mercredi 28 septembre 2016

La succession - Jean-Paul Dubois

La succession - Jean Paul Dubois
Synopsis : Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Jamais il n’a connu un tel bonheur. Pourtant, il se sent toujours inadapté au monde. Même la cesta punta, ce sport dont la beauté le transporte et qu’il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasser le poids qui pèse sur ses épaules. Quand le consulat de France l’appelle pour lui annoncer la mort de son père, il se décide enfin à affronter le souvenir d’une famille qu’il a tenté en vain de laisser derrière lui. Car les Katrakilis n’ont rien de banal: le grand-père, Spyridon, médecin de Staline, a fui autrefois l’URSS avec dans ses bagages une lamelle du cerveau du dictateur; le père, Adrian, médecin lui aussi, est un homme étrange, apparemment insensible; la mère, Anna, et son propre frère ont vécu comme mari et femme dans la grande maison commune. C’est toute une dynastie qui semble, d’une manière ou d’une autre, vouée passionnément à sa propre extinction. Paul doit maintenant rentrer en France pour vider la demeure. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage.

Mon avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous savez que j'aime beaucoup ce qu'écrit Jean-Paul Dubois donc, je ne pouvais pas rater cette sortie de la rentrée littéraire. Comme d'habitude, le personnage principal s'appelle Paul mais d'un livre à l'autre ce n'est jamais tout à fait le même puisque le nom de famille diffère. La passion pour les voitures américaines et le fait de vivre et/ou aimer les États-Unis restent, quant à eux, des points communs à tous ces Paul. 
Ici, nous suivons Paul Katrakilis, médecin de formation qui a préféré s'exiler aux États-Unis pour devenir joueur professionnel de cesta-punta (une sorte de pelote basque) plutôt que de suivre les traces de son père et devenir un médecin au professionnalisme reconnu.
Paul essaye en effet de s'éloigner de sa famille car une terrible malédiction en frappe les membres les uns après les autres : le suicide. Son grand-père, son oncle puis sa mère deux mois après et maintenant son père dont il doit gérer la succession seul et pour cela revenir en France. Lorsqu’il tombe sur deux carnets noirs tenus secrètement par son père, il comprend enfin quel sens donner à son héritage... Arrivera-t-il à dépasser ses appréhensions et rester en France? Reprendra-t-il le cabinet médical de son père? Mais surtout, sera-t-il assez fort pour contrer cette malédiction qui touche sa famille? Autant de questions auxquelles vous trouverez les réponses en lisant ce livre. Certainement l'un des plus noirs de l'auteur puisqu'il incite à réfléchir sur la vie qui ne tient finalement à pas grand chose mais aussi sur l'héritage que l'on reçoit de sa famille tant au niveau génétique que patrimonial et professionnel.
Comme d'habitude je me suis beaucoup attachée à Paul qui m'a touchée par sa quête d'un bonheur simple malgré toutes les difficultés "psychologiques" rencontrées par sa famille. Et avant l'annonce du décès de son père, il avait enfin réussi à retrouver un équilibre et une stabilité. Il vivait de sa passion, avait des amis, parfois même des petites-amies et aimait la simplicité d'aller faire un tour en mer, s'occuper d'un chien...Mais cette annonce de succession à gérer va de nouveau l'ébranler dans son quotidien.
J'ai aussi eu un réel plaisir à retrouver l'agile et élégante plume de Jean-Paul Dubois qui manie ici avec brio un certain humour noir que j'adore! (je vous laisse découvrir par exemple, ce qu'a fait le père de Paul avec du Scotch avant de se jeter du huitième étage..). Paul est le narrateur de cette histoire dans laquelle le passé et le présent s’alternent judicieusement afin que le lecteur découvre petit à petit les éléments qui ont poussé cette famille à ces gestes regrettables.
J'ai frôlé le coup de cœur pour cette famille au destin programmé!
Un incontournable de cette rentrée littéraire!

Extrait : "Ce furent des années merveilleuses. Quatre années prodigieuses durant lesquelles je fus soumis à un apprentissage fulgurant et une pratique intense du bonheur. Il m’avait fallu attendre vingt-huit ans pour éprouver chaque jour cette joie d’être en vie au petit matin, de courir pour polir mon souffle, de respirer librement, de nager sans peur, et de ne rien espérer d’autre d’une journée sinon qu’elle m’accompagne comme l’on promène une ombre et que le soir venu elle me laisse en l’état, simplement satisfait, abruti de quiétude et de paix loin de ce territoire désarticulé que j’avais abandonné, et surtout loin de ceux qui m’avaient mis au monde par des voies naturelles, m’avaient élevé, éduqué, détraqué et sans aucun doute transmis le pire de leurs gènes, la lie de leurs chromosomes.
Sur ce dernier point, je sais parfaitement ce dont je parle.
De la mi-novembre 1983 au 20 décembre 1987, je fus donc un homme profondément heureux, comblé en toutes choses et vivant modestement des revenus du seul métier que j’aie jamais rêvé d’exercer depuis mon enfance : pelotari.
En Floride, et surtout au Jaï-alaï de Miami, j’ai fait partie de ce petit cercle de professionnels de la pelote basque rétribués à l’année pour danser sur les murs, jouer du grand gant, fendre l’air avec une cesta punta et propulser des balles de buis cousues de peau de chèvre à 300 km/h sur le plus grand fronton du monde – un Vatican peuplé de cent papes aux mains d’osier – frôlé par les avions de l’aéroport de Miami International, et fréquenté alors par ce qui se faisait de mieux dans une ville qui, il faut bien le reconnaître, n’avait jamais été trop regardante sur la fabrique de son aristocratie.
"

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2 commentaires:

  1. Ravie que ce livre t'ait plu. J'ai beaucoup aimé aussi. Lors de son passage à La Grande Librairie, Jean-Paul Dubois à raconté que le suicide du père était tiré d'un fait réel qui s'était déroulé aux États-Unis lorsqu'il y vivait.

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    1. Quelle horreur! Tout ça pour bien voir le sol se rapprocher à vitesse grand V!! merci beaucoup pour ce cadeau en tous cas!

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