dimanche 16 février 2014

Avenue des Géants - Marc Dugain

Mon résumé : Al Kenner est un adolescent hors normes : il mesure 2,20 mètres, a un Q.I. supérieur à celui d'Einstein et lutte en permanence contre des pulsions meurtrières. Le jour de l'assassinat du Président Kennedy, il passe à l'acte et tue ses grands-parents de sang froid, d'une balle dans le dos. Suivent 5 ans d'hôpital psychiatrique pour  finalement être jugé irresponsable, mais les pulsions meurtrières subsistent. L'intelligence hors normes d'Al Kenner, lui a permis d'étudier de façon très poussée la psychologie pendant son séjour en psychiatrie. Il a tellement poussé son apprentissage qu'il devient un très bon analyste des comportements humains plus particulièrement du profil des tueurs en série... N'ayant pas de casier judiciaire du fait de son irresponsabilité, il va pousser le vice jusqu'à se faire embaucher dans la police pour enquêter sur les disparitions...
Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement.
 
Mon avis : Quand on sait que cette histoire est basée sur des faits réels, ça fait froid dans le dos! Marc Dugain nous romance ici la vie d'Ed Kemper, un tueur en série américain accusé de 10 meurtres dont ceux de sa propre mère et de ses grands-parents.
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui, bien qu'il relate des faits sordides ne fait pas dans le "sanglant". On en apprend beaucoup sur le profil psychologique de ce tueur en série qui a défrayé la chronique dans les années 60.
Dès son enfance, Al se sent mal aimé. Dès son plus jeune âge, il sera envoyé chez ses grands-parents car sa mère ne le supporte plus et, il fait peur à la nouvelle femme de son père. Le jour de l'assassinat de Kennedy, il bascule dans la folie et tue ses grands-parents pour voir ce que ça fait de tuer. Après ses 5 ans d'internement, Il retourne chez sa mère mais les disputes se succèdent. sa mère est tombée dans l'alcoolisme et le dialogue est totalement rompu. Lui aussi traîne dans les bars et particulièrement au "Jury" où il boit des tournées avec les policiers du village et les écoute parler des mystérieuses disparitions de jeunes filles. Sa fine analyse psychologique des suspects va lui permettre de se faire embaucher par le commissaire Duigan pour pister un autre tueur en série ayant exactement le même profil psychologique que lui. "Ce sont des mécanismes qui me passionnent.  et, pour ne rien vous cacher, je vais me marier avec la fille du patron de la Criminelle de Santa Cruz, et je collabore déjà avec son père sur un dossier. Pardonnez-moi, mais je pense qu'avoir tué confère une vraie légitimité dans ce domaine, en particulier dans la compréhension du phénomène de passage à l'acte qui restera toujours un mystère pour un néophyte." Les policiers ne soupçonnent rien et se font berner jusqu'au bout. Le lecteur n'est alors pas au bout de ses surprises et devra attendre la toute fin du livre pour découvrir une atrocité insoutenable.
J'ai pourtant réussi à m'attacher à ce "géant". Je l'ai même plaint en découvrant que sa vie n'avait jamais été facile. Il a été transbahuté de droite à gauche et n'a jamais reçu d'amour : "Ma mère avait pour moi les yeux d’un cheval pour son propre crottin, mes sœurs me regardaient comme un obstacle entre elles et le réfrigérateur, ma grand-mère comme son souffre-douleur et mon grand-père comme le type qui allait lui causer des ennuis avec sa femme. Après avoir vécu tout cela, il y avait des raisons de culpabiliser, de se dire qu’on doit bien être un monstre pour mériter un traitement aussi unanime…" J'ai suivi sa lente descente vers l'alcoolisme et ses efforts pour contrer ses pulsions avec de la peine pour lui, jusqu'au moment où la vérité est faite sur ses agissements. Mais que penser d'un homme qui utilise la tête décapitée de sa mère pour jouer aux fléchettes?
Une histoire vraie romancée qui aiguise ma curiosité sur Edmund Kemper et que je vous conseille.
 
Extrait : "Et puis soudain, le chaton est passé dans le foyer de la chaudière. J'ai beaucoup goûté le moment où ma mère assise devant moi, me fixant impitoyablement m'a demandé où était passé le chaton. Je me délectais du silence que je lui opposais sans détourner mon regard. Elle a été tentée de me battre pour me faire parler, puis elle a renoncé en se servant un verre de scotch. C'est la dernière fois que j'ai incinéré vivant un de ses chatons de concours. Six mois plus tard, j'en ai décapité un, j'ai enterré son corps et j'ai gardé la tête dans ma chambre dans une boite de rustine de vélo."
 
 
Éditions Gallimard - Thriller - 361 pages

2 commentaires:

  1. Ce livre m'a beaucoup plus, d'autant plus que cela provient d'une histoire vraie !! :)

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    1. Cette histoire fait même froid dans le dos!

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