samedi 6 septembre 2014

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt
Synopsis : « Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde. Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ? » À force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.

Mon avis : Comme j'avais beaucoup aimé "La liste de mes envies", j'attendais avec impatience la sortie de ce nouveau titre de Grégoire Delacourt à l'occasion de la rentrée littéraire. Et j'ai été surprise, car le ton n'est pas du tout le même. Ici, il s'agit d'un roman très noir composé de trois parties. 
Dans la première partie, Antoine, le père de famille s'adresse à son fils Léon pour lui expliquer les événements de sa vie professionnelle et conjugale qui l'ont amené à commettre un acte impardonnable. J'ai trouvé cette  partie un peu confuse. Antoine passe sans cesse du passé au présent et se trouve mille excuses pour le geste qu'il a eu envers sa fille. En effet, la vie n'a pas fait de cadeau à Antoine : Une de ses sœurs à succombé à une mort subite. Sa mère a très mal vécu cet événement  et a préféré partir laissant Antoine seul avec sa sœur et son père, un père qui ne les a jamais aimés et qui les repoussait. Alors, lorsque Antoine va sentir la situation se répéter après le départ de sa femme Nathalie, certainement pour éviter à ses enfants la souffrance qu'il a lui même connue, il va avoir un geste malheureux. Mais voilà, son plan a échoué, il a raté son coup..."J'avais voulu que nos lâchetés cessent, que mes héritages s'arrêtent avec moi."
Dans la seconde partie, Antoine est au Mexique. Après 3 ans d'enfermement en hôpital psychiatrique, il tente de se faire oublier mais surtout, il aimerait que sa famille le pardonne : Son ex-femme Nathalie, son fils Léon, sa sœur Anna mais surtout sa fille Joséphine. 
Dans la troisième partie, c'est Joséphine qui prend la parole. Elle explique les conséquences du geste de son père sur sa vie d'enfant et d'adolescente. C'est de loin cette partie que j'ai préféré car elle est émouvante et malgré son jeune âge, Joséphine ne mâche pas ses mots. Ça m'a fait de la peine de voir ce qu'elle pense de son père qu'elle appelle "le Chien" "la Merde de Chien" Même séparés par plusieurs milliers de kilomètres, elle ne cesse d'y penser car il a ruiné sa vie. Cette partie est présentée sous forme de journal intime dans lequel on suit sa psychothérapie et sa rééducation.
J'ai particulièrement aimé la fin dans laquelle Joséphine change totalement sa manière de penser vis à vis de son père...Et sa psychothérapie n'y est pas pour rien.. 
J'ai  passé un agréable moment avec ce livre car le style de l'auteur est toujours aussi fluide et agréable, les chapitres sont courts et aérés mais  cette lecture me laissera  une question en suspens : Est-il systématique que l'on fasse vivre à nos enfants ce que l'on a vécu nous même pendant notre enfance? Que les schémas se reproduisent à chaque génération?

Extrait : "Je ne peux même pas crier. Je crierais des gros mots, sinon. Con. Débile tordu. Je me réveille de douleur. C’est horrible, la douleur. C’est de la méchanceté qui sert à rien. Ça fait deux mois, le chien. J’aime bien, chien. Ça sent mauvais, un chien, même le mot pue. C’est quand même dur de trouver un nom pour le père qui a voulu me tuer. [...] J’avais douze ans et demi et j’étais déjà une vieille défigurée qui ne guérirait jamais. J’avais dit au psy que je voulais tuer le Chien, te piquer parce que tu m’avais ratée. Tu avais raté ma mort et je ratais ma vie. Il avait noté ma phrase dans son cahier, je m’étais alors sentie importante. "

A lire aussi

Éditions JC Lattès - Littérature contemporaine - Drame - 360 pages

12 commentaires:

  1. Ce livre de la rentrée me tente beaucoup aussi : c'est terrible il y a trop de livres ^^ !!

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    1. Plus de 600 livres... On ne pourra pas tous les lire avant la prochaine rentrée littéraire...

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  2. Je l'ai lu en début de semaine et je suis un peu mitigée à son propos. Globalement, j'ai bien aimé l'histoire, mais il y a certaines choses que j'ai trouvées assez ahurissantes, comme par exemple la fin, le moment où il rencontre Nathalie, le comportement de Joséphine, le fait qu'il soit licencié... Je vais le laisser mûrir un peu dans mon esprit avant de me prononcer vraiment ! Un livre plutôt intéressant de la rentrée en tout cas, je ne regrette pas ma lecture :-)

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  3. J'avais aimé le précédent serai-je déçue?
    Bisous

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    1. Il est totalement différent.. Du coup, il faut que tu te fasses ta propre idée.

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  4. Ce livre a l'air assez dur, assez malsain, je me trompe ?

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    1. ur oui, malsain je ne sais pas trop..., il montre comment un enchaînement de choses peut pousser à commettre l'irréparable.

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  5. Réponses
    1. Oui, malgré le titre il est noir... Si tu le lis tu comprendras...

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