mardi 19 juin 2018

Mon frère - Daniel Pennac

Mon frère - Daniel Pennac

Synopsis : Il y a dix ans, l’auteur perdait son frère Bernard. Qui était ce frère, tant aimé et pourtant inconnu. Sa compagnie était silencieuse, ou ironique. Ces réparties pleines d’humour cachaient-elles une certaine souffrance de la vie ?


Il aura fallu attendre tant d’années à Daniel Pennac pour pouvoir écrire sur son frère, et surtout sur ce que son absence lui fait ressentir dans son corps et dans son cœur.
Ce n’est évidemment pas un roman, ni un journal. C’est le cri d’amour fraternel d’un immense écrivain qui ne cherche pas à produire des « effets de plume ». Tout est dans la retenue, les sentiments à peine dévoilés, à la hauteur de la pudeur de son aîné.
Parallèlement, il nous offre des extraits de la nouvelle d’Herman Melville « Bartleby le scribe », qui ne viennent en rien perturber la lecture de cet hommage à un frère perdu et méconnu.
« Mon frère » touchera au cœur autant les enfants uniques que ceux issus d’une fratrie. Ne pleure-t-on pas plus ceux qu’on croyait connaître que ceux dont l’ego surdimensionné les pousse à s’exposer aux autres ?
« Le drôle était que nous ne nous disputions pas ; nous jouions à nous disputer. »
« (…) J’avais cinq ans, lui dix et une mission quotidienne : préparer mon goûter. Nous avions fait de cette cérémonie un long rituel ludique où le langage l’emporterait sur le goûter proprement dit. (Pour silencieux qu’il fût, c’est ce frère qui m’apprit à parler. Et d’ailleurs à lire, plus tard, les romans qu’il aimait. Donc à écrire.) (…)
« Si je devais résumer la vie de mon frère, je dirais qu’il fut d’abord le fils et le frère préféré d’une famille de quatre garçons, puis le cadre estimé d’une vingtaine d’ouvriers dont il avait pris soin d’apprendre les métiers, puis le père adoptif de deux enfants chanceux, puis le père égara d’un enfant mort-né, puis l’âme parkinsonienne d’une fin de vie sans amour. »
Un livre et une écriture qui ne peuvent laisser indifférent et qui nous offre un éclairage sur la vie et sur la relation à l’autre.
En le refermant, on a envie de lire ou relire la nouvelle d’Herman Melville. Merci Monsieur Pennac !

A lire aussi :
La petite marchande de prose


Éditions Gallimard - 129 pages - Littérature contemporaine

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