dimanche 29 mars 2015

La voiture noire du désir - Madeleine Chapsal

La voiture noire du désir - Madeleine Chapsal
Synopsis : Madeleine Chapsal compte parmi nos auteurs français les plus populaires. Ses fidèles lectrices lui avouent se reconnaître dans chacun de ses livres. Autrefois journaliste à L’Express et jurée du Prix Femina, elle a publié de nombreux romans à succès comme Un été sans histoire ou La Maison de Jade. Elle a fait de sa vie une fiction. Ou peut-être est-ce le contraire ? Depuis toujours je raconte ma vie comme une histoire dont je suis à la fois l’auteur et l’héroïne. Il m’est venu de condenser certains de ces rêves vécus sous forme de nouvelles : c’est un pêle- mêle de drôlerie, d’humour, de bizarreries, parfois de drames… On m’y découvre en compagnie d’amis comme Simone Signoret, Gérard d’Aboville, Claude Sérillon et de bien d’autres personnages, anonymes ou faciles à identifier… Une chose est sûre, la fiction est l’ombre portée de la réalité ! Quand l’auteur de La Maison de Jade nous donne des nouvelles, c’est dix-huit petits bijoux qu’elle nous propose. Dix-huit nouvelles inédites qui parlent souvent d’amour, de désir, mais aussi d’amitié, de sexe ou de trahison… Une noyade à New York, Un soir au Ritz, La passion de mourir… Personne ne peut résister au charme troublant et intemporel de cette Voiture noire du désir.

Je remercie M. Poupet et les éditions Flammarion pour cette belle découverte en avant-première!

Mon avis : Moi qui adore les nouvelles, ça ne pouvait pas mieux tomber pour découvrir une auteure! (J'ai un peu honte d'ailleurs de ne la découvrir que maintenant car elle a tout de même plus de 70 livres à son actif!)
(Romans, essais, témoignages, livres pour enfants, poésie, théâtre...). Elle a commencé à écrire en tant que journaliste. Mariée une première fois à Jean-Jacques Servan-Schreiber, elle a créé l'Express avec lui en 1953.
Ce livre se compose de dix-huit nouvelles dans lesquelles Madeleine Chapsal nous dépeint avec un style très littéraire et humoristique les relations entre hommes et femmes et plus particulièrement les rencontres, l'amour, l'adultère, la jalousie, la fin d'une relation, l'amitié... Dans ces nouvelles, elle est tour à tour spectatrice / narratrice ou bien le personnage principal d'histoires qu'elle a elle même vécues.
La quatrième de couverture nous parle des personnages rencontrés par l'auteure tels que Gérard d'Aboville, Simone Signoret, Claude Sérillon et d'autres, anonymes ou faciles à identifier : concernant les trois personnages cités, je n'ai pas eu de mal à les reconnaître. Mais concernant ceux "faciles à identifier", je dois dire que je ne les ai pas trouvés..A part peut-être Madeleine Vionnet dans la nouvelle intitulée "L'épingle"? J'ai pourtant essayé de les démasquer en lisant la biographie de l'auteure sur internet, et en faisant des recoupements  mais je n'ai pas deviné et serais curieuse de les découvrir... 
La diversité des situations et des personnages rencontrés au long du livre m'ont beaucoup plu. Tous semblent vivre dans un milieu aisé ou le paraître et le qu'en dira-t-on sont très importants. J'ai apprécié d'être transportée par l'auteure dans ce milieu "bourgeois".
Un autre point fort de ce livre est que je ne m'attendais jamais au dénouement final.  
Mes deux histoires préférées ont été " La voiture noire du désir" et "l'épingle" qui nous prouvent qu'un petit détail peut changer le cours entier d'une vie. 
Il y a aussi beaucoup d'humour et notamment lorsqu'il s'agit des hommes souvent "moqués" par les personnages féminins : "Le cher ange, quant à lui, porte le nom de son père, un grand nom de l'industrie, en fait un nom d'apéritif, ce qui au début, faisait rire les copines de Diane. "Tu le prends comment ton Anatole, sec ou on the rocks?"
La nouvelle qui m'a le plus amusée est "Pas sa faute" dans laquelle Jean-René, qui croit incarner la perfection fait des infidélités à sa femme Adora depuis qu'il a rencontré Marie-Hélène une jeune femme bien née qui, pense-t-il, pourrait l'aider à évoluer socialement... Oui, mais à quel prix?
Maintenant que je connais un peu mieux Madeleine Chapsal j'ai hâte de découvrir  ses autres livres et plus particulièrement ses témoignages.

Extrait : "J'avais trente ans. C'était difficile. Mon mari avait pris le parti de passer le plus clair de son temps avec une belle femme, plus âgée et très active, qui l'aidait à développer une vaste entreprise.
Mon amant, fin, érudit, timoré, ne m'amusait plus. Je rêvais d'horizons différents. Non pas de voyages mais d'aventure intérieure. Gagner ma vie ? Mon époux, peut-être parce qu'il se sentait quand même un peu coupable, pourvoyait à tous mes besoins.
Vivre seule ? J'en étais bien incapable, trop caressante, trop désirante. Et personne ne me le demandait. Héroïsme inutile.
Un jour, avec la détermination de qui se noie, je décrétai qu'il me fallait partir écrire un livre.
Où ça ? A la campagne ? Je savais que mon amant m'y rejoindrait et que je ne serais pas de force à résister. Mon époux, lui, ferait des incursions... Ma santé n'était pas très bonne, en ce temps-là, et je ne voyais personne hors ces deux hommes.
Ah si, il y en avait un troisième ! Un vieux monsieur - du moins à mes yeux d'alors. Un bien étrange personnage, italien de naissance, universitaire, antifasciste, infiniment cultivé, juif probablement - je n'avais guère la notion de ces distinguos à l'époque. Ayant fui à temps la péninsule et ses persécutions, il avait rejoint les États-Unis pour s'y découvrir un «nid» doré... Vite marié à une riche héritière, superbe femme deux fois divorcée, il s'était retrouvé chéri comme un coq en pâte par une épouse qu'époustouflait son charme sémite. Grâce à quoi il était milliardaire !
"

"Sur la passerelle, dès que j'ai senti Sylvain enfin derrière mon dos, contre moi, j'ai posé ma tête sur son épaule, et je lui ai jeté tout en conservant mon sourire : "Qu'est-ce que je fais maintenant?"
J'avais plutôt envie de lui dire "Où étais-tu connard?" Mais on réglera ça à l’hôtel.
-Tu descends encore deux marches, dit seulement Sylvain.
"Laissez passer, laissez passer!" s'est mis à hurler le steward, comme s'il s'agissait d'un transfert de fonds. Et urgent en plus. Sylvain a dû s'occuper de lui parce que le type s'est tu. Quand Sylvain met sa main sur le bras de quelqu'un et lui envoie son regard de "mafioso", personne ne résiste. Un autre des métiers qu'aurait pu faire Sylvain : assassin."

Éditions Flammarion - Nouvelles - 234 pages

16 commentaires:

  1. J'ai toujours un peu peur avec les nouvelles parce que ça peut soit très bien passé soit laisser un gout d'inachevé, mais ce roman semble vraiment sympa. Merci de la découverte.

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  2. J'adore Madeleine Chapsal, j'ai quasiment tout lu d'elle, jamais déçue!
    Bonne soirée
    Bisous

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  3. Ses témoignages me tentent plus que ses nouvelles. J'attends tes avis.

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    1. Je te dirai ça, car maintenant j'ai envie de découvrir les témoignages.

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  4. J'aime beaucoup lire des nouvelles et je ne connais pas cette auteur, c'est une belle occasion pour la découvrir :D

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  5. J'apprécie de lire des nouvelles, j'ai lu cette auteure qui me plait bien et si en plus si les dénouements créent la surprise, je note !

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    1. Oui, pas une seule fois je me suis doutée de la fin...

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  6. Je ne connais pas du tout cette auteure, à découvrir! Par contre, je suis toujours un peu frileuse avec les nouvelles, je suis souvent frustrée...

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    1. Alors peut être devrais tu découvrir cette auteure avec un de ses autres livres. Tu as le choix!

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  7. Coucou Laeti, si tu aimes cette auteur je te conseille de lire une saison de feuilles j'avais adorais l'histoire... C'est sur la maladie d'Alzheimer. Moi j'ai honte de déserter ton blog depuis des semaines... Bisous du lundi et bonne semaine à toi...

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