lundi 17 février 2014

Le second souffle (suivi par "Le diable gardien) - Philippe Pozzo di Borgo

Mon résumé : Philippe Pozzo di Borgo nous raconte sa vie depuis son enfance, son mariage avec Béatrice, mais surtout il témoigne de ce qui s'est passé depuis son accident de parapente qui l'a rendu tétraplégique. Dans son malheur, il aura eu "la chance" de trouver Abdel, un jeune maghrébin qui va devenir son auxiliaire de vie. Son humour et sa philosophie "Abdélienne" lui  permettent de surmonter cette terrible épreuve. "Il est insupportable, vaniteux, orgueilleux, brutal, inconstant, humain. Sans lui, je serais mort de décomposition. Abdel m'a soigné sans discontinuité, comme si j'étais un nourrisson. Attentif au moindre signe, présent pendant toutes mes absences, il m'a délivré quand j'étais prisonnier, protégé quand j'étais faible. Il m'a fait rire quand je craquais. Il est mon diable gardien"
 
Mon avis : Le livre que je viens de lire est une réédition du "Second Souffle" complété par une histoire inédite : "Le diable gardien".
"Le diable gardien" prolonge donc l'histoire du "second souffle" (qui se termine en 1998) jusqu'à sa rencontre avec Khadija au Maroc en 2004 ; cette période correspond au scénario du film "Intouchables".
Pour l'instant, cette chronique ne portera que sur le livre car je n'ai pas encore eu la chance d'aller voir le film au cinéma. (ce visionnage fera d'ailleurs l'objet d'un autre article).
Je me suis tellement plongée dans cette histoire, que je l'ai lue d'une traite (environ 4h). J'ai été vraiment touchée par l'histoire de Philippe qui, est pourtant "bien né" (de la famille des ducs Pozzo di Borgo et des marquis de Vogüé) mais à qui la vie n'a jamais fait de cadeau. En effet, le 23 juin 1993 sa vie bascule lors de son accident, et, le 3 mai 1996 sa femme Béatrice  décède d'un cancer le jour de la Saint Philippe. Il l'aura longtemps soutenue durant la maladie. Avec elle, il n'aura jamais réussi à avoir des enfants naturellement. Après 4 fausses couches et un bébé mort-né, il vont finalement adopter deux enfants à Bogota : Laetitia et Robert-Jean.
Malgré cet "enfermement" dans son corps, ses nombreux séjours à l'hôpital, Philippe ne cesse jamais de se battre, et même, il va rencontrer deux autres femmes et aura deux autres enfants.
"Je suis assez fortuné pour ne pas être placé en institution spécialisée. Comment voulez-vous survivre entouré nuit et jour du désespoir des autres, grands invalides, les entendre sangloter, crier, passer sans réagir devant une chambre qu'on aseptise?
- Les douleurs me maintiennent en colère ; je ne peux m'assoupir dans cet inconfort.
- Toujours une femme admirable est présente. Béatrice que j'abandonne sur la barque définitive qui remonte le fleuve, des compagnes, une Clara, et Khadija sur la côte de l'Orient proche.
-  Les enfants : mes aînés Laetitia et Robert-Jean, Sabah "L'aurore", et notre petite dernière Wijdane "l'âme profonde".
- Abdel, passeur entre la rive du fleuve et la côte de l'océan."
J'ai trouvé émouvant qu'il arrive a apprendre à Abdel le goût de la musique classique, mais aussi le fait qu'il lui fasse totalement confiance au point de monter une société de location de voitures (qui se révélera être un fiasco, mais qui m'aura bien fait sourire.)
Abdel a aussi beaucoup d'humour. Par exemple, lors de l'anniversaire de Philippe : " Soixante ans! J'avais oublié. On n'additionne pas les viandes et les "légumes" quarante-deux ans de valide et dix-huit de handicap, dont chaque année en vaut sept, comme pour les chiens, faites vos comptes!".
J'ai maintenant hâte d'aller voir "Intouchables" au cinéma.
 
Ce que j'en retiendrai : Une grande complicité entre un "beur de banlieue" et un "riche privilégié". Abdel lui aura transmis sa philosophie "Abdélienne" selon laquelle il ne faut pas se prendre la tête et prendre la vie comme elle vient. Et une très belle "image" dans le dernier chapitre...
 
Extrait : "Je suis allongé contre la montagne, juste un peu engourdi. J'ai dû perdre connaissance. Max et Yves, mes compagnons de parapente, ont posé leur voile à côté de la mienne. Le docteur Max prend les choses en mains : il creuse un trou devant mon visage pour me permettre de respirer et alerte la station par radio. Je ne comprends pas pourquoi ils ne me touchent pas. Je leur parle, ma respiration est calme, alors pourquoi me demandent-ils sans arrêt si je peux respirer ? Un brin d'herbe me chatouille la narine, j'éternue, je ris. Yves me parle comme à un enfant ; il a l'air de trembler. Il me semble que je ne peux plus bouger !"
 
Éditions Bayard - Autobiographie drame - 279 pages

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