mercredi 24 août 2016

Un travail comme un autre - Virginia Reeves

Un travail comme un autre - Virginia Reeves
Synopsis : « On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie.. « Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. » Kevin Powers. « L’univers de ce roman exquis – les années 1920, en Alabama – ne m’a pas quittée depuis que je l’ai refermé. C’est magnifique, douloureux, original, et si juste dans ses moindres détails. Touffu, plein de terreur et de beauté. » Fiona McFarlane « C’est assurément un travail pas comme les autres en ce que l’humanité et l’optimisme survivent même dans les endroits les plus sombres – la cellule d’un pénitencier, la galerie d’une mine, la décomposition d’un mariage et la terre impitoyable. » Jim Crace

Je remercie les éditions Stock pour cette lecture en avant-première.. Date de sortie : 24 août 2016

Mon avis : Je peux déjà le dire, ce livre fait partie de mes coups de cœur de l'année! Je l'ai lu il y a un peu plus d'un mois et j'attendais impatiemment son jour de sortie pour pouvoir vous en parler. Quel talent pour un premier roman!
"Un travail comme un autre" a été un coup de cœur pour deux raisons : 
Premièrement, j'aime beaucoup les histoires qui se passent au début du siècle dernier car cela m'apprend toujours plein de choses (une époque qui n'est pas polluée de futilités et où chaque événement semble immuable puisqu'à l'époque, les gens respectaient les us et coutumes.) Ici, par exemple, j'ai été atterrée d'apprendre que dans ce passé très proche, les noirs emprisonnés aux États-Unis servaient encore d'esclaves dans les mines alors que les blancs se retrouvaient en prison.
Et deuxièmement car le suspens m'a tenu en haleine tout au long du livre : pourquoi Marie n'est elle pas venue voir son mari en prison? Pourquoi a-t-elle décidé de ne plus donner signe de vie?
J'ai eu beaucoup de compassion pour Roscoe, cet homme passionné par son travail d’électricien qu'il a dû abandonner pour suivre sa femme lorsqu'elle a hérité de la ferme de son père. Cette ferme qui périclite et qu'il tente maladroitement de remettre sur les rails de la productivité en y amenant illégalement le courant électrique. Alors que la ferme retrouve peu à peu la rentabilité, un électricien venu vérifier un transformateur s’électrocute. Le coupable est  vite retrouvé. Roscoe et Wilson (un noir qui travaillait avec lui) sont arrêtés.
Roscoe est envoyé en prison et enchaîne les travaux d’intérêt général à la laiterie, puis au chenil pour dresser les chiens à la poursuite de fugitifs. Il se dévoue alors entièrement à son travail pour éviter de ressasser la question qui l’obsède : pourquoi Marie ne donne plus signe de vie? Wilson, quant à lui, est envoyé à la mine où il est ni plus ni moins qu'un esclave.  Marie se retrouve donc seule avec leur fils Gérald et doit faire face aux dettes de Ross qui a acheté les bobines de cuivre sur le compte d'Alabama Power, son ancien employeur. Certainement à cause de la honte, elle fait tout pour éloigner Gérald de son père, ne répond pas aux lettres et ne vient pas le voir en prison. Malgré sa situation délicate, je n'ai pas éprouvé de pitié pour Marie et le dénouement m'a donné raison même si j'ai trouvé son geste envers la famille de Wilson admirable... 
Une histoire passionnante servie par une très belle plume.
Un roman de cette rentrée littéraire que je vous conseille vivement!

Extrait : Je vais amener l'électricité. Par là, le long du champ. L'endroit est parfait pour ça je peux me brancher sur ce poteau juste après l'angle. Wilson planta un second clou puis il secoua le nouveau barreau pour en éprouver la solidité. Le bois ne bougea pas.
"- Mais Ross, ces lignes là, c'est pour la ville. Qu'est-ce qui te permet de croire qu'ils vont en amener une par ici? 
- Je n'ai pas l' intention de leur demander."
Wilson rit de nouveau et avança le long de la barrière. Le morceau de rambarde suivant était complètement pourri est cassé en son milieu. 
"- Tu veux dire que tu vas les voler?"
Autour de Roscoe de rire. On perd déjà tellement de courant l'acheminant : "Ce qu'on perdra n'est rien en comparaison. C'est une goutte dans un lac, Wilson, ça ne manquera personne." 
Wilson retira le clou qui maintenait le bois pourri. 
"- Et comment tu vas détourner le courant sans te tuer au passage? 
- On le coupera avant, et puis tu sais, je fais ce genre de manip depuis tellement longtemps."
Wilson le regarda . 
"- Mais même si tu y arrives. Qu'est-ce que l' électricité peut apporter la ferme ?"
Les mains de Roscoe se plantèrent fermement sur la barrière solide, tant son idée était bonne . 
"- J'ai trouvé comment convertir la batteuse qui marche au pétrole pour qu'elle fonctionne à l'électricité. Réfléchis : tout le ramassage et le battage on n'en serait débarrassé . On pourrait cultiver davantage d' arachide . La machine accomplirait l'essentiel du boulot . Je suis sûr que ça rendrait cet endroit profitable , Wilson . Je le sais."

Éditions Stock - Littérature contemporaine - 344 pages

10 commentaires:

  1. J'ai hâte de le lire, il est dans ma PAL :)

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    1. Super! J'espère qu'il sera un coup de coeur pour toi aussi!

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  2. Oh ta chronique me rend curieuse ! :) Je note le titre ;)

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  3. Je n'achète pas de roman de la rentrée littéraire, mais plus tard, pourquoi pas? Il semble t'avoir beaucoup plu en tout cas !

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    1. Oui, il est vraiment bien! J'espère que tu auras l'occasion de le lire en format poche.

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  4. Heureuse de te lire de nouveau sur ton blog. Ce livre ne sera probablement pas dans les inévitables de la rentrée littéraire, mais ta critique donne envie de le lire.

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