lundi 17 février 2014

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa - Romain Puértolas

Mon résumé : Ajatashatru Lavash Patel un fakir indien vient de débarquer à l'aéroport de Roissy. Le seul but de son voyage en France est de s'acheter le "Kissifrotsipik", le tout dernier matelas à clous en promotion chez Ikéa. Ajatashatru a escroqué ses concitoyens pour se faire payer le voyage et, question escroqueries, il n'en est pas à son coup d'essai. En effet, il n'a de fakir que le titre! C'est muni d'un faux billet de 100 euros imprimé sur une seule face et relié à un fil de nylon que commencent malgré lui ses péripéties qui vont le mener tour à tour en France, Angleterre, Espagne, Italie et Libye. D'abord clandestin, il va se découvrir un talent caché : celui d'écrivain. Mais surtout, cet arnaqueur professionnel  fera  des rencontres qui changeront le cours de sa vie.
 
Mon avis : Voilà un livre plein d'humour et agréable à lire! Ajatashatru ne prévoit que de faire l'aller retour Inde France  dans le but de s'acheter le dernier matelas à clous en promotion chez Ikéa. Mais cet arnaqueur professionnel n'a pas prévu de débourser le moindre centime! Pour cela, il compte utiliser plusieurs fois son faux billet de 100 euros imprimé sur une seule face. Mais c'est là que ses ennuis vont commencer! Il va d'abord se mettre à dos le chauffeur de taxi gitan qui va se rendre compte de la supercherie une fois son client parti. (Lui qui croyait qu'il avait affaire à un riche industriel indien et qui le voyait comme un tiroir caisse. Il ne s'est d'ailleurs pas privé pour le balader à l'autre bout de Paris). Ensuite, une fois arrivé à Ikéa, bien qu'il soit toujours en possession de son billet, il lui manque quelques euros pour le matelas tant convoité. Il ne va pas hésiter à arnaquer Marie, une cliente du restaurant de la grande surface. Mais cette jeune femme ne laisse pas notre fakir indifférent, et pour la première fois de sa vie, il éprouve des remords... Afin de ne pas dépenser d'argent dans un hôtel, il se cache sous un lit lors de la fermeture du magasin. Mais lorsqu'il entend des livreurs, il se cache au plus vite dans une armoire. Le pauvre Ajatashatru est loin de se douter que cette armoire doit être livrée dans un Ikéa anglais. C'est là que commencent ses plus rocambolesques aventures où il sera tour à tour clandestin puis écrivain mais toujours recherché par le taxi gitan qui a bien l'intention d'en découdre. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir la suite par vous mêmes.
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cette lecture, mais les petits apartés de l'auteur sur la façon de prononcer tel ou tel mot ne m'ont pas plu. En effet, ces apartés sont trop nombreux et j'aime bien trouver moi-même les jeux de mots sans qu'on me les explique comme si j'avais deux ans!
De plus, les chapitres concernant l'histoire qu'écrit Ajatashatru ne m'ont pas captivée du tout. Je me suis même demandée comment Sophie Morceau a pu recommander Ajatashatru à un éditeur...
 
Extrait : "Le premier mot que prononça l'Indien Ajatashatru Lavash Patel en arrivant en France fut un mot suédois. Un comble !
Ikea.
Voilà ce qu'il prononça à mi-voix.
[...]
- Ikea ?
- Ikea, répéta l'Indien en laissant traîner la dernière voyelle.
- Lequel ? Heu... What Ikea ? bafouilla Gustave qui se sentait aussi à l'aise en anglais qu'un chien sur une patinoire.
Son passager haussa les épaules comme pour dire qu'il s'en fichait. Djeustikea, répéta-t-il, dontmatazeoanezatbetasiutyayazeparijan. C'est à peu près ce qu'entendit le conducteur, une suite confuse de gazouillis palataux incompréhensibles. Mais gazouillis palataux ou pas, en trente ans de métier passés chez Taxis Gitans, c'était bien la première fois qu'un client fraîchement débarqué du terminal 2C de l'aéroport Charles-de-Gaulle lui demandait de le conduire dans un magasin de meubles. Car il n'avait pas souvenir qu'Ikea ait récemment ouvert une chaîne d'hôtels à son nom.
Gustave en avait eu des requêtes insolites, mais celle-là décrochait le coquetier. Si ce gars-là venait vraiment d'Inde, alors il avait payé une petite fortune et passé huit heures dans un avion, tout cela dans le seul but de venir acheter des étagères Billy ou un fauteuil Poäng. Chapeau !"
 
Éditions Le Dilettante - Littérature contemporaine - Humour - 252 pages

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