lundi 17 février 2014

Les anges meurent de nos blessures - Yasmina Khadra

Mon résumé : Dans les années 1920 en Algérie, un jeune garçon nommé Turambo tente de se sortir de sa misère. Il va nous raconter son parcours de vie aussi bien sur le plan professionnel que personnel jusqu'au jour fatidique ou il sera condamné à mort.
Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie.
Mais dans un monde où la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour le met parfois en grand danger. Turambo nous narre son parcours obstiné de son ascension à sa chute. Un jeune prodige adulé par les foules, fidèle à ses principes, et qui ne souhaitait rien de plus, au fond, que maîtriser son destin.
 
Mon avis : Comme j'avais beaucoup aimé "Ce que le jour doit à la nuit" lorsque j'ai vu ce livre, je n'ai pas hésité une seconde. Et encore une fois, j'ai adoré!
Au début, du livre, nous sommes en 1937. Turambo a alors 27 ans et il s’apprête à se faire guillotiner. A rebours, il va nous raconter son histoire.
Il porte le nom du petit village dans lequel il est né qui  n'est d'ailleurs pas répertorié sur les cartes. Mais il apprendra plus tard que son village natal s'appelait Arthur Rimbaud et que son prénom est en fait une contraction de cet illustre nom. Ses parents étant analphabètes, ils ont dû faire l'amalgame phonétique... (Et heureusement! Car je ne voyais pas notre héros se faire appeler Arthur Rimbaud!)
Livré à lui même sans avenir et sans instruction, il va tout faire pour s'en sortir. Il persévère et sait qu'il ne devra sa réussite qu'à lui même. Ses paroles résument assez bien sa détermination : "Celui qui est né en enfer ne craint pas les volcans"; "Si tu veux monter sur la lune, commence à grimper tout de suite"; "Quand on a le cul verni, on ne s’assied pas sur sa merde". Il cherche des petits boulots dès le plus jeune âge pour participer à la vie de famille. Ce n'est pas un mauvais gamin, il est même plutôt courageux et déjà, il lorgne du côté des européens, d'un autre mode de vie. Nous suivons son parcours, ses rencontres, ses bonheurs et ses chagrins. L'oncle se revendique marchand, fier de se distinguer d'autres corps de métiers qu'il juge dégradants. Turambo n'a pas vraiment ce regard sur le monde. Tantôt cireur de chaussures, tantôt vigile chez un commerçant, sa vie va changer surtout lorsque toute la famille s'installe en ville. Sa mère travaille pour une femme européenne et il sympathise très vite avec le fils de cette dernière, Gino qui est juif italien. Les deux garçons deviennent inséparables, presque frères.  Alors qu'il n'a pas grand intérêt pour le combat, lors d'une bagarre il est repéré par le Duc,  un entraîneur qui lui propose de lui apprendre la boxe. Il n'est d'abord pas intéressé puis se jettera à corps perdu dans ce sport. Il faut d'abord qu'il en apprenne les rudiments et l'art. Il se battait par obligation car ce n'est pas un violent. Mais très vite, il gagne ses premiers combats et voit s'ouvrir une vie de privilèges. La boxe est synonyme d'élévation sociale, de nouveaux plaisirs. Il fréquente un microcosme d'européens aisés, gagne de l'argent mais commence à perdre pied lorsqu'il se rend compte qu'il n'est adulé qu'en tant que grand champion et non par sa personnalité. A cette époque de l'entre deux guerre et du colonialisme, le racisme est exacerbé et aux yeux de la plupart, quoiqu’il fasse, et parce qu'il est mal né, il restera toujours un "bougnoule"
L'histoire est composée de 4 grandes parties comme les quatre histoires qu'il vivra avec des femmes. D'abord Nora, sa cousine,  Aida, la prostituée puis Louise l’européenne et enfin Irène qui lui fera commettre l’irréparable, mais là, je ne vous en dis pas plus....
Un vrai coup de cœur pour ce livre que je vous encourage à lire au plus vite!


Extrait : "Turambo, non je ne m'appelle pas Turambo. Simplement Turambo est le nom de mon village de naissance englouti un jour par les éléments, drame duquel mes parents se sortiront comme ils le pourront et dont il faudra bien que moi aussi je me sorte.
Et voilà issu de cet univers de malheur comment Turambo est devenu mon nom.
Pour échapper à ma condition, je ne pouvais compter que sur moi pour cela et le parcours allait être dur. J'étais prêt à tout pour gagner ma vie et effectivement ce fut dur.
La chance finit pourtant par me sourire un jour, par un hasard incroyable en me révélant un don qui me surprit moi-même, celui de la boxe !
Ça y était, bien encadré par le Duc et Gino j'allais connaître le succès, l'argent, la gloire, tout ce dont un « Turambo » peut rêver quoi… Et le succès vint effectivement.
Mais pour autant je restais Turambo avec cette candeur que mes origines avaient dessiné dans mon être avec l'envie de me sortir de ce nouvel univers sans savoir comment et qui allait finalement m'enfermer."
 
 
Éditions Julliard - Littérature contemporaine - 403 pages

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