vendredi 21 février 2014

La part de l'autre - Eric Emmanuel Schmitt

La part de l'autre - Eric-Emmanuel Schmitt
Mon résumé : « La minute qui a changé le cours du monde est celle où l'un des membres du jury de l'École des beaux-arts de Vienne prononça la phrase « Adolf Hitler : recalé ». Que se serait-il passé si Hitler n'avait pas échoué au concours d'entrée à l'école des Beaux-Arts? C'est la question à laquelle répond E-E Schmitt en nous présentant Adolf H, un double imaginaire d'Hitler, qui a quant à lui réussi son entrée à l'école des beaux arts et tente tant bien que mal de survivre grâce à ses peintures.
Parallèlement et chronologiquement, l'auteur nous raconte aussi la vie historique de l'abject dictateur tyrannique Hitler.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé les chapitres consacrés à la vie imaginée d'Adolf H, mais pas du tout ceux consacrés à la réalité historique. Mais, j'ai appris énormément de choses qui ne sont pas présentées dans les manuels scolaires et pour ça je ne regrette pas cette longue lecture qui restera longtemps dans ma mémoire. Pour bien faire la différence entre les deux personnages, l'auteur appelle "Hitler" le personnage historique et "Adolf H" son double imaginaire.
Hitler est un personnage imbu de lui même, sûr de sa supériorité sur les autres, incapable de tomber amoureux car il n'aime que lui même. On apprend même qu'au début de la guerre il est encore puceau. Il a soif de vengeance et adore semer la terreur. On suit son parcours de son échec à l'entrée aux Beaux-Arts jusqu'à l'apogée de sa folie qui l'a conduit au suicide le 30 avril 1945. On en apprend plus sur sa politique impérialiste, antisémite et raciste qui est à l'origine de la Seconde Guerre mondiale qui en fait le responsable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité ayant causé plusieurs dizaines de millions de victimes, crimes dont la Shoah reste le plus marquant.
Adolf H est un jeune homme réservé attachant. Un homme normal qui tombe amoureux, qui  est triste lorsqu'il est quitté. On  éprouve même de la compassion quand il part à la guerre et qu'il perd son ami. ce double imaginaire est un homme normal comme vous et moi.
Dans ce livre, je pense que l'auteur a tenté de nous faire comprendre que parfois de tout-petits riens peuvent changer radicalement la vie d'un homme, que nous avons tous en nous "une part de l'autre" et qu'il faut tout faire pour ne pas tomber du côté obscur. Ici, Adolf H n'a pas basculé du mauvais côté car il a rencontré Freud qui lui a expliqué d'où venaient tout ses problèmes.
Dans la post-face, « Le journal de la part de l’autre » l'auteur  nous montre les doutes de son entourage concernant l’écriture de ce livre et ses inquiétudes. C'est intéressant de comprendre les raisons qui ont poussé Eric-Emmanuel Schmitt à écrire ce livre. Il nous informe qu'il a soumis sa biographie romancée de la vraie Histoire à des historiens qui n'ont rien eu  à y redire. Et là, ça me glace le sang! Tout ce que j'ai lu était vrai! Même si je savais qu'Hitler était un être abject, j'étais loin du compte!
Un livre à mettre entre toutes les mains pour mieux comprendre cette période de notre Histoire, mais attention tout de même à ne pas faire d'amalgame entre le vrai et le fictif (même si les chapitres sont bien délimités).

Ce que je retiendrai : "Rien n'est jamais joué, chaque homme décide à chaque moment de l'orientation de sa vie."

Extrait : "Bombes. Balles. Obus. Nuit déchirée d'éclats. Hitler aimait la guerre parce qu'elle l'avait soulagé de tous ses problèmes. Elle lui donnait à manger, à boire, à fumer, à dormir, à penser, à croire, à aimer, à détester. Elle avait pénétré tout son être, corps et âme. Elle l'avait déchargé de lui-même, de ses insuffisances, de ses doutes. Elle lui avait procuré une raison de vivre, et même une raison de mourir. Hitler adorait donc la guerre. Elle était devenue sa religion."
"Sa plus grande douleur vient de ce qu’il ne sait plus quoi penser de lui-même. Jusqu’ici il n’avait jamais douté de lui. Des oppositions, des scènes, il en avait connu. Des insultes, des remarques acerbes, il en avait reçu. Mais rien n’avait jamais ébranlé sa confiance. Il s’estimait un être singulier, exceptionnel, au-dessus du lot, plus riche d’avenir et de gloire que n’importe quel autre et il s’était contenté de plaindre ceux qui ne s’en rendaient pas encore compte".

A lire aussi

Éditions Le Livre de Poche - Roman historique - 503 pages

5 commentaires:

  1. J'avais été très touchée par cette lecture. Comme toi, j'en suis ressortie avec cette certitude qu'il suffit parfois d'un rien pour changer une trajectoire de vie.

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    1. Il faudrait que ce livre soit au programme du collège. Non seulement les élèves en apprendrait beaucoup sur Hitler, mais il les pousserait aussi à réfléchir sur le fait que des choses parfois anodines peuvent faire basculer le cours d'une vie.

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  2. Je l'ai lu et il m'a beaucoup marqué ! l'auteur arrive a nous montrer qu'un tout petit rien peut changer complètement la trajectoire d'une vie !

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    1. Moi aussi, je me souviendrai longtemps de cette lecture!

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  3. Un très bon roman en effet. C'est un très belle performance d'avoir mis en rapport un personnage réel et son double.

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