lundi 17 février 2014

Veuf - Jean-Louis Fournier

Mon résumé : Jean Louis Fournier rend hommage à sa femme décédée brutal ment en pleine force de l'âge. Il profite de ce témoignage / hommage pour nous raconter  Sylvie, cette femme formidable qui n'aimait pas qu'on parle d'elle. Il a  eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle l'a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. Ils étaient complémentaires, il avait les défauts, elle avait les qualités. Elle l’a supporté quarante ans avec le sourire. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Il en  profite, maintenant qu’elle est partie
 
Mon avis : Tout comme "Où on va, Papa?" j'ai adoré ce texte toujours aussi poétique. J'ai encore trouvé très courageux de la part de Jean Louis Fournier d'évoquer Sylvie qui a été sa deuxième compagne et celle qui l'aura épaulé dans l'éducation de ses deux enfants handicapés. Au moment du décès de Sylvie, Jean Louis Fournier avait déjà perdu son fils aîné Mathieu. On voit qu'encore une fois la vie ne lui a pas fait de cadeaux mais il témoigne  avec beaucoup d'amour et ne tombe jamais dans le pathos.
Composé de courts chapitres, ce témoignage se lit très rapidement et la beauté de l'écriture fait qu'une fois plongé dans cette histoire, on la lit d'une traite.
Puisque je ne peux donner mon avis que sur la forme (je ne me permettrais pas de juger un témoignage) je vous encourage à le lire et à vous faire ainsi votre propre opinion sur cette très belle preuve d'amour.
 
  • Extraits : "Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement."
  • "Elle a été ma cale, elle m’a empêché de tomber, je me suis tenu droit à ses côtés. Elle m’a décapé, elle m’a poli, elle m’a fait briller. En échange, je l’ai fait rire. Pleurer aussi."
  • "Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n'ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime."
  • "Un bon souvenir, c'est comme une bonne bouteille, il ne faut pas le boire seul."
  • "Sur mon téléphone portable, j'ai retiré ton nom de mes contacts. J'ai appuyé sur "chercher", j'ai fait dérouler tous les noms jusqu'à "Sylvie", puis j'ai appuyé sur "option" et là j'ai choisi "supprimer". Mon écran a affiché une terrible question : "Supprimer Sylvie ?". J'ai hésité longtemps. Finalement, j'ai enfoncé avec émotion la touche "OK". J'avais l'impression d'être le président de la République qui appuyait sur le bouton rouge de la bombe atomique. Est apparu alors sur l'écran une petite poubelle avec un couvercle sautillant qui s'est posé dessus pour la fermer. Voilà, c'était fait, je t'avais mise à la poubelle."
 
Du même auteur : Où on va, Papa?
 
Éditions Stock - Témoignage -160 pages.

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