lundi 14 avril 2014

Plonger - Christophe Ono-Dit-Biot

Plonger - Christophe Ono-Dit-BiotMon résumé : César écrit à son petit garçon Hector pour raconter ce qu'il a vécu avec sa femme Paz.  De  sa rencontre avec elle jusqu'à la tragique disparition de cette dernière retrouvée noyée sur une plage d'un pays arabe, il tente de comprendre et d'expliquer à Hector ce qui a pu la pousser à quitter le domicile conjugal et les abandonner tous les deux. 
Afin qu’Hector puisse plus tard savoir qui était réellement sa mère qu'il n'a connue que durant les premiers mois de sa vie, César décrit les événements heureux ou malheureux de leur vie de couple qui les ont menés petit à petit de  l'incompréhension à la rupture. Pourtant, il n'a jamais baissé les bras et a continué à espérer reconquérir cette femme dont il est toujours éperdument amoureux.
Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer.

Mon avis : Mon avis sur cette lecture est mitigé. Certes l'histoire de cet homme amoureux est belle et bien écrite, mais elle est triste et traîne en longueur.
J'ai trouvé la narration originale : César s'adresse à son fils et écrit absolument tout ce qu'il a vécu avec cette artiste plongée dans son monde bien à elle, où son art (la photographie) est le seul moyen de s'exprimer. Il a voulu tout écrire, quitte à supprimer par la suite des passages sur leur vie intime qui ne concerneraient pas Hector.
César est un journaliste passionné de mythologie grecque. Il a la tête sur les épaules et côtoie chaque jour les pires événements du monde comme les tsunamis et autres catastrophes. Il est l’exact contraire de Paz, une photographe bohème pour qui ne compte que la satisfaction de prendre un jour la photo parfaite. Ils se sont rencontrés sur un quiproquo : César a publié un article sur le travail de Paz que l'artiste n'a pas apprécié, mais ils chercheront bizarrement à se revoir. Très vite, ils se mettent en couple. Leur vie ressemble alors à une romance. Mais petit à petit, Paz, absorbée par ses photos et sa notoriété croissante s'éloigne de César. Elle se sent incomprise et a de drôles de lubies. Le couple est dans une impasse lorsque César apprend que Paz est enceinte. Mais elle est totalement détachée de sa propre grossesse et passe se journées sur Internet. César ne tardera pas à découvrir qu'elle a virtuellement adopté un requin!  Elle passe ses journées à suivre ses déplacements grâce à la balise GPS fixée sur l'animal. Lorsque Hector naît, Paz n'arrive pas à se sentir mère et les abandonne tous les deux sans laisser d'adresse...
César m'a émue. On sent bien qu'il a tout fait pour sauver son couple, et que, même après le départ de Paz, il fait tout pour essayer de la retrouver. Il est toujours éperdument amoureux de cette femme qui lui a pourtant mené la vie si dure! 
Paz, quant à elle, est égoïste, égocentrique et bipolaire. Je ne l'ai pas du tout appréciée et me demande ce que César a pu trouver de séduisant chez elle à part son accent  et son physique typé d'espagnole.
Lorsqu'il apprend sa mort et qu'il doit partir reconnaître le corps, il va tenter d'en savoir plus sur les circonstances de cette "noyade". Mais il va vite se heurter à l'omerta et aux croyances locales, devra prêcher le faux afin de connaître le vrai, et garder sa jalousie pour lui.....
Le livre m’aurait vraiment plu s'il n'était pas si long et s'il nous faisait pas l'étalage du monde de l'art, de ses dîners mondains et de ses codes qui ne m’intéressent pas.

Extrait : "À côté, Paz cuisinait. Des ondes d'amour me parvenaient de la cuisine. Car quelqu'un qui fait pour
vous la cuisine vous veut forcément du bien. Une fille du XXIè siècle, qui après de décennies de féminisme ne se contente pas de mettre au micro-ondes des barquettes de plats cuisinés mais débarrasse de leur peau, à l'économe, de beaux légumes et met à nu leur chair orange, rouge vif ou jaune soleil, et ensuite les découpe avec un couteau bien aiguisé, et les fait dorer dans un fond d'huile d'olive ; une fille pareille, prête à pleurer sous l'effet irritant des oignons qui n'agonisent jamais sans se défendre ; une fille qui pose, comme elle le fait maintenant, un pain rond sur la table, une assiette de salade de tomates rouges comme ses joues lorsqu'elle aura fait l'amour, et quelques tranches de pata negra à la saveur de noisette, est une femme qui aime."

Éditions Gallimard - Drame - 444 pages

4 commentaires:

  1. Envie mitigée de le lire après ta critique!
    Bisous

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  2. Réponses
    1. Des fois, j'ai du mal à comprendre pourquoi certains livres obtiennent des récompenses!

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