lundi 17 février 2014

Neige - Maxence Fermine

Mon résumé : Yuko, un jeune poète japonais veut consacrer sa vie à l'écriture de haïkus. (Le haïku  ,  est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique composée de 3 vers et 17 syllabes. Source Wikipédia) contre l'avis de son père qui le voit en prêtre ou en guerrier...
Yuko a deux passions : ses haîkus et la neige. Cette dernière incarne à ses yeux la pureté et la légèreté. Il aime tellement cette neige, que ses poèmes manquent de couleurs. Alors, pour les parfaire, il part chez le maître incontesté du haîku au Japon, Maitre Soseki avec qui il va de suite très bien s'entendre.
Yuko apprit d' Horoshi, le serviteur du grand maître Soseki qu'il avait commencé à écrire des haïkus à la mémoire d'une  très belle funambule française surnommée Neige à cause de la blancheur de son teint avec qui il s'était marié et qui, un jour, avait  dressé un fil entre deux montagnes des Alpes japonaises et était tombée. Son corps, jamais retrouvé était sans doute tombé dans une crevasse...
Mais, Yuko, lui, qui avait traversé ces Alpes japonaises pour parvenir jusqu'au grand maître, avait passé une nuit entière à contempler un corps... Le corps de la jeune française. Yuko avait donc fait le rapprochement : la jeune femme dont lui avait parlé Horoshi, et cette femme qu'il a trouvé tellement belle dans son cercueil de glace était la même personne...
 
Mon avis : Ce livre est un vrai petit bijou de poésie composé de 54 petits chapitres très courts et qui se lit très vite. C'est avec " La petite fille de Monsieur Linh" mon deuxième coup de coeur de l'année. Bien que dramatique, l'histoire est très belle. 
Pour un premier roman c'est une vraie petite merveille. Le paradoxe de l'histoire est que Maître Soseki est aveugle, mais c'est pourtant lui qui va apprendre à Yuko à mettre plus de couleurs dans ses poèmes. On se demande même qui va en apprendre le plus de l'autre...
Voici pour exemples de belles phrases que j'ai pu relever au fil des pages :
"La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers. Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu. Il porte un nom. Un nom d'une blancheur éclatante. Neige."
"Il y a deux sortes de gens. Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent. Et il y a ceux qui ne font jamais rien d'autre que se tenir en équilibre sur l'arête de la vie. Il y a les acteurs. Et il y a les funambules."
"C'était cela, un haïku. Quelque chose de limpide. De spontané. De familier. Et d'une subtile ou prosaïque beauté. Cela n'évoquait pas grand chose pour le commun des mortels. Mais pour une âme poétique, c'était comme une passerelle vers la lumière divine. Une passerelle vers la lumière blanche des anges."
A la façon des haîkus, l'histoire est très imagée. Voici un exemple de Haîku :
Le bruit du pot d'eau qui éclate
(L'eau a gelé cette nuit)
Me réveille                                               (Bashô)
Si je n'en avais pas lu  l'article sur le Book Club de Livraddict, je dois dire que ce ne serait pas un livre vers lequel je me serais dirigée car les moines sur la couverture ne me tentaient pas... Alors, quand je l'ai vu à la bibliothèque, je n'ai pas hésité une seconde! Une lecture que je recommande vivement.
 
Éditions Points - 96 pages

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