lundi 2 octobre 2017

La fille à la voiture rouge - Philippe Vilain


La fille à la voiture rouge - Philippe Vilain

Emma Parker a vingt ans. Fille d’un diplomate américain, habituée des soirées de la jeunesse dorée, elle conduit une voiture rouge, porte une jupe rouge, brûle les feux rouges. Tout en elle est rouge d’insolence et d’ambition. Étudiante dans une université parisienne, elle rencontre le narrateur, un écrivain de près de deux fois son âge. Tout va très vite, tout est joyeux  : ils s’aiment, ils sortent, ils marchent la nuit dans Paris…
Et tout change soudain, quand Emma apprend à l’écrivain qu’elle souffre d’une maladie peut-être fatale. Une nouvelle histoire d’amour commence, d’autant plus vive que la mort s’annonce. Mais qui est vraiment Emma Parker  ? S’inspirant d’une aventure personnelle, Philippe Vilain, grand analyste du sentiment amoureux, donne dans ce roman prodigieusement virtuose une Surprise de l’amour contemporaine.

Je remercie les éditions Grasset pour cette lecture!

Mon avis"En amour, on ment toujours. (...) Mais dans mon roman, on est dans la pathologie, la mythomanie. Il y a quelque chose de fascinant chez le mythomane."
*⚠ spoiler ⚠ *
Dans ce livre de la rentrée littéraire 2017, Philippe Vilain nous relate une histoire qui lui est réellement arrivée lorsqu'il est tombé amoureux d'une jeune étudiante de 19 ans de moins que lui. Malgré la différence d'âge, il s'éprend de cette jeune fille qui semble mener grand train. 
J'ai adoré cette histoire pour deux raisons :
Premièrement la grande différence d'âge entre Emma et  le narrateur/auteur  fait que l'histoire n'est pas commune et le choc des générations pose parfois de petits problèmes de compréhension de l'autre. 
Deuxièmement car cette liaison est basée sur un mensonge. J'ai alors trouvé très intéressant de voir les réactions du narrateur lorsqu'il apprend la vérité sur Emma. Si au début je le trouvais un peu "fleur bleue", par la suite j'ai eu beaucoup de compassion pour lui car son amour pour Emma est si fort qu'il a réussi à passer outre les affabulations de sa jeune compagne. Concernant Emma, c'est l'inverse qui s'est passé pour moi : au début je la plaignais, j'admirais même sa façon de voir la vie malgré la maladie et la possibilité que la mort intervienne à tout moment. La révélation a complètement changé mon point de vue sur elle. Emma souffre bien d'une maladie mais pas celle provoquée par son hématome : elle est mythomane. Pourtant elle semble avoir de réels sentiments pour le narrateur, mais comment revenir en arrière et tout avouer au bout de six mois de mensonges? Elle qui voulait plaire à son écrivain se serait elle prise au jeu de la fiction?
Bien plus qu'une simple relation de couple ce livre décrit à merveille la dépendance amoureuse, l'anxiété et l’ascenseur émotionnel que peut provoquer l'amour. 
Une belle écriture qui dépeint avec grande justesse les sentiments face aux mensonges, à la manipulation et leurs conséquences sur le couple.
Je recommande!

Extrait : " Emma Parker était très différente des femmes que j’avais rencontrées jusque-là, même si je n’aurais pas su dire pourquoi. Parce qu’elle était jeune peut-être, parce qu’elle ne semblait pas tout à fait consciente de l’effet qu’elle produisait sur les hommes et qu’il y avait dans son assurance quelque chose d’innocent qui me la rendait attachante. Elle n’avait pas de coquetterie déplacée, pas de vanité, rien de trop, juste un souci orgueilleux de vérité parfois, un puéril désir d’avoir raison, de me défier : « Je ne crois pas que ce soit aussi simple que tu le prétends ! », disait-elle avec aplomb. Elle n’était pas du genre prétentieuse, pourtant, elle n’était pas du genre à vouloir se montrer, à exhiber sa beauté, elle n’était pas du genre à mettre de l’anglais dans son verbe pour se donner l’air parisienne, elle n’était pas du genre à dire « So, what ? » pour ponctuer ses phrases, en sirotant à la paille une dernière coupe de champagne rosé, voire en sniffant un peu d’héroïne, comme sa meilleure amie mannequin, Anne-Sophie. Elle se disait « assez sage ». N’importe quelle autre fille dévoilant aussi vite, dans la conversation, sa jeunesse favorisée – elle disait même posséder une Porsche – m’aurait fait mauvaise impression : pas elle, pour laquelle les fastes étaient naturels. Je ne sentais ni vantardise ni fatuité dans ses propos, aucun désir de m’en mettre plein la vue. L’étudiante m’inspirait confiance ; en me regardant comme elle le faisait, franchement, avec défiance mais sans effronterie, avec un sourire interrogateur ni vraiment timide ni vraiment assuré, un sourire qui hésite à en être tout à fait un, un sourire particulier que je saurais mal définir, elle me charmait sans le vouloir. Quand elle parlait, une mèche de cheveux barrait son œil droit : elle ne la relevait qu’après avoir répondu à une question, dans un geste forcément voué à l’échec. « En fait, disait-elle, je suis une fille très simple, facile à vivre, pourtant, mes relations avec les hommes sont toujours compliquées."

Éditions Grasset - Littérature contemporaine - 252 pages

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