lundi 17 février 2014

Zola Jackson - Gilles Leroy

Mon résumé : En 2005, à la Nouvelle-Orléans, pendant l'ouragan Katrina, une femme - Zola Louisiane Jackson - nous raconte ce douloureux épisode de sa vie : les digues cèdent sur le lac Pontchartrain et les quartiers modestes sont engloutis. La catastrophe touche de plein fouet sa communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, cette institutrice quinquagénaire s'organise chez elle pour sa survie. L'eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct. Mais ce n'est pas la première fois que son pays essuie un ouragan...
Entre passé et présent, elle nous raconte le calvaire qu'elle vit actuellement et celui  qu'elle a vécu avec sa chienne Lady.
 
Mon avis : Pour ma part, j'ai vraiment apprécié ce livre et cette pauvre Zola Jackson à qui la vie n'a jamais fait de cadeaux.
Entre le premier ouragan (Betsy) pendant lequel elle a cru perdre son fils Caryl alors nouveau-né parce qu'il avait plus de quarante de fièvre,  l'annonce de son homosexualité (qu'elle n'a jamais acceptée) puis sa mort la veille de ses trente ans, le départ de son mari et enfin cet Ouragan, on voit que Zola n'a pas eu de chance. Pas de chance non plus parce qu'elle habite dans le quartier pauvre et que, de ce fait, les habitants seront les derniers secourus.
Mais elle ne se laisse pas abattre et n'a pas d'autre choix que de rester chez elle avec sa chienne. Alors pour passer  le temps et alléger la dure réalité, elle boit des bières, mais sous ses yeux,  l'eau monte inexorablement, les maisons sont inondées, les habitants sont obligés de se réfugier sur les toits et attendre. Un spectacle d'horreurs se joue devant eux : "Les corps flottent sur le ventre, tous sans exception. Et tous ont les bras en croix, telles des outres chrétiennes. Parfois, sur le dos d'un corps, on discerne un rat embarqué."
Tirée d'une histoire vraie, ce récit est atterrant : on apprend que les caméras sont venues bien avant les secours pour filmer la misère. "Dans le ciel, ils sont arrivés par dizaines et ils ont tourné, de midi à minuit, des hélicoptères venus non pas nous sauver mais plutôt assister à notre fin : il faut croire que n’importe qu’elle chaîne de télévision, fût-elle à l’autre bout du pays, était assez organisée et riche pour voler jusqu’à nous et réussir là où le gouvernement de la première puissance du monde échouait. On savait bien qu’ils ne nous aimaient pas, nos dirigeants. Mais à ce point, non : notre esprit n’était pas assez noir pour imaginer un pareil degré d’indifférence."
Le seul point positif de ces évènements tragiques fut la rencontre avec son mari Aaron lors de l'ouragan Betsy pendant lequel il a trouvé de l'aspirine pour le bébé. Il a ensuite élevé Caryl comme son propre fils.
Le fil conducteur de la narration de Zola est un peu désordonné mais je pense que l'auteur l'a voulu pour nous montrer que dans une telle situation, les souvenirs et les évènements se bousculent dans la tête de notre héroïne.
J'ai trouvé Zola très attachante. Sa façon de parler est très crue mais elle nous dit clairement ce qu'elle pense et qu'elle ressent. Comment ne pas éprouver de la compassion?
 
Pour finir, je remercie Mélusine de m'avoir envoyé ce livre. Vous pourrez lire son avis ici.
 
 
Éditions Folio - 152 pages - Drame

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Laissez-moi une trace de votre passage!

Recevoir les prochains articles par mail

* obligatoire

Partagez!