dimanche 24 septembre 2017

Mon autopsie - Jean-Louis Fournier

Mon autopsie - Jean-Louis Fournier

– Tu as des nouvelles de Fournier ? On entend moins parler de lui.
– Peut-être qu’il est mort.
– On le saurait.
– Pas sûr…
"Je suis mort.  
C'est pas le pire qui pouvait m'arriver."
Jean-Louis Fournier s'est fait autopsier par la charmante Égoïne pour qu'on sache ce qu'il avait dans la tête, dans le cœur et dans le ventre.

Je remercie les éditions Stock pour cette lecture!

Mon avis : Si vous suivez le blog depuis un moment, vous savez qu'il y a des auteurs dont je suis fan et dont je lis les livres dès leur parution. Jean-Louis Fournier en fait partie. Et comme d'habitude, j'ai beaucoup aimé retrouver sa plume tendre, humoristique et parfois cynique.
Puisqu'il n'est pas possible de parler de la mort une fois qu'on l'est, l'auteur a décidé de le faire avant. Il imagine alors son autopsie réalisée par Égoïne, (prénom humoristique en rapport avec la scie du même nom!) une jeune étudiante en médecine une fois son corps légué à la science. Cette dernière disséquera alors organe par organe le corps du défunt, ce qui sera prétexte à l'auteur de revenir sur les éléments marquants de sa vie. 
Il se remémore alors ses fils handicapés, sa fille, sa femme décédée trop tôt, ses rencontres féminines mais aussi son parcours professionnel cinématographique, télévisuel et littéraire sans jamais se prendre au sérieux et avec un certain humour noir : "Égoïne vient de découvrir ma prothèse de hanche [...] Elle l'examine comme une sculpture, elle apprécie son design. On dirait un 7 d'or. Elle réfléchit à ce qu'elle pourrait faire de cette hanche qui m'a gâché mes voyages en avion. [...] Soudain elle a une idée. Elle va en faire un pied de lampe de chevet. Quelle joie pour moi de penser que je vais l'éclairer. Je lui réserve une surprise, elle va avoir une paire de lampes. J'ai deux prothèses de hanche." J'ai apprécié le recul qu'il a sur son vécu qui lui permet de se moquer gentiment de lui-même ou des autres.
Un texte court, émouvant, rythmé par de nombreux chapitres que je recommande!

Extrait : "Je vais l’appeler Égoïne. 
Elle est entrée dans ma vie avec une lame.
Peut-être d’abord celle d’un coupe-papier pour mes livres, maintenant avec une scie, pour en savoir plus.
Après avoir découpé mes livres, elle va me découper en vrai.
Tailler dans le vif du sujet.
Elle va écrire mes mémoires avec son bistouri."

"Je ne suis pas vieux, j'ai toujours dix ans à l'intérieur. J'ai toujours cru que j'étais jeune, je le crois un peu moins. Longtemps j'ai pensé que la meilleure façon de se croire jeune c'était de s'entourer de plus vieux, mais il y a un moment où ça devient difficile, on n'en trouve plus."

A lire aussi :
Fournier Jean Louis - Où on va, Papa?
Fournier Jean Louis - Veuf  ♥♥♥ 
Fournier Jean-Louis - La servante du Seigneur
Fournier Jean-Louis - Ma mère du Nord

Éditions Stock - Littérature contemporaine - 198 pages

8 commentaires:

  1. ça a l'air étonnant mais chouette. ça me fait penser à Pennac et son "journal d'un corps". Les auteurs dépassent les conventions.

    RépondreSupprimer
  2. Je crois que je n'ai lu que "Où on va, papa?"
    Je ne connais pas du tout celui-ci !

    RépondreSupprimer
  3. J'attendais impatiemment ta critique et la parution de ce livre. J'en ai déjà entendu du bien et je pense qu'une fois de plus je ne serai pas déçue par cet auteur de talent qui a l'intelligence de ne pas se prendre au sérieux. Vive la dérision

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pensais que tu l'avais déjà lu depuis longtemps! Alors bonne lecture!

      Supprimer
  4. Un auteur que j'ai trop peu lu. Tu me donnes envie d'y retourner.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'adore cet auteur car il ne se prend pas au sérieux même s'il a vécu des événements tragiques.

      Supprimer

Laissez-moi une trace de votre passage!

Recevoir les prochains articles par mail

* obligatoire

Partagez!