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dimanche 6 novembre 2016

Je sais pas - Barbara Abel

Je sais pas - Barbara Abel
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme...
Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar.
Une enfant de cinq ans a disparu.
Que s'est-il passé dans la forêt ?
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme.
Pourtant, ne dit-on pas qu'une figure d'ange peut cacher un cœur de démon ?

lundi 3 octobre 2016

Le pactole - Cynthia d'Aprix Sweeney

Le pactole - Cynthia d'Aprix Sweeney
Synopsis : Dispersée dans New York, la fratrie Plumb préfère s'éviter.
Jack, antiquaire endetté, rêve d'offrir à son conjoint un peu de tranquillité. Auteur d'un unique best-seller, l'ex-« Glitterary Girl » Béatrice rêve, elle, de retrouver l'inspiration. Quant à Melody, dont le mari peine à solder le prêt de leur maison, elle, rêve d'un avenir luxueux pour ses jumelles adorées.
À vrai dire, ils n'ont pas grand-chose en commun. Excepté « Le Pactole », une fortune léguée par leur père qui doit leur revenir aux quarante ans de Melody, dans cinq mois...
C'était sans compter l'accident de Leo, l'aîné, golden boy déchu de la presse : pour couvrir le scandale, leur frère a dilapidé le fonds, fauchant tous leurs espoirs.
Mais qu'attendre de l'égocentrique Leo ? Et de ces retrouvailles forcées? Sinon une fiévreuse partie de poker menteur qui, en révélant les failles de chacun, va balayer toutes leurs certitudes, et bouleverser leurs vies...

Je remercie les éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : En lisant la quatrième de couverture, je pensais avoir affaire à un livre drôle, avec des quiproquos et des personnages loufoques... Ce n'a pas du tout été le cas... "Le pactole" est donc ma première grande déception de cette rentrée littéraire. Pas parce que ce n’était pas le livre auquel je m'attendais (car on a parfois de belles surprises) mais parce que je me suis profondément ennuyée et j'ai trouvé les protagonistes détestables tellement ils sont pressés de recevoir leur "pactole" d'héritage.
L'idée de départ était pourtant bonne mais pour moi tous les personnages étaient beaucoup trop caricaturaux, à l’extrême des clichés de ce qu'ils étaient censés représenter. De plus, leurs caractères et leurs vies si diamétralement opposés ne m'ont pas laissé imaginer une seule seconde qu'il s'agissait d'une fratrie.
Entre Jack l'antiquaire homosexuel endetté, Beatrice, l'écrivain en panne d'inspiration, Mélody la mère de famille qui veut élever ses jumelles comme des princesses mais n'en a pas les moyens et enfin Léo l'ainé arrogant, capricieux et trop gâté, les Plumb étaient tout simplement ennuyeux, avec leurs problèmes banals dont ils font presque une affaire d'état.
Au niveau de l'écriture, j'ai souvent eu du mal à comprendre ou l'auteur voulait nous amener passant du coq à l’âne, multipliant les événements sans forcément leur donner une suite ou un enchainement logique. 
En général, j'essaye toujours de trouver des points positifs pour un livre même si je ne l'ai pas apprécié, mais là, j'ai du mal, et je dois même avouer qu'il m'est tombé des mains juste avant la fin (cette fin qui peut être m'aurait fait changer d'avis sur ma lecture...)
 
Extrait : "Les derniers invités déambulaient sur le ponton du yacht  club sous un ciel de soir d' été, savourant lentement leurs cocktails pour évaluer la qualité des ingrédients utilisés par les barmen, tout en maintenant en équilibre de minuscules canapés au crabe sur des serviettes en papier. Ils convenaient qu'ils avaient de la chance avec le temps, car la pluie serait de retour le lendemain, ou tenaient des propos beaucoup moins convenus sur la robe de satin ajustée de la mariée, se demandant si son décolleté plongeant était dû à une coupe ratée, un goût douteux (un look diraient leurs filles) ou encore à un soudain embonpoint, avec force clins d'œil et allusions éculées à une brioche dans le four. C'est alors que Leo Plumb quitta le mariage de son cousin avec une des serveuses . 
Il avait pris soin d' éviter sa femme, Victoria, qui lui parle à peine, et sa sœur, Béatrice, qui lui parlait sans cesse, insistant pour qu'ils passent Thanksgiving ensemble. Thanksgiving. En juillet. Léo n'avait pas passé un seul jour de fête avec sa famille en 20 ans, depuis le début des années 1990, si ses souvenirs étaient exacts,  et il n'avait pas l'intention de commencer maintenant. 
A cran, en quête du bar en plein air qu'on disait désert, Léo avait remarqué Mathilda Rodriguez qui portait un plateau de coupes de champagne. Elle traversait la foule, nimbée d'un éclat lumineux – à cause du soleil couchant qui baignait l'extrémité est de long Island d'un rose insolent, ou de la cocaïne d'excellente qualité qui faisait des ravages dans les synapses de Léo?"

Éditions Fleuve - Littérature contemporaine - 427 pages

vendredi 8 avril 2016

Le temps d'une saison - Siwar al-Assad

Le temps d'une saison - Siwar al-Assad
Synopsis : Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, Paris est en fête. Tout est exubérance, joie et nouveauté dans le Montparnasse des années folles. Mais Angèle de Lestrange, fille d'un éminent collectionneur d'art, sort d'une expérience sentimentale douloureuse.
Afin de changer d'air, elle embarque pour New York, où elle logera chez une amie de son père dans l'Upper East Side, sans se douter que l'été 1920 marquera pour elle le début d'une transformation intérieure sans précédent. Elle découvre les Roaring Twenties à l'heure américaine de la prohibition dans la ville qui ne dort jamais et dans les Hamptons de la haute société.
Lors d'une étrange soirée de tous les excès, la jeune femme est témoin d'un casse dans le musée du Metropolitan Museum of Art et se trouve embarquée dans un trafic d'art international qui la dépasse. La cause du délit est-elle politique, commerciale ou purement criminelle ?
Le juriste Charles Rutkins, dont Angèle tombe éperdument amoureuse, mènera l'enquête pour tenter de saisir les tenants et les aboutissants de ce vol des collections d’œuvres d'Europe centrale. Ces deux jeunes gens traverseront frontières et multiples aventures au péril de leur propre vie afin de démêler les noeuds de cette affaire.

Je remercie Eric Poupet et les éditions Erick Bonnier pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Suspens et description d'une époque révolue : deux éléments qui ont fait de ma lecture un  bon moment malgré trois petits bémols : le côté prévisible de l'enquête, certaines coïncidences peu probables et de nombreuses fautes de frappe.
Mais j'ai aimé me plonger dans ces années folles à Paris et aux États-Unis notamment grâce à Angèle, une jeune fille de bonne famille typiquement parisienne. J'ai aimé son exubérance, suivre ses frasques, ses sorties, ses découvertes et apprentissages de la vie loin de sa famille. Si elle m'a fait rire, parfois sa frivolité et sa naïveté m'ont donné envie de lui remettre les idées en place! Car la demoiselle profite de ses vacances et sort beaucoup au point parfois de se réveiller le lendemain après-midi avec des souvenirs flous de sa soirée où même provoquer la honte de Charles son petit ami à cause de ses propos.
Alors quand elle entend parler d'un futur vol d’œuvres d'art et que sa curiosité la pousse à y assister en cachette et qu'elle se retrouve quelques jours plus tard otage des malfrats, j'ai pensé qu'elle n'avait que ce qu'elle méritait. Malheureusement, à partir de là, son personnage devient secondaire et laisse la place à Charles, son nouveau petit ami qui enquête pour le compte du Metropolitan Museum Of Art, mais surtout pour retrouver sa dulcinée. 
Si l'histoire reste agréable à lire, j'ai trouvé que Charles arrivait à ses conclusions un peu vite et qu'il avait vraiment une chance peu crédible. Cette partie de l'histoire aurait à mon avis mérité un peu plus de développement et Charles aurait été plus agréable à suivre s'il était aussi peu conventionnel qu' Angèle.
Néanmoins, je recommande cette lecture pour s’imprégner d'une époque et de ses mœurs mais surtout pour la fraîcheur de son héroïne!

Le temps d'une saison

Extrait : "Pour combler les attentes de la fille de son amie, Mrs Adams prépara leur première escapade entre femmes. Annie était décidément fort attentive. La jeune parisienne commençait à apprécier la compagnie de cette dame bourrue. Son style détonnait un peu avec la sophistication à laquelle elle avait été habituée pendant sa jeunesse, mais elle trouvait un certain charme au pragmatisme américain qui ne s’embarrassait pas de complications inutiles. Les règles tacites du savoir vivre français étaient bel et bien présentes au sein de l'Amérique privilégiée mais sous un aspect plus décomplexé.
Les Hamptons étaient la destination à ne manquer sous aucun prétexte pour voir et être vu les mois de juillet et août lorsqu'on se targuait d'appartenir à l'élite new-yorkaise."

Éditions Erick Bonnier - Policier - 240 pages

dimanche 20 mars 2016

La renverse - Olivier Adam

La renverse - Olivier Adam
Synopsis : " Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. "
Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique.

Je remercie "Rabelette" pour ce beau cadeau d'anniversaire!

Mon avis : "Cette vie dont aussi loin qu'il m'en souvienne, je m'étais absenté. Il était temps de revenir, il était temps de commencer à vivre."
Malgré l'atmosphère pesante et mélancolique qui caractérise l'ambiance des livres d'Olivier Adam, chaque nouvelle lecture est un enchantement! Ici, le narrateur est Antoine un trentenaire perdu dans ses vieux souvenirs d'adolescence lors de laquelle un scandale politique a éclaboussé sa mère et Jean-François Laborde alors maire de la ville de M.  L'annonce télévisée de la mort de celui-ci le replonge dans son passé et les événements qui ont fait qu'aujourd'hui, quinze ans plus tard, il a totalement coupé les ponts avec ses parents. Et les accusations étaient graves : sa mère alors maîtresse et adjointe du maire Jean-François Laborde et ce dernier sont accusés de viol sur deux employées communales.
Entre scandales, révélations rumeurs et humiliations, Antoine qui n'avait alors que 17 ans a dû faire face à ces événements avec son petit frère Camille sans compter sur les adultes qui avaient alors bien d'autres choses à faire qu'à parler avec les adolescents.
Le manque de dialogue avec ses parents, le mutisme de sa mère et surtout le fait qu'il côtoyait au lycée Laetitia, la fille du maire (très remontée contre son "ordure de père") l'ont petit à petit amené à la haine de ses géniteurs et plus particulièrement de sa mère. Les mots qu'il utilise alors contre elle sont très durs et m'ont choquée même si je peux comprendre ce qu'il ressent aujourd'hui pour cette femme dont l'apparence et le qu'en dira-t-on étaient plus importants que sa famille.
J'ai beaucoup aimé Antoine, cet homme qui semble aujourd'hui passer à côté de sa vie et la vivre de loin sans en attendre plus à cause de cet événement qui l'aura marqué à vie. La mort de Jean-François Laborde va lui faire comprendre qu'il ne sert à rien de tenter d'ignorer son passé et lui faire prendre conscience que si aujourd'hui, il éprouve des difficultés relationnelles avec les gens et plus particulièrement  avec Chloé, sa petite amie c'est certainement à cause de ce passé qu'il tente depuis si longtemps d'ignorer. Cette remise en question lui fait aussi comprendre que son frère Camille, bien que plus jeune que lui a vécu les événements avec plus de recul et de maturité et a finalement aujourd’hui une vie plus posée que lui.
Un livre que je recommande vivement pour explorer les liens filiaux, fraternels et les non-dits.

Extrait : "Jacques m’a assuré qu’il se sentait suffisamment en forme pour assumer deux jours seul à la librairie. Ce n’était pas ça qui allait le tuer. Je ne voyais pas très bien ce qui l’empêchait de simplement tirer le rideau. Je lui en ait fait la remarque. Pour les trois péquins qui viennent en cette saison. Ils ne mourront pas de trouver porte close. Il a secoué la tête. A ses yeux la chose était purement inenvisageable. C’était comme commettre une obstruction. S’opposer volontairement à la nécessité de lire. La nier en un sens. Déjà qu’il n’encaissait pas de devoir fermer le dimanche, au motif que la librairie ne figurait pas au rang des commerces de première nécessité. Quand on voit le niveau de connerie ambiante, grommelait-il, on sent bien à quel point c’en est un, de foutu produit de première nécessité. J’acquiesçais, même si, scrutant les livres qui nous entouraient et, parmi eux, ceux sur lesquels se ruaient la plupart de nos clients, ils n’étaient pas si nombreux, en définitive, les ouvrages susceptibles de répondre à cette notion. Mais je m’abstenais d’en faire la remarque. Contrairement à Jacques, je ne me sentais pas en mission. Je n’avais pas la prétention d’œuvrer pour le bien de l’humanité, ni de mener un combat crucial contre la connerie et l’inculture. Surtout pas en vendant ces pelletées de romans de gare et de documents écrits à la hâte sur tel ou tel sujet du jour. Malgré tout j’étais bien parmi les livres. Ceux que j’aimais, et que je laissais immédiatement visibles, plaçais en évidence. Les clients n’avaient pas beaucoup d’importance là-dedans. Bien sûr, je n’étais pas mécontent quand je parvenais à fourguer un bouquin qui me tenait à cœur, bien sûr il n’était pas désagréable de discuter de tel ou tel auteur avec certains habitués, mais enfin, l’essentiel était pour moi d’être là, parmi ces milliers de page."

A lire aussi
A l'abri de rien    
Des vents contraires
Les Lisières
Passer l'hiver
Je vais bien ne t'en fais pas 
Peine perdue 

Éditions Flammarion - Littérature contemporaine - Drame - 260 pages

mercredi 10 juin 2015

Cette nuit, la mer est noire - Florence Arthaud

Cette nuit, la mer est noire - Florence Arthaud
Synopsis : "J'ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l'eau. Il fait nuit noire. Je suis seule [...]. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau." Le samedi 29 Octobre 2011, alors qu'elle naviguait seule à bord de son voilier, Florence Arthaud tombe à l'eau, au large du cap Corse. Isolée, en pleine nuit, sans gilet de sauvetage, la navigatrice va affronter la mort pendant de longues heures. Elle restera en vie grâce à une série de petits miracles : une lampe frontale, un téléphone portable étanche, du réseau et sa mère qui veillait en pleine nuit. Dans ce livre confession, Florence Arthaud revient sur cet épisode tragique. Elle livre les sentiments, les pensées et les souvenirs qui l'ont accompagnée alors qu'elle se noyait en pleine mer.
Florence Arthaud, disparue tragiquement le 9 mars 2015, est la première et unique femme vainqueur de la course transocéanique de la Route du Rhum en solitaire en 1990. Elle est l’auteur de Un vent de liberté (Arthaud, 2009)

Mon avis : Passionnée de bateaux et de navigation depuis mon plus jeune âge, je me souviens de cette nuit de l'année 1990 où, n'arrivant pas à dormir j’avais supplié mon père de regarder l'arrivée de la Route du Rhum en direct à la télévision. Du haut de mes 10 ans, l'exploit de cette femme m'avait marquée et avait déclenché l'envie de suivre tous les grands navigateurs connus ou moins connus. Ayant lu les livres de Ellen MacArthur, Tabarly, Moitessier, Desjoyeaux (que j'ai eu la chance de rencontrer 2 fois) et bien d'autres, je ne pouvais pas passer à côté de celui de Florence Arthaud. Et je ne suis pas déçue!
Ironie du sort, la pauvre Florence est décédée le 9 mars 2015 d'un accident d'hélicoptère alors qu'elle venait juste d'achever d'écrire ce livre dont la sortie était prévue le 19 mars...
J'ai apprécié cette  lecture car Florence nous raconte différents événements importants de sa vie de navigatrice parallèlement à ce tragique épisode à l'issue heureuse où elle a failli mourir noyée après être tombée de son bateau. Les chapitres sont courts et rythmés. Le procédé d'alternance entre passé et événement de cette nuit du 29 octobre 2011 m'a fait lire ce livre d'une traite car, si je savais qu’elle allait être secourue, je voulais savoir de quelle manière et comment les secours l'ont retrouvée dans cette nuit sans lune.
J'ai appris pas mal de choses sur sa vie, mais j'ai surtout apprécié le récit de ce fameux "accident idiot" dans lequel elle nous exprime tous ses sentiments sur ses faibles chances d'en réchapper : l’espoir, la peur, l'effroi, l'abandon... 1000 pensées lui viennent alors en tête et la peur de la mort est le sentiment dominant. D'ailleurs, dans le récit de son passé, on se rend compte que la mort est toujours omniprésente dans son esprit car ses camarades morts ou disparus en mer lui rappellent chaque instant que l'Homme n'est rien face aux éléments.
L'autre point positif de ce récit est qu'il ne s'adresse pas seulement aux marins. Tout le monde peut le lire car n'y a pas de termes spécifiques à la navigation qui bloqueraient la compréhension.
Il est aussi question d'amour. De son premier petit copain qui à 17 ans  lui a proposé de traverser l'Atlantique, à ses rencontres d'un soir, puis sa fille. Même si elle reconnaît que la vie de couple ne l'a jamais fait rêver et qu'aucun homme ne l'a comblée autant que l'Océan, elle a quand même vécu de belles histoires qui lui ont permis d'évoluer.
Un livre témoignage d'une femme battante et attachante que je recommande!

L'image que je retiendrai : Une passion plus forte que la raison : le lendemain de cet "accident idiot", Florence reprend déjà la mer : " Au bout de quelques heures, on voit un signal sur le radar : mon bateau est localisé. Il y a beaucoup de vent et de mer. Nous nous approchons. Bylka hurle sur le pont. La mer est trop agitée pour que nous puissions nous accoupler au bateau. Je saute, au risque de me retrouver une fois encore dans l’eau. [...] À peine le temps de faire signe que tout va bien et me voilà repartie direction Marseille… Hier j’avais pourtant promis à ma mère de ne pas y aller seule."

Extrait : "J’ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l’eau. Il fait nuit noire. Je suis seule. Je tourne la tête en tous sens, instinctivement. Je vois mon bateau qui s’éloigne. Je cherche un repère. Une lueur. Un objet. Un signe de vie. Rien. Je suis absolument seule. Isolée dans l’immense masse sombre et mouvante de la mer. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau. Effacer toute trace de mon existence. M’engloutir. Je pense à ma fille Marie. Elle va être orpheline. Je me dis que c’est impossible. Pourtant c’est là. Évidence effrayante qui me laisse hébétée. Le silence remplit tout. Dans les ténèbres liquides, l’effroi prend peu à peu possession de moi. Mon bateau a été secoué par une vague plus forte que les autres – peut-être une vague de paquebot. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C’est totalement irréaliste. Un instant avant, j’étais accroupie sur le balcon arrière du voilier. Ne me demandez pas ce que je faisais, c’est facile à deviner. Je ne me tenais pas. La vague a secoué le bateau. J’ai perdu l’équilibre J’ai été projetée en arrière. Jetée à l’eau culotte baissée. C’est sinistre et ridicule. Dérisoire et terrible. Je n’ai pas de gilet de sauvetage. Il ne me reste que ma lampe frontale. Une lueur insignifiante au milieu de nulle part."

Éditions Arthaud - Témoignage -191 pages

dimanche 24 août 2014

Peine perdue - Olivier Adam

Peine perdue - Olivier Adam
Synopsis : Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l'abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d'Azur: la sauvage agression d'Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu'on a laissé pour mort devant l'hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte. Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d'une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d'une communauté désemparée, reflet d'un pays en crise.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé tous ces portraits de gens à qui la vie n'a pas fait de cadeau, mais il vaut mieux ne pas être dépressif quand on commence ce roman car il est noir, vraiment très noir!
Dans une station balnéaire méditerranéenne, Antoine, un jeune footballeur amateur et homme à tout faire dans un camping vient de se faire tabasser et laissé pour mort devant l’hôpital. Le même jour, une violente tempête éclate et provoque des noyades et  quelques disparitions. Mais le pistolet recraché un peu plus tard par la mer pourrait bien faire penser que les disparitions auraient un lien avec l'agression d'Antoine..
Les personnages sont très nombreux et on se demande au premier abord ce qu'ils viennent faire dans l'histoire, mais on se rend vite compte qu'ils ont tous un lien plus ou moins proche avec Antoine et l'univers dans lequel il évolue : le foot, la ville, le camping où il travaille, l’hôpital dans lequel il est soigné, sa famille, ses amis et ses connaissances.
L'auteur nous brosse les portraits des habitants de la station balnéaire. Comme un fil rouge avec l'agression d'Antoine, ils vont petit à petit nous mettre sur la piste et nous apprendre que certaines personnes auraient des raisons d'être jaloux ou de lui en vouloir au point d'avoir envie de le faire disparaître. L'auteur nous laisse de petits indices par-ci par là mais sait habilement brouiller les pistes.
Alors qui pourrait en vouloir à Antoine?
Marco, le nouveau compagnon de Marion, la femme avec Antoine a eu un petit garçon prénommé Nino?
Perez, l'homme d'affaires véreux qui détient la moitié des commerces de la ville et qui est aussi président du club de foot dans lequel joue Antoine?
Jeff, le collègue de boulot d'Antoine qui semble défoncé à longueur de journée?
Sarah, son amie d'enfance et serveuse au restaurant du camping avec qui il couche encore  régulièrement et avec qui il a failli avoir un enfant avant de rencontrer Marion?
Ryan et Javier des gardiens de nuit qui ont mystérieusement disparu juste après l'agression d'Antoine? Ou encore Léa, cette jeune fille restée muette depuis qu'elle a été sauvée de la noyade et qui semble reconnaître Antoine à l’hôpital?
Florian, Nathan, Yannis et d'autres joueurs de foot qui pourraient être jaloux du niveau de jeu d'Antoine?
Toujours dans le coma, et bien qu'il n'ait pas été épargné par les aléas de la vie, Antoine peut heureusement compter sur Serge et Louise son père et sa sœur mais aussi sur Marion. Ils se font du souci et aimeraient bien comprendre.
Voilà pour les personnages principaux, mais il y en a encore bien d'autres qui gravitent autour d'eux et qui ont une importance pour l'histoire.
Vous parler des 23 personnages de l'histoire serait un peu long et risquerait de rendre ma chronique confuse alors, je vous laisse découvrir par vous même Coralie, Delphine et Laetitia, Mélanie, Anouck et Lila, Abel, Paul et Hélène.
Un roman noir comme sait si bien les écrire Olivier Adam qui nous montre aussi les difficultés de notre époque actuelle pour les classes moyennes : le chômage, la crise, les séparations, la montée des extrémismes..
Un roman de cette rentrée littéraire 2014 que je vous conseille si vous êtes fan de l'auteur en vous prévenant tout de même qu'il faut rester concentré pour ne pas perdre le fil des personnages et arriver à suivre les phrases parfois très longues.

Extraits : " Ils étaient tous loin alors que leur mère se noyait, que leur père échouait à la tirer des vagues, qu'on l'emportait à l’hôpital pour le soigner et que leur mère reposait à la morgue, dans l'attente qu'ils reviennent tous, qu'ils prennent leurs dispositions, leurs avions, leurs responsabilités, dans l'attente que leur père se retape un peu et qu'on puisse envisager de procéder à l'enterrement dans le petit cimetière de Soisy. [...] Comme si leur mère avait attendu cela justement. Une manière de mourir dans leur dos. De mourir en cachette. De nimber sa mort d'une distance qui rendait tout irréel."
"La somme de ce qui se fige dans nos vies sans qu'on l'ait vraiment décidé. Rien foutre à l'école parce que ça paraît juste normal, parce qu'on a autre chose à penser, les mecs les fringues les soirées le bon temps les plongeons les joints la baise les calanques le soleil, et comprendre à un moment que ça a déterminé une fois pour toutes le genre de boulot qu'on fait et la vie qu'on mène, les gens qu'on rencontre, comme si d'un coup la vie tellement immense et solaire au départ se résumait à plus grand chose, une grisaille comme de la cendre fine tombée sur toutes choses, un champ de possibles rétrécit au strict minimum, une vie réduite et vaillante, mais réduite quoi qu'on en pense."

A lire aussi :

Éditions Flammarion - Drame - 414 pages

dimanche 23 février 2014

Passer l'hiver - Olivier Adam

Passer l'hiver - Olivier Adam
Mon résumé : Ils sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber. Pourtant, les personnages de ce livre possèdent une force intérieure insoupçonnée. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de supermarché, ils s’accrochent à la vie avec l’énergie du désespoir. Ce sont des invaincus.
9 nouvelles dans lesquelles Olivier Adam nous décrit des hommes et des femmes ordinaires blessés par la vie et dont la souffrance est telle qu'elle a atteint un point de non-retour.

Mon avis : Pourtant fan d'Oliver Adam, ce livre ne m'a pas entièrement convaincue. Certes on y retrouve le style particulier de l'auteur avec ses phrases courtes et percutantes, mais j'ai trouvé ces nouvelles trop courtes parfois même avec une fin bâclée.
Elles ont toutes pour point commun de se passer la nuit, en hiver et sous la neige et d'aborder les thèmes du deuil, de la dépression et de la solitude.
  • Pialat est mort : Un père de famille alcoolisé apprend la mort de Maurice Pialat. L'événement va prendre une dimension inconsidérée.
  • A l'usure : Claire se donne à fond dans son travail de nuit à l’hôpital dans un service de grands prématurés.
  • Cendres : La nuit d'un taxi qui va rencontrer une japonaise pour le moins étrange.
  • Nouvel an : Deux jeunes femmes sont à leur travail dans une station service déserte le soir du Nouvel An.
  • Bouche cousue : Anna et Paul n'arrivent pas à dormir un soir de tempête de neige.
  • De retour : Lucas revient chez ses parents après trois ans d'incarcération.
  • Lacanau : Une mère de famille passe la soirée de Noël à son travail au lieu de faire le réveillon avec ses filles.
  • En douce : Un homme se retrouve au chômage.
  • Sous la neige : Un fils accompagne son père dans ses dernières minutes de vie. 
A réserver aux  inconditionnels de l'auteur et à proscrire aux dépressifs!
    

Extrait : "C’est l’heure où tout bascule, où les failles se creusent. Les enfants dorment, innocents, et le couple fatigue ; on oublie dans l’alcool et la mélancolie le froid du monde. Prof, chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard, vivent ces moments suspendus. Ces nuits de solitude opaque, et s’imposent l’effort de tenir, invaincus, jusqu’au lendemain : passer l’hiver en somme."

A lire aussi
Des vents contraires  
Les Lisières

Éditions de l'Olivier - Nouvelles - 176 pages

mercredi 19 février 2014

Je vais bien, ne t'en fais pas - Olivier Adam

Mon résumé : Depuis deux ans, Claire n'a plus de nouvelles de son frère Loïc, parti sans laisser d'adresse. Elle reçoit quelques rares cartes postales dans lesquelles il la rassure. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Elle croit qu'il est parti après une dispute avec leur père. Sa dernière lettre a été postée de Portbail dans la Manche. Alors en vacances pour une semaine, Claire décide de partir sur les traces de son frère pour tenter de le retrouver, de lui parler et d'essayer de comprendre ce qui s'est passé le jour de sa disparition...

Mon avis : J'ai beaucoup aimé! Ce livre n'est pas passé loin du coup de cœur, mais j'ai été déçue par la fin : j'aurais voulu en savoir plus sur ce non-dit! 
Comme d'habitude dans les romans d'Olivier Adam, on ressent de très fortes émotions. Là, le livre est tourné sur Claire et les difficultés qu'elle a à surmonter la disparition de son frère. Petit à petit, elle perd pied, ne s'alimente plus et ne vit plus. Son frère pourtant de deux ans son cadet était son moteur. Ils étaient toujours ensemble et Loïc savait quoi faire dans les situations difficiles. Maintenant seule avec pour unique occupation son job rébarbatif  de caissière au Shopi du coin, elle ne parvient pas à prendre le recul nécessaire qui aurait dû lui permettre d'ouvrir les yeux. Ses amis sont là pour la soutenir et la faire sortir un peu, mais rien n'y fait. Elle ne comprend pas pourquoi ses parents sont aussi évasifs quant à la disparition de Loïc après cette prétendue dispute. Profitant d'une semaine de vacances, elle décide de se rendre à Portbail, ville depuis laquelle a été postée la dernière carte postale de Loïc.
Claire m'a beaucoup touchée par toute sa détresse mais aussi sa naïveté. En effet, vu l'attitude de ses parents, elle aurait pu se douter que quelque chose de différent de ce qu'ils lui ont dit s'était passé...
A noter que ce livre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique. J'ai hâte de le louer!. 

Je vais bien, ne t'en fais pas

Extrait : "Claire ne prend pas ses cachets. Sa peau est blanche, presque violette. Ses pommettes sont pointues. Elle parle de moins en moins. Elle est allongée. C'est le matin. elle pense à mourir. Elle entend la voiture, se lève, voit le facteur. Elle tend l'oreille, comme tous les matins. Sa mère est sortie, a ouvert la boîte. La porte claque. La voix d'Irène s'élève. Il y a une lettre pour toi, Claire. Claire dévale les escaliers. Elle ouvre. Elle éclate. On ne sait pas exactement de quoi. Elle rit, elle pleure en même temps. C'est Loïc, elle crie, c'est Loïc. Il va bien. Il est en Bretagne. Il va bien. Il pense à moi. Il va bien."

A lire aussi

Éditions Pocket - Drame - 155 pages

samedi 15 février 2014

Prince d'orchestre - Metin Arditi

Mon résumé : Alexis Kandilis est un brillant chef d'orchestre de renommée internationale adulé par son public et ses musiciens. Très imbu de lui-même, il va avoir un jour des paroles indélicates envers un jeune percussionniste. A partir de ce jour, plus rien ne sera pareil pour Alexis. La presse s'est emparée de l'évènement et le descend en trombe. Les musiciens des orchestres qu'il dirigent se liguent contre lui et n'obéissent plus à ses ordre. Même son entourage qu'il menait à la baguette semble le délaisser. Petit à petit, il va tomber dans la dépression, vivre une véritable descente en enfer, découvrir les casinos et tomber dans l'addiction aux jeux d'argent et au sexe.
 
Mon avis :"Je serai maître de l'Univers et des galaxies, maître de tous les royaumes et de l'Empire global. Chacun m'embrassera les pieds Chacun se prosternera devant moi Chacun m’appellera sire et j'atteindrai la gloire magique" Voici l'état d'esprit dans lequel se trouve Alexis Kandilis avant ses paroles malheureuses. Autant dire que dès le début, je l'ai trouvé insupportable et j'ai eu envie de le gifler. Je n'ai rien trouvé d'appréciable dans ce personnage. Du coup, je n'ai pas apprécié ce livre. Je n'ai même pas eu une seconde de pitié pour lui quand il devient addict à la roulette française. Pourtant, l'auteur essaie de nous faire croire que tout ce qui lui arrive n'est pas seulement de sa faute mais ce comportement auto-destructeur trouverait son origine dans son enfance : sa mère qui voyait en lui toujours le meilleur mais ne s'est jamais préoccupée de son épanouissement , sa scolarité à l'institut Alderson (établissement élitiste pour jeunes issus de famille aisées) . Tellement sûr de lui et de sa réussite, Alexis Kandilis pensait pouvoir contrôler le hasard et en particulier la bille de la roulette. D'ailleurs, toute la partie du livre consacrée aux casinos, à la roulette et aux jeux de hasard en général m'a profondément ennuyée car elle ne reflète pas du tout la réalité de ce milieu (et j'en sais quelque chose!!) Pire encore, côtoyant quotidiennement des joueurs compulsifs, je n'arrive pas à comprendre ce comportement qui révèle de l'être humain le pire qu'il a en lui : l'impolitesse, l'arrogance, la méchanceté et j'en passe....
Malgré tout cela, Alexis Kandilis ne se remettra jamais en question et deviendra réellement fou. Son histoire avec le couple Tatiana / Pavlina est là pour en témoigner.
J'ai néanmoins lu ce livre jusqu'au bout, mais je pense que j'attendrai un peu si on me propose un autre titre de Metin Arditi!
 
Extrait : "Après quatre essais, un décalage persistait. Alexis avait appelé le musicien sur le plateau et lui avait lancé devant tout l'orchestre "Et à part ça, vous faites quoi pour gagner votre vie?" Le percussionniste avait semblé ne pas comprendre. Piqué par son silence, Alexis avait ajouté : " Dans mon pays, là où il y a des cloches, il y a des vaches." Le pauvre garçon avait fondu en larmes."
 
Éditions Actes Sud - Littérature contemporaine - Drame - 376 pages

Les lisières - Olivier Adam

Mon résumé : Paul Steiner est tiraillé entre son ex-femme Sarah qu'il aime encore, ses enfants qui habitent en Bretagne, et ses parents qui sont en région parisienne et dont il doit s'occuper car sa mère est hospitalisée. Commence alors pour Paul une sorte de "pèlerinage" sur les lieux de son enfance.
Ses allers-retours entre la banlieue parisienne et la Bretagne vont lui permettre de revoir son frère François mais aussi beaucoup de ses amis d'enfance. Retourner fouiller son passé et découvrir un terrible secret que lui ont toujours caché ses parents n'est pas sans conséquence pour Paul de nature dépressive. Cela va même réveiller sa "Maladie" comme il l'appelle : en effet , il est aussi alcoolique.
Toujours "aux lisières" de sa propre existence, il va se retrouver obligé de faire face à sa réalité.
En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place.
 
Mon avis : Un coup de coeur! Comme dans "Des vents contraires",  nous retrouvons Paul Steiner, son ex femme Sarah et ses deux enfants Manon et Clément. Si dans "Des vents contraires" Paul quittait la banlieue parisienne pour retrouver sa Bretagne natale, ici c'est tout l'inverse, il part de Bretagne pour aller en région parisienne : c'est ce qu'a fait Olivier Adam. D'ailleurs, de nombreux passages du livre me font me demander si ce n'est pas sa propre vie qu'il nous raconte. En effet, il nous parle des livres qu'il a déjà écrits et notamment d'un livre sur un camp de réfugiés à Calais : il doit faire référence à "A l'abri de rien".  Pourtant, on ne sait pas où s'arrête la partie autobiographique et où commence la partie romancée. D'ailleurs aucun nom de ville n'est cité. L'auteur nous parle de la ville de V. en banlieue et de la Bretagne sans préciser de quelle ville il s'agit. (Connaisant le vie d'Olivier Adam, le lecteur pensera de suite à Saint-Malo).
Les thèmes de prédilection d'Olivier Adam ( La Bretagne, Le Japon, la famille, le mal-être, la séparation, le manque) sont abordés ici encore avec beaucoup de justesse. En revanche, ce qui m'a un peu paru de trop dans cette histoire, c'est lorsqu'Olivier adam décrit la société actuelle : la montée du chômage, la crise, la poussée de l'extrême droite, l'égoïsme ambiant. Bien sur, tous ces éléments aident à comprendre les différents personnages et leurs travers, mais ce n'était à mon sens pas nécessaire. L'ambiance morose des banlieues y est très bien décrite, et je la trouve parfois même oppressante.
J'ai particulièrement été peinée pour Paul quand il découvre que son ex-femme de qui il est pourtant séparé depuis six mois à un amant qui n'est autre que le médecin de famille avec qui elle travaille à l'hôpital . Mais aussi lorsqu'il découvre petit à petit le secret que ses parents lui ont toujours caché. Il trouve alors une explication à sa nature dépressive.
Certains passages très noirs nous montrent la difficulté qu'a Paul à surmonter les problèmes de la vie. Son introspection va le pousser à tenter de comprendre pourquoi il ne se sent jamais concerné par quoi que ce soit et pourquoi son mal-être le pousse à boire. " Une Maladie m'avait dit le médecin. Vous n'y pouvez rien, c'est une Maladie, une autre forme de cette maladie qui vous a fait vouloir mourir à 10 ans, qui vous a fait cesser de vous alimenter quelques années plus tard, tentant de vous effacer en quelque sorte, de vous perdre de vue et de vous noyer dans l'air, une Maladie dont Sarah vous a sauvé pendant un moment mais qui s'était juste tapie, vaincue par la force de cet amour si puissant."
Ce livre pressenti pour la sélection au prix Goncourt n'a malheureusement pas été retenu.
Encore une fois, je n'ai pas été déçue par cette nouvelle histoire malgré le sentiment d'oppression et de mal être qu'elle dégage.
 
Extraits : "Je suis un être périphérique. Et j'ai le sentiment que tout vient de là. Les bordures m'ont fondé. Je ne peux jamais appartenir à quoi que ce soit. Et au monde pas plus qu'à autre chose. Je suis sur la tranche. Présent, absent. A l'intérieur, à l'extérieur. Je ne peux jamais gagner le centre. J'ignore même où il se trouve et s'il existe vraiment. La périphérie m'a fondé. Mais je ne m'y sens plus chez moi. Je ne me sens aucune appartenance nulle part. Pareil pour ma famille. Je ne me sens plus y appartenir mais elle m'a définie. C'est un drôle de sentiment. Comme une malédiction."
"Oh tu sais, je dors jamais bien. Je pense trop. Les soucis c'est comme les moustiques. Dès que la lumière s'éteint ils se mettent à voler partout en faisant ce bruit horrible et alors c'est fini, tu peux plus dormir."
"Je crois au fond que ma mère avait un peu honte, qu'écrivain ne lui paraissait pas un métier sérieux, une occupation avouable. Je crois que pour elle il résidait là-dedans quelque chose de vaguement malsain, une manière impudique, inconvenante de s'épancher, une forme de prétention qui poussait à prendre la parole et à considérer que ce qu'on avait à dire valait la peine d'être entendu, une façon de vouloir se distinguer, sortir du rang. Comment lui expliquer qu'écrivant je ne cherchais qu'à me sauver et rien d'autre, comment éviter la grandiloquence en évoquant là une question de vie ou de mort ?"
 
 
Éditions Flammarion - Littérature contemporaine - 453 pages

Des vents contraires - Olivier Adam

Résumé de l'éditeur : Sarah a disparu depuis un an, sans plus jamais faire signe. Pour Paul, son mari, qui vit seul avec leurs deux jeunes enfants, chaque jour est à réinventer. Il doit lutter avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Épuisé, il espère se ressourcer par la grâce d'un retour à Saint-Malo, la ville de son enfance.
 
Mon résumé, mon avis : Mon coup de coeur du moment.
Voilà maintenant un an que Sarah la femme de Paul a disparu le laissant seul avec ses deux enfants Manon (4 ans) et Clément (9 ans). Cette situation très dure à vivre pour les enfants l'est peut être encore plus pour Paul qui a aussi perdu son travail et  boit beaucoup trop. Pour fuir un peu les difficultés du quotidien, Paul décide de partir de Paris pour retrouver la ville qui l'a vu grandir : Saint Malo. Là-bas, il retrouve ses racines, ses souvenirs d'enfance ainsi que son frère Alex et sa belle soeur Nadine. Pour l'aider, Alex lui propose de s'occuper avec lui de l'auto-école que tenaient leurs parents et de donner des cours de code et de conduite. Là, il va retrouver les endroits de son enfance et découvrir des personnages atypiques comme  Cortes qui a fait son déménagement et dont il se rend compte que son fils Thomas est dans la même école que Clément et qu'un beau jour il va décider d'enlever à sa mère pour "passer des vacances tranquilles tous les deux" qu'il va héberger une nuit, Justine sa première élève à qui il va donner une leçon de conduite et qui va disparaître du jour au lendemain, Bréhel qui s'est fait retirer son permis et qui doit le récupérer au plus vite, Nathalie sa voisine....
Une très belle mais très triste histoire d'un papa qui se retrouve seul avec ses deux jeunes enfants et qui fait tout pour s'en sortir comme il peut (mais souvent très maladroitement). Dans l'attente d'un hypothétique retour de sa femme Sarah, lui et les enfants n'arrivent pas à faire le deuil de sa disparition.
Beaucoup d'événements tragiques autour de lui, lui font prendre conscience que la vie est loin d'être simple mais que tout problème a sa solution.
 
Un extrait : « La nuit nous protégeait et à ce moment précis j’avoue avoir pensé que les choses allaient redevenir possibles, ici j’allais pouvoir recoller les morceaux et reprendre pied, nous arracher les enfants et moi à cette douleur poisseuse qui nous clouait au sol depuis des mois, à la fin la maison, les traces et les souvenirs qu’elle gardait de nous quatre, c’était devenu invivable, je ne sortais presque plus et les enfants se fanaient sous mes yeux. »

A l'abri de rien - Olivier Adam

Résumé de l'éditeur : Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n'arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d'hommes en haillons massés prés du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que, dans la ville, on appelle les «kosovars». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent.  Entraînée malgré elle dans un drame intime, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau.
  
Mon résumé : Marie, mariée et mère de deux jeunes enfants (Lucas et Lise) ne va pas bien du tout, elle ne sait pas ou elle en est, elle déprime. Comme dirait Stéphane -son mari- elle a des "antécédents psychiatriques" . En effet, sa soeur Clara (âgée d'un an de plus qu'elle) est morte à 18 ans  dans un accident de voiture en rentrant de boite de nuit, son père est décédé peu de temps après et elle a été virée de son poste de caissière à Auchan après s'être pris la tête avec un client.
Elle vit tant bien que mal auprès de sa famille jusqu'au jour où, elle va se retrouver par hasard à servir des repas chauds aux réfugiés près d'un centre de rétention. Tant de misère va lui donner une nouvelle vocation : s'occuper des "kosovars". Elle va alors rencontrer Isabelle, bénévole elle aussi, qui se dévoue corps et âme et les invite même tous les soirs chez elle pour manger, se laver et dormir. Cette "bonne action" va lui prendre tout son temps au détriment de sa famille et des habitants de son quartier qui la voient alors comme une pestiférée. Ses enfants se font même insulter par leurs petits camarades...
 
Mon avis : Tout aussi noir que "des vents contraires" , ce roman est lui aussi assez éprouvant à lire car il décrit le parcours ordinaire d'une femme qui passe de la dépression à la folie.
J'ai néanmoins beaucoup apprécié cette histoire et le style de l'auteur.
"J'ai marché transpercée par le vent, je le sentais dans mes os dans mon coeur je le sentais jusque dans mes dents. Il lavait tout, le paysage et la lumière, resserrait les peaux, rognait la craie.J'ai marché dans l'air et le bruit de la mer fracassée, plus rien ne pesait tout à coup, plus rien n'obstruait mon cerveauj'étais comme lavée,j'étais un corps qui marche et rien d'autre, un corps qui vole un corps gazeux un corps en suspension, invisible incolore indolore absent fondu élémentaire."

Le coeur régulier - Olivier Adam

Le coeur régulier
Mon résumé : Sarah vient de perdre son frère Nathan dans un accident de voiture. Le connaissant et connaissant le goût de Nathan pour l'autodestruction, elle pense de suite à un suicide car ce dernier avait quelques temps plus tôt fait une tentative du haut d'une falaise au Japon. Heureusement, ce jour là, Nathan a eu la chance de rencontrer Natsume Dombori un vieux policier japonais à la retraite qui rode aux alentours des falaises pour empêcher les malheureux de sauter et les prendre sous son aile comme des oiseaux blessés. Nathan avait retrouvé la paix intérieure auprès de lui... De plus en plus mal et ressassant son passé  avec son frère, Sarah décide de se rendre au Japon et de rencontrer Natsume afin d'essayer de comprendre...
 
 
Mon avis : Comme "Des vents contraires" et "A l'abri de rien", ce livre est  encore un petit chef-d'oeuvre d'Olivier Adam. Toujours aussi bien écrit et  émouvant.
La vie de Sarah, tellement parfaite avec un mari adorable, deux beaux ados et un bon job  est l'exact contraire de celle de son frère Nathan qui boit beaucoup, fume, et n'arrive pas à se poser professionnellement. Mais leur amour fraternel est très fort. Malgré leurs vies totalement différentes, ils ne forment qu'un et Sarah n'a de cesse d'essayer d'aider Nathan au grand dam de sa famille. Alors, lorsqu'elle apprend qu'elle ne le verra plus, elle a cette parole que j'ai trouvée très belle : "J'ai juste perdu mon frère et l'enfant que j'étais auprès de lui. Je me suis perdue et, sans lui désormais, il me semble que je suis condamnée à errer loin de moi jusqu'à la fin des jours."  connaissant son coté autodestructeur, elle pense qu'il l'a fait exprès et lorsqu'elle exprime son point de vue à sa famille, elle est totalement incomprise. De là, son deuil devient de plus en plus dur à faire et quand elle fait le parallèle entre sa vie et celle de Nathan, elle comprend qu'elle est passée à coté du principal.
J'ai beaucoup aimé toute cette introspection de Sarah. En partant sur les traces de son frère, elle va elle aussi trouver la paix là ou il semblait l'avoir retrouvée.
J'ai relevé quelques  phrases qui font la beauté  de ce livre :
"Personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de votre vie, ça devient juste impossible."
"Je m'étais tellement trompée. Sur tout. Sur chacun. Sur moi. Toutes ces années, je m'étais tellement échinée à me perdre, à me fondre dans le décors, à me noyer dans la masse. Je m'étais noyée tout court"
Une très belle histoire dont la moralité est que, quoi qu'il arrive dans la vie, on peut toujours s'en relever...
 
Éditions de l'Olivier - 232 pages.

L'Oeil de la lune - Anonyme

L'oeil de la luneRésumé : Personne n’a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueur en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom, ni les habitants de Santa Mondega, l’étrange cité d’Amérique du Sud, où sommeillent toujours de terribles secrets. Alors que la ville s’apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid célèbre lui le dix-huitième anniversaire de son premier homicide. Il est alors loin de se douter qu’il est devenu la proie d’une agence très spéciale. Une proie particulièrement coriace, de celles qu’il ne faut pas rater, sous peine d’une impitoyable vengeance. Mais cela n’est rien à côté de ce qui attend Santa Mondega lorsqu’une mystérieuse momie disparaît du musée local….
 
Mon avis : Un an après le massacre de l'éclipse de la Lune qui terminait le premier tome de la trilogie du Bourbon Kid ("Le livre sans nom") , nous retrouvons Santa Mondega, la petite ville infréquentable d'Amérique du Sud ou les habitants appliquent leurs propres lois.
La recette est la même qu'au premier tome : certains personnages sont de retour comme Sanchez, Peto,  Kassie et Dante, Jessica, Le Bourbon Kid... Et d'autres font leur apparition : Beth, Casper et JD les adolescents qui s'apprêtent à fêter tranquillement halloween et Ramsès Gaïus la momie échappée du musée. Swann et Valdez, agents des services secrets, De La Cruz, Hunter et Benson, les flics ripoux. Tous ces personnages ont pour point commun de n'avoir aucune moralité!
Le livre commence sur un flashback 18 ans auparavant  : le Bourbon Kid commet  son premier homicide en tuant sa propre mère...
"Le Livre sans nom" et le massacre de fête de la Lune ont  réveillé un certain Ramsès Gaïus momifié depuis plusieurs millénaires, et il a bien l'intention de se venger en récupérant sa pierre précieuse "L'oeil de la Lune"  mais il n'est pas le seul.... Tous les habitants de Santa Mondega sont bien décidé à faire la peau au Bourbon Kid mais aussi à récupérer cette pierre précieuse aux pouvoirs magiques détenue par Peto le moine d'Hubal. Et ça tombe bien, il est lui aussi de retour à Santa Mondega! Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette nuit d'Halloween l'une des plus sanglantes!
Si j'avais adoré "Le livre sans nom" j'ai été un peu déçue par cette suite. Je ne m'attendais pas à une histoire de vampires et de loups-garous (qui ont pourtant fait leur apparition au début du premier tome.) Par contre, j'ai été happée par l'histoire qui se déroule à un rythme effréné avec beaucoup de rebondissements et toujours, comme au premier tome, des chapitres qui se terminent sur un cliffhanger et qui font qu'on ne peut pas décrocher de cette lecture. Un petit bémol cependant pour les dialogues souvent très crus et parfois vulgaires. Mais c'est ce qui fait l'ambiance du livre!
Alors, si vous avez aimé "Le livre sans nom" et que vous voulez savoir qui est réellement le Bourbon Kid et pourquoi il est devenu un tueur sanguinaire, plongez-vous vite dans cette suite!
Pour ma part, je ne pourrai pas m'empêcher de lire "Le cimetière du diable" déjà  en ma possession!
 
Extrait : "Dans sa jeunesse, Gaïus avait perdu un œil dans un combat. Quelques années plus tard, il avait trouvé, cachée dans l'une des grandes pyramides, une pierre bleue qui, à en croire la légende, avait jadis appartenu à Noé. Plusieurs siècles auparavant, le patriarche de l'ancien Testament s'était servi de cette pierre pour contrôler, entre autres choses, les flots de Déluge.
Lorsque Gaïus prit conscience du pouvoir de cette pierre, il cessa de le porter autour du cou, comme beaucoup avant et après lui, pour la loger dans son orbite vide ;ce fut à partir de cette époque qu'on appela la pierre : "L'Oeil de la Lune"."
 
Éditions Le Livre de Poche - Thriller - 547 pages

Le livre sans nom - Anonyme

Mon résumé : Santa Mondega, une petite ville d'Amérique du Sud fait parler d'elle essentiellement pour les crimes sordides qui s'y déroulent. La police locale n'arrivant plus à faire  face décide de dépêcher sur place un enquêteur spécialisé  : Miles Jensen. Il devra enquêter en ville  surtout aux endroits ou les crimes ont lieu en majorité c'est à dire dans les bars. Tout a commencé avec la venue d'un étrange homme encapuchonné au  "Tapioca" un bar local, l'étranger commande un bourbon et, après une démonstration de l'hospitalité locale, le boit et... tout ce que l'on sait c'est que les seuls survivants furent cet étranger et Sanchez, patron du bar. Il est aussi question d'une pierre magique appelée "L'oeil de la Lune" censée apporter invulnérabilité à celui qui la porte et aussi d'une jeune fille sortie miraculeusement du coma cinq ans après avoir été victime d'une tentative de meurtre.... L'enquêteur Jensen se  rendra vite compte que les victimes ont comme point commun d'avoir lu un livre bien mystérieux : un livre sans nom écrit par un auteur resté anonyme...
 
Mon avis : Un coup de coeur! J'ai vraiment aimé l'ambiance  dans cette ville malsaine décrite comme la plus dangereuse du monde. Comme certains le disent, il est vrai que plusieurs références cinématographiques sont faites dans ce livre à savoir :
La première scène de l'homme à la capuche et le fait qu'on ignore tout du massacre qui suit son arrivée est une référence à Desperado.
Jessica se réveillant d'un coma de plusieurs années après une tentative de meurtre est une référence à Kill Bill.
Toutes les victimes du tueur en série ont un point commun : ils ont tous lu un certain livre sans nom écrit par un auteur anonyme, ce qui évoque Le Cercle.
Ces allusions rendent ce livre encore plus mystérieux et impliquent directement le lecteur, car, lui aussi est en train de lire un livre bien étrange. Est-ce un cinéaste connu qui l' a écrit?
Miles Jensen n'est pas au bout de ses peines car il va falloir qu'il dénoue les fils du mystère entre  un parrain de la mafia (El Santino) , deux tueurs à gage (Elvis et Rodéo Rex) , un chasseur de primes (Jefe), le Bourbon Kid, deux moines venus chercher "L'oeil de la Lune" pour obtenir l'invulnérabilité (Kile et Peto) , un voyou (Marcus la Fouine) un couple travaillant dans l'hôtel de la ville (Dante et Kassie) , Jessica, la fille revenue de son coma après que le Bourbon Kid eut tenté de la tuer, mais aussi son associé pour l'enquête : le vieil inspecteur à la retraite (Archibald Somers).
Le fil conducteur de l'histoire qui entraîne les intrigues est la recherche de cette pierre précieuse baptisée 'L'oeil de la Lune". Elle va passer de mains en mains, sera volée plusieurs fois car il n'est pas besoin de préciser que tous ces habitants de Santa Mondega ont pour point commun la vénalité et chacun se frotte les mains de l'argent que pourrait rapporter la vente d'une telle pierre.
Chaque chapitre met en scène différents personnages et se termine comme dans une série :  à chaque fois sur une nouvelle intrigue, ce qui pousse le lecteur à dévorer les chapitres les uns derrière les autres.
J'ai vraiment apprécié cette lecture et je sais qu'il y a certainement plein de références à d'autres films mais que je ne connais pas.
J'ai hâte de lire en format poche la suite de cette histoire : "L'oeil de la Lune" et "Le Bourbon Kid" et surtout j'aimerai savoir qui a écrit ces livre!!
 
Premier Chapitre (extrait) :Sanchez avait horreur que des inconnus entrent dans son bar. En fait, il détestait également les habitués, mais il les accueillait tout simplement parce qu'il avait peur d'eux. Éconduire un habitué, ce serait signer son propre arrêt de mort. Les criminels qui fréquentaient le Tapioca étaient toujours à l'affût de la moindre occasion d'y prouver ce qu'ils valaient, parce que c'était le plus sûr moyen d'acquérir une renommée, jusqu'au sommet de la hiérarchie du monde du crime. Le Tapioca était un bar qui avait vraiment du caractère. Ses murs étaient jaunes, et pas d'un jaune agréable : plutôt un jaunâtre de fumée de cigarette. Rien d'étonnant à cela : l'une des nombreuses règles tacites du Tapioca était l'obligation, pour l'ensemble de la clientèle, de fumer. Cigares, pipes, cigarettes, joints, narguilés, cigarillos, bangs, tout était autorisé, excepté ne pas fumer. Ne pas fumer était tout à fait inacceptable. Le fait de ne pas boire de l'alcool était aussi considéré comme un péché, mais le plus grand des péchés, c'était d'être un inconnu dans ses lieux. Dans ce bar, personne n'aimait les inconnus. Les inconnus n'apportaient que des problèmes. On ne pouvait pas se fier à eux. Aussi, lorsqu'un homme, vêtu d'une longue cape, capuche rabattue sur la tête, entra et s'assit sur un tabouret de bois au bar, Sanchez eut la certitude qu'il ne ressortirait pas en un seul morceau. La vingtaine d'habitués attablés cessèrent leur conversation et toisèrent longuement l'homme encapuchonné assis au bar. Sanchez remarqua qu'ils s'étaient également arrêtés de boire. C'était mauvais signe. S'il y avait eu une musique d'ambiance, elle se serait sûrement interrompue dès l'entrée de l'inconnu. Le seul son audible était à présent le bourdonnement continuel du gros ventilateur fixé au plafond.
 
Éditions le Livre de Poche - Thriller - 508 pages 
 
 

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