lundi 17 février 2014

Les compagnons de la grappe - John Fante

Mon résumé : Henry Molise, un écrivain quinquagénaire, fils d'immigrés italiens, revient dans le Colorado, le pays de son enfance pour voir ses parents après que sa mère lui ait annoncé qu'elle voulait divorcer. En effet, sa mère ne supporte plus le comportement de son mari Nick. Il a 74 ans et est un vieillard aigri, alcoolique et joueur compulsif. Elle ne supporte plus de vivre avec cet homme de plus en plus imprévisible qui préfère se soûler avec ses copains en jouant au poker plutôt que de remplir ses devoirs conjugaux. Nick qui est maçon et qui a consacré sa vie à construire des murs pour nourrir sa femme et ses 4 enfants va profiter de la venue d'Henry pour l'embarquer dans son dernier chantier : la construction d'un fumoir à viandes.
Malgré leurs différences et la rancœur de Nick envers ses fils qui n'ont jamais voulu suivre sa voie professionnelle, ils vont devoir s'accorder et mettre leur orgueil de côté pour mener à bien cette dernière tâche qui permettra à Nick de rembourser ses dettes de poker.
 
Mon avis : J'ai adoré! Quel plaisir de retrouver les personnages de "Mon chien Stupide" pour cette histoire toujours aussi autobiographique. Je préfère même le personnage d'Henry Molise à celui d'arturo Bandini car il est beaucoup moins prétentieux, plus mûr et plus réfléchi. Henry, à l'inverse d'Arturo, est quelqu'un de stable : il a 4 enfants et est un écrivain reconnu.
 En partant retrouver ses parents, il ne s'attendait pas à ce que son père lui demande de travailler avec lui. Il le déteste, mais va devoir faire avec. Cette expérience va beaucoup rapprocher les deux hommes et Nick va initier son  fils à l'art des cuites monumentales!
J'ai adoré cette lecture ou l'on passe du rire à l'émotion. Nick, le vieil alcoolique prend cuite sur cuite et lorsqu'il reste inanimé plusieurs heures, sa famille se moque de lui en pensant qu'il est en train de cuver. Alors qu'en fait, il fait des comas à cause de son diabète.
Le passage qui m'a fait de la peine est quand le fumoir, à peine achevé est détruit la nuit suivante à cause de l'orage. Au début, on en rigole, car on se doute qu'après leurs apéros à rallonge, les murs ne devaient pas être bien droits. Mais on déchante quand on comprend que Nick y a laissé sa santé et qu'à 74 ans, il aurait pu trouver un autre moyen de rembourser ses dettes de jeu.
Dans ce livre comme dans Bandini , John Fante nous raconte les relations désastreuses qu'il a eues avec son père comme d'ailleurs avec tous les autres membres de la famille. Des sentiments partagés entre amour et haine profonde. C'est triste de voir comment il considère son père qui malgré ses vices a tout fait pour subvenir aux besoins de sa famille.
J'adore toujours autant le style de John Fante entre cynisme et humour noir. D'ailleurs, à la fin, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer... Mais à vous de le lire pour vous faire votre propre opinion.
 
Extrait : Voilà comment Henry parle de son père : "J'ai pensé à ses vieux os, à sa peau âgée, à sa vieillesse solitaire et acariâtre, a ce vieux sac à vin, à ses amis orduriers et imbibés, au sale fils de pute qu'il avait toujours été : buté, tyrannique, grossier, un Rital dissolu qui m'avait embarqué à mon corps défendant pour ce safari de cinglé, dans les montagnes, loin de ma femme, de mon foyer, de mon travail dans le seul but de satisfaire sa vanité d'excentrique et se prouver qu'il était toujours un maçon comme on n'en faisait plus."
 
A lire aussi :
Mon chien Stupide
Bandini
La route de Los Angeles
Demande à la poussière
Rêves de Bunker Hill
 
Éditions 10/18 - Drame - 247 pages

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