dimanche 22 janvier 2017

Cet été là - Lee Martin

Cet été là - Lee Martin
Synopsis : Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Katie. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

Je remercie les éditions Sonatine pour cette lecture. Sortie prévue le 9 février 2017

Mon avis : A chaque fois que j'entame un livre des éditions Sonatine, je sais que je ne vais pas m'ennuyer et que cette lecture va me tenir en haleine d'un bout à l'autre. Et ce fut encore le cas avec "Cet été là" de Lee Martin. Je fais confiance à cette maison d'éditions pour me faire découvrir des auteurs talentueux!
Katie Mackey neuf ans, vit avec son frère aîné, Gilley et ses parents dans une petite ville de l'Indiana. Cette famille aisée possède la plus grande verrerie de la vile, et Katie est une enfant privilégiée. Henry Dees, (le narrateur) professeur mathématique de Katie, vit de l'autre côté de la rue. Célibataire solitaire, il s'est lié d'amitié avec son autre voisin l'énigmatique Raymond R. Malgré des personnalités plutôt malsaines, tout semble se passer dans une bonne entente entre voisins jusqu'à ce soir d'été, où Katie disparaît alors qu'elle ramenait ses livres à la bibliothèque...
Ce livre est original dans sa construction car le narrateur, Henry Dees revient sur les faits qui ont mené à la disparition de la jeune Kathy Mackey 30 ans plus tôt. Dès lors, et à entendre tous les remords et regrets de ce professeur de mathématiques, on se doute qu'il est au courant de ce qu'il s'est passé le jour de la disparition...
En plus de la narration du professeur, l'auteur utilise la voix de différents personnages comme Raymond R, le voisin du professeur de mathématiques avec qui il a lié une amitié, Clare, la femme de Raymond, Gilley, le frère de Katie et Junior, son père. Je me suis alors retrouvée plongée dans une ambiance captivante mais malsaine et pesante due aux personnalités complexes de Henry et Raymond. Et ce changement de point de vue au fil des chapitres nous permet de mieux cerner chacun mais du coup et vu leurs déviances nous les présente tour à tour comme des coupables potentiels..
Si je n'ai pas pu m'attacher à l'un ou l'autre des personnages car l'un semble pervers et l'autre drogué et imprévisible, j'avais hâte de connaître le fin mot de l'histoire.
Un bon page-turner à retrouver en librairies le 9 février.

Extrait : "Je n’ai jusqu’à présent jamais réussi à relater cette histoire et le rôle que j’y ai tenu, mais écoutez, je la raconterai en toute honnêteté : un homme ne peut vivre qu’un temps avec une telle chose sans la partager. Mon nom est Henry Dees et j’étais alors enseignant – professeur de mathématiques et tuteur pendant l’été auprès d’enfants tels que Katie qui en avaient besoin. Je suis désormais un vieil homme, et même si plus de trente années se sont écoulées, je me rappelle encore cet été et ses secrets, la chaleur et la manière qu’avait la lumière de se prolonger le soir comme si elle n’allait jamais partir. Si vous voulez écouter, vous allez devoir me faire confiance. Sinon, refermez ce livre et retournez à votre vie. Je vous préviens : cette histoire est aussi dure à entendre qu’elle l’est pour moi à raconter."

Éditions Sonatine - Thriller - 320 pages

samedi 21 janvier 2017

Les amants du presbytère - Marie-Bernadette Dupuy

Les amants du presbytère - Marie-Bernadette Dupuy
Synopsis : Nommé curé d’un petit bourg rural, le jeune et séduisant Roland Charvaz n’a pas la vocation. Le beau sexe le préoccupe davantage que le salut de ses ouailles. Pour sa part, Mathilde, la jolie épouse du docteur local, n’a jamais connu la passion amoureuse avant l’arrivée de l’ecclésiastique. Dès leur première rencontre, c’est le coup de foudre et les deux amants se lancent dans une brûlante liaison.
Ils se croient à l’abri de tout soupçon. Ils ont tort. Ils seront bientôt victimes de la plus horrible des machinations…
Marie-Bernadette Dupuy a tiré d’une authentique et retentissante affaire criminelle une intrigue haletante qui nous entraîne dans la spirale infernale de la passion.

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Lorsqu'on m'a proposé ce livre, au premier abord, je n'étais pas tentée pensant à une énième histoire à l'eau de rose. Mais la lecture du synopsis m'a convaincue car il s'agit en fait d'une histoire tirée d'une affaire criminelle ayant réellement eut lieu en Charente en 1849. Et, si j'avais peur que le côté sentimental prenne le pas sur l'histoire, mes craintes se sont vite effacées car il y a bien une histoire entre Mathilde de Salignac et le curé Roland Charvaz mais l'auteure a su nous épargner les scènes niaises et torrides.
J'ai adoré cette histoire et ai même été complètement happée par cette lecture car ceux qui me suivent savent que j'adore les romans qui se déroulent au siècle précédent : une époque où tout était plus compliqué que maintenant. 
Concernant les personnages, on ne peut pas dire qu'ils soient attachants et bien loin de là, mais ce sont leurs défauts et leurs caractères qui donnent du piment à l'histoire. Entre le curé qui ne pense qu'aux frivolités, à mentir et manipuler son petit monde, Mathilde de Salignac, la jeune femme de bonne famille dissimulatrice, menteuse (elle aussi), infidèle et calculatrice je me suis demandé dans quel village j'étais tombée! Et comme c'est justement un village, tout finit par se savoir, surtout depuis que Annie Meunier, la bonne du curé fraîchement recrutée par Mathilde a pris ses fonctions... Car elle a la langue bien pendue! Mais au moins, elle est honnête et franche et c'est ce qui  fera basculer le destin de nos protagonistes... D'ailleurs, de tous les personnages, ce fût elle ma préférée car cette pauvre dame a besoin de travailler pour vivre (contrairement aux deux autres!) et ce nouveau travail qu'elle n'apprécie pas l'éloigne de ses enfants qu'elle aime tant.
Quand de pense que cette histoire est vraie, je me demande comment peut-on être aussi bête que Mathilde et Roland et faire entrer sciemment la brebis "galeuse?" et même la prendre pour cacher leur liaison. Dommage que je ne puisse pas vous en dire plus ni sur les caractères ni sur l'histoire au risque de dévoiler l'intrigue, mais ce roman restera dans ma mémoire car l'élaboration d'un tel plan machiavélique irréfléchi m'a fait froid dans le dos.
Je découvre Marie-Bernadette avec ce livre et espère bien retrouver sa plume fluide très prochainement.
Un roman que je recommande!

Extrait : "Des questions se bousculaient dans sa tête alors qu’il progressait vers la paroisse. Il tentait d’imaginer comment était aménagé le presbytère, si c’était une construction ancienne ou une bâtisse plus récente. Ses futurs paroissiens l’intriguaient aussi. Il s’amusa à se les représenter, fermiers, notables, femmes et enfants en habits du dimanche.      
Son cœur se mit à battre un peu plus vite à l’idée qu’il se trouverait peut-être quelques jolis minois parmi les demoiselles ou les dames du pays. « Hé, où est le mal? se dit-il. C’est toujours plus agréable de discuter avec une jeune personne rieuse qu’avec un vieux renfrogné. »      
Le curé Charvaz savait pourquoi son prédécesseur avait été envoyé dans une autre paroisse, en région bordelaise. Sa conduite avait éveillé des soupçons; on l’accusait de préférer les jupons aux sermons. 
« Il n’était pas malin! Il faut ruser, il ne faut pas se trahir et surtout prendre garde aux commérages, se répéta-t-il. De servir Dieu n’oblige pas à la solitude ni à la mortification. On doit aimer son prochain et sa prochaine, il me semble… »"

Éditions Calmann-Levy - Drame historique - 318 pages

dimanche 6 novembre 2016

Je sais pas - Barbara Abel

Je sais pas - Barbara AbelSynopsis : À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme...
Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar.
Une enfant de cinq ans a disparu.
Que s'est-il passé dans la forêt ?
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme.
Pourtant, ne dit-on pas qu'une figure d'ange peut cacher un cœur de démon ?
 
Je remercie les Éditions Belfond pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Je découvre Barbara Abel avec cette lecture prenante et addictive dont j'étais vraiment loin de deviner le dénouement!
Si vous croyez encore que la vérité sort de la bouche des enfants, détrompez-vous!
Il s'agit ici de bien plus qu'une simple disparition d'enfant puisque sans vous spoiler l'histoire, la petite Emma est très rapidement retrouvée, mais sa maîtresse, Mylène, partie à sa recherche reste quant à elle introuvable. 
Et c'est là que commence le suspens puisque un élément prouve qu'Emma et Mylène se sont bien rencontrées dans cette forêt. Interrogée par la police et son entourage, la petite Emma n'aura de cesse de répéter "Je sais pas". Quelle que soit la question, elle ne sait pas... mais pourquoi un tel entêtement? Que s'est-il réellement passé dans cette foret? Qu'a-t-il bien pu  passer dans la tête de cette gamine pour qu'elle s'obstine à dire qu'elle ne sait pas?
Pour nous plonger encore plus dans les interrogations, l'auteure a pris un malin plaisir à nous présenter des personnages tous plus énigmatiques les uns que les autres à commencer par Emma qui, malgré ses 5 ans semble très capricieuse et manipulatrice, Mylène sa maîtresse pas franchement appréciée de ses collègues, Camille et Patrick, les parents de la petite qui se cachent leurs relations extra-conjugales, Etienne, le père de Mylène qui trimballe derrière lui un passé mouvementé.
Un véritable page-turner où le temps est compté :  il faut rapidement retrouver Mylène qui est insulino-dépendante à cause de son diabète. Chaque heure passée sans sa piqûre peut la faire basculer dans un irréversible coma. Cette angoisse supplémentaire m'a encore plus donné envie d’attraper Emma et lui faire avouer ce qu'elle sait. Car si elle et sa maîtresse étaient fâchées avant l'évènement, il ne s'agit plus ici de laisser cette enfant faire un caprice de plus...
L'intrigue est vraiment bien ficelée car les non-dits, les mensonges et cachotteries de chacun des personnages nous font douter de tout..
A lire d'urgence donc! (Et je rajoute les anciens titres de l'auteure à ma wish-list de Noël!)

Extrait : "Une fois le dernier élève embarqué, la directrice reprend la caisse en carton dans laquelle ne restent que quelques brassards, tandis que Bruno grimpe à son tour, suivi de Sandrine, une des surveillantes de garderie. À l’intérieur du véhicule, Éliane et Mylène, les deux institutrices, aidées de Véronique, la bibliothécaire, achèvent de placer les enfants, gérer les caprices de chacun, veiller à ce que ceux qui ont le mal des transports soient installés à l’avant, consoler l’un ou l’autre petit que toute cette agitation impressionne.
Enfin, le car est prêt à partir. Le nez collé aux vitres, les enfants agitent joyeusement les mains en direction du trottoir opposé, signes d’au revoir auxquels les parents répondent avec chaleur. Le véhicule se met en branle et s’éloigne enfin, au grand soulagement du concierge, qui émet cette fois un grognement de contentement. Si elle éprouve la même satisfaction, Mireille Cerise n’en montre rien et salue courtoisement les parents qui, enfin, se décident à quitter les lieux.
— Ils ont de la chance, avec le temps ! fait remarquer un jeune papa en passant à sa hauteur.
— En effet ! convient-elle en levant les yeux vers le ciel. Ils ont annoncé des orages, mais seulement en début de soirée. C’est une merveilleuse journée qui les attend !
"

Éditions Belfond - Thriller - 429 pages

mardi 4 octobre 2016

La ballade de l'enfant gris - Baptiste Beaulieu

La ballade de l'enfant gris - Baptiste Beaulieu
Synopsis : C’est l’histoire de Jo’, jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un petit garçon de sept ans attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin, dans la chambre de l’enfant, survient un drame qui lie à jamais le destin de ces trois êtres.
Jo’ devra tout quitter pour partir sur les traces de Maria et percer ses mystères.
Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur livre une quête initiatique et poétique, semée de recoins obscurs qui s’illuminent. Un magnifique troisième roman, porté par des personnages profondément humains.

Je remercie les éditions Mazarine pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : Ayant beaucoup aimé "Alors voilà, les 1001 vies des urgences" je ne pouvais pas passer à côté de cette parution de la rentrée littéraire dans laquelle Baptiste Beaulieu nous présente une histoire très touchante et émouvante qui ressemble à un conte pour adultes. (Est-ce d'ailleurs la raison pour laquelle ballade est écrite avec deux L alors qu'il s'agit d'un voyage?).
Contrairement à "Alors voilà", même si l'auteur s'est inspiré de l'histoire d'un enfant qu'il a réellement côtoyé, ici la part belle est faite au fantastique puisque "La ballade de l'enfant gris" raconte l'histoire de Jo' un médecin qui se retrouve face à face avec le fantôme d'un petit patient qui semblait être le dernier des soucis de sa mère. Jo' étant le seul à avoir accompagné si poétiquement No' jusqu'au bout, il est le seul à voir le petit fantôme de cet enfant de 7 ans.  Atterré par tant de détachement de la mère, il se sent investi de la mission de la retrouver et de lui rendre son enfant afin qu'il puisse partir dans l'autre monde...
J'ai adoré les personnages de cette histoire, même la mère car on comprend à la fin le but de sa disparition.
Jo m'a touchée par son empathie envers son petit patient mais surtout sa capacité à mettre du fantastique et de la poésie dans le quotidien de l'enfant qui subit de nombreux examens médicaux alors que sa vie à lui n'est pas toute rose non plus puisqu'il vient de quitter Manon. No m'a émue par tant de maturité. C'est un enfant qui parle très peu mais pose les bonnes questions et a des pensées très positives malgré sa maladie et le fait que sa mère vienne très peu le voir : "Tu peux lui dire quelque chose, Jo'? Dis lui qu'elle ne doit pas pleurer, dis lui que je l'aime, que je suis vraiment content de l'avoir choisie comme maman et d'être sorti de son ventre à elle." Crinchon, la chef de service atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette et qui ne peut s’empêcher des proférer des insultes commençant toujours toutes par la même lettre m'a beaucoup fait rire! "Crétin, crâne d'obus au cul terreux, et de babouin crasseux!"
Concernant l'écriture, le fait de raconter alternativement et à rebours avant puis après la Déchirure est un procédé qui permet de comprendre l'attachement qui s'est crée entre No' et Jo' et ensuite de suivre leurs aventures à Rome et à Jérusalem pour retrouver la maman.
Une belle histoire très émouvante  qui ne tombe jamais dans le pathos grâce aux traits d'humour de l'auteur. A lire d'urgence!

L'image que je retiendrai : Qu'il faut jeter, brûler ou abandonner les choses pour que ceux de l'autre monde puissent les utiliser  : Jo' qui transforme méthodiquement les craies en poussière pour que No puisse profiter de belles craies toutes neuves!

Extrait : "Arrivé au salon, je me suis cogné l' orteil contre la porte des toilettes j'ai  lâché un juron. Je tâtonnais pour trouver l' interrupteur, le manœuvrai; L'ampoule pendue au plafond a crachoté 10 bonnes secondes (Elle crachote tout le temps, cette ampoule, je la soupçonne même de communiquer en morse : ."AR RE TE DE TOUR NER AU TOUR DU POT!" ânonne-t-elle). Quand le filament a cessé de balbutier j'ai levé la tête et poussé un hurlement. 
Il était là, l' enfant, avec ses yeux de porcelaine. 
Dans l' obscurité et l' infini de ses sept ans.
Seul. 
Exactement dans la même position que lors de notre rencontre à l'hôpital, 61 jours avant la Déchirure."


Éditions Mazarine - Littérature contemporaine -

lundi 3 octobre 2016

Le pactole - Cynthia d'Aprix Sweeney

Le pactole - Cynthia d'Aprix Sweeney
Synopsis : Dispersée dans New York, la fratrie Plumb préfère s'éviter.
Jack, antiquaire endetté, rêve d'offrir à son conjoint un peu de tranquillité. Auteur d'un unique best-seller, l'ex-« Glitterary Girl » Béatrice rêve, elle, de retrouver l'inspiration. Quant à Melody, dont le mari peine à solder le prêt de leur maison, elle, rêve d'un avenir luxueux pour ses jumelles adorées.
À vrai dire, ils n'ont pas grand-chose en commun. Excepté « Le Pactole », une fortune léguée par leur père qui doit leur revenir aux quarante ans de Melody, dans cinq mois...
C'était sans compter l'accident de Leo, l'aîné, golden boy déchu de la presse : pour couvrir le scandale, leur frère a dilapidé le fonds, fauchant tous leurs espoirs.
Mais qu'attendre de l'égocentrique Leo ? Et de ces retrouvailles forcées? Sinon une fiévreuse partie de poker menteur qui, en révélant les failles de chacun, va balayer toutes leurs certitudes, et bouleverser leurs vies...

Je remercie les éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre.

Mon avis : En lisant la quatrième de couverture, je pensais avoir affaire à un livre drôle, avec des quiproquos et des personnages loufoques... Ce n'a pas du tout été le cas... "Le pactole" est donc ma première grande déception de cette rentrée littéraire. Pas parce que ce n’était pas le livre auquel je m'attendais (car on a parfois de belles surprises) mais parce que je me suis profondément ennuyée et j'ai trouvé les protagonistes détestables tellement ils sont pressés de recevoir leur "pactole" d'héritage.
L'idée de départ était pourtant bonne mais pour moi tous les personnages étaient beaucoup trop caricaturaux, à l’extrême des clichés de ce qu'ils étaient censés représenter. De plus, leurs caractères et leurs vies si diamétralement opposés ne m'ont pas laissé imaginer une seule seconde qu'il s'agissait d'une fratrie.
Entre Jack l'antiquaire homosexuel endetté, Beatrice, l'écrivain en panne d'inspiration, Mélody la mère de famille qui veut élever ses jumelles comme des princesses mais n'en a pas les moyens et enfin Léo l'ainé arrogant, capricieux et trop gâté, les Plumb étaient tout simplement ennuyeux, avec leurs problèmes banals dont ils font presque une affaire d'état.
Au niveau de l'écriture, j'ai souvent eu du mal à comprendre ou l'auteur voulait nous amener passant du coq à l’âne, multipliant les événements sans forcément leur donner une suite ou un enchainement logique. 
En général, j'essaye toujours de trouver des points positifs pour un livre même si je ne l'ai pas apprécié, mais là, j'ai du mal, et je dois même avouer qu'il m'est tombé des mains juste avant la fin (cette fin qui peut être m'aurait fait changer d'avis sur ma lecture...)
 
Extrait : "Les derniers invités déambulaient sur le ponton du yacht  club sous un ciel de soir d' été, savourant lentement leurs cocktails pour évaluer la qualité des ingrédients utilisés par les barmen, tout en maintenant en équilibre de minuscules canapés au crabe sur des serviettes en papier. Ils convenaient qu'ils avaient de la chance avec le temps, car la pluie serait de retour le lendemain, ou tenaient des propos beaucoup moins convenus sur la robe de satin ajustée de la mariée, se demandant si son décolleté plongeant était dû à une coupe ratée, un goût douteux (un look diraient leurs filles) ou encore à un soudain embonpoint, avec force clins d'œil et allusions éculées à une brioche dans le four. C'est alors que Leo Plumb quitta le mariage de son cousin avec une des serveuses . 
Il avait pris soin d' éviter sa femme, Victoria, qui lui parle à peine, et sa sœur, Béatrice, qui lui parlait sans cesse, insistant pour qu'ils passent Thanksgiving ensemble. Thanksgiving. En juillet. Léo n'avait pas passé un seul jour de fête avec sa famille en 20 ans, depuis le début des années 1990, si ses souvenirs étaient exacts,  et il n'avait pas l'intention de commencer maintenant. 
A cran, en quête du bar en plein air qu'on disait désert, Léo avait remarqué Mathilda Rodriguez qui portait un plateau de coupes de champagne. Elle traversait la foule, nimbée d'un éclat lumineux – à cause du soleil couchant qui baignait l'extrémité est de long Island d'un rose insolent, ou de la cocaïne d'excellente qualité qui faisait des ravages dans les synapses de Léo?"

Éditions Fleuve - Littérature contemporaine - 427 pages

dimanche 2 octobre 2016

Tu comprendras quand tu seras plus grande - Virginie Grimaldi

Tu comprendras quand tu seras plus grande - Virginie Grimaldi
Synopsis : Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.
C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.

Je remercie les éditions Fayard pour l'envoi de ce livre!

Mon avis : Ayant apprécié le précédent livre de Virginie Grimaldi, "Le premier jour du reste de ma vie", je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci. Et je ne regrette pas du tout car il est encore mieux que le premier!
Après deux deuils successifs (son père et sa grand-mère Maminou) et alors que Marc son compagnon l'a quittée, Julia, parisienne d'adoption  décide sur un coup de tête de retourner vers ses racines : la côte basque....Là bas, elle accepte de remplacer  la psychologue d'une maison de retraite les Tamaris pendant son congé de maternité. Pourtant, elle n'apprécie pas spécialement de côtoyer des personnes âgées, mais à sa grande surprise, ces papys grincheux ou farceurs, ces mamies pleines de fantaisie et de joie de vivre vont réussir à la faire sortir de sa déprime ....
Si la quatrième de couverture laisse présager une histoire triste et pesante dans cette maison de retraite, rassurez-vous, ce n'est absolument pas le cas grâce à l'humour de l'auteure et la force de caractère de Julia.
Ce roman très optimiste, présente une vision  idéalisée et réconfortante de la vieillesse et des maisons de retraite. Pour autant, tout n'y est pas tout rose car la situation de certaines de ces personnes âgées n'est pas enviable, (difficultés à se déplacer, pertes de mémoire...) on a envie de les aider mais surtout de profiter de leur expérience, leur vécu. Et c'est justement de cela dont va profiter Julia pour se reconstruire.
Une plume acérée et toujours bourrée d'humour ( pour vous en faire une idée, je vous conseille d'aller voir le blog de Virginie "FemmeSweetFemme" et plus particulièrement lire la rubrique "Je réponds aux spams". A pleurer de rire!) Des chapitres courts et un rythme rapide incitent à en lire toujours plus avant l’heure de reposer le livre.
Une lecture que je recommande vivement et qui vous fera certainement oublier l'arrivée de l'automne pendant quelques heures.

Extrait : "Parfois, j'ai cette drôle d'impression que la vie est un jeu vidéo. On commence la partie avec plusieurs jauges pleines. La jauge de sérénité, la jauge de force, la jauge d'énergie, la jauge de joie. Sur notre chemin, on va croiser quelques ennemis, faire face à des attaques, parfois se tromper de chemin, sauter sur des bombes, chuter dans des trous, buter contre des obstacles. A chaque fois, nos jauges vont être entamées, mais des bonus "Bonheur" vont nous aider à les recharger. Le bonus "Mariage", le bonus "Naissance d'un enfant", le bonus "Soirée en famille". Ces bonus sont précieux, ce sont eux qui déterminent la qualité de la partie, parfois même sa durée. A la fin de chaque tableau, on doit affronter un gros monstre. Parmi les plus terrifiants, il y a le monstre "Deuil", le monstre "Maladie", le monstre "Chômage", le monstre "Rupture". Ceux-là, ils sont coriaces. Il faut du temps pour en venir à bout. Même si on y parvient, ils emportent toujours avec eux une bonne partie de chaque jauge. Un jour, les bonus ne sont plus assez costauds pour restaurer la joie, l'énergie et la force."

A lire aussi

Éditions Fayard - Littérature contemporaine - 505 pages

vendredi 30 septembre 2016

Il était une lettre - Kathryn Hugues

Il était une lettre - Kathryn Hugues
Synopsis : Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.
Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible… Celui de Chrissie, une jeune fille de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.
Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.

 Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de cet excellent livre!

Mon avis : Un vrai coup de cœur pour ce roman aux deux histoires parallèles qui se rejoignent petit à petit!
"Il était une lettre" nous transporte dans le quotidien de deux femmes Christina et Tina, nées à 30 ans d'intervalle, mais dont les vies ont de nombreux points communs. L'histoire se déroule donc en 1940 et en 1970.
Dans les années 1970, Tina, maltraitée par Rick son mari, trouve une échappatoire à son malheur en faisant du bénévolat dans une friperie. Un jour, lors d'un tri de vêtements, elle tombe sur une vieille lettre dans une poche de costume. Toujours scellée et non affranchie, cette enveloppe intrigue Tina qui l'ouvre. Elle a été écrite le 4 Septembre 1939. Émue par son contenu et perplexe quant à la raison de la non remise à sa destinataire, elle se lance dans une enquête pour découvrir ce qu'il est advenu de l'auteur de la lettre et de sa destinataire.
La mystérieuse façon dont cette lettre finit entre les mains de Tina est racontée à travers l'histoire de Billy au début des années 1940. En écrivant cette missive qui aurait dû changer sa vie pour toujours, il était loin de se douter qu'elle ne serait lue que 34 ans plus tard par une inconnue... C'est justement cette belle histoire d'amour entre Billy et Chrissie qui m'a transportée. L'histoire de Tina aurait pu quant à elle être fortement raccourcie.
Tous les personnages de cette histoire (agréables ou détestables) ont des traits de caractère si forts qu'on ne les oublie pas de si tôt. Tina, la femme violentée par son mari, mais qui continue d'essayer d'aller de l'avant malgré la peur des représailles. Rick, le mari violent physiquement mais qui joue surtout sur le psychisme de sa victime. Lui qui était justement détestable au plus haut point a pourtant réussi à gagner ma considération à la fin du roman... Billy et Christina les amoureux qui vivent à une époque difficile ont été mes préférés car malgré leur belle histoire, ils ne sont jamais tombés dans la mièvrerie.
Par contre, j'ai vraiment méprisé le père de Christina et les religieuses.
Deux époques distinctes qui nous montrent l'évolution des mentalités et des mœurs car si Billy et Christina s'étaient rencontrés en 1970, leur histoire n'aurait pas du tout été la même.
Un coup de cœur pour ce livre qui m'a tellement marquée que plusieurs mois après sa lecture, je me souviens encore des détails!

Extrait : "Cet endroit accueille des filles qui sont la honte de leur famille – qui se sont déshonorées sur le plan moral, si vous préférez. Tomber enceinte sans être mariée est un péché, mais les religieuses font tout pour que les filles purifient leur âme de cette souillure grâce au travail. Elles leur offrent un refuge lorsque leurs familles ne veulent plus entendre parler d’elles, et, en échange du gîte et du couvert, les filles se chargent de la lessive, cultivent des légumes et fabriquent des chapelets. [...] Toutes celles qui passent par ce couvent sont des filles déchues, des dégénérées sur le plan de la morale, que la société a mises à l’écart et qu’ont rejetées leurs familles sur qui elles n’ont apporté que la honte ! Nous leur donnons un foyer, nous veillons sur elles pendant leur grossesse et nous faisons tout pour que leurs bébés soient recueillis par des parents aimants. Nous nous assurons qu’elles purifient leur âme en effectuant un dur labeur."

Éditions Calmann-Lévy - Littérature contemporaine - 300 pages

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