dimanche 16 février 2014

Le café de l'Excelsior - Philippe Claudel

Mon résumé : Après le suicide de ses parents, un petit garçon de huit ans (dont on ne connaît pas le prénom) est recueilli par son grand père qui tient un bar de village : L'Excelsior. Pendant trois ans ce petit va se régaler à observer les gens qui l'entourent. Il adore cet endroit ou les clients bien entamés par l'alcool se livrent souvent à des conversations dignes des dialogues d'Audiard. Il voit en son Grand-Père quelqu'un de protecteur qu'il aime beaucoup malgré son penchant pour la boisson.
 
 
Mon avis : Ce deuxième livre que je lis de Philippe Claudel est de la même veine que "La petite fille de Monsieur Linh"  et j'ai beaucoup aimé. Cette petite nouvelle est très agréable à lire et pleine de poésie ce qui, au premier abord peut paraître étrange pour un récit qui se passe dans un débit de boissons. Le narrateur est le petit enfant, et il nous décrit avec sa vision de petit garçon de huit ans le monde dans lequel il évolue. Il se rend compte qu'il est la seule personne qui compte pour son Grand-Père car ce dernier a été veuf très tôt, c'est pourquoi il veille sur son petit-fils comme sur son propre enfant : "Quand nous marchions dans la Grande Ville, Grand-Père et moi, nous avions l'air de deux égarés, gauches de gestes et d'allure. Nous n'étions pas chez nous. Sa grosse main serrait tant la mienne, chétive, qu'au soir de ces promenades, il avait tant pressé mes doigts que je ne pouvais les décoller et qu'ils restaient blancs comme des haricots beurre. "Ne me quitte pas" me répétait-il sans cesse, et ses propos me paraissaient toujours porter bien au-delà des après-midi citadines pour s'appliquer à une vie que je pressentais riche en aspérités."
Mais le petit garçon se doute que son Grand-Père vieillissant, il ne pourra pas rester très longtemps avec lui, et les visites d'un "monsieur qui sent la betterave" lui font présager le pire : " "Qu'est ce qu'il sent mauvais le monsieur" lui disais-je. C'est parce qu'il fait un sale métier, il faut bien que ça transpire quelque part!" me répondait Grand-Père."
Ce petit récit d'une vie ordinaire dans un bistro de village m'a parfois bien fait rire grâce à de bons dialogues comme lorsque les clients parlent du chauffeur de bus Stéfan Mercepied mort dans un accident de la circulation avec son car, un jour, ou exceptionnellement, on l'avait empêché de boire...  :
"A la mémoire de Stefan Mercepied,
homme de coeur et de corps,
mort au combat.
1919-1967
"Quel combat ?" lui fit remarquer un oiseux de passage qui buvait pingrement un galopin. Six regards le fusillèrent, et Verdaillon répondit: "Le plus terrible des pugilats, la lutte suprême, le pancrace inégalable, le combat effroyable et titanesque, toujours à recommencer, celui contre les cons de ton espèce..."
Le petit garçon maintenant devenu un homme nous raconte avec beaucoup de nostalgie cette époque et ce qu'il a vécu pendant ces trois années de bonheur indélébile.
Une petite perle de la littérature contemporaine.
 
 
Le Livre de Poche - 85 pages - Nouvelle

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