dimanche 16 février 2014

Demande à la poussière - John Fante

Mon résumé : Fin des années 30. Arturo arrive à Los Angeles pour suivre son rêve américain : devenir écrivain. Logé dans une chambre d’hôtel miteuse, il cherche l'inspiration mais n'arrive pas à convaincre des rédacteurs de journaux de publier ses nouvelles. En errant dans les bars du quartier, il va rencontrer Camilla une jeune serveuse mexicaine dont il tombera éperdument amoureux. Mais la jeune fille en aime un autre et va le faire tourner en bourrique. Nous traversons les épreuves d'Arturo entre cuites et amours sans lendemain, mais avec toujours cette ferme motivation de s'en sortir et de voir  un jour ses écrits publiés.
 
Mon avis : Après "Bandini" et "La route de Los Angeles", nous continuons le parcours d'Arturo Bandini. Ce fut encore un plaisir car Arturo semble avoir mûri. Moins prétentieux que dans le précédent livre, il est toujours en contradiction, passant de l'amour à la haine en un clin d’œil. Cette fois-ci, je l'ai même trouvé attachant par sa façon très maladroite d’aborder les filles et en particulier Camilla, la jeune serveuse mexicaine. En effet, lors de leur première rencontre, il lui tiendra des propos racistes et sexistes d'une grande vulgarité. mais la jeune femme, piquée par tant d'aplomb, cherchera à le revoir. Cette relation sera très destructrice pour Arturo car "sa princesse maya" en aime un autre.
Parallèlement, il continue à écrire et parviendra enfin à faire publier quelques unes de ses nouvelles. JC Hackmuth, son éditeur attitré sera sa bonne étoile. A chaque publication, il envoie un chèque à Arturo. Ces dollars lui permettront dans un premier temps de s'acheter des nouveaux habits et d'envoyer de l'argent à sa mère. Mais, toujours aussi auto-destructeur, lui qui a l'habitude de détruire d'une main ce qu'il a bâti de l'autre va vite tomber dans les excès, et ses dépenses inconsidérées le font revenir au point de départ entre chacune de ses publications.
Camilla aussi est attachante par sa spontanéité, la honte de son statut d'immigrée mexicaine, amoureuse d'un autre homme qui la rejette et droguée jusqu'aux yeux... Entre elle et Arturo, ce sera un peu le jeu du chat et de la souris. La fin est particulièrement émouvante.
A noter que la préface a été écrite par Charles Bukowski qui affirme : " Et je compris bien avant de le terminer qu'il y avait là un homme qui avait changé l'écriture. Ce livre était "Demande à la poussière" et l'auteur John Fante. Il allait toute ma vie m'influencer dans mon travail."
Maintenant, je me plonge dans le dernier volume de cette saga avec "Rêves de Bunker Hill".
 
Extrait : "Là-dessus tu as sorti une bouteille de ton sac et on a bu ça ; ton tour d’abord, ensuite le mien. Quand il n’y a plus rien eu dans la bouteille je suis descendu en acheter une autre au drugstore, mais une grande cette fois. Toute la nuit on a bu et pleuré, et ivre je pouvais dire les choses qui bouillonnaient dans mon cœur, tous ces chouettes mots, toutes les fines comparaisons, parce que toi c’est sur l’autre mec que tu pleurais et tu n’entendais rien de ce que je racontais ; mais moi je les entendais, et je peux te dire qu’Arturo Bandini était plutôt bon cette nuit-là, parce qu’il parlait à son seul amour, et ce n’était ni à toi ni à Vera Rivken qu’il parlait, tu comprends, mais juste à son amour. Ah j’en ai dit des belles choses cette nuit-là, Camilla. A genoux à côté de toi sur le lit, je te tenais la main en disant : « Camilla, pauvre petite, perdue et tout ça ! Desserre tes doigts fins et rends-moi mon âme lasse ! Embrasse-moi sur la bouche que je me rassasie du pain d’une colline mexicaine. Souffle le parfum des cités perdues dans mes narines enfiévrées et laisse-moi mourir ici, la main sur la douceur de ta gorge, blanche comme une plage du sud à moitié oubliée. Viens puiser le désir dans ces yeux malades et jette-le aux moineaux solitaires dans quelques champs de maïs, parce que je t’aime, Camilla, et ton nom m’est sacré comme celui d’une princesse très brave se mourant d’amour avec le sourire, pour quelqu’un qui ne le lui rendra jamais."
 
A lire aussi :
Mon chien Stupide
Bandini
La route de Los Angeles
Rêves de Bunker Hill
Les compagnons de la grappe
 
Éditions 10/18 - Drame - 271 pages

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup cet auteur surtout Mon Chien Stupide en fait :) qui est un vrai plaisir pour se remonter le moral je trouve ! Demande à la poussière est aussi excellent ! :)

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    Réponses
    1. C'est justement avec mon chien stupide que j'ai découvert Fante et depuis, il est parmi mes auteurs préférés...je crois que j'ai d'ailleurs lu tous ses livres...

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