samedi 15 février 2014

A l'abri de rien - Olivier Adam

Résumé de l'éditeur : Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n'arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d'hommes en haillons massés prés du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que, dans la ville, on appelle les «kosovars». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent.  Entraînée malgré elle dans un drame intime, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau.
  
Mon résumé : Marie, mariée et mère de deux jeunes enfants (Lucas et Lise) ne va pas bien du tout, elle ne sait pas ou elle en est, elle déprime. Comme dirait Stéphane -son mari- elle a des "antécédents psychiatriques" . En effet, sa soeur Clara (âgée d'un an de plus qu'elle) est morte à 18 ans  dans un accident de voiture en rentrant de boite de nuit, son père est décédé peu de temps après et elle a été virée de son poste de caissière à Auchan après s'être pris la tête avec un client.
Elle vit tant bien que mal auprès de sa famille jusqu'au jour où, elle va se retrouver par hasard à servir des repas chauds aux réfugiés près d'un centre de rétention. Tant de misère va lui donner une nouvelle vocation : s'occuper des "kosovars". Elle va alors rencontrer Isabelle, bénévole elle aussi, qui se dévoue corps et âme et les invite même tous les soirs chez elle pour manger, se laver et dormir. Cette "bonne action" va lui prendre tout son temps au détriment de sa famille et des habitants de son quartier qui la voient alors comme une pestiférée. Ses enfants se font même insulter par leurs petits camarades...
 
Mon avis : Tout aussi noir que "des vents contraires" , ce roman est lui aussi assez éprouvant à lire car il décrit le parcours ordinaire d'une femme qui passe de la dépression à la folie.
J'ai néanmoins beaucoup apprécié cette histoire et le style de l'auteur.
"J'ai marché transpercée par le vent, je le sentais dans mes os dans mon coeur je le sentais jusque dans mes dents. Il lavait tout, le paysage et la lumière, resserrait les peaux, rognait la craie.J'ai marché dans l'air et le bruit de la mer fracassée, plus rien ne pesait tout à coup, plus rien n'obstruait mon cerveauj'étais comme lavée,j'étais un corps qui marche et rien d'autre, un corps qui vole un corps gazeux un corps en suspension, invisible incolore indolore absent fondu élémentaire."

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