lundi 17 février 2014

L'évangile selon Pilate - Eric-Emmanuel Schmitt

Mon résumé : Première partie : Confession d'un condamné :  Yéchoua (Jésus) raconte les jours qui précèdent sa crucifixion sur le Mont des Oliviers. Il fait le bilan de sa vie et se remémore les évènements qui l'ont conduit jusque là. Il raconte son arrestation. Il est accusé d'être un "magicien". En effet, il aurait des pouvoirs extraordinaires dont celui de guérir les malades. Mais qui est-il et que veut-il?
Seconde partie : L'évangile selon Pilate : Pilate, préfet de la province romaine de Judée a ordonné la crucifixion de Yéchoua. Mais, à Pâques, trois jours après la crucifixion, il se rend compte que le cadavre n'est plus dans le tombeau. Il commence alors son enquête pour résoudre cette énigme. Mais les rumeurs vont bon train, et certains affirment avoir vu Yéchoua dans les rue de Jérusalem. Est-ce un sosie? Peut être n'était il pas réellement mort sur la croix? Qui aurait intérêt à voler, ou déplacer ce cadavre? Nous assistons aux différentes étapes de l'enquête de Pilate via les lettres qu'il envoie à son frère  Titus resté à Rome.
 
Mon avis : Voilà une idée bien ambitieuse qu'a eu Éric-Emmanuel Schmitt de raconter l'histoire de Jésus. Et encore une fois, c'est une réussite. J'ai lu dans sa biographie qu'il avait mis 10 ans pour écrire cette histoire et être très pointu sur cette période, mais aussi pour nuancer tous ses propos et ainsi être sur de ne choquer personne. L'avantage de cette histoire est qu'elle peut intéresser  aussi bien les chrétiens, les juifs ou les athées car elle concerne l'histoire de l'Humanité. Certains (comme moi) qui ont reçu une éducation religieuse pourront approfondir leur savoir, les autres seront captivés par le coté enquête policière.
La seconde partie constitue 90% du livre. Dans cette partie, deux raisonnements s'opposent : celui de Pilate et celui de sa femme Claudia Procula. Pilate, cynique et ironique tente de rationaliser les événements et ne croit qu'au subterfuge d'un sosie : " il ne faut jamais croire ce que l'on est disposé à croire " Claudia, quant à elle croit en la résurrection et tente de convaincre son mari. "Tu as raison, Pilate. Que deviendrions-nous si nous nous aimions tous ? Penses-y, Pilate, que deviendrions-nous dans un monde d'amour ? Que deviendrait Pilate, préfet de Rome, qui doit sa place à la conquête, à la haine et au mépris des autres ? Que deviendrait Caïphe, le grand prêtre du temple, qui t'achète sa charge à force de cadeaux et assoit son autorité sur la crainte qu'il inspire ? Y aurait-il des Juifs, des Grecs, des Romains dans un monde inspiré par l'amour ? Encore des puissants et des faibles, des riches et des pauvres, des hommes libres et des esclaves ? Tu as raison, Pilate, d'avoir si peur : l'amour serait la destruction de ton monde. Tu ne verrais le Royaume de l'amour que sur les cendres du tien."
La dernière phrase du livre nous montre que, parce qu'elle croit à la résurrection (un événement qu'elle n'a pas vu de ses yeux) Claudia est certainement la première chrétienne.
Bien que Ponce Pilate semble avoir été un tortionnaire méchant, violent, haineux, ayant soif de pouvoir, Éric-Emmanuel Schmitt arrive à nous le faire apprécier. D'ailleurs, sans lui, l'Histoire ne serait pas la même, et il n'y aurait peut être pas de Christ...
Comme lors de mes précédentes lectures, j'ai été de nouveau séduite par la plume Éric- Emmanuel Schmitt. J'espère lire d'autres de ses oeuvres très prochainement.
 
Du même auteur :
Odette Toulemonde et autres histoires
Oscar et la dame rose
La femme au miroir
Le sumo qui ne pouvait pas grossir
Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus
Les perroquets de la place d'Arezzo
 
 
Éditions Le Livre de Poche - Littérature Historique, religieuse - 282 pages

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