lundi 17 février 2014

Composition Française - Mona Ozouf

Mon résumé : Nous sommes en Bratagne près de Paimpol dans les années 1930. Mona Ozouf nous parle de ses souvenirs d'enfance dans lesquels elle se rappelle avoir vécu partagée entre ses parents qui prônaient l'identité bretonne (la langue et la culture), l'école laïque  qui défend l'identité française et interdit l'enseignement bilingue et l'église en contradiction avec ces deux derniers préceptes...
Orpheline de père à 4 ans, elle se souvient de son éducation par sa mère et sa grand-mère suivants les principes militants de son père, puis de ses études à Paris, où elle adhère au Parti Communiste.
 
Mon avis : Afin de comprendre le contexte du livre il me semble important de rappeler qui est Mona Ozouf.
Née en 1931, elle est la fille de Yann Sohier et d'Anne Le Den, tous deux instituteurs bretonnants et militants de la cause bretonne, qui l'élèvent en langue bretonne. Après sa scolarité en Bretagne, elle est élève à l'École normale supérieure (ENS), où elle est agrégée en philosophie.
C'est par l'intermédiaire de son mari, Jacques Ozouf qu'elle rencontre en 1954 et épouse en 1955, qu'elle fait connaissance avec les autres historiens Denis Richet, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet. De nombreux ouvrages sont nés de la collaboration avec ce dernier. Membre du Centre de recherches politiques Raymond Aron à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, aujourd'hui, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle écrit également pour le Nouvel Observateur et participe à la revue Le Débat. Si elle s'est récemment intéressée à la figure du roman de l'univers démocratique, ses travaux ont surtout porté sur les questions se rapportant à l'école publique et à la Révolution française. Les rapports qu'entretiennent pédagogie, idéologie et politique semblent l'avoir particulièrement intéressée. (Source Wikipédia)
Ce livre est un essai sociologique autobiographique.
Mona Ozouf nous raconte son enfance marquée par le décès de son père alors qu'elle n'a que 4 ans. Sa mère et sa grand-mère vont tacher de suivre les recommandations de ce dernier et continuer de lui inculquer les valeurs bretonnes. Elle va alors vivre dans un logement de fonction de l’école publique de Plouha,  petit village des Côtes d’Armor, ou sa mère est d'abord institutrice puis directrice. Fille unique, elle n’a  pour seule distraction que la cour de l’école et se réfugie alors dans les livres et les manuels scolaires. Elle va très vite se rendre compte que trois idéaux se contredisent : Les principes de la Maison (et ses valeurs régionales) , Les principes de la France  inculqués à l'école (et ses valeurs républicaines), Les principes  de l'église (et ses valeurs chrétiennes). Ces trois idéaux sont d'ailleurs l'objet de trois chapitres.  Elle nous raconte ensuite son parcours, qui la conduit de l'école communale de Plouha, en passant par le collège de Saint-Brieuc et celui  de Rennes, jusqu'à son départ de Bretagne pour poursuivre ses études à Paris et son adhésion au Parti communiste, à 21 ans.
Bien que je ne sois pas bretonne, j'ai beaucoup aimé ce livre et toutes les descriptions de coutumes, d'explications de langage et particulièrement ce passage parlant de sa grand-mère qu'elle décrit comme un trésor à proverbes et légendes :
"Elle avait beau user du français avec moi, elle ne m'en communiquait pas moins, par ce français calqué sur les tournures du parler breton, le génie de cette langue vigoureuse, expressive, anthropomorphique : la brume du matin est la «pitance» du soleil, les vagues sont «les chevaux de la mer», le confluent est «le nez des deux eaux»; et on achève une lettre de condoléances en recommandant à l'endeuillé : «Dalc'hit mad an taol» («agrippez-vous à la table»)."
j'ai trouvé ce récit poétique, émouvant  et très bien écrit. La problématique posée est toujours d'actualité, et on entend encore souvent parler de ses régions qui revendiquent une identité culturelle et qui ont à mon avis raison de se battre pour la faire perdurer tout en respectant les obligations républicaines.
En lisant le résumé de 4ème de couverture, je ne m'attendais pas à ce que ce soit un essai... Mais finalement, j'ai beaucoup aimé, même si, j'aurais préféré que toute la problématique soit occultée pour n'en faire qu'un très beau roman autobiographique.
 
Je remercie Blog-o-book et les éditions Folio de m'avoir offert ce livre dans le cadre d'un partenariat lecture.

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