dimanche 16 février 2014

L'école des saveurs - Erica Bauermeister

Mon résumé : Lorsqu'elle était petite Lillian, s'était promis de sortir sa mère de son mutisme suite au départ de son père. Elle va alors tenter de la faire réagir en lui stimulant les papilles. En effet, la petite fille n'a que cette méthode pour la sortir de ses livres et pour la faire revenir  à la vie. Pour cela, elle fut aidée de sa grand-mère Abuelita qui lui a transmis son don. Nous la retrouvons plusieurs années après  : elle a ouvert un  restaurant et donne des cours de cuisine un lundi par mois. Huit élèves, de tous âges et de tous milieux, s'y retrouvent et dévoilent leurs fêlures et leurs souvenirs, tout en se transformant grâce à la magie des saveurs partagées.
 
Mon avis : Composé de neuf chapitres décrivant chacun un des protagonistes de l'histoire, "L'école des saveurs" nous décrit les caractères de chacun et ce qui les a amené a fréquenter les cours de cuisine du lundi de Lillian.
Lillian : C'est elle qui anime cet atelier de cuisine dans son restaurant un lundi soir par mois. Elle ne manque pas d'imagination pour enseigner son art, et, pour elle, chaque situation correspond à un plat.
Claire, la jeune maman meurtrie pas ses deux grossesses qui  a l'impression d'être devenue inutile et de n'être que l'ombre de sa progéniture. Elle va trouver dans la cuisine la joie de partager enfin des goûts et l'impression de resservir à quelque chose.
Carl, le mari d' Helen, retraité et a peine tracassé par les infidélités avouées de sa femme.
Antonia la décoratrice  italienne expatriée aux Etats-Unis (L'histoire s'y déroule).
Tom détruit par le décès prématuré de sa femme à cause d'un cancer du sein va apprendre la confection d'une sauce tomate aux fruits de mer,  plat que lui avait concocté sa femme lors de leur premier rendez-vous galant.
Chloe l'étudiante maladroite qui gagne difficilement sa vie en étant serveuse et que Lillian va embaucher pour servir au restaurant et lui assurer par la même occasion sa formation professionnelle pour un jour passer en cuisine ou sa maladresse aura moins de répercussions.
Isabelle  qui souffre de la maladie d'Alzheimer mais qui, grâce à certaines odeurs va retrouver quelques vieux souvenirs.
Helen, la femme de Carl retraitée elle aussi.
Et enfin Ian réfractaire à la cuisine dont les cours lui ont été offerts par sa mère. Il trouve cela d'un ennui profond mais ne va pas tarder à apprécier la cuisine notamment en apprenant toutes les subtilités du riz.
Nous allons suivre les évolutions de ces personnages pendant une année de cours.
Bien  que les descriptions mettent l'eau à la bouche, que Lillian ne manque jamais d'idées   et que certains personnages comme par exemple Isabelle  soient émouvants, je n'ai pas trop accroché à cette histoire composée de neuf portraits.
Les recettes préférées de chacun des élèves ont été répertoriées sur le site de "L'école des saveurs" du Livre de Poche. (Les faire défiler à l'aide des flèches grises au dessus du titre de la recette)
 
Extrait :
 
Lillian avait quatre ans lorsque son père les avait quittées et que sa mère, sous le choc, s'était réfugiée dans les livres. Elle l'avait regardée s'immerger et disparaître, percevant instinctivement, malgré son jeune âge, que cette décision avait été prise par instinct de survie, et elle s'était adaptée à l'univers qui allait désormais être le sien.
Dans cette nouvelle vie, la figure de sa mère se transforma en une série de couvertures de livres à la place habituelle des yeux, du nez et de la bouche. Lillian ne tarda pas à comprendre que les couvertures pouvaient annoncer une humeur au même titre que les expressions du visage : sa mère s'enfonçait à tel point dans les profondeurs de ses lectures que la personnalité du personnage principal la nimbait comme un parfum appliqué sans discernement. Lillian ne savait jamais qui elle allait trouver à la table du petit déjeuner, bien que le peignoir, les cheveux et les pieds soient toujours les mêmes. C'était comme si elle avait une magicienne pour mère, à une différence près : Lillian soupçonnait les magiciens qu'elle voyait aux goûters d'anniversaire de rentrer chez eux et d'y redevenir des hommes corpulents, pères de trois enfants, avec une pelouse à tondre. Tandis que sa mère, elle, se contentait de finir un livre avant de passer directement au suivant.
Pour sa mère, lire n'était pas une occupation totalement silencieuse. Bien avant le départ de son père, bien avant que Lillian apprenne que les mots avaient un sens au-delà de leur musique, sa mère lui faisait la lecture tout haut. Et elle ne lui lisait pas des livres en carton, avec leurs illustrations en couleurs primaires et leurs rimes monosyllabiques ; ceux-là, elle les ignorait tel un contrôleur de la qualité qui a peu de temps et beaucoup de produits à inspecter.
 
Éditions le Livre de Poche - 244 pages -  Littérature contemporaine

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