dimanche 16 février 2014

Rêves de Bunker Hill - John fante

Mon résumé : Arturo est enfin parvenu à se faire embaucher en tant que correcteur. Il abandonne alors son job de serveur croyant la gloire enfin arrivée. Une femme va lui confier son manuscrit à corriger mais il va tailler dans le texte plus que de raison et la jeune femme va rentrer dans une colère noire. Pour tenter de se faire pardonner, il va l’emmener pique-niquer sur la plage où il tentera sa chance mais sera vite éconduit. Il abandonne alors ce travail et se fait embaucher comme scénariste pour une production hollywoodienne. Les contrats sont durs à décrocher, mais il est tout de même bien payé. Lorsque le scénario viendra enfin, il refusera d'y associer son nom le trouvant trop "débile" à son goût. Encore une fois de plus, son orgueil le fera revenir à la case départ sans travail et sans argent.
 
Mon avis : Dernier volet des aventures d'Arturo toujours à la recherche de la gloire. Encore un plaisir de retrouver ce personnage prétentieux mais néanmoins attachant par ses maladresses. Et des maladresses, il en commet tellement qu'on se demande parfois s'il ne le fait pas un peu exprès. D'abord en corrigeant le texte confié par la jeune femme avec laquelle il tentera un rapprochement mais sera de suite éconduit. Se croyant meilleur que tout le monde, il ne va pas hésiter à remanier entièrement le texte pour le mettre à son propre goût sans tenir compte du texte original.
Ensuite, il continue ses déconvenues en tombant amoureux de sa logeuse qui à l'age d'être sa mère, mais quand il la voit nue, il est profondément déçu et découvre la dure loi de la gravité...
Ce livre n'a pas été mon préféré de la saga Bandini mais j'ai tout de même beaucoup aimé.
A noter qu'il  a été publié à titre posthume en 1982. John Fante l'a écrit un an avant sa mort. Il était aveugle car souffrant  de diabète. il a dicté l'histoire à sa femme Joyce qui l'a ensuite dactylographiée.
Pour rester dans l'ambiance des très bons romans de John Fante, je poursuis mes lectures avec "Les compagnons de la grappe" dont je vous donnerai très prochainement mon avis.
 
Extrait : "Ma première rencontre avec la gloire fut tout sauf mémorable. Je travaillais comme saute-ruisseau dans un magasin de délicatessen, chez Marx’s. C’était en 1934. Le magasin se trouvait à Los Angeles, au coin de la Troisième Avenue et de Hill. J’avais vingt et un ans et vivais dans un monde limité à l’ouest par Bunker Hill, à l’est par Los Angeles Street, au sud par Pershing Square, au nord par le Centre Civique. J’étais le roi des saute-ruisseau doté de toute la verve et du style inimitable de la profession, et bien qu’horriblement mal payé (un dollar par jour plus les repas), j’attirais l’attention unanime quand je virevoltais de table en table, tenant mon plateau en équilibre sur une main et provoquant les sourires de tous les clients. En plus de mes talents de serveur, j’avais un autre atout pour mes patrons, car j’étais également écrivain. Ce fait bénéficia d’une certaine renommée après qu’un photographe soûl du Los Angeles Times se fut installé au bar pour prendre plusieurs clichés de moi en train de servir une cliente, qui levait vers moi des yeux pleins d’admiration. Le lendemain, j’avais ma photo dans le Times ; l’article attenant parlait de la lutte et des succès du jeune Arturo Bandini, un gamin ambitieux et travailleur originaire du Colorado, qui s’était fait un nom dans la jungle des revues littéraires en vendant une de ses nouvelles à l’American Phoenix, dirigée comme il se doit par le monstre sacré de la littérature américaine – j’ai bien sûr nommé Heinrich Muller."
 
A lire aussi :
Mon chien Stupide
Bandini
La route de Los Angeles
Demande à la poussière
Les compagnons de la grappe
 
 
Éditions 10/18 - Drame - 192 pages

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Laissez-moi une trace de votre passage!

Partagez!