maintenus par un chignon en broussaille, les seins libres sous la soie quasi transparente, un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié.
Elle s’est arrêtée devant mon stand, les narines en alerte. Aussitôt, son chien s’est figé, tourné dans ma direction. Comme un interprète préparant son interlocuteur aux propos qu’il va traduire, il me fixait tandis qu’elle me parlait dans le vide.
 – Bonjour, je voudrais caramel fleur de sel, réglisse et fraise Tagada. Un de chaque, s’il vous plaît.
Elle avait une voix de gamine précoce dans un corps de trente ans. Joyeuse, bien élevée, incroyablement sexy – et connaissant par cœur mes spécialités. Malgré moi j’ai béni la dégringolade sociale qui m’avait placé sur sa route. Avec un double diplôme d’ingénieur biochimiste et d’astrophysicien, je suis devenu à quarante-deux ans vendeur de macarons à Orly Ouest, niveau Départ, hall 2."

Éditions Albin Michel - Comédie romantique - 277 pages

jeudi 16 avril 2015

13 à Table! Collectif au profit des Restaurants du Coeur

13 à table! Collectif au profit des Restos du Coeur
Synopsis : Le livre réunit les œuvres d'un éventail d'écrivains bien connus. Ont ainsi participé au projet : Marc Levy, Eric-Emmanuel Schmitt, Françoise Bourdin, Guillaume Musso, Maxime Chattam, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Pierre Lemaitre, Frank Thilliez, Jean-Marie Perier, Gilles Legardinier, Bernard Werber, et Tatiana de Rosnay.
13 auteurs pour 13 nouvelles centrées autour d’un thème commun : un repas. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues… Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette.

Mon avis : Parce que j'aime beaucoup les nouvelles, et parce que l'achat de ce livre est une bonne action (il permet de financer la distribution de 3 repas aux restaurants du coeur), je ne pouvais pas passer à côté de cette lecture.
Ces 13 histoires ont pour point commun un repas (enfin à mon avis seulement 12 car "Dissemblance" de Marc Levy est complètement hors sujet puisqu'elle raconte un face à face entre deux ennemis de religions différentes). Certaines sont plutôt banales et on voit arriver le dénouement bien avant la fin, d'autres sont en revanche très réussies, parfois tristes, parfois comiques. Concernant les auteurs que je connaissais déjà, j'ai eu du mal a reconnaître leurs styles habituels ( ce qui est peut être dû au sujet imposé) à part pour Guillaume Musso qui, comme à son habitude lie un univers réel et un univers fantastique. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé cette nouvelle, mais, ma préférée est celle d'Eric-Emmanuel Schmitt car elle est émouvante, belle et comporte une très belle morale.
J'ai découvert avec plaisir Alexandra Lapierre dont la nouvelle est très drôle et me donne envie de lire un de ses nombreux livres. Jean-Marie Perier, quant à lui ne me laissera pas un souvenir impérissable.
A la lecture de tous ces auteurs français connus et reconnus, je comprends vraiment pourquoi E-E Schmitt fait partie de mes auteurs préférés.
Pour allier une bonne action avec votre passion de la lecture, foncez acheter ce livre!

Extrait : "La part de Reine", Eric-Emmanuel Schmitt
"Ses yeux devinrent humides.
- Le froid nous a agrippé plus tôt que prévu, et j’avais les boyaux qui se tordaient. Au début, je consacrais mes petits sous à Reine et moi, puis est arrivé ce moment où il n’y en avait plus que pour un. Alors…
Il se mit à renifler.
- Alors j’ai commis un acte épouvantable, mon garçon : j’achetais à manger seulement pour moi. Reine se tenait à mes pieds, elle m’observait, tranquille, en attendant que je lui tende un bout. Premier jour, je ne lui donne rien. Deuxième jour, je lui lâche un croûton, et elle me remercie comme si je lui avais offert un festin. Le troisième et le quatrième jour, rien. Ça ne la changeait pas, elle se tenait, toute sage, les yeux intenses, elle ne s’impatientait pas, elle ne quémandait pas, elle ne me brusquait pas. C’est là que je me suis rendu compte de l’horrible malentendu : elle avait confiance.
Sa voix trembla.
- Oui, j’étais en train de l’affamer, son ventre gargouillait, ses intestins criaient famine, sa peau pendait. Je grignotais devant elle et elle ne se rebellait pas. Elle gardait intacte sa foi en moi. Elle savait que, dès que ce serait possible, je lui servirais un bout. Après une semaine de privation, elle s’était juste autorisée à laper les miettes de ma pitance, et encore, elle l’avait fait quand j’avais le dos tourné, pour ne pas m’humilier.
Il se moucha avec bruit.
- Alors tu vois, mon garçon, je me suis aperçu qu’un être humain aurait été incapable d’une telle douceur. Un homme aurait été incapable d’une telle douceur. Un homme aurait protesté, un homme m’aurait attaqué, un homme m’aurait volé. Pas elle. Dans ses yeux marron, il y avait le malheur d’avoir faim, mais ni haine, ni désaveu, toujours ce même amour, cette absolue fidélité. Et ce n’est qu’une chienne, disais-tu ?
"

Éditions Pocket - Nouvelles - 274 pages

dimanche 29 mars 2015

La voiture noire du désir - Madeleine Chapsal

La voiture noire du désir - Madeleine Chapsal
Synopsis : Madeleine Chapsal compte parmi nos auteurs français les plus populaires. Ses fidèles lectrices lui avouent se reconnaître dans chacun de ses livres. Autrefois journaliste à L’Express et jurée du Prix Femina, elle a publié de nombreux romans à succès comme Un été sans histoire ou La Maison de Jade. Elle a fait de sa vie une fiction. Ou peut-être est-ce le contraire ? Depuis toujours je raconte ma vie comme une histoire dont je suis à la fois l’auteur et l’héroïne. Il m’est venu de condenser certains de ces rêves vécus sous forme de nouvelles : c’est un pêle- mêle de drôlerie, d’humour, de bizarreries, parfois de drames… On m’y découvre en compagnie d’amis comme Simone Signoret, Gérard d’Aboville, Claude Sérillon et de bien d’autres personnages, anonymes ou faciles à identifier… Une chose est sûre, la fiction est l’ombre portée de la réalité ! Quand l’auteur de La Maison de Jade nous donne des nouvelles, c’est dix-huit petits bijoux qu’elle nous propose. Dix-huit nouvelles inédites qui parlent souvent d’amour, de désir, mais aussi d’amitié, de sexe ou de trahison… Une noyade à New York, Un soir au Ritz, La passion de mourir… Personne ne peut résister au charme troublant et intemporel de cette Voiture noire du désir.

Je remercie M. Poupet et les éditions Flammarion pour cette belle découverte en avant-première!

Mon avis : Moi qui adore les nouvelles, ça ne pouvait pas mieux tomber pour découvrir une auteure! (J'ai un peu honte d'ailleurs de ne la découvrir que maintenant car elle a tout de même plus de 70 livres à son actif!)
(Romans, essais, témoignages, livres pour enfants, poésie, théâtre...). Elle a commencé à écrire en tant que journaliste. Mariée une première fois à Jean-Jacques Servan-Schreiber, elle a créé l'Express avec lui en 1953.
Ce livre se compose de dix-huit nouvelles dans lesquelles Madeleine Chapsal nous dépeint avec un style très littéraire et humoristique les relations entre hommes et femmes et plus particulièrement les rencontres, l'amour, l'adultère, la jalousie, la fin d'une relation, l'amitié... Dans ces nouvelles, elle est tour à tour spectatrice / narratrice ou bien le personnage principal d'histoires qu'elle a elle même vécues.
La quatrième de couverture nous parle des personnages rencontrés par l'auteure tels que Gérard d'Aboville, Simone Signoret, Claude Sérillon et d'autres, anonymes ou faciles à identifier : concernant les trois personnages cités, je n'ai pas eu de mal à les reconnaître. Mais concernant ceux "faciles à identifier", je dois dire que je ne les ai pas trouvés..A part peut-être Madeleine Vionnet dans la nouvelle intitulée "L'épingle"? J'ai pourtant essayé de les démasquer en lisant la biographie de l'auteure sur internet, et en faisant des recoupements  mais je n'ai pas deviné et serais curieuse de les découvrir... 
La diversité des situations et des personnages rencontrés au long du livre m'ont beaucoup plu. Tous semblent vivre dans un milieu aisé ou le paraître et le qu'en dira-t-on sont très importants. J'ai apprécié d'être transportée par l'auteure dans ce milieu "bourgeois".
Un autre point fort de ce livre est que je ne m'attendais jamais au dénouement final.  
Mes deux histoires préférées ont été " La voiture noire du désir" et "l'épingle" qui nous prouvent qu'un petit détail peut changer le cours entier d'une vie. 
Il y a aussi beaucoup d'humour et notamment lorsqu'il s'agit des hommes souvent "moqués" par les personnages féminins : "Le cher ange, quant à lui, porte le nom de son père, un grand nom de l'industrie, en fait un nom d'apéritif, ce qui au début, faisait rire les copines de Diane. "Tu le prends comment ton Anatole, sec ou on the rocks?"
La nouvelle qui m'a le plus amusée est "Pas sa faute" dans laquelle Jean-René, qui croit incarner la perfection fait des infidélités à sa femme Adora depuis qu'il a rencontré Marie-Hélène une jeune femme bien née qui, pense-t-il, pourrait l'aider à évoluer socialement... Oui, mais à quel prix?
Maintenant que je connais un peu mieux Madeleine Chapsal j'ai hâte de découvrir  ses autres livres et plus particulièrement ses témoignages.

Extrait : "J'avais trente ans. C'était difficile. Mon mari avait pris le parti de passer le plus clair de son temps avec une belle femme, plus âgée et très active, qui l'aidait à développer une vaste entreprise.
Mon amant, fin, érudit, timoré, ne m'amusait plus. Je rêvais d'horizons différents. Non pas de voyages mais d'aventure intérieure. Gagner ma vie ? Mon époux, peut-être parce qu'il se sentait quand même un peu coupable, pourvoyait à tous mes besoins.
Vivre seule ? J'en étais bien incapable, trop caressante, trop désirante. Et personne ne me le demandait. Héroïsme inutile.
Un jour, avec la détermination de qui se noie, je décrétai qu'il me fallait partir écrire un livre.
Où ça ? A la campagne ? Je savais que mon amant m'y rejoindrait et que je ne serais pas de force à résister. Mon époux, lui, ferait des incursions... Ma santé n'était pas très bonne, en ce temps-là, et je ne voyais personne hors ces deux hommes.
Ah si, il y en avait un troisième ! Un vieux monsieur - du moins à mes yeux d'alors. Un bien étrange personnage, italien de naissance, universitaire, antifasciste, infiniment cultivé, juif probablement - je n'avais guère la notion de ces distinguos à l'époque. Ayant fui à temps la péninsule et ses persécutions, il avait rejoint les États-Unis pour s'y découvrir un «nid» doré... Vite marié à une riche héritière, superbe femme deux fois divorcée, il s'était retrouvé chéri comme un coq en pâte par une épouse qu'époustouflait son charme sémite. Grâce à quoi il était milliardaire !
"

"Sur la passerelle, dès que j'ai senti Sylvain enfin derrière mon dos, contre moi, j'ai posé ma tête sur son épaule, et je lui ai jeté tout en conservant mon sourire : "Qu'est-ce que je fais maintenant?"
J'avais plutôt envie de lui dire "Où étais-tu connard?" Mais on réglera ça à l’hôtel.
-Tu descends encore deux marches, dit seulement Sylvain.
"Laissez passer, laissez passer!" s'est mis à hurler le steward, comme s'il s'agissait d'un transfert de fonds. Et urgent en plus. Sylvain a dû s'occuper de lui parce que le type s'est tu. Quand Sylvain met sa main sur le bras de quelqu'un et lui envoie son regard de "mafioso", personne ne résiste. Un autre des métiers qu'aurait pu faire Sylvain : assassin."

Éditions Flammarion - Nouvelles - 234 pages

mardi 9 septembre 2014

Madame - Jean-Marie Chevrier

Madame - Jean-Marie Chevrier
Synopsis : C’est une étrange éducation que Madame, veuve excentrique et solitaire, s’obstine à donner au fils de ses fermiers dans un lointain domaine menacé par la décadence. Que cherche-t-elle à travers lui ? Quel espoir, quel souvenir, quelle mystérieuse correspondance ?
Curieusement, le garçon accepte tout de cette originale. Avec elle, il habite un autre temps que celui de ses parents et du collège. Un temps hanté par l’ombre de Corentin, l’enfant perdu de Madame.
C’est dans ces eaux mêlées que nous entraîne l’écriture secrète, raffinée, et cruelle jusqu’à la fascination de Jean-Marie Chevrier.

Mon avis : J'ai découvert cet auteur grâce à la rentrée littéraire et même si ce n'est pas le livre de l'année, j'ai beaucoup aimé me plonger dans cette sorte de huis-clos entre Antoinette (que tout le monde appelle Madame certainement à cause de son statut de Baronne de La Terrade) et Guillaume qu'elle s'obstine à appeler Willy. Pourtant, il ne lui reste pas grand chose de son rang de noble à part ses terres et son château dans la Creuse. Chez elle, le temps semble s'être arrêté le jour de la mort accidentelle de son mari il y a longtemps : ses robes sont longues et sombres, elle conduit une Renault Frégate Grand Pavois 1956 et chasse les ragondins... C'est justement cet anachronisme entre notre époque actuelle et cette époque dans laquelle elle semble vivre qui m'a beaucoup plu. Et Guillaume ne semble pas non plus être dérangé par cette façon de vivre que la vieille dame a conservé loin des occupations de ses camarades du collège comme la télévision, l’ordinateur ou des consoles de jeu . Au contraire, il apprécie lui rendre visite tous les mercredis pour travailler son français, ses mathématiques ou même sa spiritualité. Et si ses parents ne voient pas cette femme d'un bon œil, ils ne peuvent rien dire car se sont eux qui cultivent les terres de Madame.
Chaque moment de la vie est prétexte à de nouveaux apprentissages, et j'ai aimé l'obstination qu'à Madame à lui faire apprendre des poèmes dont le thème correspond avec les événements qu'ils vivent comme par exemple lors du décès d'Alexandrine la servante de Madame, elle va lui faire apprendre un poème de Baudelaire : "La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse,/ Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,/ Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs./ Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs (...)" J'ai aimé découvrir ou redécouvrir ces classiques de la littérature.
Bien que Madame ne soit pas une personne très agréable à côtoyer (elle est aigrie, fume comme un pompier et a une légère addiction à la bouteille) Guillaume aime se rendre chez elle car beaucoup de choses l'intriguent, notamment des pièces du château qui restent fermées à clé et qu'il voudrait bien découvrir. Au fil de ses discussions, il va se rendre compte que la vieille dame cache un lourd secret qui pourrait bien expliquer pourquoi elle veut absolument parfaire son éducation.
J'ai particulièrement apprécié la fin du livre et, si je me doutais que les choses allaient déraper, je ne pensais pas que ce serait de cette façon.
Un roman simple et sans prétention avec lequel j'ai passé un agréable moment.

Extrait : "Il compte le nombre d’albums que Madame vient de lui offrir : vingt-trois. Il ne manque que Tintin au pays des Soviets, car il connaît tous les titres. Ils sont moins neufs que le ballon de foot, la couverture de L’Étoile mystérieuse est même griffonnée de coups de crayon et on a renversé de l’encre sur Le Sceptre d’Ottokar. Quelle richesse ! Il rêvait depuis longtemps d’avoir la collection, depuis ses huit ans, quand un camarade lui avait prêté Le Crabe aux pinces d’or. Son émotion avait été si forte à la lecture de l’album qu’elle ne s’effacera jamais, et c’est elle qu’il cherche à retrouver dans les nouveaux titres qu’il a sous les yeux. Le goût du passé arrive tôt. Il demande :
– Je les laisse ici ou je les emporte chez moi ?
– Ils sont à toi. Tu en fais ce que tu veux.
– J’aimerais bien les avoir chez moi mais mes parents, quand ils vont voir tout ça, ils vont penser je ne sais quoi. Ils n’aiment pas ce qui vient de vous.
– Je sais, mon enfant, je sais. C’est pour récompenser ta bonne note et j’anticipe un peu ton anniversaire. Ce n’est que dans un mois. C’est bien ça ? Quatorze ans ?
– Quatorze ans le vingt-huit novembre.
– Quatorze ans, répète-t-elle. Le chiffre des années m’a toujours fait soupirer. Le temps n’est pas à notre mesure, ou trop lent ou trop rapide.
"

Éditions Albin Michel - Littérature contemporaine - 208 pages

dimanche 17 août 2014

La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier

La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier
Synopsis : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

Mon avis : Ayant eu un coup de cœur pour "La dernière fugitive" , je me suis plongée dans cette lecture en espérant renouveler l'expérience et j'ai aimé, mais sans plus.
L'écriture de Tracy Chevalier est toujours aussi belle, et j'ai encore appris plein de choses. J'aime les livres qui me poussent à faire des recherches. Ne connaissant pas grand chose du peintre Vermeer, j'ai voulu savoir si l'histoire que nous racontait Tracy Chevalier était la véritable vie du peintre ou si elle l'avait inventée... Et cette histoire est véridique. Du moins pour la famille du peintre. Pour ce qui est de Griet, je n'ai pas trouvé le renseignement mais je pense que son histoire est vraie aussi car c'est elle qui est peinte sur la couverture (La jeune fille à la perle). Poussant un peu plus loin mes recherches, j'ai appris que la femme que l'on voit sur les pots de yaourts "la laitière" avait été peinte par Vermeer (rien à voir avec ma chronique, mais je suis contente de le savoir!!)...
Lors de l'explosion d'un four dans son atelier de faïence, le père de Griet a perdu la vue. Il ne peut plus travailler et Griet se retrouve contrainte à exercer le métier de servante pour faire subsister sa famille. Ses parents la placent alors dans la famille du peintre Vermeer. Serviable et docile, Griet doit composer avec des gens aux caractères affirmés : Catharina, la femme de Vermeer qui la déteste depuis le premier jour; Maria Thins, la belle mère du peintre fourbe et menteuse, Tanneke, la première servante jalouse et lunatique ainsi que les 5 enfants du couple Johannes Vermeer / Catharina Bolnes. (ils auront au total 11 enfants, mais Griet n'en connaîtra que 7 durant ses années de service). 
A l'origine employée pour nettoyer l'atelier du peintre, Griet va rapidement montrer des aptitudes à comprendre et associer les couleurs. Vermeer sentant le potentiel artistique qui se dégage de la jeune fille, lui fait découvrir petit à petit les rudiments de l'art qu'il exerce. Leur proximité va entraîner de nombreuses tensions au sein de la maison, ainsi que des rumeurs qui vont rapidement se propager en ville...
J'ai aimé me plonger dans cette époque ou la vie des gens paraissait avoir beaucoup plus de sens qu'à l'heure actuelle même s'ils ne pouvaient pas échapper à leur condition.
J'ai apprécié aussi la naïveté de Griet. Assumer une famille à 17 ans est loin d'être facile et elle doit mettre son orgueil dans sa poche pour garder son emploi. Elle m'a fait beaucoup de peine quand la peste a touché le quartier ou habitent ses parents et qu'ils ont étés mis en quarantaine. Elle ne pourra plus leur rendre visite pendant quelques dimanches comme elle avait l'habitude de le faire. Sa sœur Agnès décédera d'ailleurs de cette maladie.
La discrétion est aussi le point fort de Griet. Elle arrive à créer des couleurs pour le peintre (à l'époque, la peinture n'existait pas et les couleurs étaient obtenues en écrasant diverses herbes, fleurs ou os) et poser sur ses tableaux sans que la famille ne se doute de quoi que ce soit.
A lire pour la beauté de l'écriture et pour en apprendre plus sur ce grand peintre.

L'image que je retiendrai : Griet qui explique à son père aveugle les tableaux de Vermeer.

Extrait : "Je ralentis le pas. Toutes ces années passées à aller chercher de l'eau, à essorer des vêtements, à laver par terre, à vider des pots de chambre, sans espoir d'entrevoir la moindre beauté, couleur ou lumière dans ma vie, défilèrent devant moi comme une immense plaine, au bout de laquelle on apercevait la mer sans jamais pouvoir l'atteindre. S'il m'était plus possible de travailler avec les couleurs, s'il ne m'était plus possible d'être auprès de lui. je ne savais comment je pourrais continuer à travailler dans cette maison."

A lire aussi

Éditions Folio - Drame historique - 313 pages

vendredi 15 août 2014

La dernière fugitive - Tracy Chevalier

La dernière fugitive - Tracy Chevalier
Synopsis : Quand Honor Bright se décide à franchir l'Atlantique pour accompagner, au cœur de l'Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d'une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l'Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu'enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d'un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, «chasseur d'esclaves», homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu'au jour où elle découvre l'existence d'un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. Portrait intime de l'éclosion d'une jeune femme, témoignage précieux sur les habitudes de deux communautés méconnues - les quakers et les esclaves en fuite -, La Dernière Fugitive confirme la maîtrise romanesque de l'auteur du best-seller La Jeune Fille à la perle.

Mon avis : Un coup de cœur! Des livres lus depuis le début de l'année, si je devais n'en conseiller qu'un, ce serait celui-ci d'abord parce qu’il est très bien écrit et ensuite parce qu'il est historique et parle de l'esclavage et d'une communauté que je ne connaissais pas : les Amis ! (La Société des Amis, communément appelés quakers, est un corps de chrétiens qui a pris naissance au 17e siècle en Angleterre. Leurs croyances religieuses appartiennent à la sphère personnelle et chacun est libre de ses convictions. (Source Wikipédia)).
Nous sommes en 1850. Après un très long voyage en bateau, Honor et sa sœur Grace arrivent en Amérique où Grace doit épouser un Ami de l'Ohio. Malheureusement, cette dernière décède de la fièvre jaune avant de l'avoir rencontré et laisse Honor seule dans ce pays qu'elle ne connaît pas et dont certaines mœurs lui paraissent étranges. Dans la petite ville de Faithwell, elle va rencontrer Belle Mills, une couturière qui tient une boutique de chapeaux et de bonnets. Chez les Amis, les femmes passent leurs journées à faire des patchworks et des quilts et Honor a un talent et une précision indéniables pour cet art. Belle héberge alors un temps Honor pour profiter de ses talents de couturière. Chez Belle, Honor va voir pour la première fois de sa vie un homme noir qui semble se cacher dans la dépendance de la maison et faire la connaissance de Donovan, le frère de Belle qui est chasseur d'esclaves... 
Mais elle doit poursuivre sa route et rejoindre Adam Cox le fermier que devait épouser Grace, pour lui annoncer la triste nouvelle du décès de sa sœur. Très vite, Adam épouse Abigail, la veuve de son frère. Ne se sentant pas la bienvenue et pour éviter les commérages que ce ménage à trois pourrait occasionner, Honor doit partir. Elle va dans la ferme voisine où elle a rencontré Jack Haymaker, un brave fermier qui va très vite l'épouser.
Honor se rend très rapidement compte que de nombreux noirs passent devant la ferme. Ils demandent à manger et Honor leur offre le repas de bon cœur bravant l'interdiction de la famille Haymaker de leur venir en aide...
J'ai aimé le courage d'Honor, cette jeune fille qui arrive dans ce pays inconnu où elle ne connaît personne. Fraîchement débarquée, elle est très naïve et se plie aux attentes des uns et des autres et surtout aux attentes de sa communauté selon laquelle elle ne doit pas mentir et s'habiller sobrement. Mais elle va très vite évoluer et la jeune fille timide va petit à petit faire place à une femme sûre d'elle et prête à défendre ses propres convictions quitte à renier le premier principe des Amis : ne pas mentir... En effet, elle va devenir la complice des esclaves en fuite et faire partie de l'organisation secrète qui les aide à retrouver une condition digne en s'expatriant vers le Canada....
La fin  est très émouvante et je ne m'y attendais pas.
Grâce à cette lecture, j'ai appris beaucoup de choses sur l’Amérique de l'avant guerre de Sécession et  l'esclavage mais aussi sur les conditions de vie des femmes.
J'ai aussi beaucoup aimé les lettres qu'Honor envoie à ses parents et à sa meilleure amie. Elles nous permettent de vraiment comprendre son ressenti car le reste de l'histoire est raconté à la troisième personne.
Un roman que je garderai longtemps en mémoire et que je vous recommande!

Extrait : "Mme Reed pouffa. "Vous êtes abolitionniste ? Y a beaucoup de quakers qui le sont." Elle balaya du regard la boutique déserte, et sembla prendre une décision. "Les abolitionnistes ont plein de théories, mais moi je vis avec des réalités. Pourquoi je voudrais aller en Afrique ? Je suis née en Virginie. Pareil pour mes parents, mes grands-parents et leurs parents. Je suis américaine. Je ne raffole pas de l'idée qu'on nous expédie tous dans un pays que, pour la plupart, on connaît même pas. Si les Blancs espèrent juste se débarrasser de nous, nous flanquer sur des bateaux pour pouvoir être bien tranquilles, eh ben, moi je suis ici. C'est mon pays, et j'irai nulle part."

Éditions de la Table Ronde - Drame historique - 384 pages

mardi 29 juillet 2014

Un vent de cendres - Sandrine Collette

Un vent de cendres - Sandrine Collette
Mon résumé : Octave, Laure et Andréas rentrent d'un mariage. A bord de la voiture, l'ambiance est à la fête. Mais la joie sera de courte durée. Un terrible accident de voiture décapite Laure, plonge Andréas dans le coma et laisse Octave défiguré à vie. 
Dix ans plus tard, Octave et Andréas vivent reclus dans leur propriété viticole. Andréas semble à moitié fou et reste cloîtré dans sa chambre. Il ne cesse de penser à Laure qui devait devenir sa femme. Octave, lui, ne se montre que rarement. Heureusement qu'ils sont  aidés par Lubin, leur ouvrier agricole qui gère et supervise les saisonniers vendangeurs.
Lorsque Camille et son frère Malo arrivent pour faire les vendanges, Malo a un mauvais pressentiment. Il se rend vite compte qu'Octave n'a d'yeux que pour Camille. En effet, la jeune fille lui rappelle étrangement Laure. Ils se disputent, et, le troisième jour, Malo n'est plus là. Personne ne semble s'en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.

Mon avis : Ayant  adoré "Des nœuds d'acier", j'avais hâte de lire le dernier roman de Sandrine Collette. Mais j'ai été déçue! Même si j'ai été tenue en haleine jusqu'à la fin pour savoir ce qu'il était arrivé à Malo, j'ai trouvé ce policier plat, sans rebondissements, et vraiment prévisible.
D'ailleurs, il n'y a aucune enquête pour savoir ce qu'est devenu Malo. Juste Camille qui attend désespérément d'avoir des nouvelles de son frère et qui essaye de rencontrer Andréas car elle est sûre que cet homme que personne n'a jamais croisé y est pour quelque chose dans la disparition de Malo. Elle ne semble pas gênée par les regards insistants d'Octave et parait même les apprécier malgré qu'il soit défiguré et qu'il ressemble à un monstre. "ce regard avide et dérangeant qu'elle cherche en même temps qu'il l'intimide, […], et qui la dévore." J'ai eu l'impression qu'elle a même cherché à provoquer la dispute entre Octave et son frère.
Pourtant, le premier chapitre m'a vraiment donné envie de lire la suite et me faisait penser que Sandrine Collette avait frappé encore plus fort que dans "Des nœuds d'acier" . Mais non! Ce livre me fait plus penser à un bon roman "terroir" nous plongeant au cœur d'une exploitation viticole au moment des vendanges qu'à un policier. En effet, la seule chose que je retiendrai de ce livre est l'ambiance festive mais difficile des vendanges et le décor campagnard que j'ai trouvé tellement bien retranscrit que j'ai eu l'impression d'y être.
Peut être que si j'ai été autant déçue par ce livre c'est parce que j'en attendais trop après mon coup de cœur pour "Des nœuds d'acier". Quoi qu'il en soit, j'attends le prochain livre de l'auteure avec impatience pour savoir si elle a un réel talent pour les thrillers ou  si elle se contente de profiter de sa renommée suite à son premier succès commercial.

Extraits : "Envoûtée par l’attraction qu’exercent les monstres et qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de les regarder, ni de croire qu’ils pourraient se transformer en princes et être sauvés."
"A la fin, il ne reste que des cendres. […] Certaines d’entre elles s’échappent, prises dans des tourbillons d’air. Alors elles s’élèvent dans le ciel et s’envolent, si légères qu’on dit qu’elles ne retombent jamais. De là-haut, hors de portée, elles contemplent la terre. Aucun bruit ne leur parvient, que le souffle du vent qui les emporte. Flottant entre les nuages, invisibles et vaporeuses, elles chantonnent. La solitude reste leur seule compagne. Elles furent vivantes ; le monde a eu raison d’elles. En bas, peu à peu, on les oublie."

A lire aussi :

Éditions Denoël (Sueurs froides) - Policier - 255 pages

vendredi 4 juillet 2014

La patience du diable - Maxime Chattam

La patience du diable - Maxime Chattam
Mon résumé : Une série d'actes de violence et de barbarie vient d'avoir lieu près de Paris : des attaques meurtrières dans un TGV puis dans un centre commercial, une explosion de bombes dans un cinéma, une fusillade dans un restaurant, des peaux humaines retrouvées lors de l'arrestation d'un go-fast, plusieurs personnes retrouvées mortes de peur... Et tout cela en à peine plus d'une semaine. Ludivine Vancker, jeune lieutenant à la section de recherche de Paris en est convaincue, tous ces actes sont liés. Aidée de ses collègues Segnon et Guilhem, elle va tenter de trouver les éléments qui relient tous ces événements sordides les uns aux autres.

Mon avis : Je découvre l'auteur avec ce thriller, et j'ai vraiment été happée jusqu'à la fin même si souvent j'ai trouvé certaines scènes trop violentes ou trop sanglantes.
J'ai particulièrement aimé les personnages féminins (Ludivine et Laetitia). Je les ai trouvées pleines de bon sens et très courageuses. Ludivine, lieutenant à la section de recherche est une jeune femme fragilisée par la perte d'Alexis, son fiancé lors de la précédente enquête menée par son équipe. Elle vit seule et peine à remonter la pente. Lors de l'arrestation du go-fast, elle pensait avoir affaire à un banal trafic de drogue mais ce qu'elle va découvrir et les autres événements qui vont avoir lieu vont faire remonter ses peurs et ses douloureux souvenirs. Un sentiment de vengeance va même la pousser à prendre des risques inconsidérés. Heureusement qu'elle est épaulée par son collègue et ami Segnon qui tente de lui redonner le goût de vivre en l'invitant fréquemment chez lui et sa femme Laetitia. (Cette dernière prendra de plus en plus d'importance au fil des pages...).
Les événements s'enchaînent à grande vitesse et ont pour point commun une adoration du Mal et du Diable mais Ludivine comprend vite qu'ils ne peuvent pas être l’œuvre d'une seule et même personne. 
Qui est donc capable de manipuler autant de personnes marginales en les poussant à exprimer leurs pires perversité et en les rendant même kamikazes? Quels intérêts y trouve-t-il? 
J'ai adoré le dénouement et l'ai même trouvé "Diabolique"
En plus de l'intrigue, Maxime Chattam nous pousse à réfléchir sur le monde actuel, sur le pouvoir de manipulation, l'effet de meute, les tueries de masse et ses conséquences sur des personnalités fragiles. Et c'est assez effrayant!
Une lecture que je recommande!

Extrait : "Le monde perdait la foi.
Ça se voyait à l'attitude des gens dans la rue. Plus personne n'avait de bonté pour son prochain. On laissait moins souvent passer son voisin de caisse sans rechigner. On ne tenait plus beaucoup les portes. On ne se faisait plus cadeau de quelques centimes chez les commerçants lorsqu'il manquait le compte. L'amabilité dans la rue n'était plus ce qu'elle était autrefois. Il suffisait de prendre le métro à Paris pour s'en rendre compte, une véritable bataille pour sortir, les usagers cherchant à s'engouffrer sans même laisser les autres sortir. Et au volant c'était pire encore ! Et que dire du manque de sourires ou d'actes purement gratuits, purement altruistes ! Non, vraiment, le père Simon Vatec en était convaincu, au-delà du dépeuplement des églises, les réactions du quotidien le prouvaient, la France et certainement beaucoup d'autres nations industrielles avaient de moins en moins la foi. Les gens se repliant sur eux-mêmes, sur leur égoïsme. Sur leur peur.
Cette peur dangereuse, berceau de toutes les folies, des pires tentations, source des désespoirs, des extrémismes."

Éditions Albin Michel - Thriller - 496 pages

mercredi 11 juin 2014

Des noeuds d'acier - Sandrine Collette

Des noeuds d'acier - Sandrine Collette
Résumé : Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s'appelle Théo, il a quarante ans, il a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave. Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois.
Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers. Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d'où toute humanité a disparu ?

Mon avis : Un coup de cœur! Impossible de le lâcher. Le style et l'histoire m'ont fait penser à Karine Giebel (Mon auteure préférée en matière de thrillers) et plus particulièrement au "Purgatoire des innocents" et aux "morsures de l'ombre" car là, aussi il est question d'enfermement.
Je regrette de ne pas avoir écrit ma chronique plus tôt car ça fait déjà un bon mois que je l'ai terminé et certains détails m'ont déjà échappé!
Théo sort de prison. Il se rend à l’hôpital où son frère se trouve pour se venger. Après cette incartade, il doit se faire oublier s'il ne veut pas retourner directement d’où il vient. Il se met donc "au vert" et part à la campagne. Il trouve un petit gîte agréable tenu par Madame Mignon, une vieille dame d'apparence gentille et serviable. Tous les jours, il fait des randonnées. A court d'idées pour ses balades, il demande conseil à son hôte pour les itinéraires. Grosse erreur! La vieille dame va lui indiquer un chemin non répertorié qui va le mener tout droit en enfer. Je ne peux pas vous en dire plus mais Théo va se retrouver esclave de deux vieux fous. Enfermé dans une cave, il ne peut sortir que pour aller travailler aux champs. Impossible de se sortir de cet enfer trop reculé. Il ne sera d'ailleurs pas seul dans ce calvaire...
Jusqu'à la fin, j'ai pensé que cette histoire était tirée d'un fait divers tellement cet enfer et les situations paraissaient réels (C'est certainement l’article de presse au tout début de l'histoire qui m'a embrouillée) Heureusement, il n'en est rien. Mais maintenant, je crois que je vais davantage  me méfier des gens et surtout des personnes âgées si je vais me promener seule....
Premier roman de l'auteur et un "Grand Prix de la Littérature Policière" amplement mérité. J'attends avec impatience le second!

Extrait : "J’ai bu mon café à petites gorgées, heureux qu’il soit trop chaud, heureux de prendre mon temps. J’ai déplié la carte sur la table en teck. Mme Mignon m’a montré un trajet insoupçonnable. Je ne voyais aucun chemin et je le lui ai dit ; elle a répondu qu’il y avait une sente, et que si je réussissais à la trouver, j’arriverais dans une sorte de crevasse qui permettait de monter jusqu’en haut du petit mont. Et là, la vue était à couper le souffle. Elle a précisé qu’il y avait un panneau « privé » mais que je pouvais passer, ça appartenait à sa famille. Elle a tracé le chemin au crayon, elle a dit : À peu près, hein. Elle m’a montré où laisser la BM. Elle a souri.
Quand je lui ai demandé si je pouvais appeler Lil, elle a dit : Sans problème. Mais après. Après cette belle promenade. Sinon vous allez partir trop tard.
Je n’ai pas remarqué la petite lueur dans son regard.
Oh, comme j’aurais dû.
"

Éditions Le Livre de Poche - Thriller - 262 pages

dimanche 16 février 2014

La tune dans le caniveau - Thierry Crouzet

"C’est la grève géné­rale. Sui­vis par les came­ra­men de la triD, les pauvres dépouillent les riches et para­lysent Paris. Les ordures s’accumulent dans les rues. Extase pénètre dans le 6e arron­dis­se­ment aban­donné aux insur­gés pour y retrou­ver son père, le plus célèbre des acti­vistes du réseau."
 
A mi chemin entre la nouvelle de science-fiction et le roman, ce texte de Thierry Crouzet est téléchargeable gratuitement  ici.
L'histoire se déroule à Paris et plus précisément dans le 6ème arrondissement. L'auteur nous parle d'une société située dans un futur très proche qui est en train d'exploser : en effet, en pleine anarchie, et pendant la grève, les pauvres ont décidé de ne plus se laisser faire et de s'approprier toutes les richesses. Pour cela, ils sont épaulés par Noam (Le père d'Extase) qui va se faire défenseur de leur cause... Guidé par certaines théories comme celle de Pareto, Juran ou Edgar Morin, dont il va s'inspirer mais qu'il va tour à tour réprouver pour réfléchir à un autre mouvement : "Nous avons simplement la preuve que les systèmes politiques essayés à ce jour ne favorisent pas l’égalité. Nous devons en imaginer d’autres, en déployer d’autres, concurremment, simultanément, sans jamais nous livrer à un seul. Que proposez-vous d’original ? Vous les riches, vous les pauvres ?"
Je pense que Noam révèle la pensée de Thierry Crouzet sur la société dans laquelle nous vivons  « Réveillez-vous ! La tune n’est pas le sang qui irrigue votre corps, ni la sève qui avive vos passions, ni la ferveur qui enflamme vos idées. La tune n’est précieuse que pour celui qui ignore les dimensions non économiques de l’existence et refuse le partage des expériences. La tune n’est qu’un concept de riches ; tournez-leur le dos. Ne vous définissez plus dans l’opposition mais par vous-même, par votre unicité." Je pense aussi que le style science fiction de la nouvelle apporte un plus et nous permet de réfléchir davantage à ce que pourrait être notre société dans quelques années.
Ce texte a été écrit avant les grèves d'octobre sur la réforme des retraites et est peut être un peu prémonitoire....

Danger mortel - Robin Cook

Mon résumé : Jason Howard, médecin à l'A.S.M (hôpital de l'Assurance Maladie), se pose des questions quant à son devenir dans la médecine. En effet, plusieurs de ses patients décèdent alors que des check-up pratiqués récemment n'ont rien montré de particulier. Suite aux autopsies, il se rend compte que leurs organismes sont dans un état étrangement avancé de vieillesse. De plus, en examinant les dossiers, il s'aperçoit que ses patients présentaient des symptômes communs de maladies dues à la vieillesse comme par exemple la cataracte.
Entre temps, Alvin Hayes, spécialiste en biologie moléculaire fait une découverte révolutionnaire qui suscite de dangereuses convoitises. Il demande alors à voir le docteur Howard avec qui il a fait ses études et en qui il a une entière confiance. C'est au moment même où il allait dévoiler son secret qu'il meurt dans d'horribles circonstances.
Tout cela est de trop pour Jason qui décide de pousser plus loin ses investigations, aidé en cela par Carol, une danseuse et ex-petite amie d'Alvin. C'est alors que le cauchemar commence.
 
Mon avis : L'intérêt des livres de Robin Cook est qu'étant médecin (plus précisément chirurgien ophtalmologiste), ses histoires sont agrémentées de faits, maladies réels. Le lecteur est captivé du début à la fin du livre pour savoir si c'est un virus ou autre chose qui fait décéder les patients ayant subi un check up à l'hôpital ou travaille Jason. Il va d'ailleurs tout faire pour essayer d'établir des points communs entre tous ces patients qui sont loin d'avoir une hygiène de vie irréprochable.
En abordant les thèmes de la recherche et des progrès scientifiques, Robin Cook tente d'alerter l'opinion publique sur les dangers que le progrès scientifique fait courir à l'homme dans le domaine médical. Il est par ailleurs très préoccupé par le financement de la recherche aux États-Unis. Celle-ci est de plus en plus concentrée entre les mains de laboratoires géants dont le but est d'abord la recherche du profit... Des sommes considérables sont investies dans la publicité par exemple, alors qu'elles devraient servir avant tout à soigner des patients. Face à cet énorme pouvoir, il faut quelques "sentinelles" dont il espère faire partie. (Information trouvée sur son site).
Pour ne pas dévoiler la clé de l'énigme, je ne peux pas vous en dire plus quant au déroulement de l'histoire et vous laisse le plaisir de le découvrir par vous même.
De cet auteur, j'ai aussi lu "Intervention"
 
Pour finir, je remercie Mélusine de m'avoir offert ce livre. Pour lire son avis, c'est ici.
 
Éditions Le Livre de Poche - 287 pages - Thriller

Intervention - Robin Cook

Mon résumé : Jack Stapelton brillant  médecin légiste et également papa d'un petit garçon de 4 mois (John Junior surnommé JJ malheureusement atteint d'un cancer) part en croisade contre les médecines parallèles qu'il sait être responsables de nombreux décès dont celui de sa dernière autopsie, Keara Abelard décédée des suites d'une mauvaise manipulation par un chiropraticien
A ce même moment, au Caire, Shawn Daughtry découvre un codex (Livre composé de feuillets, de parchemin ou de papier reliés entre eux. Certains manuscrits de la Bible sont écrits sur des rouleaux, ou sous forme de Codex.) lui apprenant qu'un ossuaire contenant les os de Marie se trouve sous le  tombeau de Pierre sur le Mons Vaticanus à Rome. Lui et sa femme Sana (généticienne) partent chercher cet ossuaire pour le ramener à New York et demander à Jack de les aider à identifier et dater ce squelette. Mais, il y a une personne qui est farouchement opposée à ce qu'un tel secret soit divulgué. Il s'agit de l'archevêque James O'Rourke, pour qui, une telle révélation ferait du tort à l'église et provoquerait beaucoup de peine chez les croyants car retrouver les ossements de Marie mère de Jésus reviendrait à prouver que, contrairement à la croyance, elle n'est pas montée au ciel "Corps et Ame"...
 
Mon avis : Les trois amis de collège Jack, James et Shawn, se retrouvent lors d'un évènement peu banal, Shawn, l'archéologue vient de voler un ossuaire sous le tombeau de Saint Pierre au Vatican. Sa seule motivation est alors d'analyser les os et déchiffrer les parchemins (qui serait un évangile inconnu : l'évangile selon Simon le Magicien) qui ont été enfermés dans l'ossuaire en se faisant aider par Jack. Convaincu de l'intérêt de sa découverte pour l'église, il décide d'en informer l'archevêque qui n'est autre qu'un de ses amis de collège.L'histoire est alors passionnante jusqu'au moment ou intervient  l'archevêque James O'Rourke, qui, lui, entend que cette histoire reste secrète. Il n'a alors de cesse de lui faire comprendre qu'il doit garder le silence et, pour cela, il utilise énormément de références à la Bible. Je dois dire que ce passage m'a lassée. Les explications sont longues et parfois un peu dures à suivre pour quelqu'un comme moi qui ne s'intéresse pas vraiment à la Bible et ses interprétations... Par contre, je ne m'attendais pas à une telle fin.
D'une façon générale, j'ai tout de même passé un très bon moment et étais pressée de connaître le dénouement de l'histoire. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre, mais je pense en  lire d'autres de Robin Cook qui est apparemment un maître en matière de thriller médicaux (et pour cause, il est aussi chirurgien en ophtalmologie). D'ailleurs toutes les références médicales qu'il fait sont exactes. J'ai appris beaucoup de chose sur les os. Par exemple, un spécialiste peut voir dans les os des hanches si une femme a eu des enfants ou non....Je retiendrai donc  ce livre tout le coté "scientifique"...

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