lundi 17 février 2014

Le sermon sur la chute de Rome - Jérôme Ferrari

Mon résumé : Matthieu et Libero, deux jeunes étudiants en philosophie idéalistes et immatures décident de reprendre en gérance le bar de village dans la région qui les a vu grandir : la Corse.
Ils abandonnent alors leurs études sur le continent afin de poursuivre leur rêve de créer " le meilleur des mondes possibles". Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au comptoir car Matthieu et Libero, n'ont pas su mettre de côté leurs rêves et n'ont pas pu résister aux plaisirs de la chair, de l'alcool et de la corruption...
 
Mon avis : Peu emballée par le titre et la couverture de ce livre, c'est finalement son attribution du prix Goncourt le 4 novembre 2012 mais aussi le fait que l'histoire se passe en Corse qui m'ont décidée à la lire. Mais j'avoue que ce livre a été une déception pour moi.
Pour commencer, je trouve le rapport entre le titre  et l'histoire un peu tiré par les cheveux. "Le sermon sur le chute de Rome" a été prononcé par Saint Augustin en 410 à Hippone avec le message suivant : "Le monde est comme un homme, il naît, il grandit, il meurt". Certainement que Jérôme Ferrari a voulu établir un lien entre le bar repris en gérance par Matthieu et Libero : après plusieurs gérances tumultueuses, le bar revit, décline puis se refait une réputation avant de tomber dans un chaos indescriptible.
L'histoire couvre deux générations : les chapitres alternent entre la vie de Marcel Antonetti (le grand-père de Matthieu), Aurélie (la soeur de Matthieu) qui part en Algérie faire des fouilles à Annaba - anciennement Hippone - et Matthieu lui-même. Bien qu'ils soient de la même famille, je n'ai pas bien compris le lien entre ces trois histoires.
De plus, j'ai énormément regretté l'absence de dialogues et des phrases bien souvent beaucoup trop longues. Certaines même font carrément deux pages et plus de 200 mots! exemple : " Elles faisaient des études qu'elles n'aimaient pas et dont elles savaient qu'elles ne déboucheraient sur rien, ou elles y avaient déjà renoncé, elles n'osaient plus faire de projets, elles vivaient dans des villes sans joie dont la laideur les rendait tristes et où personne ne les attendait vraiment, elles savaient que la laideur finirait par s'installer bientôt dans leur âme pour s'emparer d'elles, elles y étaient résignées, et c'est peut-être la candeur de leur âme vaincue, le pôle magnétique de leur vulnérabilité qui avaient infailliblement guidé Libero et Matthieu vers chacune d'entre elles, Agnès, qui fumait des cigarettes roulées assise sur la plage, à l'écart des danseurs et du comptoir, Rym et Sarah, partageant un soda pendant l'élection d'une miss de camping, et Izaskun, que son petit copain venait de laisser tomber et de planter là, pendant leurs vacances, alors qu'elle parlait à peine français, et qui attendait avec son sac à dos, dans une boîte de nuit minable, que le jour finisse par se lever, et elles se moquaient bien de devoir partager à cinq l'appartement au-dessus du bar, elles se moquaient des matelas par terre et de la promiscuité car elles avaient passé au village les semaines les plus heureuses de leur existence, elles y avaient tissé un lien qu'elles ne voulaient pas encore briser, un lien incontestable dont Matthieu ressentit lui aussi la présence, ce soir-là, pendant le dîner. "
J'ai regretté aussi de ne pas savoir où précisément  en Corse se passait cette histoire et l'absence totale de descriptions de paysages qui auraient pu m'aider à imaginer les scènes mais aussi me faire voyager une seconde fois dans cette magnifique région de France.
Vous l'aurez compris, ce livre ne restera pas gravé dans ma mémoire....
 
Extrait : "Mais nous savons ceci : pour qu'un monde nouveau surgisse, il faut d'abord que meure un monde ancien. Et nous savons aussi que l'intervalle qui les sépare peut être infiniment court ou au contraire si long que les hommes doivent apprendre pendant des dizaines d'années à vivre dans la désolation pour découvrir immanquablement qu'ils en sont incapables et qu'au bout du compte ils n'ont pas vécu."
 
Éditions Actes Sud - Littérature contemporaine - 202 pages

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Laissez-moi une trace de votre passage!

Partagez!